politique

Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /Mars /2007 22:10

Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a stigmatisé les écologistes en public. Ainsi, d'après lui, ils feraient revenir l'humanité à l'état sauvage. La méthode de communication Sarkozy est toujours la même. On commence par dénigrer un corps social pour l'abattre en diffusant des contre-vérités. Puis il vient signer en grand seigneur un pacte écologique qui est une version minimum du programme des écologistes depuis des années. La contradiction et la désinformation règne. La loi sur l'énergie met en priorité les économies d'énergie. Rien de tout cela dans le programme UMP. Le discours est d'ailleurs à peu près le même chez Marinne Le Pen. L'incompétence et le manque de connaissance des dossiers règne. Les solutions simplistes émergent (nucléaire ou charbon propre par exemple).

Il n'y a rien d'innovant à l'UMP et au PS sur la politique énergétique, les transports, l'agriculture, les bâtiments, l'écoconception. Chez eux, on reproduit les schémas du passé en ajoutant à la marge un zest d'écologie.  

Les écologistes n'ont jamais interdit quoique ce soit, même pas les verts. Il ont seulement dénoncé les excès de modes de consommation et de production. Faire de l'écologie est tout au contraire rentrer de plein pied dans la modernité, c'est plus de savoir, de recherche, de savoir faire, d'intelligence. C'est, ne pas reproduire un système économique et social à bout de souffle.

La pauvreté du programme écologique de l'UMP et à un degré moindre du PS a été validé par la notation de l'alliance. Les notes sont en dessous de 10 pour l'UMP, celui de Corinne Lepage et Dominique Voynet culmine au dessus de 15. Le programme ECORESP2 est d'une autre consistance, c'est un "new deal" écologique de haute tenue relèguant dans le championnat de France amateur les grands partis. 

  • Dominique Voynet (les Verts) et Corinne Lepage (Cap 21) : 16,5
  • Ségolène Royal (PS) : 13
  • François Bayrou (UDF) et Marie George Buffet (PCF) : 9
  • Nicolas Sarkozy (UMP) : 8,5
  • Olivier Besancenot (LCR) : 8
  • Philippe de Villiers (MPF) : 7
  • Jean-Marie Le Pen (FN) et Arlette Laguiller (LO) : 5

Mais attention, les Etats-Unis sont en train de lancer dans une centaine d'universités, sans le clamer sur tous les toits, un programme d'innovation écologique sans précédent avec des moyens énormes. A force de ne pas prendre en compte sérieusement ces questions, nous allons être largués économiquement par des gens plus innovants que nous.

Le contenu du programme économique de Mr Sarkozy est porteur d'illusion, et donc de déception, en sus de la faiblesse environnementale. C'est la cohésion sociale qui alors volera en éclat. La population ne supportera pas financièrement la hausse inévitable du coût de l'énergie et notre dépendance énergétique.

   

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 22:22

Un certain nombre d’écrits commence à attirer l'attention du public sur des thèmes glissants. L'écologie serait une dictature car elle mènerait à une intrusion dans les choix de vie quotidienne des populations. Elle serait castratrice de liberté. S’ajoute à cela la stigmatisation des écologistes. On les montre du doigt en les décrivant comme des agitateurs de peurs, ce qui renforce cette idée de dictature. En effet, la peur induit le manque de confiance en soi, donc le recours à l’homme providentiel toujours tenté d’imposer des solutions par des contraintes fortes. Elle empêche la population de se prendre elle-même en main pour régler collectivement ses propres problèmes de fonctionnement, donc de s’émanciper, de se donner de la liberté durable.  

 

Il est légitime de se poser cette question. Elle amène cependant à discréditer  un discours pour écarter politiquement des mouvements émergents proposant des solutions innovantes.  

 

Se poser la question du développement durable revisite notre conception de la liberté, ou plutôt l’inventaire des différentes libertés. On peut opposer la liberté instantanée et la liberté durable, la liberté individuelle et la liberté collective.  

 

 L’exemple de l’usage de l’automobile et de la mobilité est très illustratif.  

 

Liberté instantanée :   je veux aller de la porte de chez moi à la porte de la destination aussi vite que je veux et quand je veux. 

Liberté durable : si je fais cela, je ne vivrai pas longtemps car l’accident de la route est proche. 

