Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 22:30

La planète continue de brûler, et nous continuons à nous préoccuper de notre petit nombril. De choc des civilisations en violences urbaines, en répression, en guerres préventives et autres, nous nous comportons comme des enfants, gardant jalousement notre petit bout de terrain ou de privilège.

 

 L’agence spatiale européenne vient de tirer une fois de plus la sonnette d’alarme, plus près de Big Ben que de la petite clochette que l’on met autour du cou des vaches. Le réchauffement climatique s’accélère plus que prévu. Le signe en est une longue cassure de la glace arctique vu par un satellite de l’ESA.

 

Il y a voilà presque deux ans, voici ce que m’écrivait le 17 Mars 2005 Vladimir Romanovski, à l’époque président de l’association uspermafrost, suite à la question que je lui posais sur le possible dégazage des 350 à 450 milliards de tonnes de méthane situés sous les terres arctiques.

 

"Dear Dominique,

The permafrost thaw is a real threat to the Earth climatic system if we
assume that the global warming is a negative process. However, the changes
in permafrost at present time are very slow and there is no need to report
on these changes on a monthly time scale. So far, these changes are
noticeable on interannual to decadal time scales. Though the situation can
change any time if some thresholds in permafrost evolution will be crossed
and permafrost will start to degrade within widespread areas. At some
regions ( Alaska for example) this could happened during the next 15 to 25
years. That is why it is very important to monitor permafrost temperatures
in the polar regions.

Best regards,

Vladimir

 

 

Ceci veut dire: “Cher Dominique, le dégel du permafrost est une réelle préoccupation en ce qui concerne le système climatique de la terre, si on considère que le réchauffement climatique est un processus négatif. Cependant, pour le moment, les modifications dans le permafrost sont très lentes et ne nécessitent pas un suivi mensuel. Toutefois, ces changements sont significatifs à l’échelle de l’année ou de la dizaine d’années. La situation peut aussi évoluer à tout moment si des seuils dans l’évolution du permafrost sont franchis. Il commencera alors à se dégrader sur de larges espaces. Dans certaines régions (Alaska par exemple), ceci pourrait arriver dans les 15 à 25 prochaines années. C’est pourquoi il est très important de suivre l’évolution des températures dans la région des pôles.

 

Le dégazage du méthane sous le permafrost n’est pas encore intégré dans les modèles calculant les perspectives de réchauffement climatique de 1 à 5 degrés. S’il se produit, il y aura effet d’emballement (dégazage de méthane induisant un réchauffement induisant du dégazage supplémentaire etc…). Les signes d’accélération observés par l’ESA sont-ils le début de cet emballement ? C’est une question pertinente à poser aux scientifiques œuvrant dans le grand Nord . En tout cas, le prochain rapport du GIEC en 2007 devrait être riche d’enseignement. Il y a fort à parier qu’il envoie un ultimatum aux gouvernements pour changer de braquet.

 

Le gouvernement français n’a pas encore pris la mesure des décisions à prendre, au moins au niveau de l’ambition. Nous avons tous les outils pour réussir en moins de 20 ans, mais si nous restons scotchés dans les starting-blocks, alors nous serons balayés, y compris sur le plan économique, par des pays plus conscients et dynamiques que nous.

 

En tout cas, à part Corinne Lepage, pas un seul candidat à la présidentielle de 2007 n’est crédible pour mettre en œuvre les décisions qui s’imposent pour l’avenir de nos enfants.

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 22:23

Nous allons terminer ce voyage urbanistique par une évidence. La gestion impossible de l'espace public due à l'automobile. Nous reproduisons en vacances les modes de mobilité habituels, peu d'occupants par voiture et une consommation excessive d'espace.

Sur le pont amenant les voitures du front de mer de La Baule Pornichet vers le petit port, des voitures de pêcheurs sont stationnés. Les vélos circulent difficilement.

Le parking est saturé.

 Pour conclure, on peut se demander comment les stations balnéaires très attractives de la France vont gérer le partage de l'espace lorsque plusieurs millions de touristes chinois et indiens ayant fait fortune dans leur pays viendront visiter nos côtes.

Un réforme urgente de nos façons de nous déplacer s'impose. Les modifications à la marge, si utiles soient-elles, ne suffisent plus. 

