Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /2006 21:42

Le combat pour la décision d'opportunité de ce doublement d'autoroute est exemplaire. En effet, en pleine élection présidentielle, à un moment où l'urgence écologique est mise en avant par tous les candidats, on pourra juger réellement des intentions de l'état à ce niveau, et donc de la crédibilité de celui-ci par rapport aux discours. Les associations sont en état de vigilence. Les solutions alternatives au tout routier existent. Le transport des personnes et des marchandises utilisent les mêmes réseaux et le management des mobilités est d'une faiblesse inacceptable.

Par exemple, en généralisant les plans de déplacement entreprise, on peut diviser par 2 le trafic automobile sur le trajet domicile travail en 5 ans. Ce sujet n'avance pas. En mettant en oeuvre les bureaux des temps pour synchroniser les activités urbaines, on peut encore gagner sur le besoin en mobilité etc...

 

doublement de l'autoroute A 9, les associations envoient une LETTRE OUVERTE
A MONSIEUR LE PREFET DE L¹HERAULT

Monsieur le Préfet,

Notre collectif d¹associations engagé dans le combat contre les effets
néfastes du projet de doublement de l¹A9 sur la santé des populations
riveraines et sur l¹environnement :

. souhaite connaître l¹objectif des études en cours sur ce projet que vous
avez demandées suite aux conclusions des commissaires enquêteurs ;

. souhaite être informé rapidement des conclusions de ces études dès
qu¹elles seront achevées ;

. demande, conformément aux conclusions du débat public sur les transports
dans le VRAL, qu¹une étude globale sur les alternatives à la politique du
tout routier (seul choix actuellement retenu dans ce dossier) soit
entreprise au plus vite.

Cette étude devrait prendre en compte les différents modes de transport
(autoroute ferro-viaire, merroutage, transports en communs) afin de répondre
de manière écologique et dans l¹intérêt de la santé des populations aux
besoins de mobilité dans notre région.

L¹impact de la hausse du prix du pétrole devrait donner lieu à des
prévisions réalistes de trafic (le chiffre de 40% d¹augmentation du trafic
routier est contestable en raison de la hausse très vraisemblable voir
inéluctable du prix du pétrole.
Par ailleurs les aspects liés à l¹aménagement du territoire devraient être
aussi abordés au cours de cette étude: comment réduire les besoins de
transport ? Quel type d¹aménagement peut-on envisager dans cette perspective?

Nous vous proposons, si cette étude est retenue, de vous préciser nos
souhaits concernant son contenu.
Il nous semble urgent d¹engager cette étude afin que les services de l¹Etat
puissent se prononcer en ayant en main des solutions alternatives au « tout
routier », et ce avant l¹échéance de juin 2007, date limite de décision sur
ce dossier par rapport à la DUP. Ces solutions alternatives permettraient
par ailleurs à l¹Etat de respecter ses engagements sur la santé publique et
sur les émissions de gaz à effet de serre. Une étude analogue a été réalisée
en Alsace à la demande d¹un collectif local d¹associations à propos d¹un
projet similaire de contournement autoroutier ouest de Strasbourg.

Espérant que vous répondrez favorablement à notre requête, nous vous prions
d¹agréer,
Monsieur le Préfet, l¹expression de nos sentiments respectueux.

Les président(e)s des associations :

ADQVEB (Baillargues): Claude Brion
ADPMA9 ( St-Aunès) : Georges Fandos
St-Jean Environnement (St-Jean de Védas) : Aline Pérez
ADTC 34 (Montpellier): Patrice Loisel
CLAPE  (Languedoc.Roussillon) : représenté par Xavier Vachez       

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /2006 20:49

Une des grandes causes du problème des banlieues développée dans les medias et les débats politiques est le type d'urbanisme: grands ensembles, inhumanité de l'espace, problèmes économiques associés, ghettoïsation, etc...Personne, pas même dans les thèses de recherche, n'a encore étudié et quantifié le lien entre la civilisation du "tout automobile" et la dégradation des conditions de vie dans les banlieues.

Pourtant, il suffit de croiser plusieurs paramètres pour se rendre compte qualitativement de l'évidence de ce lien.