Liberté collective : si je fais cela, je risque de renverser des piétons et donc de priver des personnes de la liberté de vivre. 

Liberté collective encore : si chacun fait cela, on crée des embouteillages gigantesques et on bride la liberté de se déplacer. 

Liberté collective à nouveau : si les 6 milliards d’habitants de la planète font cela, alors les dégâts climatiques seront tels que les désordres des sociétés mettront en danger les démocraties.  

 

La question n’est donc pas tant « est-ce que l’écologie est une dictature ? », mais plutôt « comment peut-on mener le projet écologiste de façon démocratique en visant l’optimum des libertés.  

 

C’est tout le sens du combat pour l’autonomie des agriculteurs et du débat sur les OGM face aux semenciers, de celui des maisons autonomes en énergie pour ne pas assécher les populations à faibles revenus, des indépendances nationales par rapport aux énergies fossiles, des agriculteurs à l’Est de Las Vegas qui se battent contre l’agence de l’eau de la ville pour garder la liberté de vivre de leur travail, des cyclistes urbains qui se battent pour pouvoir se déplacer en sécurité, etc….  

 

Non, vraiment, se battre pour l’écologie c’est lutter pour la liberté de choix compatible avec un vivre ensemble acceptable. L’écologie, c’est regarder la réalité en face pour proposer des solutions adaptées. C’est faire en sorte que les populations s’approprient celles-ci et mettent en œuvre ensemble des modes d’action librement consenties. C’est faire la part des choses entre toutes les sortes de libertés.    

 

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 12:53

La manière dont on pose la question de l'impôt dans cette campagne présidentielle est d'une part biaisée, d'autre part archaïque et d'une démagogie dépassant l'entendement. Le débat se cristallise sur l'impôt sur le revenu alors qu'il ne réprésente que 17% des recettes fiscales. On paye beaucoup plus d'impôts sur le travail que sur le revenu. Quand va-t-on parler enfin de la répartition des différents impôts?

 

 

Cristalliser le débat sur la suppression ou non des impôts sur le revenu des personnes gagnant plus de 4000 Euros nets par mois est passablement réducteur, simpliste et injuste. Parler de cette tranche de population avec un tel impact médiatique signifie ignorer 90% des français.

Voilà une singulière manière de vouloir rassembler le pays vers un objectif partagé. 

Et puis sait-on vraiment qui est riche et qui est pauvre en France (voir le numéro de Janvier d'alternatives économiques)? A-t-on une idée largement partagée de la répartition des revenus en France. En fait, ces débats caractérisent l'incapacité des politiques à répondre aux difficultés quotidiennes d'une immense majorité de français et à concevoir une fiscalité juste et équitable, efficace.  

 

 Il devient urgent, pour que le travail, le risque et l'investissement soit mieux rémunéré en France de regarder cette répartition. Le débat présidentiel devrait tourner autour de la ventilation de l'impôt sur le travail, la TVA , le capital, la TIPP , le patrimoine de rentes, le patrimoine d'habitation, le patrimoine productif, celui impactant négativement l'environnement. C'est aussi à cette seule condition que le travail reviendra dans notre pays.   

 

Ensuite, les français subissent des prélèvements déguisés sur leur revenu. En effet, notre inconséquence en matière d'urbanisme et de mobilité oblige la plupart des français à prendre leur voiture seul pour aller au travail. La hausse générale des prix de l'immobilier a aussi considérablement réduit leur revenu disponible.  

 

En fait, les français surpaient leur logement et leur mobilité par la défaillance de la puissance publique à ce niveau, c'est à dire la manière de gérer l'espace public et le partage de l'espace public et l'espace privé.  

 

C'est ce que l'on fait à cap21. Prendre l'environnement comme tête de pont des politiques publiques permet de trouver les clés pour fabriquer une économie et un social compétitifs en jouant sur la diminution des dépenses non compressibles des ménages. 

