Voici les premières photos de mes devoirs de vacances. Cette place est exemplaire en matière de gestion de l'espace public et de partage de voirie. Elle est aussi un échantillon de ce qu'on peut observer dans toute l'Allemagne. Nous sommes à Brême, dans le Nord de l'Allemagne, environ à 200km à l'Est de la frontière néerlandaise. C'est le centre historique. Qu'observe-t-on sur ces deux photos? Les 5 modes de transport sont représentés: le tramway, le bus, le vélo, le piéton, la voiture. Le trafic est faible car nous sommes en fin de journée. Mais aux heures de pointe, l'ensemble des modes cohabitent sans problème. La circulation est très apaisée. Les trottoirs sont de faible hauteur, ce qui donne la sensation que cet espace appartient à tout le monde. Le signal urbanistique donné est la vigilance réciproque. Cela se traduit dans les faits. Cet urbanisme induit le comportement. Même le conducteur de tramway ralentit sa vitesse lorsqu'un groupe de piétons traverse. Il n'y a pas de passage protégé, pas de territoires privilégiés. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de deux roues à moteur. On ne voit aucune place de stationnement. Le piéton est prioritaire dans la culture des gens, devant les vélos, les transports en commun, les voitures fermant cette hierarchie.Quelle différence avec notre urbanisme !!!!
Dans cette rue étroite, la priorité est donnée aux modes doux, les vélos peuvent circuler dans les deux sens, l'automobile est tolérée à faible vitesse.
Cette rue, en voirie partagée, sans différence de niveaux, suivant le même principe que la place centrale, est bordée du plus grand supermarché de Brême, d'une surface supérieure à un hypermarché
français, mais sur plusieurs niveaux. La grande surprise de cette photo est donc la densification et la mixité des activités, ce qui limite les déplacements. De nombreuses personnes, de tous
âges, avec ou sans enfants, habillées chic ou non, font leurs courses à vélo dans ce magasin.
Les chiffres d'Août 2007 viennent d'être publiés. Les tués ont baissé d'une cinquantaine par rapport au même mois de 2006. Par contre, le nombre d'accidents a augmenté ainsi que le nombre de
blessés. Ceci tend à indiquer que la baisse des vitesses a induit une baisse de la gravité des accidents.
Nous sommes à un nouveau tournant du plan "vitesse apaisée" sur la route. Après l'implantation efficace des radars et la baisse des vitesses associée, on arrive à nouveau à un palier. Les
vitesses de pointe ont baissé, mais la vitesse moyenne est encore trop élevée et nous sommes encore loin d'un apaisement des comportements. Si on veut gagner plus encore, ce n'est pas le
"zéro mort", mais le zéro accident. Les actions correctives sont alors bien différentes.
Voici un échantillon des mesures qu'il faudrait prendre pour aller vers le zéro accident:
Sur le réseau secondaire 2X1 voie, baisse de la vitesse limite à 80km/h, voire moins pour les routes plus sinueuses, avec renforcement des contrôles.
Limitation à 30km/h dans toutes les rues résidentielles en ville, 45km/h sur les axes urbains principaux, 80km/h sur les 2X2 voies urbaines à fort trafic, 90km/h sur les autoroutes urbaines.
Faire respecter les distances de sécurité plus fermement (point majeur).
Agir sur le respect des limites de vitesse sur les deux roues à moteur (c'est un des points majeurs), ce point ralentirait la croissance de ce genre de véhicules en ville. Reculer l'âge de
l'usage des deux roues à moteur: pas de scooter avant 16 ans, de motos avant 18 ou 21 ans.
Porter l'effort sur la population 15-25 ans qui est la plus exposée.
Instaurer une formation continue digne de ce nom tout au long de la vie de conducteur.
Configurer les voiries pour les densifier en piétons et vélos afin d'apaiser la circulation en ville, système marchant tout à fait bien.
etc....
Ci-après, un petit article paru dans Trans Flash n° 326 – septembre
2007 :
Strasbourg, le plus grand parc à vélos de France
Forte de plus de 130 000 cyclistes et 480 km d’aménagements cyclables,
Strasbourg a depuis 2 mois – 1 semaine avant la mise en service
commerciale du TGV Est – quelques 1600 places réservées aux cyclistes à
proximité de la gare SNCF dont le plus grand parc à vélos gardé et
couvert du pays, d’une capacité de 850 places.
Ce parking est situé sous le parvis, l’accès se fait depuis la place de
gare. Il est en liaison directe avec le hall de départ et à proximité
immédiate des quais. La gestion est assurée pour une durée de 12 ans,
l’objectif de la collectivité (CUS) est de mettre à disposition des
cyclistes un équipement confortable et sécurisé (accès par badge et
surveillé par vidéo), l’aspect économique étant secondaire.