Si on a le souci d'une réelle réflexion globale faisant intervenir les modes de vie, l'économie, le revenu net des ménages, l'inflation des prix de l'immobilier, les problèmes sociaux, les problèmes de l'économie souterraine, les problèmes d'environnement (énergie, effet de serre, pollution locale, occupation d'espace), alors on a les clés pour comprendre comment la construction d'infrastructures pour l'automobile a pu contribué fortement au problème actuel des banlieues.

Pour faire cette démonstration qualitative, il faut trouver l'enchaînement logique de ces paramètres.

L'automobile, on l'a vu dans les précédents articles, exerce une pression foncière forte sur les espaces urbains contraints, de par l'usage individuel de la voiture, particulièrement sur les déplacements domicile-travail (environ 170 mètres carré par voiture). Depuis 30 ans, cela a conduit, spécifiquement en France, à une inflation d'infrastructures routières dimensionnées pour les heures de pointe, donc surdimensionnées. Ce mode de vie correspondait aux aspirations de la classe moyenne, séduite par un mode de transport individuel. Les pouvoirs publics ont alors été incapables d'anticiper les problèmes que cela poserait, sans doute peu éclairés par une recherche en sciences humaines très insuffisante. Il est d'ailleurs inquiétant de voir les étudiants en sciences humaines autant stigmatisés par des hommes politiques plus attirés par une vision utilitariste de l'enseignement supérieur. Il est alors dramatique de diminuer les crédits des universités en sciences humaines au profit des sciences dites dures comme les nanotechnologies, l'atome etc... 

 Or les problèmes environnementaux vont nécessiter des changements de comportements nécessitant eux-mêmes une vision globale issue de la sociologie, la psychologie, la philosophie, l'histoire et la géographie, l'anthropologie.

Aborder le problème des banlieues par le rapport entre l'usage individuel de l'automobile et l'espace urbain permet d'enchaîner sur cette logique infernale.

1. La construction excessive d'infrastructures a enclavé certains quartiers dont il est impossible de sortir autrement qu'en voiture. Or c'est le mode de transport le plus cher au kilomètre parcouru.

2. Elle a entraîné une qualité très inégale dans le bâti entre les quartiers en amenant des nuisances (bruit, pollution de l'air, dégradation des paysages). Cette inégalité a contribué à augmenter le différentiel de prix entre différents espaces urbains, à alimenter la spéculation immobilière en déséquilibrant la qualité environnementale du bâti. C'est là que le début de la ghettoïsation peut démarrer, car les ménages à revenus faibles ou même moyens ne peuvent se loger ailleurs. Les revenus moyens ont aussi choisi, pour certains, de s'éloigner. Ils ont ainsi fait le choix d'habiter en périurbain pour échapper à la pression foncière et rechercher une qualité de vie, sacrifiant ainsi du temps de transport en automobile, et alimentant ainsi, sans en prendre conscience, le système.

3. Les ouvrages d'art associés à cette construction de routes ont aussi créé des zones dans lesquelles une économie souterraine d'échanges de produits illicites a pu se développer.

On peut donc construire ce petit diagramme:

aspiration à la mobilité individuelle en voiture ------>inflation d'infrastructures ---------->nuisances -------> création d'inégalités de prix de l'immobilier -------->ghettoïsation par le couplage avec l'inégalité de revenus ----------> création des conditions d'une explosion sociale à long terme.

On voit ainsi comment l'aspiration à un certain mode de vie peut générer par effet domino des conditions urbaines désastreuses. Bien sûr, il ne s'agit pas de culpabiliser les classes moyennes d'avoir fait ce choix. Nous ne sommes pas coupables, mais responsables par manque de vision des pouvoirs publics sur l'urbanisme, la mobilité, et ces effets long terme. Il faut donc regarder ces problèmes en face, pour mieux les traiter, et changer notre modèle de vie.

Il faut sûrement envisager une autre représentation que la maison individuelle pour chacun. Il faudra créer rapidement ces représentations par des offres complètement nouvelles en matière d'urbanisme et de déplacements, de distribution des fonctions de la ville dans l'espace (habitat, emplois, commerces, loisirs).