 

 

 

 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /Jan /2007 21:47
Une campagne financée par EDF, Bouygues, L'Oréal... ne peut correspondre à l'éthique verte.
Pourquoi je ne me rallierai pas à l'animateur vedette
Par Corinne LEPAGE
Corinne Lepage candidate à l'élection présidentielle
L'éthique s'oppose à ce que Nicolas Hulot soit le candidat des écologistes. Pour moi, l'écologie revêt avant tout une dimension éthique. Se préoccuper de la planète, des générations futures, conduira à prendre pour la nôtre des choix cruciaux, et cela n'est concevable que si les moyens sont compatibles avec les fins. Le combat écologiste conduit inévitablement à affronter des intérêts économiques puissants, à prendre des coups. Tous les écologistes et, au-delà, des centaines de milliers de Français qui se battent contre des autoroutes, des incinérateurs, des antennes-relais, des porcheries ou des installations chimiques le savent. Comment un animateur vedette qui n'a pas mené ces combats associatifs contre les puissants et compte dans sa fondation des entreprises contre lesquelles le combat écologiste est quotidien pourrait-il représenter les écologistes à l'élection présidentielle ? Du reste, le but de la Fondation est l'éducation, vocation louable et indispensable, mais qui permet précisément de jouer du mécénat sans aucune conséquence. Le Pacte parle beaucoup du climat, mais aucune de ses propositions ne gêne directement les entreprises qui financent la FNH.
L'interpellation citoyenne est nécessaire et Nicolas Hulot le fait avec beaucoup de talent. Mais elle deviendrait vite inconciliable avec l'éthique écologiste si elle se transformait en démarche politique.
Le combat pour l'écologie est un combat pour la morale. Je m'étonne que des députés verts ­ présumés antinucléaires ­ fassent un appel pour voter pour un candidat dont le conseiller principal sur le changement climatique, Jean-Marc Jancovici, par ailleurs consultant pour Areva et EDF, déclare que mieux vaut les quelques milliers de morts de Tchernobyl ­ qui, eux, existent ­ que les millions de morts du changement climatique que nous visons précisément à éviter pour justifier le recours à l'énergie nucléaire. L'humanisme, le respect de la vie sont les valeurs fondamentales sans lesquelles l'écologie n'a aucun sens.
 
Le combat pour l'écologie ­ s'il devient politique ­ se doit d'être exemplaire quant au respect des règles du jeu. Comment concevoir que la campagne du «candidat de l'écologie» soit financée depuis huit mois par une Fondation alimentée par des entreprises comme EDF, L'Oréal, Bouygues, Autoroutes du sud de la France, et par TF1 directement via Ushuaïa ? Même si ces sommes devaient être remboursées, il est difficilement pensable qu'un tel candidat soit celui de l'écologie.
 
Enfin, le combat pour l'écologie est politique. Il vise à faire triompher une cause en prenant en compte les dimensions de justice sociale et d'efficacité politique. La stratégie de campagne de Nicolas Hulot, les reports successifs de sa décision n'ont eu pour effet ­ voulu ou non ­ que de détruire les efforts de construction et de reconstruction de l'écologie politique en visant à en discréditer ses représentants politiques et en faisant échouer les assises de l'écologie que nous voulions organiser avec les Verts et l'Alliance au moment de la réunion des experts gouvernementaux du climat (Giec), prévue à Paris à la fin du mois de février.
 
Ce combat médiatique en faveur de l'écologie pourrait rapidement se transformer ­ grâce à l'aide efficace des pollueurs possesseurs de médias et donneurs d'ordre de publicité ­ en une entreprise de destruction du travail militant de trente ans.
Non, je ne me rallierai pas à la candidature de Nicolas Hulot, si candidature il y a, et je pense, de plus, que, sur le plan politique, deux candidatures se réclamant de l'écologie se complètent car il y a bien deux voies politiques pour parvenir à un objectif commun : répondre efficacement à l'urgence écologique
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 23:33

06.01.2007

La lettre de Corinne Lepage-n°14 - Agir pour être

LA MALADIE DU « ON » 