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 22:11

Sur une route, la piste cyclable bidirectionnelle oblige parfois à un gymkhana (slalom). Il est en général préférable, sur une route, d'avoir une piste de chaque côté, sauf dans des contextes de front de mer par exemple.

Du fait de la gestion compliquée de transfert de côté, de nombreux slaloms et traversées de ce type sont imposés aux cyclistes.

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 22:00

Vous vous souvenez du premier reportage photo montrant que la piste cyclable du front de mer n'était pas traité sous l'angle de l'agrément touristique pour le cycliste. Il en est de même au port du Pouliguen. On peut prendre une rive du port dans un sens, dans l'autre, il faut faire le détour ou descendre à pied.

Ce genre de défaut n'existe pas à Bruges. Le contresens cyclable s'imposait sur cette voie.

Exception qui confirme la règle: le seul contresens cyclable détecté se trouve au Pouliguen en centre ville. A Bruges, la quasi totalité des rues sont double sens vélo, sens unique voiture.

 

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 21:36

De nombreux aménagements de ce type prolifèrent dans nos communes. L'effet de pincement pour les vélos, provoqués par les terre-pleins centraux, constituent un réel danger. En voulant rétrécir la voie pour les voitures afin de casser les vitesses, on a rendu les vélos plus vulnérables.

Voici 3 illustrations sur cette route du Croisic.

Celle-ci, juste en sortie de La Baule et à proximité du centre commercial, est très significative. De nombreux vélos y circulent.  Il faut dire qu'il y a une piste cyclable entièrement coupée du reste de la voirie pour aller à Guérande. Mais nous sommes là encore dans le concept parc. Le vélo est oublié pour rentrer dans le centre faire ses courses.

Et pourtant, de nombreux vélos accompagnent leurs cavaliers faire leurs courses:

Voici deux autres terre-pleins centraux:

Celui-ci est en direction d'Escoublac vers les campings. Le pincement en virage ajoute encore à l'insécurité des vélos.

L'aménagement en surlargeur était jouable.

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 21:05

Poursuivons notre voyage initiatique sur La Baule. Le vélo est-il réellement pris en compte dans le partage de l'espace public à sa juste mesure?

Le support juridique en la matière est, je le rappelle, l'article 20 de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie de Décembre 1996, inscrit maintenant dans le code de l'environnement article L228-2.

Les 3 photos suivantes montrent que, malgré une largeur suffisante, il n'y a pas de surlargeur pour marquer la présence potentielle de vélos et les sécuriser. Le vélo n'est pas mis en sécurité dans les phases de dépassement (1m50 MINIMUM selon le code). Les voitures sont donc obligés d'attendre pour doubler que la voie d'en face soit libre. L'été, ces routes sont à fort trafic.

Nous sommes ici sur la route La Baule Le Croisic, très fréquenté. Il y a des aménagements cyclables en amont de cette route. Puis ils sont interrompus. Pourtant, il y a encore trois voies voitures.

   

Plus loin sur cette même route en ligne droite avec une perspective lointaine et un revêtement type circuit de formule 1, très incitative à la vitesse de pointe élevée, aucune surlargeur n'est accessible aux vélos.

Même remarque sur cette traversée de village. Certes, une limitation de vitesse par panneau existe, mais rien dans la voirie ne signale structurellement une vitesse apaisée, surtout la nuit. Il est donc impossible de parcourir les 10km à vélo le soir pour aller au spectacle et revenir.

 

En comparant ces photos avec la série précédente, on voit que le vélo reste cantonné dans un réseau type parc de loisirs, là où il est facile d'aménager. Par contre, il n'y a pas de valeur ajoutée technique là où la difficulté de partage d'espace devient importante. C'est ce qui provoque les discontinuités de réseau. Un réseau structurant vélo ne suffit pas, ce mode de transport va partout, il faut le prendre en compte partout.

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Dimanche 3 septembre 2006 7 03 /09 /2006 21:04

Voici un reportage photo sur l'implantation du vélo dans l'urbanisme de La Baule. Il faut saluer les efforts faits par cette ville. Cependant, en comparaison avec le reportage sur Bruges, nous sommes loin d'une culture permettant une réduction de l'usage de l'automobile. Celle-ci occupe toujours beaucoup d'espace. Cela se voit au niveau de congestion quasi permanent sur le front de mer et une des rues perpendiculaires, la plus commerçante de la ville. On peut remarquer que l'usage du vélo est assez développé dans cette ville, mais encore nettement insuffisant.

