Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 13:10
Voici un article du parisien qui montre une fois de plus la pertinence de changer de mode agricole.


Pour la première fois, les mécanismes de la toxicité de quatre différentes formulations de Roundup® ont été mis en évidence (1) sur des cellules humaines dans une nouvelle étude ( de l’équipe du Professeur Gilles Eric Seralini publiée dans la revue scientifique américaine de renom « Chemical Research in Toxicology ». L’étude montre que ces formulations (2) de Round Up® agissent à des doses infinitésimales (dilués jusqu'à 100.000 fois ou plus) et elles programment la mort cellulaires en quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l'ADN, et empêchent la respiration cellulaire. Différents types de cellules humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement utilisées pour mesurer la toxicité des polluants. L’étude montre également que le mélange de différents constituants adjuvants (3) des Roundup® amplifie l'action du principe actif de l'herbicide, le glyphosate; et qu’un de ses produits de transformation (l’AMPA) peut être encore plus toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des Limites Maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente.


Le MDRGF salue cette nouvelle étude. L’association demande aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de réévaluer les diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants. De plus « le MDRGF s’associe au CRIIGEN (4)pour demander que les analyses de sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale soient immédiatement rendues publiques, car elles pourraient masquer des effets indésirables. » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF qui s’inquiète également de la présence de ces résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à l’alimentation animale.

notes :

1 : “Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells.” Nora Benachour and Gilles-Eric Seralini . Chem. Res. Toxicol. 2008
En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
2 : Les formulations de Round Up® sont des herbicides répandus sur la majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja au Roundup, le principal OGM importé en Europe.
3 : Un des principaux adjuvants est le polyethoxylated tallowamine ou POEA . Ces adjuvants sont considérés comme inertes.
4 : http://www.criigen.org/

Lisez l'article du Parisien de ce 26 12 08 sur le même sujet ci-dessous :

Environnement
Nouvelle polémique sur le Roundup
Frédéric Mouchon Le Parisien
26 12 08

Le roundup est l’un des herbicides les plus vendus au monde. Et la marque phare de la firme américaine Monsanto, qui s’est depuis spécialisée dans la commercialisation de semences OGM résistantes… à son propre produit. Dans une enquête publiée cette semaine par la revue scientifique américaine « Chemical Research in Toxicology », Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l’université de Caen, affirme avoir « élucidé les mécanismes de la toxicité du produit sur des cellules humaines ».


« Notre étude montre que l’utilisation, sur des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, de différentes formulations du Roundup, diluées à des doses infinitésimales (jusqu’à 100 000 fois), provoque en quelques heures la mort des cellules », détaille le chercheur.
La toxicité de la molécule active de l’herbicide, le glyphosate, est déjà connue, ainsi que les effets nocifs pour la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses. Mais les travaux du professeur Séralini montrent que le mélange d’autres substances dans les différentes formulations du composé « amplifie l’action du principe actif ».

« C’est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose »

« Un de ces produits de transformation peut être encore plus toxique que le glyphosate lui-même, et ceci est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle », déplore le chercheur. Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) s’inquiète aussi « de la présence de résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe et servant à l’alimentation animale ». Il demande donc aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de « réévaluer les différentes formulations du Roundup en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants ». « Le Roundup est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose, rétorque une porte-parole de Monsanto. Pourquoi vouloir détourner son usage normal pour dénigrer systématiquement le produit ? »
La multinationale a d’ailleurs édité un guide des bonnes pratiques du désherbage à l’intention de ses usagers, par exemple de ne jamais le pulvériser « quand il y a du vent, pour éviter toute projection sur vous-même et sur les plantes voisines que vous souhaitez préserver ». « Concernant les OGM tolérants au Roundup, reprend sa porte-parole, les exigences fixées aux industriels en matière de résidus de pesticides autorisés sont de haut niveau ». La Commission européenne vient d’ailleurs d’autoriser l’importation dans l’Union européenne d’un nouveau soja OGM de Monsanto (le MON 89788). Conçu à des fins alimentaires par la firme américaine, cette espèce de soja est aussi appelée Roundup Ready 2. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire estime qu’il ne présente « aucun risque pour la santé humaine ou animale ».
Par Dominique Bied - Publié dans : agriculture
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 12:54
Le parc automobile en France est de 30 millions d'unités roulant en moyenne 15000km par an. La multiplication nous donne 450 milliards de kilomètres par an, soit 1.2 milliard de kilomètres par jour.

2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour ou encore 1205 fois par an.

1/4 des déplacements automobile fait moins de 1km. Cela veut dire 1/4 des déplacements font entre 0 et 1km, on prendra donc en valeur approchée 0.5 km.

Nous avons donc 1/4 des 1205 déplacements annuels d'une voiture, soit 301 déplacements à 0.5km soit 151km.