 Combien de fois n’ai-je entendu ce « on » quasi maladif qui semble justifier la pire résignation et l’abandon. On ne peut rien faire, on nous cache tout. À cela s’ajoute l’autre, celui qui agit contre le bien commun.
Les États-Unis qui polluent bien plus que nous et réduisent à néant mes efforts pour limiter mes émissions de CO2. L’agriculteur qui gaspille la ressource en eau en irriguant son maïs subventionné… La liste est longue de ces autres qui m’inciteraient à ne rien faire. Je voudrais profiter de cette année nouvelle pour faire un voeux, celui de la substitution du « on » par un « nous » collectif et intelligent.
Je souhaite que nous cessions de croire que nous subissons alors que nous sommes bien les acteurs de notre vie. C’est par nos actes que nous donnons sens à notre démocratie, en tant que partie prenante active d’un tout que nous construisons collectivement. Une année d’élection présidentielle, ce pourrait être cela, la prise en compte par chacun d’entre nous de son pouvoir effectif, par-delà le vote.
Les Françaises et les Français semblent avoir perdu confiance avec le monde politique et la classe médiatique. Ce petit monde confit qui se pare des meilleures intentions pour lasser avec un conservatisme d’ancien régime.
La politique, cette force vivante de toute démocratie, est aujourd’hui dans les assemblées spontanées, les conseils d’associations, sur le net. Mais doit-elle pour autant abandonner nos institutions à mille petits marquis qui se partagent les rôles dans un théâtre d’ombre ? Ce désaveux constaté devrait m’inciter à rester active dans mon métier d’avocate de l’environnement et de membre associative.
Ce serait alors tout simplement admettre l’échec de notre République, accepter que deux mondes cohabitent en s’ignorant. Je crois fermement que nous devons réinvestir tous les champs du réel et tenir pour acquis que la sphère politique nous appartient.

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 17:10

Je relaie ici un texte percutant de Corinne Lepage publié sur agoravox. La société de modération prônée par Nicolas Sarkozy sera insuffisante pour mettre l'économie française sur le bon chemin, celui qui permet de satisfaire les besoins de la vie à consommation de ressoruces minimum et non simplement modérée. Corinne Lepage a la légitimité sur le long terme pour incarner un projet sociétal durable.

Voici le texte:

"J'appartiens à une génération bienheureuse. Née après la guerre, j’ai grandi avec cette société de consommation qui en Occident nous a donné accès à un ensemble de biens et de services que mes grands-parents n’auraient pas même imaginés. Chaque année nous apportait une offre croissante que notre pouvoir d’achat en perpétuelle augmentation nous permettait d’acquérir. Ce qui relevait de la vie d’un millionnaire américain en 1930 (voyage en avion, vacances à l’autre bout du monde, biens de consommation en abondance, une à deux voitures particulières...) est devenu la norme des classes moyennes. J’ai profité, comme tout le monde, de cette mondialisation qui faisait rêver les puissants et trembler les ouvriers des usines délocalisées. Mais j’ai aussi mené la bataille de communes bretonnes qui ne voulait pas être les dégâts collatéraux raisonnables de cette frénésie du toujours plus. A chaque combat juridique (marées noires, pont de l’île de Ré, lignes THT, OGM...), j’ai senti l’arrogance des forts qui pensent incarner le progrès technologique sans contrôle, la croissance en Majesté. Je suis fière de ces combats menés avec tant de gens différents tous animés par la même détermination contre les injustices. Mais je suis aussi frustrée d’intervenir souvent après la décision pour empêcher son exécution, ou après le drame, pour obtenir compensation. Si aujourd’hui, je me couchais chaque soir paisible, avec la certitude rivée au corps d’avoir mené à bien ma petite barque, c’est que je serais devenue aveugle et lâche.

« Et ces hommes clignent des yeux en disant nous avons trouvé le bonheur », écrivit Nietzsche... Notre monde rempli de matière ne nous a pas apporté le bonheur. Sommes-nous plus heureux parce que nous avons accumulé tant de biens matériels ? Dans cette Europe de paix, dans ce monde occidental plus serein, nous avons semé de biens mauvaises graines. Nous avons largement entamé les ressources et détruit le patrimoine de notre planète sans vouloir entendre l’alarme des scientifiques. La négation du réel nous laisse croire que notre petit monde pourra durer un peu plus longtemps, jusqu’au prochain renouvellement de mandat. La presse ne veut pas blesser ses annonceurs qui assurent leur survie par l’achat quotidien d’espaces publicitaires, quand elle n’est pas directement détenue par l’industrie. Mais notre impérative urgence de ne rien faire et l’idée que nos mots ralentiraient les maux ont été lourdes de conséquence : dérèglement climatique, sixième extinction animale, déforestation, surexploitation des mers, empoisonnement de l’air, de l’eau , stérilisation des sols... liste non exhaustive de maux qui se cumulent avec un effet exponentiel. Je ne peux me contenter d’arriver après, en tant qu’avocate. Il faut que je sois là avant, pour anticiper les catastrophes, changer la donne, initier un nouveau projet de société qui soit enfin viable et où nous retrouverions le goût du bonheur. C’est cela faire de la politique.

