Samedi 3 janvier 2009
Tous mes voeux aux lecteurs de ce blog pour cette nouvelle année qui s'annonce certes difficile, mais oh combien passionnante car plein de défis.
 
Je crois que pour la question qui nous préoccupe dans ce blog, c'est à dire les transports, nous avons à inventer un autre mode de vie urbain et rural. Dans l'urbain, la place pharaonique que nous avons donné à l'automobile a donné à nos villes un goût amer et une qualité de vie calamiteuse. Or la moitié de la population mondiale y vit. Dernièrement, un reportage télévisé sur Dehli montrait que 80% de sa population souffrait de problèmes respiratoires graves, dont les enfants sont les principales victimes, donc la durabilité de toute une population. Ce n'est pas en changeant de type de moteur que nous résorberons l'espace démesuré affecté à ce mode de transport, certes indispensable pour beaucoup, mais gros mangeur de temps, d'espace et donc d'énergie , que soit par électricité, où il faudrait construire au moins une centrale nuclaire par mois pendant 40 ans pour adresser l'énergie électrique aux automobiles, ou par énergie fossile où le climat nous interdit de continuer notre folie. 
 
Il est plus qu'indispensable de construire cet édifice industriel intégrant le monde de l'automobile, de l'informatique, des transporteurs publics. Ces mondes ne se parlent pas, il faut les décloisonner et les mobiliser sur un projet commun: remplir les voitures à chaque kilomètre parcouru et articuler leurs trajets avec les transports publics.
 

 
par Dominique Bied publié dans : transports de personnes
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Vendredi 2 janvier 2009
Schwalbe commercialise son pneu increvable marathon plus, très efficace. On peut aller voir sur le site http://www.increvable.com. Le modèle s'appelle marathon plus.

Ce pneu est commercialisé dans une fourchette de prix entre 26 et 34 euros. Tous les cyclistes urbains utilisant quotidiennement le vélo apprécieront cette formidable nouvelle.

Jusqu'à présent, il existait les pneus pleins, mais ils sont lourds. Il y avait aussi les bandes élastomères anticrevaison, efficaces mais posant des problèmes au montage si on n'est pas vigilant.

Bonne année à tous et vive le vélo !!!!!!!!!!!!!!!!!!  
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Mercredi 31 décembre 2008
Le parc automobile en France est de 30 millions d'unités roulant en moyenne 15000km par an. La multiplication nous donne 450 milliards de kilomètres par an, soit 1.2 milliard de kilomètres par jour.

2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour ou encore 1205 fois par an.

1/4 des déplacements automobile fait moins de 1km. Cela veut dire 1/4 des déplacements font entre 0 et 1km, on prendra donc en valeur approchée 0.5 km.

Nous avons donc 1/4 des 1205 déplacements annuels d'une voiture, soit 301 déplacements à 0.5km soit 151km.

Un autre quart fait entre 1 et 3km. Avec le même raisonnement on trouve 301 déplacements à 2km soit 602km.

17% des déplacements voitures font entre 3 et 5km. On prend 4km et on trouve 820km.

En faisant la somme on trouve donc 1573km. Ceci est le potentiel maximal d'usage du vélo si on considère la distance de 5km (20mn) comme pertinente pour ce mode de déplacement.

En multipliant par 30 millions d'automobiles on trouve un potentiel maximal de transfert au vélo de 47 milliards de km.

Considérons que le potentiel atteignable soit la moitié, on tombe approximativement sur nos 25 milliards de km, soit 5% du kilométrage annuel du parc. Ce n'est pas rien.

En matière d'effet de serre, le parc automobile des particuliers émet 60 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an sur un total français de 400 millions de tonnes. Cela représente 15% du total des émissions.

Le poids du vélo dans le plan climat serait donc de 5% du total voitures, et près de 1% du total des émissions.

Conclusion: Dominic et moi on tombe bon an mal an sur les mêmes chiffres. On peut considérer que le potentiel d'usage du vélo se situe dans la fourchette 750km par automobiliste à 1500 avec un impact climat énergie se situant entre 1 et 2% du total émissions.

Il faut aussi considérer que l'usage du vélo ouvre aussi sur un transfert modal vers les TC de parcours plus long. Il y a aussi un effet de seuil si un ménage se passe de la deuxième voiture. Ces deux derniers paramètres ne sont pas quantifiés pour le moment, donc la fourchette donnée est un minorant. Si on développe le vélo, on fera beaucoup mieux.

Mais les émissions GES ne sont pas le seul paramètre à considérer. Il y a l'aspect économique et l'aspect urbanisme.

Sur l'urbanisme, l'augmentation de l'usage du vélo diminue le besoin d'espace public de voiries et de stationnement, ce qui libère de l'espace pour l'habitat et l'activité économique. On doit pouvoir ainsi baisser le prix du foncier par augmentation de l'offre dans les milieux denses et la disponibilité des terrains. Ce point n'a jamais été étudié en recherche.

Sur l'économie:

microéconomie: Si un ménage se passe de la deuxième voiture, c'est 400 euros d'économiser par mois, soit 160 000 euros sur 40 ans d'activité. En prenant une valorisation de l'argent de 4% net par an, nous trouvons 450 000 euros d'argent redéployé sur autre chose (épargne ou consommation de biens durables). On redonne une bouffée d'oxygène considérable aux ménages.

macroéconomie: on multiplie par 12 millions de ménages à 2 voitures et on arrive à 60 milliards d'euros par an en euros 2008 d'argent disponibles redéployés.