Passons au commentaire de ces photos.  

Nous sommes ici sur le front de mer. On observe une route à 2X1 voie pour les voitures, une file de stationnement, une pistes cyclable dans chaque sens, de larges trottoirs.

 Sur un front de mer, l'agrément est d'avoir un large champ de vision sur la mer et la plage. D'un point de vue sécurité, cet aménagement cyclable est confortable et bien fait. D'un point de vue de l'usage, dans une vision architecturale, il est dommage de ne pas avoir réalisé une seule piste bidirectionnelle du côté mer pour avoir cet agrément de vision. On ne traite pas un front de mer comme un boulevard urbain classique. Par ailleurs, il est dommage qu'il soit interdit au vélo de poursuivre leurs chemins jusqu'au Pouliguen, occultant ainsi d'un parcours privilégié entre Pornichet et Le Pouliguen. Le cycliste utilisant son vélo comme moyen de transport doit donc continuer son parcours à pied ou faire un détour par l'intérieur. Pourtant, la largeur du front de mer aurait permis la cohabitation des piétons et des vélos, moyen de transport mécanisé à pollution zero, pas de bruit, d'émissions de gaz, peu d'emprise sur l'espace public. A ma connaissance, c'est le premier front de mer où j'observe ceci.

On trouve le bon aménagement à Royan ou encore mieux à Dunkerque, La Panne en Belgique, Niewport, ou encore Ostende, où le front de mer, l'été, est interdit aux voitures et très limité l'hiver. A La Baule, on observe une file interminable de voitures toute la journée. Le problème de circulation globale n'est pas réglée car il faut coupler le développement d'une politique cyclable avec une baisse du trafic. Ceci dénote le manque de management de la mobilité qui pourrait être mené avec les professionnels de l'accueil touristique à l'aide de l'outil plan de déplacements entreprises et autres structures d'accueil.

Voici la structure du front de mer suivi de la photo montrant la congestion, le prolongement du front de mer sur Pornichet avec du stationnement supplémentaire, la congestion de la rue commerçante perpendiculaire. 

La congestion est patente et montre que l'ensemble du trafic automobile de la ville n'est pas maitrisé. L'ensemble des flux est concentré sur le front de mer. Plus haut dans la ville, un réseau de 2X2 voies digne de l'île de France concentre un trafic intense avec la proximité de la zone d'emplois de Saint-Nazaire. Pour que La Baule vive mieux, il faudrait travailler avec cette zone d'emplois afin de réduire le trafic par des études de mobilité dans les entreprises et le développement de transports publics très performants en fréquence, en confort, en répartition géographique, l'usage collectif de la voiture avec les transports à la demande étant une autre alternative. Tous les outils existent aujourd'hui. Le CERTU à Lyon est d'une précieuse aide pour les élus et directeurs des services techniques chargés des déplacements. Il y a peu de transports en communs, et ils sont peu fréquents.

Le prolongement du front de mer sur Pornichet montre deux files de stationnement supplémentaires. La pression foncière de l'automobile sur l'espace public s'accentue donc dans cette commune, alimentant une congestion supplémentaire à l'entrée et à la sortie de tous ces véhicules.

Cette rue perpendiculaire au front de mer est plutôt du gabarit rue piétonne-vélos au regard des deux rangées de commerce à fort trafic piéton. La file de stationnement est une hérésie dans ce contexte. La possibilité d'emprunter cette rue en trafic de transit est vraisemblablement gardé à cause de l'excès de trafic sur le front de mer et de la non maîtrise globale des flux. La file de stationnement est là car le stationnement front de mer est saturé. 

La photo suivante montre à quel point la demande de cyclistes est forte. Le "troupeau" de vélos attendant au feu est une illustration de la densité de cyclistes dans la ville. Ils représentent cependant un faible pourcentage du nombre de déplacements car le trafic automobile est aussi très intense. 