Le pouvoir politique, médiatique et économique a été élevé en vase clos. Issus des mêmes écoles que leurs conseillers et l’ensemble des hauts fonctionnaires, ses responsables sont formatés pour une gestion de l’existant. Ils croient fermement que nous avons atteint le stade ultime du développement humain, cette « fin de l’histoire » que décrivit Francis Fukuyama. Leurs outils de mesure sont la croissance économique et le PIB. Ce qui ne rentre pas dans leur grille n’existe pas. Sept millions de Françaises et de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Une ligne statistique qui ne perturbe pas le chiffre du commerce extérieur. Le taux de suicide effarant chez les jeunes adultes, la consommation de neuroleptiques, d’antidépresseurs ? Du chiffre d’affaires pour les laboratoires qui les fabriquent, les pharmaciens qui les distribuent, encore du PIB. Une femme décède tous les quatre jours sous les coups de son partenaire ? Rien. Leurs outils sont systématiquement tournés vers la création de profils financiers. Et jusque-là tout allait bien, jusqu’à cette damnée croissance en berne. Cette croissance économique est un aveuglement idéologique. Regardons notre pays à travers d’autres indices, et nous ne pouvons que constater la chute de la France dans les évaluations. Avec l’indice de développement humain, nous voici déjà mauvais élèves. La mesure de la corruption ne nous place pas mieux. Quant à la place des femmes dans notre société, elle nous permet d’occuper les profondeurs du classement. Notre société exclut et détruit. Elle criminalise et envoie les « déviants » dans des prisons indignes d’une démocratie après des années d’attente d’un jugement pour des innocents qui en sortent anéantis.

Et pourtant. Je retrouve Montaigne : « Pour moi donc j’aime la vie », et je lutte. Peu importe que sur le chemin de la présidentielle, il me soit opposé les sondages, le refus des médias ou le vote utile. Je ne me soumets qu’au seul jugement des électeurs auxquels je livre un projet cohérent et complet. J’ai pour cela proposé une nouvelle constitution et un livre-programme réconciliant écologie et économie, Ecoresp, pour un New Deal écologique. Le volet sociétal est sur l’établi... Aucun de celles et deceux qui voteront pour moi le 22 avril n’aura à avoir honte de son choix. Je n’incarne pas un vote de rejet, mais l’adhésion à un projet, un vote utile pour mes concitoyens. Je me bats pour que notre futur ait un avenir. Et je crois au pouvoir nouveau du dialogue démocratique par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, grâce à la révolution du prolétariat, selon l’expression consacrée de Joël de Rosnay. Je donne à toutes et à tous un message, et j’appelle celles et ceux qui y adhèrent à le transmettre, à en débattre, à l’enrichir.

Alors nous aurons gagné le pari de l’intelligence collective contre l’arrogance médiatique télévisuelle qui nous sert le brouet indigeste d’une élection déjà faite et croit détenir un droit de propriété sur « du temps de cerveau disponible ».

-agoravox.Texte de Corinne LEPAGE .

 

  

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 23:14

"L’essor des déplacements de personnes et de marchandises est de l’ordre de 5% chaque année en France.
Le secteur routier se taille la part du lion (plus de 80%) au détriment des voies ferrées et navigables.
Symbole du dynamisme et de la mobilité, le trafic routier constitue en même temps un des principaux défis écologiques : automobiles et poids lourds prélèvent 65% de la consommation française de produits pétroliers (contre 34% il y a trente ans) ; l’augmentation de la circulation renforce les émissions de gaz carbonique (un tiers environ des rejets).

 

En développant une sorte de «système global» fondé sur la mobilité, le transport routier précipite la société dans une spirale insoutenable. Il faut donc modifier l’offre de transport.  

En bridant la puissance des moteurs.

 Les rendre conformes aux limitations de vitesse réduirait d’environ 20 % leur consommation et leurs émissions de gaz carbonique.
En donnant la priorité au rail. Les trains consomment moins d’espace et d’énergie, ils polluent peu. Leur développement passe par l’extension des voies, des dessertes et des cadencements des trains express régionaux.


En favorisant les transports en commun et les moyens de circulation douce.
 