 

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 23:28

Voici 12 freins au progrès que nous rencontrons fréquemment quand nous voyageons dans le monde de l'innovation. C'est très spécifiquement le cas en France, où nous avons tout un tas de décideurs plus campés sur des positions fixes, sans grande dynamique, avec des objectifs loin des enjeux. Les idées fortes et originales, peu coûteuses, efficaces, à composante gagnant gagnant, sont souvent rejetées avant même de les avoir analyser.  cap21 fait partie de ces mouvements d'avant garde sur les plans politiques, économiques et sociaux. Il se heurtera à tous ces freins, ces peurs irraisonnées de l'avenir et des changements.

1. On a déjà essayé, ça n'a pas marché.

effet: arrête la réflexion et empêche de remonter à la cause racine de l'échec.

parade: analyser en profondeur pourquoi cela n'a pas marché

2. On l'a jamais fait, si ça marchait, on l'aurait déjà fait.

effet: empêche d'agir sans aucune donnée formelle puisqu'on ne l'a jamais fait !

parade: pourquoi pas essayer? On a tout à gagner.....

3. Ils vont être contre.

effet: arrête la réflexion et crée un sentiment d'impuissance et de fatalité sans fondements.

parade: leur a-t-on au moins demandé? On peut bel et bien le justifier.

4. On n'a pas assez de moyens?

effet: crée un sentiment d'incapacité, sans études des résultats prévus et de faisabilité.

parade: on se donnera les moyens nécessaires en fonction des résultats à atteindre.

5. C'est une bonne idée, mais elle arrive trop tard, ou trop tôt.

effet: ajoute une contrainte de temps sans réelle évaluation de la mise en oeuvre.

parade: mieux vaut tard que jamais. Il vaut mieux agir en contretemps que ne pas agir. L'essentiel est de faire mieux qu'hier.

6. C'est une bonne idée, mais il y en a peut-être d'autres.

Effet: déconcerte, tend à faire abandonner la réflexion en cours sur cette idée, disperse les esprits.

parade: Oui c'est une bonne idée, creusons là un peu plus.

7. Je suis trop occupé pour ça.

effet: arrête la machine en route, décourage et démotive les autres, sans avoir identifié la charge de travail.

parade: on s'assure que l'action demandée est concise et on peut répartir des tâches quand une action est utile. Définir précisément avec l'intéressé le résultat sur lequel il peut s'engager.

8. En théorie, ça a l'air bien, mais en pratique....

effet: arrête la réflexion et décourage.

parade: il faut s'avoir s'adapter. Restons pragmatiques. Néanmoins, comprendre la méthode est déjà un résultat pratique. Et on ne le saura qu'en mettant la théorie en oeuvre.

9. Vous n'avez rien d'autre à faire?

effet: Montre le dédain et décourage. On s'écarte pourtant d'un problème réel.

parade:  rappeler le problème, justifier le choix de la démarche, dans le pire des cas ignorer.

10. Je ne pense pas que cela fasse partie de la stratégie.

effet: ce grand mot déconcerte, remet en cause la réflexion et dès lors l'interrompt.

parade: chercher à s'améliorer fait toujours partie de la stratégie! c'est de la responsabilité de tous.

11. Je ne veux pas être et je ne suis pas responsable de cela.

effet: démotive le groupe de travail, le plus souvent avant d'avoir identifié et affecté la tâche à effectuer.

parade: on n peut pas forcer quelqu'un à améliorer la situation s'il ne se sent pas capable. Demander de justifier le refus et proposer des solutions.

12. ce n'est pas assez ambitieux.

effet: c'est juger et critiquer une proposition d'un point de vue unique. Dévalorise et freine les initiatives.

parade: il n'y a pas d'amélioration trop petite. Et c'est un pas dans la bonne direction.

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 23:00

La ville de Richmond, riche en véhicules 4X4 , a décidé d'appliquer une tarification de stationnement différenciée en fonction de la consommation d'énergie des véhicules. La consommation est directement liée à l'émission des gaz à effet de serre.

Une équivalente smart  ne paie pas, une équivalente twingo paie 10%, etc..., jusqu'à 3 fois le tarif nominal pour un 4X4.

Cependant, il est dommage que la ville n'ait pas tenu compte d'une donnée technique importante. Les émissions se mesurent en voyageurs kilomètres. Il faudrait donc appliquer un abattement en fonction du nombre de passagers.

Cette tarification est aussi appliquée à Oslo. Il n'y a donc pas d'interdiction d'accès aux 4X4, mais chacun assume ses responsabilités et ses choix en fonction des contributions négatives à l'environnement. Finalement, chacun garde sa liberté.