Les usagers bénéficient d’une gamme de services avec leurs abonnements,
comme une station de gonflage, un bilan sécurité et un réglage, une
station de lavage, un petit entretien du vélo (réparation d’une
crevaison), le marquage anti-vol. Une présence humaine est assurée en
semaine de 6 h à 22 h par 3 agents, un accès par badge et par
interphone permet d’accéder à ce parc le reste du temps.
La tarification offre une palette d’abonnements annuels variant de 28 à
58 € (réduction de 50 % jusqu’au 1er juillet 2008), avec plus ou moins
de prestations associées à l’abonnement choisi, prestations allant
d’une place réservée, au prêt d’un vélo de courtoisie lorsque
l’habituel est en panne, en passant par le petit entretien et le lavage
mensuel.
Une tarification journalière permet à l’usager de bénéficier de la
gratuité la 1ère heure, de 0,50 € pour une durée inférieure à 5
heures, de 1 € à la journée (7 h-20 h) et 2 € pour 24 heures ou le
week-end.
À mi-août, ce sont 300 abonnés qui fréquentent ce parc, dont la
capacité totale n’est pas encore opérationnelle aujourd’hui. La mise à
disposition des places sera effective fin septembre. La rentrée
prochaine devrait permettre aux usagers du train d’avoir un nouveau
mode de rabattement efficace et pratique.
Contact : Vinci Park- rmurat@vincipark.com
Certaines allégations du journal le monde le 15 Juillet à propos de velib sont la plus belle illustration de la culture anti vélo française dont je parlais dans un précédent article. Le mélange d’arguments tout à fait recevables avec des affirmations relevant de discussions du café du commerce sont indignes d’un journal tel que celui-là. L’occasion était belle d’approfondir le couple urbanismes et déplacements. Le monde ne l’a pas saisi, dommage. Voici un commentaire de votre serviteur sur cet article. Mon voyage en Europe du Nord ne fait que conforter qu’il ne faut pas lâcher prise et même amplifier nos actions. Le vélo et les cyclistes ne sont pas tels que ce journal et d’autres veulent les présenter.
« Pendant que les forçats du Tour de France escaladeront les
cols alpins, les cyclistes parisiens pourront flâner dans les
rues de Paris pour quelques euros, grâce aux robustes vélos
gris mis à leur disposition parla municipalité. »
juillet. Le pari de Bertrand Delanoé, le maire PS de la
capitale, est audacieux : l'objectif affiché est que 200 000
Parisiens se convertissent à la petite reine d'ici un an.
Il est difficile de ne pas approuver le principe d'une
initiative à la fois sympathique et utile. Le succès inattendu
d'une opération comparable à Lyon est encourageant pour
l'équipe parisienne. Fera-t-elle pour autant sortir le vélo, à
Paris, de sa marginalité ? La réussite ou non de l'opération
donnera en tout cas une indication du degré de consentement
des Parisiens à un effort individuel pour réduire pollution et
émission de gaz à effet de serre. »
« Les freins au développement du vélo sont pourtant nombreux. Le
premier problème est celui de la sécurité. Un cycliste,
surtout sans casque, est très vulnérable. En jetant sur le
pavé des vagues de néophytes, les risques sont multipliés,
surtout si les usagers de Vélib adoptent le comportement
proprement suicidaire de certains cyclistes réguliers. Le
spectacle de la rue est un catalogue inépuisable de conduite à
risque, que la police devrait désormais considérer sans
indulgence. »
plus adapté à la période estivale qu'aux autres saisons. »
peu accueillante. Contraindre les cyclistes à emprunter des
couloirs "protégés" où ils côtoient bus, taxis et deux-roues
motorisées en infraction est une solution inadaptée et dangereuse. »
« Paris est en réalité confronté à un double paradoxe. La Mairie
a investi à grands frais dans des couloirs de bus sans avoir
les moyens de faire circuler d'avantage d'autobus, faute de
contrôler la RATP. A l'inverse, elle s'engage à multiplier les
vélos de Vélib sans disposer d'un véritable réseau de pistes
cyclables sécurisées, malgré ses efforts réels. »
faux plats et vraies côtes se succèdent, le vélo électrique,
qui éviterait d'arriver trempé de sueur à ses rendez-vous,
aurait sans doute plus d'avenir comme moyen alternatif de
transport de masse. Pourquoi ne pas avoir essayé, avant
d'opter de façon massive pour le seul vélo ? »
du vélo à Paris ne peut pas faire oublier que la pollution
ignore les frontières administratives. Le vrai problème des
transports parisiens se pose à l'échelle de l'agglomération.
C'est une évidence, et il faudra bien autre chose que des
bicyclettes pour en venir à bout. »
« Pendant que les forçats du Tour de France escaladeront les
cols alpins, les cyclistes parisiens pourront flâner dans les
rues de Paris pour quelques euros, grâce aux robustes vélos
gris mis à leur disposition parla municipalité. »
juillet. Le pari de Bertrand Delanoé, le maire PS de la
capitale, est audacieux : l'objectif affiché est que 200 000
Parisiens se convertissent à la petite reine d'ici un an.