Augmenter l’offre en modes de déplacement collectifs (transports en commun) et individuels (marche, vélo) attractifs, efficaces et adaptés aux horaires des rythmes urbains.


En taxant les véhicules les plus polluants.

 

 Le coût du transport par poids lourd doit intégrer ses coûts indirects et les automobiles les plus gourmandes et les plus polluantes être mises à contribution selon le principe du pollueur-payeur.
En réaménageant le territoire. Relocaliser les activités économiques, rapprocher les services, densifier de petites unités urbaines, organiser des circuits courts de distribution."

 

 

Ce pacte écologique transport pourrait être signé des deux mains par tous les candidats. Ces mesures sont déjà prônées depuis longtemps par cap21, les verts, et même la commission européenne, sans grande traduction concrète, encore moins en France qu’ailleurs. Je me souviens en 1995 de l’intervention de l’abbé Pierre sur la fracture sociale. L’ensemble des politiques, pas trop fiers, avait adopté un profil bas, tout en ayant pris conscience du problème. Dix ans après, la fracture sociale s’est agrandie, rien n’a changé.

 

Le problème va être de juger de la sincérité des candidats à l’élection présidentielle à appliquer ces mesures, à s’engager sur des résultats chiffrés à la hauteur des enjeux, à mettre des moyens financiers pour aboutir. 

 

Ce pacte contient effectivement des mesures visant à réduire massivement le transport routier. Attention cependant à ne pas perdre pied par rapport à la réalité concrète. 

 

Pour le transport des personnes, les mesures de restriction du type péage urbain, du type augmentation du coût de fonctionnement de l’automobile, seront très largement insuffisantes pour atteindre les objectifs dans les délais. Il faut en sus construire des solutions innovantes, revoir complètement la stratégie de l’industrie automobile, la stratégie d’usage de l’automobile, moyen de transport incontournable pour beaucoup de gens, afin que croissance des mobilités soit moins génératrice de croissance des transports. C’est à l’état de créer les conditions pour que cette mutation se fasse.

 

 Le projet que j’ai lancé pour cap21 de création d’un système de gestion en temps réel d’une flotte de taxis collectifs à grande échelle est dans cette logique d’offrir, sans contraindre, un mode de transport souple, sur mesure et confortable. Voilà une mesure qui a un fort impact avec peu d’argent public et qui correspond bien à notre tissu urbain, à la structure de notre économie.

 

A aucun moment dans ce pacte n'est évoqué le management de la mobilité, pourtant sujet numéro1 dans les travaux de recherche de la plateforme européenne de transports terrestres ERTRAC. Les bureaux des temps et  les plans de déplacements ne sont pas cités. Il faut cependant remarquer que Nicolas Hulot dit adapter les transports aux rythmes urbains. On est effectivement là dans la logique de l'analyse des temps de la ville. Il faudrait cependant qu'il revienne à cap21 pour prendre des cours de formation continue sur le sujet. De nombreux chercheurs travaillent le sujet depuis 5ans.

En sus, chose la plus importante, il faut que l'ensemble des acteurs travaillent d'arrache pied en réseaux et de façon continue pour réussir la mutation demandée. C'est là que le bas blesse le plus souvent. 

 

 

Pour le transport des marchandises, il faut savoir que 80% des déplacements poids lourds font moins de 150km. 40% des consommations d’énergie fossile proviennent du transport de marchandises en véhicules légers. En ville, les ménages eux-mêmes avec leur voiture, assurent la moitié des transports de marchandises. Le ferroviaire ne résoudra donc pas le problème. La notion de circuit court est donc à ce titre intéressante. Cela veut dire aussi, par exemple, faire ses courses plus souvent et à côté de chez soi. Cela veut dire aussi déconcentrer la livraison. C’est l’ensemble des acteurs de la distribution qu’il faut mobiliser dans une action quotidienne et négociée. 

 

Ces quelques exemples montrent que Nicolas Hulot a besoin de l’apport en compétences des gens qui travaillent depuis longtemps sur le sujet pour que son message se traduise rapidement dans la réalité avec des mesures efficaces. CAP21 est capable d'apporter cette compétence.  