Nous sommes encore loin de ce mode d'action en France, il faudra y venir. 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 22:02

L'ouverture des échanges mondiaux n'a pas encore produit tous ces effets. Certains, n'ont encore jamais, sur aucun média, été analysés dans toute leur dimension. Cet article ouvre un champ énorme de réflexions, montre comment l'attractivité d'un pays ou d'un territoire, se combinant avec la redistribution des flux financiers et la recopie de modes de vie extrêmement prédateurs pour la planète entière, peut amener à un désastre économique et environnemental par effet de saturation. Il convient de prendre en compte la capacité d'assimilation du milieu.

Transposons le chiffre suivant à la Chine et l'Inde: 80% des richesses sont détenues par 20% des gens. Sur ces deux pays, nous avons plus de 2 milliards d'habitants. Nous allons alors allègrement vers 400 millions de nouveaux riches, soit en gros la population de l'Europe. 

Or la France est le pays le plus attractif du monde en terme touristique, et même économique. Si, ne serait-ce qu'un petit pour cent de cette population vient visiter ou habiter  notre pays, alors notre population augmenterait temporairement de 6% avec une répartition par paquets sur notre territoire. Si nous n'anticipons pas les problèmes environnementaux au niveau local, alors nous courons vers une dégradation extrême de nos territoires. Il est plus qu'urgent de fabriquer des modèles de migrations saisonnières performants, représentatifs de la réalité mondiale, pour apprendre à gérer cette situation. Si l'aménagement du territoire est mal maîtriser, on va saturer les milieux, si on freine les migrations, les prix de l'immobilier vont monter par excès de demande insatisfaite. 

Dans un tel contexte, l'urbanisme et la mobilité sont des points majeurs à étudier. La gestion de l'habitat, en particulier sur l'offre pour maîtriser les prix, est indispensable pour que la population locale puisse encore habiter chez elle. Car bien sûr, les salaires ne suivront pas l'augmentation des prix d'un immobilier non maîtrisé. Est-ce que nos réseaux sont suffisamment dimensionnés?

On voit donc qu'en croisant 4 paramètres comme le fonctionnement du capitalisme mondial, l'attractivité économique et touristique d'un pays, la progression des inégalités, la dynamique démographique mondiale et sa répartition dynamique, on aboutit à des raisonnements totalement différents et absents des débats d'aujourd'hui.

Il y a impérieuse nécessité à perfectionner les modèles démographiques au niveau de la recherche. Il ne faut donc surtout pas abandonner à un triste sort les sciences humaines, ce qu'hélàs, Mr Sarkozy, dans sa vision utilitariste de l'université, s'apprête à faire. Les problèmes viendront peut-être là où on ne les attend pas.

Ces migrations seront peut être une chance ou un désastre suivant la manière dont nous allons gérer et anticiper.

Une meilleure répartition des richesses serait aussi la bienvenue pour aboutir à une sorte d'aménagement du territoire à l'échelle mondiale. A ce problème s'ajouteront les migrations dues au réchauffement climatique.

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 22:11

Ce film est de grande qualité. Il n'est pas caricatural. Il est de bonne facture scientifique. Il fait prendre conscience de l'urgence. Allez le voir, vous apprendrez l'essentiel sur cette question. Pour approfondir, il faut aller voir sur le site de l'IPCC les originaux des rapports scientifiques.

Devant un tel constat, on trouve deux sortes de réaction chez les gens sortant des salles:

Le fatalisme: "cela ne donne pas le moral, il n'y a plus rien à faire".

La volonté d'agir vite: "retroussons nos manches".

Personnellement, j'ai décidé de retrousser les manches, et ce film me donne encore plus l'énergie d'agir. Nous n'avons pas de joker et il est indispensable d'éviter le cycle d'emballement: réchauffement, dégazage de méthane, affaiblissement du puits naturel de carbone, réchauffement, etc....On ne peut plus se contenter de mesurettes. 