Mais alors me direz-vous, où mettre toutes ces voitures si on leur enlève encore de l'espace. Beaucoup de stations balnéaires mettent des parkings extérieurs avec des navettes, ou des transports collectifs lourds, ou du transport à la demande. Mais beaucoup de gens aussi n'utilisent pas leur voiture dans ces stations, il n'y a donc aucun inconvénient à stationner sa voiture plus loin. I faut s'inspirer des stations de sports d'hiver qui n'ont pas d'autres choix. 

Les articles suivants illustreront d'autres points de cet analyse d'urbanisme dans une interprétation cohérente avec les objectifs du développement durable. 

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Dimanche 27 août 2006 7 27 /08 /2006 00:35

Cette dualité pourrait faire l’objet d’un sujet de philosophie au baccalauréat. Tentons donc l’exercice.

 

Une question revient comme un leitmotiv dans la bouche des interviewers, à l’abord des débats politiques sur le pétrole ou le climat : l’automobile va-t-elle redevenir un luxe ? 

 

Le propre des sociétés humaines est de fonctionner sur des représentations issues de l’inné et des acquis culturels. Ceci est encore plus évident dans nos sociétés de consommation où, une fois les besoins premiers de la pyramide de Maslow satisfaits, les échanges de biens et de services se fondent sur le désir, lui-même basé sur ces représentations. 

 

Comment peut-on dégager une philosophie du luxe ? 

 

Un bien luxueux peut vouloir représenter celui que l’on aime posséder parce qu’il est de qualité, durable, exceptionnel par son attirance artistique. 

 

Mais il peut aussi représenter une rareté dont le prix est inaccessible à un grand nombre de gens. 

 

Dans une économie mondiale où 20% des gens détiennent 80% des richesses, le luxe peut alors être ressenti comme une privation par une grande partie de la population parmi les 80% autres, si celle-ci considère qu’un bien luxueux lui est nécessaire pour sa survie. 

 

C’est sur cette seconde représentation que fonctionne la question : "l’automobile va-t-elle redevenir un luxe ?". 

 

Au début de l’ère automobile, seul un petit nombre de personnes avaient accès à ce mode de transport, ce qui pouvait être ressenti comme une privation de la liberté de se déplacer par les gens désireux d’accéder à l’aventure du voyage ou tout simplement à un avenir meilleur en étendant sa zone d’emplois par exemple. 

 

Les constructeurs, par la production standardisée en grande série, ont démocratisé l’usage de la voiture. Le symbole est Henri Ford. Il déclarait qu’il fallait bien payer les ouvriers pour qu’ils puissent acheter des voitures. C’est une vision keynésienne de l’économie : on alimente l’offre par une stimulation de la demande. C’est aussi ce qui a guidé Jacques Maillot à Nouvelles Frontières avec son slogan "il faut démocratiser le voyage".  

 

Peu à peu, l’automobile est devenue un besoin indispensable, non seulement dans nos représentations, mais également dans notre vie quotidienne. C’est surtout vrai depuis les années 70 où l’urbanisme a été construit autour de la voiture avec parallèlement un abandon des services publics de transports urbains et une fermeture de nombreuses lignes SNCF interurbaines liées à la recomposition territoriale de la France.  

 

La transposition de notre urbanisme, de nos préférences de modes déplacements et de notre représentation de l’automobile dans toutes les mégalopoles du monde, particulièrement en Chine et en Inde, alimente une crise énergétique et climatique sans précédent dans notre histoire. Cela nous renvoie au démarrage de l’ère automobile, à celle du bien luxueux inaccessible avec l’inflation du coût de fonctionnement de la voiture (prix des carburants). La boucle est ainsi fermée. 

 

Lorsque notre gouvernement distribue des chèques à fonds perdus pour financer l’augmentation des dépenses de fonctionnement des ménages, il redonne temporairement à la voiture le statut d’un bien de consommation courante.