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 23:28

Voici 12 freins au progrès que nous rencontrons fréquemment quand nous voyageons dans le monde de l'innovation. C'est très spécifiquement le cas en France, où nous avons tout un tas de décideurs plus campés sur des positions fixes, sans grande dynamique, avec des objectifs loin des enjeux. Les idées fortes et originales, peu coûteuses, efficaces, à composante gagnant gagnant, sont souvent rejetées avant même de les avoir analyser.  cap21 fait partie de ces mouvements d'avant garde sur les plans politiques, économiques et sociaux. Il se heurtera à tous ces freins, ces peurs irraisonnées de l'avenir et des changements.

1. On a déjà essayé, ça n'a pas marché.

effet: arrête la réflexion et empêche de remonter à la cause racine de l'échec.

parade: analyser en profondeur pourquoi cela n'a pas marché

2. On l'a jamais fait, si ça marchait, on l'aurait déjà fait.

effet: empêche d'agir sans aucune donnée formelle puisqu'on ne l'a jamais fait !

parade: pourquoi pas essayer? On a tout à gagner.....

3. Ils vont être contre.

effet: arrête la réflexion et crée un sentiment d'impuissance et de fatalité sans fondements.

parade: leur a-t-on au moins demandé? On peut bel et bien le justifier.

4. On n'a pas assez de moyens?

effet: crée un sentiment d'incapacité, sans études des résultats prévus et de faisabilité.

parade: on se donnera les moyens nécessaires en fonction des résultats à atteindre.

5. C'est une bonne idée, mais elle arrive trop tard, ou trop tôt.

effet: ajoute une contrainte de temps sans réelle évaluation de la mise en oeuvre.

parade: mieux vaut tard que jamais. Il vaut mieux agir en contretemps que ne pas agir. L'essentiel est de faire mieux qu'hier.

6. C'est une bonne idée, mais il y en a peut-être d'autres.

Effet: déconcerte, tend à faire abandonner la réflexion en cours sur cette idée, disperse les esprits.

parade: Oui c'est une bonne idée, creusons là un peu plus.

7. Je suis trop occupé pour ça.

effet: arrête la machine en route, décourage et démotive les autres, sans avoir identifié la charge de travail.

parade: on s'assure que l'action demandée est concise et on peut répartir des tâches quand une action est utile. Définir précisément avec l'intéressé le résultat sur lequel il peut s'engager.

8. En théorie, ça a l'air bien, mais en pratique....

effet: arrête la réflexion et décourage.

parade: il faut s'avoir s'adapter. Restons pragmatiques. Néanmoins, comprendre la méthode est déjà un résultat pratique. Et on ne le saura qu'en mettant la théorie en oeuvre.

9. Vous n'avez rien d'autre à faire?

effet: Montre le dédain et décourage. On s'écarte pourtant d'un problème réel.

parade:  rappeler le problème, justifier le choix de la démarche, dans le pire des cas ignorer.

10. Je ne pense pas que cela fasse partie de la stratégie.

effet: ce grand mot déconcerte, remet en cause la réflexion et dès lors l'interrompt.

parade: chercher à s'améliorer fait toujours partie de la stratégie! c'est de la responsabilité de tous.

11. Je ne veux pas être et je ne suis pas responsable de cela.

effet: démotive le groupe de travail, le plus souvent avant d'avoir identifié et affecté la tâche à effectuer.

parade: on n peut pas forcer quelqu'un à améliorer la situation s'il ne se sent pas capable. Demander de justifier le refus et proposer des solutions.

12. ce n'est pas assez ambitieux.

effet: c'est juger et critiquer une proposition d'un point de vue unique. Dévalorise et freine les initiatives.

parade: il n'y a pas d'amélioration trop petite. Et c'est un pas dans la bonne direction.

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /Oct /2006 21:52

Une fois n'est pas coutume, cet article sera politique car les élections présidentielles se profilent. Il n'y en aura pas beaucoup sur ce blog, mais les plus importants seront reproduits.

Ce blog transport est très technique et pose les bases d'un transport durable. A cap21, nous avons une réel approche projet avec des idées et des méthodes très innovantes qui font de nous un parti politique original.

