Les derniers résultats du programme de recherche EPICA confirment la très forte probabilité de l'impact de l'homme sur le climat par l'intermédiaire des émissions carbone.
PARIS (AFP) - Les concentrations actuelles de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l'atmosphère terrestre sont les plus élevées depuis 800.000 ans, selon les résultats de forages glaciaires effectués par des chercheurs dont les travaux sont publiés dans la revue scientifique Nature.
En dehors de la vapeur d'eau, ce sont les deux principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.
Les carottages, réalisés dans le cadre du projet EPICA, ont été réalisés jusqu'à une profondeur de 3.270 mètres dans la calotte de glace qui recouvre le continent antarctique, à proximité de la base franco-italienne Concordia (Dôme C).
L'analyse de bulles de gaz piégées dans la glace a permis d'établir la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone et en méthane sur une durée de 800.000 ans, contre 650.000 ans pour un précédent forage.
Ce travail "confirme, tout en l'étendant, l'étroite corrélation observée entre les températures enregistrées en Antarctique dans le passé et les teneurs atmosphériques en CO2 et CH4", selon un communiqué du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
"Jamais, sur les derniers 800.000 ans, n'ont été relevées des teneurs en gaz à effet de serre aussi élevées qu'aujourd'hui", soulignent les chercheurs français ayant participé à ces travaux, dont le climatologue Jean Jouzel et le glaciologue Jérôme Chappellaz.
Sur un million de molécules dans l'air, 380 sont actuellement du dioxyde de carbone, contre seulement 172 il y a 667.000 ans, ce qui correspond à la concentration la plus basse jamais enregistrée, selon les relevés des chercheurs.
Le méthane, dont l'effet de serre est supérieur à celui du CO2 mais la concentration moins élevée et la durée de vie dans l'atmosphère moins longue, présente pour sa part "des fluctuations rapides à l'échelle millénaire, récurrentes au cours de chaque glaciation". Cette variation climatique serait liée aux fluctuations de grande ampleur des masses d'eau qui participent à la redistribution de la chaleur sur terre (courant thermohalin).
Une vaste étude multi-disciplinaire, également publiée cette semaine dans la revue scientifique Nature, confirme par ailleurs les conclusions du Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC), mandaté par l'ONU, sur l'origine et l'impact du réchauffement climatique.
Elle souligne que "des changements significatifs" sont en cours sur tous les continents et la plupart des océans. "Ces changements dans les systèmes naturels depuis au moins les années 70 ont lieu dans des régions où l'on a observé des augmentations de température" qui "ne peuvent être expliquées par les seules variations climatiques naturelles", poursuit l'étude.
"Les êtres humains ont une influence sur le climat à travers l'augmentation des émissions de gaz à effets de serre et le réchauffement de la planète a un impact sur les systèmes physiques et biologiques," écrit Cynthia Rosenzweig, de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA et du Centre de de recherche sur les systèmes climatiques de Columbia.
Rosenzweig et des chercheurs de dix autres institutions à travers le monde ont analysé des centaines de publications et des données collectées depuis les années 70.
Selon le Giec, l'essentiel de l'accroissement constaté de la température moyenne de la planète depuis le milieu du 20e siècle est "très vraisemblablement" dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l'homme (+de 90% de certitude). A la fin du siècle, les températures devraient augmenter de +1,8 à 4° par rapport à 1980-1999.
Voici comment aborder cette question et plus généralement celle des courses automobiles, de motonautismes, de motos.
Une course comme les 24h motonautiques de Rouen consomme environ 50 000 litres de carburant. C'est ce chiffre qui suscite la colère des associations environnementales. Au premier degré, on pourrait adhérer à cette colère. En y regardant de plus près qu'en est-il?
Si on veut que l'écologie soit la tête de pont des politiques publiques, il faut respecter le principe d'efficacité et éviter un discours moralisateur qui passe mal dans l'opinion.
Si on supprime cette épreuve, elle sera courue ailleurs, et les consommations de carburants et émissions de gaz à effet de serre seront toujours là. En sus, Rouen aura perdu un évènement et un spectacle suivi par près de 400 000 personnes. Dans ce schéma, tout le monde aura perdu.
En fait, si on veut être intellectuellement honnête sur les aspects écologiques de cette épreuve, il faut ajouter aux 40 000 litres des bateaux de course les quelques 500 000 litres du public venant assister aux 24h.
Si on veut vraiment attaquer le problème en face, il faut regarder globalement les consommations du public et des bateaux.
Comment peut-on alors trouver une solution efficace dans un rapport 10 voir plus pour diminuer cette consommation globale de carburant?