Le lien entre l’accès à la voiture et le luxe, et donc la légitimité de la question posée, se conçoit si on considère la baisse d’accès à l’automobile sous l’angle d’une privation. Il est alors légitime d’évoquer la nature de celle-ci. Est-ce une privation par rapport à la liberté de posséder une voiture, ou par rapport à celle de se déplacer ? Dans le premier cas on est dans le mode d’un enfant bavant devant un beau jouet à la vitrine d’un magasin, celui du pur désir, d’une libido de la société de consommation. Dans l’autre, nous sommes dans la privation d’une des libertés les plus fondamentales, celle de se déplacer. Dans un cas, on est dans le fonctionnement des sentiments humains, l’envie, la jalousie, dans l’autre, on est dans le fonctionnement minimum d’une société, dans l’intérêt général. On peut alors considérer que l’état n’a pas à financer l’achat d’objets de désir, mais il doit par contre assurer la pérennité des libertés fondamentales.  

 

Une chose a changé dans le contexte mondial par rapport au début des années automobiles, la connaissance du problème du réchauffement climatique et l’existence du pic de pétrole. Ces deux questions sont d’un intérêt général revisitant notre conception de la liberté par rapport aux générations futures. Elles auraient du orienter les politiques publiques vers l’usage intensif des transports publics dont l’automobile est une composante au travers des systèmes de transport à la demande. L’instauration d’un ticket transport à l’instar des tickets restaurants, soit à la charge des entreprises, soit à la charge de la collectivité, est une fuite en avant nous menant un peu plus profond encore dans le précipice des déficits. On sacrife l'avenir pour le présent. Il empêche de repenser nos mobilités pour trouver des solutions plus efficaces.

Il vaudrait mieux encourager les ménages à investir dans l’achat de voitures à carburants alternatifs et les entreprises à effectuer des plans de déplacements, c'est-à-dire investir dans la rationalisation et l’organisation de nos modes de déplacements. L’usage automobile et son coût diminuerait ainsi pour chacun.

 

Pour aller vers de telles politiques, nous devons rompre le lien luxe/automobile pour que la baisse de la facilité d’accès à la voiture ne soit plus vécu comme une privation de la liberté de se déplacer. Nous augmenterons ainsi notre liberté de choix dans un éventail de modes de transports équilibré, avec une meilleure qualité de vie. C’est à la puissance publique de créer les conditions pour que ce choix puisse exister. Pour le moment, nous n’en prenons pas le chemin. On continue d’acheter la paix sociale, de creuser le déficit des comptes publics, au grand bénéfice des pays producteurs de pétrole, et au grand damne des populations les plus fragiles, celle qui gagne moins de 1250 Euros nets par mois, soit la moitié des actifs.     

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /2006 22:07

Il manquait sur ce blog un texte un peu énergique sur le vélo. Le voici. Il est volontairement polémique, mais il est impossible de laisser passer des textes de presse incceptables à une époque où il faut lutter contre le réchauffement climatique.

Le vélo reprend timidement  sa place dans la ville en France avec un manque évident d'ambition et de moyens cependant, grâce à la loi Lepage de 1996, dite loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie,  Loi 96-1236 1996-12-30 art. 20. , et aujourd'hui inclus dans le code de l'environnement  Article  L228-2  En vigueur. Rappel de la loi:

"A l'occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l'exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d'aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation.

 

 

L'aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu'il existe.


C'est pourquoi il faut s'élever contre la campagne systématique de dénigrement de ce mode de transport orchestrée de façon récurrente par la presse parisienne et encore récemment par l'hebdomadaire Marianne avec une interprétation et un commentaire de sondage calamiteux. Marianne et Juliette Loir, auteure de l'article, ont fait preuve, en l'occurence, d'une rare incompétence et méconnaissance de la problématique du vélo en ville et plus généralement des transports urbains. Un tel tissu de bêtises et de contre-vérités est rare en si peu de lignes. J'invite Marianne, dont ce n'est pas la première attaque sur le vélo, à regarder le site de la fubicy pour apprendre et réfléchir  avant d'écrire, et surtout, voyager dans les pays d'Europe du Nord.

Voici l'article de Marianne à bien vite oublier.

"Paris : Les vélos, mauvais élèves de la route
Marianne en ligne Le 01/08/2006- par Juliette Loir
Selon un sondage réalisé pour la mairie de Paris, les conducteurs de
bicyclettes sont de véritables fous du guidon !

N'ayez plus peur des motards ou des autombilistes chevronnés, aujourd'hui
les bêtes noires du bitume de la capitale sont... les cyclistes ! A Paris,
la palme du non-respect du Code de la route est désormais attribuée aux
vélos !