J'étais le 11 Octobre, au mondial de l'automobile, aux états généraux des citoyens de la route organisés par Bernard Darniche. J'intervenais dans la 5ème table ronde "tous les modes de transports existent, reste à les organiser".  J'y ai décrit le projet de gestion temps réel d'un système de transport à la demande que j'ai lancé avec 5 laboratoires de recherche Haut-Normands et 3 sociétés. Ce projet est destiné à diviser les émissions de gaz à effet de serre par un minimum de 8, en gardant la même qualité de mobilité que la voiture individuelle. Le priincipe est de multiplier par 4 le taux d'occupation des voitures et d'utiliser une motorisation hybride. C'est l'informatique, l'automatique et les télécommunications qui nous permettront d'obtenir ces performances.

 Il est une vraie stratégie faisant intervenir tous les modes en synergie, et donc tous les acteurs correspondants. Je compte regrouper autour de ce projet, et en dehors de la recherche, des constructeurs automobiles et d'autres opérateurs de transports publics. Ce projet est connu de la commission européenne, plateforme eurotrans 2007-2013. Nous avons commencé à dégager les algorithmes de recherche opérationnel susceptibles de répondre au mieux à ce besoin.

Il est temps de changer de paradigme: au lieu de construire des infrastructures et du matériel roulant, on conçoit des logiciels et de l'organisation des mobilités individuelles. C'est plus efficace, et cela coûte 100 fois moins cher en argent public. En sus, la mobilité individuelle est alors infiniment moins cher que "l'autosolisme".

Il est temps de construire une société de réseau pour régler ces problèmes à la hauteur des enjeux. Cette journée y a contribué.

Il faut lui donner un prolongement. Si nous arrivons à réunir tous les partenaires, nous pouvons nous offrir le meilleur système de mobillité automobile du monde.  

Vous pouvez visualiser en différé video cette table ronde sur le site:

www.citoyensdelaroute.com le lien avec les états généraux est en bas de la page d'accueil. 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /2006 21:52

Une fois n'est pas coutume, cet article sera politique car les élections présidentielles se profilent. Il n'y en aura pas beaucoup sur ce blog, mais les plus importants seront reproduits.

Ce blog transport est très technique et pose les bases d'un transport durable. A cap21, nous avons une réel approche projet avec des idées et des méthodes très innovantes qui font de nous un parti politique original.

 Notre discours s'adresse au plus grand nombre, et surtout à notre descendance qui ne nous pardonnera pas de ne pas avoir mis en oeuvre ce qu'il fallait pour garder une planète vivable. Notre programme se base sur des stratégies gagnant gagnant pour la vie quotidienne de tous les français. L'air, l'eau, les sols, sont les bases de la vie humaine. Force est de constater qu'ils ont été massacrés à toute vitesse par nos modes de vie depuis un siècle et demi. Or aucune politique n'a été mise en oeuvre avec l'ambition nécessaire pour arrêter l'hémorragie. Pire, on continue la fuite en avant en espérant que les technologies pourront tout résoudre sans remettre en cause en profondeur notre organisation sociale. La guerre froide, puis le chômage et l'insécurité, le déficit de l'état ont occulté, voir entièrement effacé la question environnementale depuis la constitution de 1958. CAP21 est  là pour la mettre au premier plan.

La profession de foi en 10 mesures de Corinne Lepage, que je reproduis ci-dessous, montre à quel point nous sommes déterminés, avec les compétences des membres du mouvement, à mettre en oeuvre un programme ambitieux comme il en a jamais été depuis l'après guerre. Corinne est la seule personnalité reconnue au niveau mondial pour ses travaux sur l'environnement. C'est donc avec elle et son mouvement que devra se construire l'avenir du pays. Celui-ci ne pourra pas se construire sans elle, si on considère que la situation de l'environnement en France réclame une médecine d'urgence.

Voici le texte officiel du communiqué de presse de Corinne:

Corinne LEPAGE : Pour que notre futur ait un avenir

Depuis 30 ans, je me bats comme avocate ou responsable associatif contre la destruction de notre environnement. J'ai eu l'honneur, à ce titre, d'être classée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement parmi les 25 femmes dans le monde qui agissent pour l'environnement

La prise en compte des facteurs environnementaux est aujourd'hui fondamentale. Nous ne pouvons plus concevoir d'action dans les sphères économiques, politiques ou sociales sans mesurer leur impact environnemental. Plus que de l'inconscience, c'est un acte criminel dont nous paierons les conséquences dans les dix ans à venir. Oui, seuls deux mandats présidentiels nous séparent de l'irrémédiable.