J'ai proposé aux organisateurs, à la mairie de Rouen, aux associations et aux verts, aux grandes écoles et aux entreprises, de travailler sur un plan de déplacements évènements permettant d'acheminer le public sur les lieux de l'épreuve autrement qu'en voiture sur tout leur trajet. Il suffit d'économiser un litre par voiture pour économiser près de 400 000 litres, soit près de 10 fois plus qu'en supprimant l'épreuve. Si on médiatise ce plan, l'image de la ville en serait considérablement améliorée au niveau régional, national, et même mondial car nous serions les premiers à le faire.
En se débrouillant bien, un tel plan de déplacements pourrait être décliné pour tous les grands évènements de la ville comme la foire Saint-Romain, les fêtes Jeanne d'Arc, viva cité, ou l'armada. Et là, ce sont plusieurs fois 400 000 litres d'économisés.
Un gain écologique se mesure toujours par rapport à une situation de référence et une histoire. Un tel résultat serait exceptionnel. Une suppression de l'épreuve aurait un résultat nul.
Cette stratégie gagnant gagnant permet aux écuries de course de concrétiser leur immense travail tout en permettant au public et à la ville de vivre un spectacle qui leur plaît.
Dans un deuxième temps, on pourrait travailler avec les organisateurs du championnat du monde d'endurance pour réduire la course de 24h à 12h, mais il faut que ce soit une négociation internationale.
On fait ainsi de l'écologie efficace sans braquer la population. CAP21 s'est toujours appliqué à proposer des solutions acceptables par le plus grand nombre et très efficace. C'est notre raison d'être.
J'espère que nous arriverons à un résultat pour l'épreuve 2009.
Le développement des OGM en plein champ à des fins alimentaires animales ou humaines est-il vraiment de nature à contribuer au développement des pays en crise de hausse des prix des aliments? Est-il de nature à rendre autonome une agriculture vivrière efficace avec des bons rendements.
Les expériences menées dans un passé récent en Argentine ont des résultats pour le moins contestables. De plus, l'aspect monoculturale des applications OGM en plein champ constituent des autoroutes à maladies à propagation rapide à grande échelle.
Or, sur le milliard d'agriculteurs dans le monde, très peu sont mécanisés, encore moins sont motorisés. D'autre part, il y a des méthodes de fertilisation très efficaces comme le BRF associé à l'agroforesterie évitant la consommation d'eau et d'intrans, (engrais, pesticides, herbicides). Des progrès dans ces deux directions peuvent être rapidement faits et cela suffirait largement à nourrir la planète sans OGM.
La majorité des politiques se désintéressent de solutions peu couteuses et efficaces et font preuve de beaucoup d'amateurisme dans les dossiers sur l'environnement. Il est dommage d'opposer l'équilibre économique de l'agriculture à la culture biologique et la culture BRF. Certes, les agriculteurs qui utiliseront les OGM verront leurs rendements augmentés à court terme. Mais à long terme, leurs sols vont s'épuiser plus vite et tout le monde agricole sera perdant.
Ce reportage sur le soja OGM en Argentine illustre cette question de l'érosion des sols http://www.dailymotion.com/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant. Dommage, car des alternatives tels que le BRF associé à l'agroforesterie nécessiteraient d'amplifier les efforts de recherche pour déployer ces agricultures beaucoup plus performantes globalement que toutes les autres selon les trois paramètres économique, social et environnemental. Les expériences pilotes ont déjà marchées (à Livernon, à Strée près de Liège, au burkina fasso, au Sénégal). Les recherches concernent donc l'optimisation des méthodes et l'adaptation aux différents sols pour le déploiement à grande échelle.
Je vous donne toutes les références pour vous former sur ces techniques très innovantes, vous approprier le sujet. La nouvelle loi OGM porte un grave préjudice et supprime la chance à de vraies solutions long terme d'émerger.
On voit que les OGM seront loin d'être la solution miracle pour résoudre la faim dans le monde.
Alors, on n'a pas besoin d'OGM en plein champ hormis pour satisfaire la compétition agricole, pour avoir le plaisir de celle-ci et d'être dans les premiers producteurs du monde. On a le droit de penser cela, mais on n'a pas le droit d'utiliser des arguments fallacieux pour justifier les OGM (nourrir la terre, diminuer les pesticides, meilleur respect de l'environnement).