On voit que la question du choix de mode de transport joue énormément sur la structure de notre économie. Et de cette structure dépendra notre indépendance énergétique par rapport aux énergies fossiles et notre capacité à nous adapter. L'enjeu de formation de notre population pour assurer cette transition dans de bonnes conditions sociales est tout aussi considérable. Pourtant, il faudra y aller avec une certaine ambition et une certaine radicalité pour tenir les délais. On ne pourra le faire sans l'appui des corps intermédiaires, les syndicats entre autres.
par Dominique Bied publié dans : transports de personnes
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Jeudi 2 octobre 2008
Le pont Flaubert, certes apportant quelque confort de circulation, mais pour un temps limité, représente le symbole d'une civilisation mégalomaniaque, victime d'un complexe de supériorité envers une planète à bout de souffle, au bord de la sixième extinction des espèces.

Les rapports tous récents sur le début du grand dégazage de méthane dans les zones du pergelisol doivent nous rappeler que si nous envoyons cette quantité de ce gaz dans l'atmosphère, 20 fois plus puissants que le CO2 (plusieurs centaines de milliards de tonnes), alors tout espoir d'équilibrer le climat sera anéanti. L'emballement climatique interviendra. C'est la triste réalité récente.

Cet ouvrage est aussi le symbole de l'économie du fossile, donc du charbon, du pétrole et du gaz, de la croissance quantitative au détriment de la croissance qualitative.

le nombre de camions circulant dans Rouen par jour, après l'ouverture du pont, passerait de 6300 à 5230. Ce chiffre est à rapprocher des résultats de simulation de trafic du contournement Est de Rouen. Avant contournement, 45000 véhicules jour sur l'avenue du Mont Riboudet, après contournement, 35000 véhicules jour. Les camions ne représentent que 8% du trafic.
On voit que ces projets pharaoniques nous mènent dans des impasses à tout niveau. Ils sacrifient le long terme au court terme. Ils sacrifient donc l'avenir de nos enfants.

Rappelons que le trafic routier de poids lourds longue distance ne pèse que 6 à 8%. C'est le trafic courte distance qui pèse le plus, mais encore bien moins que le trafic automobile. 

Ces ouvrages routiers, séduisants au prime abord, constituent des aspirateurs à voitures et à camions, reportant un peu plus tard l'asphyxie routière sans réduire massivement les nuisances, et en mangeant énormément d'argent public.

Les pouvoirs publics ont même oublié de faire une place au vélo sur ce trajet. De nombreux rouennais étaient prêts à l'utiliser. La largeur du trottoir piéton est réduite à sa plus simple expression. Bref, on se contentera d'un strapontin pour les piétons, du néant pour les vélos. Pourtant, nul doute qu'aux Pays-Bas un encorbellement vélo aurait été prévu.

A contrario, Curitiba, ville de 4 millions d'habitants du Brésil transporte 85% de sa population dans des busway à haute fréquence, sans embouteillage, et avec une place de choix pour le vélo pour les courts déplacements.

Plutôt que construire encore et toujours, il vaudrait mieux s'engager sur une logistique des transports de personnes et de marchandises permettant de diviser au moins par 2 le trafic. 

Cet ouvrage routier est donc à contre-courant d'une politique de transports durables, et hélas, l'avenir nous le démontrera.

Le développement durable reste encore, pour nos élites, pur affichage, sans grand gain de qualité de vie autre que du saupoudrage.

Pourtant, tous les outils et méthodes logistiques existent dans l'industrie pour construire la mobilité de demain, celle qui peut-être impulser par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


 
par Dominique Bied publié dans : transports de personnes
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Dimanche 21 septembre 2008
On peut calculer un ordre de grandeur de l'impact d'une politique ambitieuse de développement de la part du vélo dans nos déplacements.

2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour.

En faisant les calculs approchés, on peut considérer que le potentiel d'économie de kilomètres voitures avec le vélo se situe autour de 20 milliards  de kilomètres par an sur les 450 effectués par les automobilistes.soit pas loin de 5%.

L'impact environnemental et économique sur le budget des ménages d'une bonne politique vélo est donc considérable.

Une bonne politique vélo ne coûte pas forcément très cher. Une fois de plus, c'est un domaine où énormément d'argent est gaspillé dans des constructions d'infrastructures inefficaces.

Or, en milieu urbain dense, il suffirait d'appliquer des règles de base peu coutueuses pour faire décoller ou plutôt redecoller l'usage du vélo en masse et ainsi capter tous ces courts déplacements. Il faut passer rapidement maintenant d'une politique d'affichage et de coups politiques à une politique de masse.

Citons-en quelques uns:

Limitation des vitesses de pointe des véhicules motorisés à 30km/h dans tous les milieux denses, hormis les boulevards urbains. Cela modifierait très peu la vitesse moyenne donc les temps de parcours.
Ouverture de tous les sens uniques aux vélos comme cela se pratique dans les grandes villes d'Europe du Nord et en Allemagne, et maintenant en Italie du Nord.
Partout où il y a de l'habitat et de l'emploi, donner accès au vélo (pas de voiries exclues au vélo).
Accès aux vélos de tous les parcs urbains publics à l'instar des autres pays européens
Accès aux vélos de tous les plateaux dits pietonniers comme partout ailleurs en Europe.
Pistes cyclables bidirectionnelles systématiques des deux côtés des boulevards urbains.
Mise en place systématique de surlargeurs sur les routes nationales et départementales, surtout aux abords des zones d'habitation et d'emplois.
Multiplier les parcs de stationnement vélo (arceaux etc...).
Permettre aux vélos et d'ailleurs aux piétons de ne pas faire de détour inutiles.

En sus, développer l'intermodalité vélo pliant transports en commun permettrait d'adresser bien plus que les 20 milliards de kilomètres trouvés ci-dessus.


  

 
par Dominique Bied publié dans : transports de personnes
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