 Notre discours s'adresse au plus grand nombre, et surtout à notre descendance qui ne nous pardonnera pas de ne pas avoir mis en oeuvre ce qu'il fallait pour garder une planète vivable. Notre programme se base sur des stratégies gagnant gagnant pour la vie quotidienne de tous les français. L'air, l'eau, les sols, sont les bases de la vie humaine. Force est de constater qu'ils ont été massacrés à toute vitesse par nos modes de vie depuis un siècle et demi. Or aucune politique n'a été mise en oeuvre avec l'ambition nécessaire pour arrêter l'hémorragie. Pire, on continue la fuite en avant en espérant que les technologies pourront tout résoudre sans remettre en cause en profondeur notre organisation sociale. La guerre froide, puis le chômage et l'insécurité, le déficit de l'état ont occulté, voir entièrement effacé la question environnementale depuis la constitution de 1958. CAP21 est  là pour la mettre au premier plan.

La profession de foi en 10 mesures de Corinne Lepage, que je reproduis ci-dessous, montre à quel point nous sommes déterminés, avec les compétences des membres du mouvement, à mettre en oeuvre un programme ambitieux comme il en a jamais été depuis l'après guerre. Corinne est la seule personnalité reconnue au niveau mondial pour ses travaux sur l'environnement. C'est donc avec elle et son mouvement que devra se construire l'avenir du pays. Celui-ci ne pourra pas se construire sans elle, si on considère que la situation de l'environnement en France réclame une médecine d'urgence.

Voici le texte officiel du communiqué de presse de Corinne:

Corinne LEPAGE : Pour que notre futur ait un avenir

Depuis 30 ans, je me bats comme avocate ou responsable associatif contre la destruction de notre environnement. J'ai eu l'honneur, à ce titre, d'être classée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement parmi les 25 femmes dans le monde qui agissent pour l'environnement

La prise en compte des facteurs environnementaux est aujourd'hui fondamentale. Nous ne pouvons plus concevoir d'action dans les sphères économiques, politiques ou sociales sans mesurer leur impact environnemental. Plus que de l'inconscience, c'est un acte criminel dont nous paierons les conséquences dans les dix ans à venir. Oui, seuls deux mandats présidentiels nous séparent de l'irrémédiable.

Oui, je suis candidate à l'élection présidentielle, et à ce titre, je défends un programme innovant qui place l'écologie au centre de notre vie démocratique. Mais je n'ai pas le monopole de la raison. Le temps des constats est derrière nous, nous entrons dans l'ère des solutions.

Pour cela, j'appelle toutes les candidates et tous les candidats à s'engager dans le respect de ces dix points qui sont le minimum vital.

Par-delà nos différences réelles, nous appelons à l'engagement de réformes structurelles minimisant notre emprise sur notre Terre. Nous signons cet appel et nous nous engageons une fois au pouvoir à bâtir toute politique dans le respect de ces dix points comme socle préalable à toute politique.

   1. Climat : Mise en place d'une politique ambitieuse de réduction de nos émissions de GES a minima de 20% en 5 ans.
   2. Recherche : Mise en place d'une procédure contradictoire scientifique pour toutes nouvelles technologies avant sa mise sur le marché ou essai à grande échelle (OGM, nanotechnologie…). Application d'un véritable principe de précaution.
   3. Energie : Mise en place d'une politique nationale d'économie d'énergie (lieux publics, entreprises, particuliers…) et développement des ENR. Moratoire sur l'EPR.
   4. Agriculture : Mise en place d'une politique agricole respectueuse de l'environnement en favorisant la filière de l'agriculture biologique et en divisant par deux l'usage des produits chimiques dans la filière classique. Abandon des pratiques agricoles surconsommatrices d'eau. Moratoire sur les OGM.
   5. Transport : Moratoire sur les autoroutes et report des crédits affectés sur des projets de transports collectifs et de frets à faible émission de CO2.
   6. Fiscalité : Mise en place d'une fiscalité favorisant l'émergence des Nouvelles Technologies Environnementales et leur financement. Arrêt des aides publiques aux activités destructrices de l'environnement.
   7. Santé : Interdiction des produits contenant des substances cancérigènes identifiées par le programme REACH.
   8. Déchets : Moratoire sur les incinérateurs et mise en place d'une politique de réduction à la source.
   9. Biodiversité : Interdiction des importations de produits portant atteinte à la biodiversité.
   10. International : Création d'une organisation mondiale pour l'environnement dotée d'un budget spécifique de financement de projets de développement respectueux de l'environnement et d'un tribunal international de lutte contre la pollution.

Corinne Lepage.

Communiqué de presse du 12/10/2006
 
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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