L'agriculture en bois raméal fragmenté va au delà de l'agriculture biologique en terme de performance. Si vous avez le temps et aussi la patience de lire un peu ces documents, vous serez passionnée par ce sujet. Cette filière ne demande qu'à se développer avec le réseau de recherche de l'université de Savoie. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour chercher dans les OGM et aboutir à terme à un appauvrissement des sols, il vaudrait mieux financer plus largement des recherches générant de la vie dans le sol, perfectionner les BRF, comprendre la vie du sol, optimiser les essences en fonction du sol. En France et dans le monde, on fait de l'agriculture sans connaître à fond la vie du sol. C'était le constat du colloque BRF de Lyon en Février 2007.
La technique agricole en bois raméal fragmenté consiste à récupérer des rameaux de bois fraichement tombés, donc vivants, contenants toutes les substances nécessaires à la régénération des sols y compris l'eau. Depuis toujours, pour faire de l'agriculture, on enlève la forêt, on nettoie le sol. On détruit ainsi sa fertilité qu'il faut ensuite reconstituer par de la chimie minérale ou du lisier. Cette chimie épuise et appauvrit le sol à long terme. Le BRF consiste à reproduire l'humus de la forêt dans le champ en broyant des rameaux de bois vivants fraichement tombés des haies ou des arbres. On mélange ainsi 3cm de BRF avec le sol (ce n'est pas un paillage mais un mélange). Ce mélange génère l'eau nécessaire pendant plusieurs années, les antibiotiques pour lutter contre les maladies, les substances énergétiques pour se développer. Un véritable écosystème autonome se construit permettant de minimiser les apports artificiels. Il n'y a pas d'érosion des sols. Au colloque BRF de Lyon de Février 2007, il est apparu que l'on pouvait marier le BRF avec l'agroforesterie (alignement d'arbres dans les champs à des distances calibrées pour laisser les machines et à des hauteurs calibrées pour laisser passer la lumière). On peut ajouter des haies autour du champ. Ainsi, on crée de la ressource BRF et on augmente la capacité de la planète à absorber le carbone (puits carbone). Cette technique appliquée à grande échelle est un puissant facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre car elle crée des puits carbone et consomme peu de ressources fossiles. Nul doute que son bilan CO2 est exceptionnel. Elle est utilisable pour la culture maraîchère comme pour la grande culture, les jardins publics et privés. Je vous engage fortement, si vous ne l'avez pas déjà fait, à rendre visite à Jacky Dupety à Livernon dans les Causses du Quercy, pas très loin de Figeac. Vous serez édifié.
Le site de Jacky Dupety, initiateur de la technique en France à Livernon dans les Causses du Quercy.
Le Pouzat46320 Livernon
dupety.family@wanadoo.fr
05 65 40 46 98
08 75 83 61 00
http://fermedupouzat.free.fr/pages/brf/formation.htm
L'association chemin faisant fait de la formation et des interventions dans toute la France.
http://cheminfaisant2005.net/Tournee2006/Intervention.php
Gilles Lemieux GCBR, département des sciences du bois et de la forêt, université de Laval GIK 7P4 Québec, Canada
Il y a aussi des formations à côté de liège à Strées, au centre destechniques agricoles (CTA) Benoît Noël, très brillant agronome BRF pour la grande culture.
Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
Téléphone : 085.274960Fax : 085.512706Messagerie : cta.stree@tiscali.be
noel.benoit@skynet.be
Rue de la Charmille, 16
4577 Strée
Belgique
bibliographie:
- Les rémanents en foresterie et agriculture, les branches: matériau d'avenir Benoit Dodelin, Richard Eynard-Machet, Pierre Athanaze et Jean André
Editions TEC & DOC
références universitaires et labos de recherche:
réseau écologique REFORA Rhônes-Alpes
Université de Savoie
Laboratoire d'écologie alpine (LECA), Maison rhodanienne de l'environnement.
- Pour une agriculture du vivant, Le BRF, vous connaissez? Editions de terrain
Production : L'Eau à la Bouche Réalisation : Frédéric GANA - Tifenn HERVOUËT - Antoine TRACOU
Pour toute commande : Frédéric GANA - 05 55 27 37 42 (France) cheminfaisant@loalabouche.org
Plus d'infos sur www.cheminfaisant2005.net -
Sur le site de la ferme du pouzat, vous avez aussi tous les rapports de recherche de Gilles Lemieux, pionnier de la technique au Canada depuis 30 ans, voici le lien.
http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/Frame.html
Voici l'introduction de ces rapports.