Oui, je suis candidate à l'élection présidentielle, et à ce titre, je défends un programme innovant qui place l'écologie au centre de notre vie démocratique. Mais je n'ai pas le monopole de la raison. Le temps des constats est derrière nous, nous entrons dans l'ère des solutions.

Pour cela, j'appelle toutes les candidates et tous les candidats à s'engager dans le respect de ces dix points qui sont le minimum vital.

Par-delà nos différences réelles, nous appelons à l'engagement de réformes structurelles minimisant notre emprise sur notre Terre. Nous signons cet appel et nous nous engageons une fois au pouvoir à bâtir toute politique dans le respect de ces dix points comme socle préalable à toute politique.

   1. Climat : Mise en place d'une politique ambitieuse de réduction de nos émissions de GES a minima de 20% en 5 ans.
   2. Recherche : Mise en place d'une procédure contradictoire scientifique pour toutes nouvelles technologies avant sa mise sur le marché ou essai à grande échelle (OGM, nanotechnologie…). Application d'un véritable principe de précaution.
   3. Energie : Mise en place d'une politique nationale d'économie d'énergie (lieux publics, entreprises, particuliers…) et développement des ENR. Moratoire sur l'EPR.
   4. Agriculture : Mise en place d'une politique agricole respectueuse de l'environnement en favorisant la filière de l'agriculture biologique et en divisant par deux l'usage des produits chimiques dans la filière classique. Abandon des pratiques agricoles surconsommatrices d'eau. Moratoire sur les OGM.
   5. Transport : Moratoire sur les autoroutes et report des crédits affectés sur des projets de transports collectifs et de frets à faible émission de CO2.
   6. Fiscalité : Mise en place d'une fiscalité favorisant l'émergence des Nouvelles Technologies Environnementales et leur financement. Arrêt des aides publiques aux activités destructrices de l'environnement.
   7. Santé : Interdiction des produits contenant des substances cancérigènes identifiées par le programme REACH.
   8. Déchets : Moratoire sur les incinérateurs et mise en place d'une politique de réduction à la source.
   9. Biodiversité : Interdiction des importations de produits portant atteinte à la biodiversité.
   10. International : Création d'une organisation mondiale pour l'environnement dotée d'un budget spécifique de financement de projets de développement respectueux de l'environnement et d'un tribunal international de lutte contre la pollution.

Corinne Lepage.

Communiqué de presse du 12/10/2006
 
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 22:19

Dans un climat des affaires morose en France et en Europe, les grands constructeurs affirment un optimisme sans faille sur leurs performances futures, dans un contexte de fusions et de partenariats envisagés. En effet l'usage individuel de l'automobile explose au niveau mondial. L'arrivée de modèles chinois attise encore la concurrence. Ceci augure bien mal de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans les délais que ce problème nous imposera. Certains journalistes, de plus, continuent de parler d'autophobie à propos de la communication des partisans des modes de transports alternatifs, déformant ainsi le message. L'usage de l'automobile pose des problèmes d'environnement et de partage d'espace. C'est un fait incontestable qui n'a pas à être jugé. Il faut trouver d'autres usages à l'automobile. Force est de constater que je n'ai pas vu grand chose de significatif sur ce sujet. C'est pourquoi j'interviens dans une table ronde avec Bernard Darniche et  Stéphane Paoli le 11 Octobre sur le projet taxi collectifs temps réel que j'ai lancé l'an dernier.

Pourtant, j'ai vu des innovations de rupture, bien plus efficaces que l'opération de communication sur le bioethanol.

Une société du groupe Dassault, et indépendant du projet Bolloré, "société de véhicules électriques",  a développé un moteur électrique avec 200km d'autonomie et des batteries lithium ion sur une plateforme Kangoo. La batterie est de faible encombrement, est développée par SAFT, fait 25kWh, se charge en 4 à 8h. Un chargeur externe peut récupérer la moitié de la capacité de la batterie en 30mn.