Selon un récent sondage réalisé par le bureau d'études Sofreco pour la
Mairie de Paris, 71% des cyclistes grillent les feux rouges, 37% empruntent
les sens interdits et plus d'un sur deux (52%) ne disposent d'aucun
éclairage avant ou arrière la nuit. Et même si les cyclistes ne représentent
aujourd'hui qu'1,5% des déplacements dans la capitale, l'augmentation de
leur nombre est constante : + 48 % depuis 2001 ! Si beaucoup d'entre eux
arborent fièrement leur bicyclette, affirmant ainsi faire un geste contre la
pollution, certains profitent bel et bien de ce prétexte pour ne pas
respecter le B-A-BA des règles de conduite. Un comportement qui se révèle
être en réalité bien plus dangereux que ce que l'on pense.

En effet, à force de ne pas respecter la signalisation, les cyclistes se
mettent gravement en danger. Sur 509 accidents impliquant des deux roues non
motorisées, le vélo n'est en tort que dans 194 cas. Des risques inconsidérés
qui les placent plus souvent en victimes qu'en cause ! Pour l'association
Mouvement de défense de la bicyclette, c'est toute la règlementation
routière qu'il faudrait changer, comme par exemple aménager des contresens
cyclables (comme c'est déjà le cas dans beaucoup de pays étrangers). En
somme, pour les aficionados du biclou, la faute vient de la Ville de Paris
qui ne fait pas assez en matière de pistes cyclables ! Des propos qui ont de
quoi défriser Bertrand Delanoë, le maire de Paris. Reste que les cyclistes
ne peuvent résolument pas contester les multitudes d'entorses au Code la
route qu'ils commettent. Le nombre total d'infractions pénalisées pour les
vélos a augmenté de 134 % en 2005 par rapport à 2004 !

Les automobilistes se montrent, quant à eux, de plus en plus irrités par le
comportement des vélos à Paris. Entre les feux grillés, les priorités non
respectées et les queues de poisson à tout va, les cyclistes se donnent le
droit d'user et d'abuser du Code de la route. Un constat attentivement
observé par les forces de polices qui ont décidé de se montrer plus fermes
désormais face à ces écarts de conduite. De quoi freiner les ardeurs des
nouveaux Hell's Angels de l'asphalte..."

Tout d'abord, en matière de sécurité routière, surtout en ville, on ne peut pas tricher avec la physique. Plus l'énergie cinétique, donc la vitesse, est grande, plus on est générateur d'accidents, et ceci quelque soit les lois, règlements, et codes. Ne nous méprenons pas. Les acteurs les plus dangereux de la voie, et de très loin, sont les véhicules motorisés. Alors citons les et commençons par les plus dangereux de tous, les deux roues à moteur, dont  les dépassements de vitesse sont de 90% au dessus des vitesses limites, soit par exemple 90km/h pour 50 en ville.  Les motos et les scooters sont les premiers de la classe en matière de dangerosité, de loin. Les chiffres de l'observatoire de la sécurité routière ne souffrent aucune contestation là dessus. Ensuite, les automobiles et véhicules utilitaires légers suivent dans le classement. Enfin, les piétons et les cyclistes urbains sont les acteurs les moins prédateurs en la matière.

N'oublions jamais qu'aujourd'hui, une politique de sécurité routière ne doit pas viser uniquement à réduire les accidents et leurs effets, mais aussi et surtout porter une politique de création d'une ville durable respectant les nouveaux canons de l'environnement. Les piétons, déjà nombreux et les vélos doivent réinvestir massivement la voirie pour redonner à la ville sa qualité de vie et sa fonction première, rapprocher les hommes par les distances dans une circulation apaisée.

Or nous sommes, dans ce débat, complètement à côté de l'objectif. Le code de la route a été construit pour favoriser la circulation en vitesse de pointe élevée des véhicules motorisés. Le tir a été corrigé par l'implantation d'une répression justifiée sous forme de radars, mais sans corriger la voirie urbaine pour induire des comportements vertueux.

Que reproche-t-on aux cyclistes dans cet article?