Au milieu des années 70, monsieur Edgar Guay, alors sous ministre attaché au ministère des forêts du Québec, cherche un moyen d'aider les forestiers de son pays à sortir de la misère. Il a l'idée d'utiliser en agriculture un déchet forestier produit en masse par la société Hydro Québec, lors de l'entretien des lignes à haute tension. Il propose à M. Carrier, un fermier qui désir augmenter le taux de matière organique de sa terre, d'utiliser les copeaux qui porteront plus tard le nom de B.R.F. , combinés avec du lisier et incorporés superficiellement au sol. Les résultats ne se font pas attendre, les indicateurs de fertilité grimpent en flèche ; la parcelle traité résiste à la sécheresse qui sévit cette année là, par contre la parcelle témoin est ravagée ; l'année suivante la récolte de céréale sur la parcelle traitée atteint plus de 170% de la récolte de la parcelle non traitée [Guay et al., 1981 et 1982].
Après plusieurs recherches et projets scientifiques menés au canada, le BRF s'est orienté vers la coopération. Des projets sont nés en Ukraine, au Sénégal, en République Dominicaine,...
Une ONG, le Comité Jean Pain de Madagascar (CJPM) a initié une démarche globale, basée sur le BRF, dans un des pays les plus pauvres du monde, ce avec des résultats très probants (Construction locale de broyeurs, plantation de banques de biomasse, utilisation du BRF selon plusieurs itinéraires techniques).
De mon côté, après avoir réalisé une thèse sur le BRF et le compost, j'ai été accueilli par le professeur Lemieux afin de réaliser un stage sur la technique d'épandage directe des copeaux. J'ai ensuite entrepris de rédiger quelques articles et ce site internet.
Un projet de recherche wallon sur le BRF a ensuite vu le jour en février 2004, c'est sur ce projet que je travaille actuellement.
C'est dans cette foulée que nous avons eu l'idée de créer une association de promotion du BRF : Aggra.
« Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté, » avertit M. Beddington, qui occupe depuis peu la fonction de conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique.
Par James Randerson, The Guardian, 7 mars 2008
La sécurité alimentaire et la hausse rapide des prix de l’alimentation constituent le sujet majeur auquel les hommes politiques doivent faire face rapidement, met en garde le nouveau conseiller scientifique en chef auprès du gouvernement britannique.
Lors de son premier discours important depuis sa prise de fonction, le professeur John Beddington a averti que la ruée mondiale pour la production de biocarburants aggravait le problème, ajoutant qu’il était « profondément stupide » d’abattre la forêt tropicale pour cultiver des plantes à cette fin.
Intervenant dans le cadre de la « Govnet Sustainable Development UK Conference » qui s’est tenue à Westminster, il a déclaré qu’« il y a des progrès en ce qui concerne le changement climatique. Mais il existe un autre problème majeur. Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté. »
Il prévoit que les hausses de prix dans des aliments de base comme le riz, le maïs et le blé se poursuivront en raison de l’augmentation de la demande provoquée par la croissance démographique et l’augmentation de la richesse dans les pays en développement. Il a également averti que le changement climatique pourrait entraîner une pression sur l’approvisionnement alimentaire du fait de la diminution des précipitations dans de nombreuses régions et du fait de récoltes déficitaires dues au climat. « L’agriculture doit doubler sa production alimentaire, en utilisant pour cela moins d’eau qu’aujourd’hui. » La crise alimentaire se fera ressentir plus vite que les changements climatiques, a-t-il ajouté.
Il a réservé quelques uns de ses commentaires les plus acerbes à l’industrie des biocarburants qui, selon lui, a provoqué un « choc majeur » sur le prix de la nourriture. « En ce qui concerne de biocarburants, il y a eu des réactions défavorables, à juste titre, » juge-t-il. « Il y a là de vrais problèmes de non soutenabilité. »
La production de biocarburants devrait augmenter considérablement durant les 15 prochaines années. Les USA prévoient de produire 130 milliards de litres de biocarburants en 2022 - ce qui signifie qu’il faut tripler la production de maïs. L’UE a pour objectif que 5,75% de la consommation de carburant dans les transports soit assurée par des biocarburants d’ici à 2010.
Mais M. Beddington estime qu’il est essentiel que les biocarburants soient cultivés selon des techniques soutenables. « Certaines de ces filières de biocarburants sont des impasses. L’idée d’abattre la forêt tropicale pour parvenir à augmenter la production de biocarburants semble profondément stupide. »
Avant d’occuper cette fonction de directeur scientifique, en remplacement de Sir David King, M. Beddington a enseigné la biologie appliquée à l’Imperial College de Londres. Il est également expert dans le domaine de l’utilisation durable des ressources renouvelables.
Hilary Benn, le secrétaire à l’environnement, a déclaré à cette conférence que la population mondiale devrait augmenter de 6,2 milliards aujourd’hui à 9.5 milliards en moins de 50 ans. « Comment allons-nous nourrir tout le monde ? » s’inquiète-t-il.