L'originalité de ce concept est qu'il est couplé à un moteur thermique pouvant fonctionner à l'essence ou au bioethanol. Ce véhicule est très polyvalent, pour la ville  et les trajets quotidiens comme pour la route. Dans la majeure partie des déplacements, le moteur électrique suffit. Sur les longues distance, les deux moteurs marchent en même temps. Contrairement à la Prius, l'électrique est prioritaire. Cela ramène le coût de fonctionnement à 1 Euros pour 100km.

En mode hybride et à basse vitesse, le moteur générateur recharge la batterie. En mode routier et autoroutier, les deux moteurs fonctionnent en parallèle, sont solidarisés et en liaison mécanique avec les roues. La puissance totale de la chaîne de traction est alors de 100kW, puissance des moteurs thermiques actuels.

Ce véhicule très innovant sera disponible pour les collectivités locales en 2007 et pour les particuliers mi 2008.

Cet hybride est une réelle voie d'avenir. Il n'y a aucun obstacle à déployer ce moteur hybride. Espérons que les constructeurs ne mettront pas d'obstacle à la diffusion de cette innovation dans une large gamme de véhicules. Il faut augmenter la diversité des sources d'énergie sur tous les modèles.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /2006 23:19

Cet article répond aux commentaires de Jean-Philippe Dayres et éclaircit le débat, décode les arguments développés.

Jean-Philippe a brossé un tableau assez juste mais vu du côté du jeu d'acteurs industriels. Qu'en est-il de l'automobiliste.  

Il faut distinguer, devant le tapage médiatique habituel, les arguments qui relèvent de la plus pure communication électorale du gouvernement de ceux qui ont un début de réalité.

Que permet de faire le lancement du couple bioethanol moteur flex?

Il permet:

de seulement poser des jalons bien maigres pour diminuer notre dépendance au pétrole.

de stimuler une concurrence, donc diminuer le poids de l'industrie du pétrole, donc éviter une envolée trop prononcée des prix, mais à la marge. Les français roulant le plus en voiture étant les plus riches, voir le tableau du précédent article, ce sont finalement ceux-là qui profiteront du système sans pour autant en voir réellement les effets. 

de se donner les moyens pour plus tard d'une certaine indépendance énergétique pour le transport.

Il permet de donner du travail à un type d'agriculture et à l'industrie automobile. 

Par contre, ce lancement ne permet pas:

de modifier sensiblement les conditions économiques précaires des ménages dont le budget est sensible au coût du transport. Le bioethanol aidé par l'état coûte 25% moins cher environ que l'essence,  le moteur flex consomme 25%  de plus environ. Il ne s'adapte pas aux moteurs actuels. Le parc français est majoritairement diesel. Les français ne changent de voiture que tous les 8 ans (en augmentation depuis l'an dernier).

de contribuer significativement à la diminution des gaz à effet de serre dans les délais où il faut agir (20 ans). 

c'est une réponse faible et marginale. La communication du gouvernement sur le pouvoir d'achat et l'effet de serre est donc purement électorale. N'oublions pas qu'il faut 1ha par voiture pour la faire rouler au biocarburant. Il y a un conflit d'usage avec d'autres fonctions.

Quels sont les effets pervers du développement massif des biocarburants?

On ne peut se permettre de remettre dans la nature plus de pesticides, d'herbicides, de mettre plus de pression sur l'eau. C'est un frein incontestable.

On risque de passer d'un poids excessif de l'industrie pétrolière à celui de l'agriculture. On risque finalement de simplement changer de dépendance.

Ne surestimons pas le poids de la TIPP, elle ne réprésente que 7% des recettes de l'état, l'impôt sur le revenu 17%, la TVA le reste en gros. L'argument qui consiste à dire que l'état ne veut pas bouger parce qu'il  n'aurait plus de rentrée de TIPP ne tient pas la route. En maîtrisant le trafic automobile, l'état pourrait faire des économies en évitant le surinvestissement dans les infrastructures autoroutières urbaines.

Prendre le problème par le fil de la pollution, de l'effet de serre, de la crise de l'énergie est insuffisant. Cela ne règle pas le problème de la consommation excessive d'espace urbain.

Que faudrait-il faire?

Diversifier les sources de carburants en même temps et équitablement:

bioethanol, diester, biogaz (production à partir de la méthanisation des déchets), gaz naturel, air comprimé: c'est au gouvernement de faire cela, et c'est possible immédiatement.