Griller les feux? Soyons sérieux une seconde. Il faut être fou pour griller des feux concernant des croisements à grande circulation. L'immense majorité des cyclistes respectent les feux parce qu'ils connaissent les dangers que représentent les véhicules motorisés. Mais on n'empêchera jamais les comportements suicidaires de quelques uns. Cela ne veut pas dire qu'il faut mettre l'ensemble de la population cycliste dans le même panier.

Remonter les sens interdits? Comment ne pas comprendre qu'un cycliste roulant à 15km/h  veuille remonter une voie à sens unique lorsque le seul respect de la règle lui impose un détour de plusieurs kilomètres suite à une configuration de sens interdits construite pour les voitures. Une récente étude de la fubicy que l'on peut commander et qui a été financée en partie par l'ADEME, montre qu'autoriser les vélos à remonter les sens uniques favorise l'usage du vélo. L'accidentologie est inexistante. En effet, il y a visibilité réciproque, le risque de collision est nul et la largeur est suffisante pour une voiture et un vélo. En Allemagne plus de 80% des sens uniques sont ouverts aux vélos dans les deux sens. Appliquons donc cette règle au niveau de l'urbanisme, elle n'est pas  coûteuse et très efficace. Je vais montrer dans un autre article le désastre des effets de coupure pour les cyclistes et les piétons. 

Et les queues de Poisson aux voitures? Là, on touche le fond de la bêtise. Un vélo ne peut pas faire de queue de Poisson à un véhicule qui roule à une vitesse normale. Donc, c'est à l'arrêt ou au ralenti que le geste est techniquement possible. Alors, là encore, il faut comprendre. Un vélo doit pouvoir remonter une longue file de voitures embourbée dans un bouchon ou arrêtée à un feu et se mettre devant. Ce n'est pas choquant. Si vous circulez à Bruges, vous remarquerez que les automobilistes cèdent systématiquement le passage au usagers faibles, sans contester et ni se plaindre aux pouvoirs publics, et avec le sourire. Ils aident, par exemple en s'écartant, les cyclistes à passer devant aux feux dans un code de la rue, c'est à dire un code de comportement normal dans un pays civilisé. Là-bas, on ne qualifie pas les cyclistes de  "Hell's angels de l'Asphalte", au contraire, devant la petite reine, on enlève son chapeau, on tire sa révérence et on cède le passage, comme on le fait à une souveraine en se présentant devant une porte. Il est courant de voir dans cette ville  une dizaine de vélos agglutinés à un feu devant les voitures.   

Oui, n'en déplaise à Marianne, les pouvoirs publics sont pleinement responsables de l'insécurité routière en ville, pour n'avoir pas su redonner la place qui revient aux modes doux dans des proportions compatibles avec des politiques de transports durables. Un cycliste urbain, peu nuisible ni aux autres usagers ni à l'environnement, doit pouvoir avoir accès partout pour lui éviter des détours inutiles. La bicyclette est la reine de la ville, le mode de transport le moins énergivore et le moins polluant de tous, le moins accidentogène aussi.   

J'invite  aussi Juliette Loir a parcourir le reportage photo sur Bruges dans ce blog. On y voit que les vélos et les piétons peuvent aller partout avec le minimum de contraintes. En effet, il faut comprendre que si on veut changer les comportements de mobilité, il faut augmenter les contraintes sur les engins motorisés et diminuer celles des modes doux. Ceci, bien évidemment, exclut l'obligation du port du casque pour les vélos. Cette idée vient d'une politique curative par rapport à l'idée que l'on se fait du rapport aux usagers motorisés. Si on impose le casque aux cyclistes urbains, alors il faut aussi l'imposer aux piétons et aux automobilistes étant donné que les traumatismes crâniens sont plus nombreux dans ces populations. Là aussi, les chiffres de la sécurité routière sont incontestables. 

Je crois que ce sont plutôt les usagers des véhicules motorisés qui poussent pour imposer cette mesure afin de se dédouanner de leur responsabilité flagrante dans les accidents graves. Ne laissons pas faire une mesure qui n'aurait que des effets induits désastreux. Restons sur le conseil du port du casque, cela suffira.

Au contraire, il faut diminuer les obligations s'imposant aux modes doux pour atteindre les objectifs de développement durable et augmenter les contraintes pour les véhicules à moteur. Il vaut mieux apaiser encore plus les vitesses, ce sera beaucoup plus efficace. Cela est démontré et appliqué à l'étranger, spécifiquement en Europe du Nord, exemplaire sur ce point.