M. Beddington avertit qu’à court terme, le développement et l’accroissement de la richesse ne feraient qu’ajouter à la crise alimentaire. « Lorsque l’on passe [d’un revenu de] de 1 euro par jour à 5 euros par jour, on obtient une augmentation de la demande de viande et de produits laitiers... qui génère une demande supplémentaire de céréales. » Au-dessus de 5 euros par jour, les gens commencent à vouloir des aliments transformés et emballés, ce qui implique une plus grande utilisation d’énergie. De l’ordre de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 1,3 euro par jour.
Il devrait également y avoir une augmentation de la demande à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, estime-t-il. A l’heure actuelle, il existe sur terre 350 millions de foyers disposant d’au moins 10 000 euros par an. Ce nombre devrait passer à 2,1 milliards en 2030. « C’est une formidable bonne nouvelle. Il s’agit là d’une prévision de la Banque mondiale indiquant que la lutte contre la pauvreté produit des résultats réels. »
Mais il avertit également que l’augmentation du pouvoir d’achat devrait aboutir à une plus grande pression sur l’approvisionnement alimentaire. Les stocks mondiaux sont actuellement au plus bas niveau historique, avec seulement 40 jours de réserves. « Je n’ai pris ma fonction que depuis neuf semaines, et n’ai donc pas encore toutes les réponses, mais il est clair que le la science et la recherche ont un rôle fondamental afin d’accroître le rendement de la production agricole. »
Publication originale The Guardian, traduction Contre Info
Le dernier trimestre indique une croissance de 0.3%. Or ce trimestre est habituellement plutôt bon. Cela veut dire que les prévisions de croissance de 2% sur 2008 ne seront pas tenues.
L'article précédent a montré comment le logement et le transport subi conduisait ces gens vers un appauvrissement sans retour. 30 ans d'urbanisme ignorant les problèmes environnementaux ont créé les conditions de cet appauvrissement. Nous sommes dans un effet d'emballement où chaque secteur économique, ayant prélevé sans compter sur les ressources planétaires, réussit à mettre en interaction tous les phénomènes actuels. Notre gaspillage énergétique dans tous les secteurs ne nous permet pas d'absorber le choc de croissance de l'Inde et la Chine, d'autant plus que nos grandes entreprises ont exporté ce modèle de développement. Le débat actuel au sujet des producteurs, distributeurs, et autres est bien dérisoire au regard de l'immense problème structurel de notre économie. Le piège se referme plus serré, signe de notre inconscience passée.
Les secteurs environnementaux offrent des opportunités de croissance de 30% par an dans nos pays. Dans un pays où l'abondance matériel règne, c'est là que se situent les relais de croissance.C'est là aussi que se situent les relais de l'innovation et de l'exportation.
La loi Tepa, bien qu'étant une réussite par rapport à la volonté présidentielle (heures supplémentaires et choc fiscal devant entraîner un choc de confiance), parait bien mince au regard des résultats actuels et de ce qu'il faudrait faire. Le choc de confiance a fait long feu.
Quel pourrait être un programme économique de redressement à plusieurs étages.
A court terme, il conviendrait d'augmenter le salaire net qui est excessivement bas eu égard au prix des fonctions de base de la vie. Sachant qu'on ne peut pas augmenter le salaire brut pour des questions de compétitivité, le seul levier de commande se situe au niveau des charges salariales et patronales pour rapprocher le net du brut.
Comment redistribuer cette somme? Entre la TVA, la fiscalité sur le revenu et le patrimoine, on peut trouver un compromis acceptable pour répartir différemment ces charges.
Parallèlement, il faut accepter que tous les frais de santé ne soient pas remboursés à 100% (exceptés pour les maladies chroniques et les populations les plus fragiles, que les retraites confortables ne soient plus aussi confortables, que l'on travaille plus longtemps, mais avec des formes différentes (la valorisation du bénévolat est une piste).
Ensuite, accompagner ces mesures par une orientation massive de l'économie pour diminuer nos consommations énergétiques, une orientation résolue de l'agriculture vers une autonomie des agriculteurs et des techniques comme l'agriculture BRF, une généralisation des plans de déplacements entreprises pour diminuer la dépendance à l'automobile permettrait de redistribuer plusieurs centaines d'euros par mois aux ménages les plus défavorisés sans peser sur les comptes publics et la compétitivité de l'économie.
Ces mesures structurelles sont aussi de nature à diminuer la vulnérabilité de notre population.
Plus que jamais, lier une réforme de la fiscalité sociale avec la problématique environnementale est le coeur d'une politique économique moderne.