Il est difficile de ne pas approuver le principe d'une
initiative à la fois sympathique et utile. Le succès inattendu
d'une opération comparable à Lyon est encourageant pour
l'équipe parisienne. Fera-t-elle pour autant sortir le vélo, à
Paris, de sa marginalité ? La réussite ou non de l'opération
donnera en tout cas une indication du degré de consentement
des Parisiens à un effort individuel pour réduire pollution et
émission de gaz à effet de serre. »
« Les freins au développement du vélo sont pourtant nombreux. Le
premier problème est celui de la sécurité. Un cycliste,
surtout sans casque, est très vulnérable. En jetant sur le
pavé des vagues de néophytes, les risques sont multipliés,
surtout si les usagers de Vélib adoptent le comportement
proprement suicidaire de certains cyclistes réguliers. Le
spectacle de la rue est un catalogue inépuisable de conduite à
risque, que la police devrait désormais considérer sans
indulgence. »
plus adapté à la période estivale qu'aux autres saisons. »
peu accueillante. Contraindre les cyclistes à emprunter des
couloirs "protégés" où ils côtoient bus, taxis et deux-roues
motorisées en infraction est une solution inadaptée et dangereuse. »
« Paris est en réalité confronté à un double paradoxe. La Mairie
a investi à grands frais dans des couloirs de bus sans avoir
les moyens de faire circuler d'avantage d'autobus, faute de
contrôler la RATP. A l'inverse, elle s'engage à multiplier les
vélos de Vélib sans disposer d'un véritable réseau de pistes
cyclables sécurisées, malgré ses efforts réels. »
faux plats et vraies côtes se succèdent, le vélo électrique,
qui éviterait d'arriver trempé de sueur à ses rendez-vous,
aurait sans doute plus d'avenir comme moyen alternatif de
transport de masse. Pourquoi ne pas avoir essayé, avant
d'opter de façon massive pour le seul vélo ? »
du vélo à Paris ne peut pas faire oublier que la pollution
ignore les frontières administratives. Le vrai problème des
transports parisiens se pose à l'échelle de l'agglomération.
C'est une évidence, et il faudra bien autre chose que des
bicyclettes pour en venir à bout. »
La dernière en date concerne le rapprochement Suez-GDF. Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était à Bercy, avait promis que GDF ne serait pas privatisé, promesse bien vite oubliée. On nous promet aujourd'hui que les prix resteront sages.
C'est ignorer que la croissance mondiale tourne autour de 5% et que la demande d'énergie fossile continue d'exploser. Le nouveau groupe, quelque soit le niveau d'encadrement des prix, ne pourra échapper aux lois du marché. La hausse de la demande fera monter fortement les prix, c'est inéluctable. C'est là qu'est la supercherie. L'action politique sur les prix pourrait tout au plus diminuer un peu la vitesse de cette progression.
Seule une politique ambitieuse de sobriété énergétique globale (toutes énergies confondues) permettra de sortir de l'impasse. Mais on n'entend pas cette vérité, hormis dans des temps de campagne pour donner le change aux environnementalistes de longue date.
Cela veut dire expliquer aux français que la seule porte de sortie est un basculement de mode de vie, des modes de consommation et de production. A ce titre, continuer à parler de maintien du pouvoir d'achat tel qu'il est mesuré aujourd'hui, c'est amener les populations les plus fragiles dans le mur.
Prenons l'exemple du financement des universités. Les droits d'inscription sont si faibles (180 euros par an de moyenne selon Jacques Marseille) que l'université est sinistrée. Il faudrait 10 fois plus pour rattraper le retard.
Il vaudrait mieux demander aux familles d'accepter de financer tout ou partie d'un droit à 1800 euros dès la naissance de l'enfant, par exemple en prenant sur le budget énergie et transports, les budgets écrans plats, la consommation de biens de loisirs. Cela représente 50 euros par mois sur 20 ans. On peut imaginer que ces 50 euros soient mutualisés entre les ménages, les entreprises, l'état, les collectivités locales, les bourses, les prêts étudiants suivant les niveaux de revenus.
Une idée pourrait être de permettre aux familles d'investir dès la naissance de l'enfant sur un fond commun de placement garanti et abondé par l'état, les entreprises.
Voilà un exemple de basculement du matériel vers l'immatériel. On pourrait en trouver d'autres.
Finalement, ni l'UMP ni le PS ne propose une politique économique adaptée au 21ème siècle. On est resté dans des raisonnements du 20ème, voir du 19ème.
Aujourd'hui, seul le Modem possède la culture pour proposer ce genre de mesures.