Enfin, et prioritairement, légiférer pour obliger les acteurs économiques à faire des plans de déplacements. L'expérience de STmicroelectronics à Grenoble montre que l'on peut diviser par 2 en 5 ans l'usage de la voiture sur le déplacement domicile travail. C'est facile à faire, ne coûte pas cher, diminue structurellement la demande, donc contribue à la maîtrise des coûts.

L'efficacité est du côté de nos organisations des mobilités. Le ministre et son gouvernement n'en parle jamais. Pourtant, c'est là qu'il faudrait porter l'effort de communication. Or, on préfère acheter les voix des agriculteurs pour 2007 au détriment de la plus grande partie de la population française, victime de cette partie d'échec. 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : carburants propres
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Lundi 25 septembre 2006 1 25 /09 /2006 22:18

Notre ministre de l'économie et des finances a fait une brillante démonstration, dans l'émission de Chirstine Ockrent France Europe Express, de la volonté du gouvernement de se soucier du pouvoir d'achat des français, particulièrement lorsqu'il a annoncé le déploiement des pompes bioethanol pour alimenter les moteurs flex. Il a annoncé cela comme une grande nouvelle pour le pouvoir d'achat des français.

La ficelle est tout de même un peu grosse. Nous sommes encore dans une vaste entreprise de démagogie et de désinformation. Certes, ne crachons pas sur un progrès. Mais l'impact sur le pouvoir d'achat sera tout à fait insignifiant. L'impact sur l'environnement sera quasi nul. 

Il faut bien se rendre compte que cette solution technique ne pourra s'appliquer que pour les véhicules neufs à essence. En sus, la moitié du parc est diesel. La totalité du parc est renouvelé en 20 ans et la durée moyenne d'un véhicule est de 8 ans. Autant dire que cela ne touchera que très peu de monde. Mr Breton a une fois de plus, et c'est devenu une mode dans le gouvernement, donné dans l'effet d'annonce spectaculaire, France 3 étant complice bien involontaire de cette manipulation.

Il en était de même récemment avec Mr Coppé qui annonce que la baisse d'impôt sur les classes moyennes a relancé la croissance et l'économie, alors que ces cadeaux fiscaux représentent une place de cinéma par mois pour une famille. 

Le divorce entre la population française et le gouvernement s'accroit. Ce sont deux mondes différents avec des références différentes qui ne se comprennent plus. A mauvais diagnostic mauvaise solution.

Voici un tableau, certes datant de 1997, mais illustrant le raisonnement tenu ci-après.

Il donne, pour les 20% les moins riches (revenus inférieurs à 11400Euros par an) et les 20% les plus riches (revenus supérieurs à 30000 Euros par an), la répartition des dépenses de carburant et du volume de kilomètres parcourus encore en francs à l'épo. 

 On voit sur ce tableau, que les ménages aux plus faibles revenus roulent peu en voiture. Ils ne seront  donc pas touchés par l'avènement du bioethanol. Quand à la classe moyenne, l'impact sera faible car la TIPP amortit considérablement les variations du prix du carburant.

Le ministre oublie, pour l'amélioration immédiat du pouvoir d'achat, que l'on gagne beaucoup plus en roulant moins, ce qu'il est tout à fait possible de faire en généralisant le management de la mobilité dans les entreprises, c'est à dire les plans de déplacements d'entreprises. Une fois de plus, le gouvernement essaie de résoudre un problème par une solution technique ayant un impact marginal, alors que la solution la plus efficace est organisationnelle.

En ce moment, nous sommes en pleine culture des zorro, des faiseurs de miracles. Mais en matière économique, il n'y a que la vérité des chiffres qui compte et pas de miracle, c'est à dire le décompte du porte-monnaie des ménages en fin de mois.

Un simple chiffre, en roulant pour 30% des déplacements à vélo, on peut gagner 10 fois le cadeau de Mr Breton ou de Mr Copé par an. La moitié des déplacements en voiture fait moins de 3km, les 3/4 moins de 5km.

Si on organise les déplacements des salariés des entreprises, on peut gagner jusqu'à 7000km par an sur le budget voiture. Le prix du carburant est un faux débat. La baisse récente du prix du brut risque d'endormir les français, le ministre ajoute à cette confusion. 

Le gouvernement marche à côté de ses chaussures, à mille lieues des réalités économiques des ménages.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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