Solutions d'avenir: quelles sont les solutions qui ont marché au delà de toute espérance en Europe?

Certaines villes ont supprimé les feux et stops. Tout le monde est au même niveau. La conséquence est que le nombre de piétons et de vélos a explosé, diminuant ainsi, par inversion des rapports de force, les vitesses des motorisés. D'autres ont cassé complètement les vitesses autoritairement. Portsmouth, dans le Sud de l'Angleterre, vient de passer toute sa ville à 20km/h, Fontenay-aux -Roses l'a fait à 30km/h. Ce sont ces exemples qu'il faut suivre.

Le bilan de l'invasion de la ville par les véhicules motorisés est affligeant:

baisse considérable le la qualité de vie urbaine, bruit, inflation de coupures urbaines, création de quartiers entourés de routes à 4 voies provoquant un baisse de qualité de l'environnement de l'habitat, donc une baisse des prix et un afflux de personnes à revenus faibles contribuant à la ghettoïsation foyer de violences urbaines, création de zones infréquentables (parkings, dessous de ponts autoroutiers, etc.), envoi des familles aisées vers les couronnes urbaines lointaines alimentant les déplacements individuels en automobile et alimentant les nuisances (pollution de l'air, excès d'occupation d'espace public, émissions de gaz à effet de serre), inefficacité record en matière de temps de trajet avec l'inflation de la congestion, sans compter le responsabilité flagrante de l'excès d'automobile dans la spéculation immobilière en provoquant des inégalités fortes entre des quartiers à forte nuisance et des quartiers à faible nuisance, donc des écarts énormes de prix.

Il suffit, par contraste de regarder le paysage brugeois pour voir la différence.

J'espère que le délégué à la sécurité routière Rémi Heitz continuera, avec bon sens et sans retenue, son combat contre les vitesses et participera à l'expansion des modes de déplacements non prédateurs, piétons, vélos, transports publics par des mesures de sécurité routière appropriées. Un gros effort doit être fait sur les scooters et les motos, en milieu urbain. Il n'est pas acceptable de stigmatiser toute une population de cyclistes utilisant son vélo tous les jours pour ses besoins de déplacements en montrant du doigt une poignée de marginaux ayant des comportements irresponsables alors que nous avons besoin des encouragements et de l'énergie de tous, y compris la presse, pour rendre nos agglomérations plus vivables et inciter les élus à changer leur vision de l'urbanité.

Pour conclure, et pour faire un clin d'oeil à une comédie musicale connue:

"il est venue le temps de la bicyclette, le monde est entré dans un nouveau millénaire". 

  

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 /07 /2006 15:23

Ce petit reportage photographique sur Bruges montre quels doivent être les piliers d'une bonne politique cyclable. Il faut remarquer que, contrairement à ce que pensent les élus, ce n'est pas parce que les gens ne veulent pas rouler à vélo pour leurs petits déplacements que la bicyclette est si peu pratiqué pour son transport en ville. L'application trop marginale des dispositions de la loi sur l'air et des plans de déplacements urbains, la non prise en compte du vélo dans l'éducation  à l'environnement à l'école, la non prise en compte du vélo dans le cahier des charges des appels d'offre de construction de lotissements ou de travaux de voirie sont les facteurs majeurs.

La mauvaise excuse est de dire que l'ADEME n'a pas de moyens.

En fait, il faut peu de moyens pour relancer l'usage de la bicyclette. Le jeu peut se décrire ainsi.

 

-Réduction du trafic automobile urbain par un rééquilibrage de l'espace public.

-Limitation des places de stationnement voitures en surface

-Mise en place de stationnements sécurisés pour vélos au plus près des lieux de destination

-Mise en place d?aménagements cyclables en tenant compte des contraintes spécifiques à ce mode de déplacement (trajet le plus court, faible dénivelé ou aide au franchissement, accès partout)

-sensibilisation massive du milieu scolaire par la mise en place de plans de déplacements établissements.

-exemplarité des services territoriaux et des services de l'état.

-implication du milieu syndical.

-impliquer le milieu associatif.

-se servir du système d'évaluation européenne bypad+ pour certifier la politique cyclable. 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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