Un autre quart fait entre 1 et 3km. Avec le même raisonnement on trouve 301 déplacements à 2km soit 602km.

17% des déplacements voitures font entre 3 et 5km. On prend 4km et on trouve 820km.

En faisant la somme on trouve donc 1573km. Ceci est le potentiel maximal d'usage du vélo si on considère la distance de 5km (20mn) comme pertinente pour ce mode de déplacement.

En multipliant par 30 millions d'automobiles on trouve un potentiel maximal de transfert au vélo de 47 milliards de km.

Considérons que le potentiel atteignable soit la moitié, on tombe approximativement sur nos 25 milliards de km, soit 5% du kilométrage annuel du parc. Ce n'est pas rien.

En matière d'effet de serre, le parc automobile des particuliers émet 60 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an sur un total français de 400 millions de tonnes. Cela représente 15% du total des émissions.

Le poids du vélo dans le plan climat serait donc de 5% du total voitures, et près de 1% du total des émissions.

Conclusion: Dominic et moi on tombe bon an mal an sur les mêmes chiffres. On peut considérer que le potentiel d'usage du vélo se situe dans la fourchette 750km par automobiliste à 1500 avec un impact climat énergie se situant entre 1 et 2% du total émissions.

Il faut aussi considérer que l'usage du vélo ouvre aussi sur un transfert modal vers les TC de parcours plus long. Il y a aussi un effet de seuil si un ménage se passe de la deuxième voiture. Ces deux derniers paramètres ne sont pas quantifiés pour le moment, donc la fourchette donnée est un minorant. Si on développe le vélo, on fera beaucoup mieux.

Mais les émissions GES ne sont pas le seul paramètre à considérer. Il y a l'aspect économique et l'aspect urbanisme.

Sur l'urbanisme, l'augmentation de l'usage du vélo diminue le besoin d'espace public de voiries et de stationnement, ce qui libère de l'espace pour l'habitat et l'activité économique. On doit pouvoir ainsi baisser le prix du foncier par augmentation de l'offre dans les milieux denses et la disponibilité des terrains. Ce point n'a jamais été étudié en recherche.

Sur l'économie:

microéconomie: Si un ménage se passe de la deuxième voiture, c'est 400 euros d'économiser par mois, soit 160 000 euros sur 40 ans d'activité. En prenant une valorisation de l'argent de 4% net par an, nous trouvons 450 000 euros d'argent redéployé sur autre chose (épargne ou consommation de biens durables). On redonne une bouffée d'oxygène considérable aux ménages.

macroéconomie: on multiplie par 12 millions de ménages à 2 voitures et on arrive à 60 milliards d'euros par an en euros 2008 d'argent disponibles redéployés.

On voit que la question du choix de mode de transport joue énormément sur la structure de notre économie. Et de cette structure dépendra notre indépendance énergétique par rapport aux énergies fossiles et notre capacité à nous adapter. L'enjeu de formation de notre population pour assurer cette transition dans de bonnes conditions sociales est tout aussi considérable. Pourtant, il faudra y aller avec une certaine ambition et une certaine radicalité pour tenir les délais. On ne pourra le faire sans l'appui des corps intermédiaires, les syndicats entre autres.
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 21:47
Le lien proposé est une video extrêmement pédagogique sur l'histoire du système monétaire mondial. Nous y découvrons comment nous en somme arrivés là. Nous pouvons en conclure que le développement durable ne restera que du discours si nous ne réformons pas l'ensemble de ce système. Il faudra des chefs d'état de grande valeur pour comprendre cela et négocier avec les USA une refonte complète du système  de financement et de comptabilité macroéconomique. Il ne suffira pas de faire repartir l'accès au crédit dans les conditions actuelles pour remettre bon ordre dans un modèle de développement nous menant dans le mur à la vitesse de la lumière. Nous avons fait baisser la fièvre, mais nous n'avons pas soigné le malade.

www.vimeo.com/1711304

En résumé, les banques créent l'argent à partir de rien, alors que dans le passé elles créaient l'argent à partir d'une référence physique (quantité de métal or ou argent ou autre). Or, dans un monde fini, si on veut une croissance régulière tendant vers l'infini, le système ancien ne pouvait marcher car la quantité de matières nobles de référence est finie. La finance moderne est donc assise sur cette création d'argent à partir du néant. Elle se fait au travers de simple lettres de crédit signées par le débiteur. Les banques se refinancent auprès d'autres banques pour prêter à nouveau et avec les remboursements réguliers des débiteurs. Ainsi, il est possible, en dehors de toute référence physique, de prêter à l'infini. Ce système ne peut marcher que si un niveau de confiance règne.

Or les banques ont dilué le risque en titrisant leurs prêts, c'est à dire en les diluant dans des actions ou obligations, les rendant ainsi opaques et exposés à une défaillance critique des débiteurs.

En sus, les marchés à options, qui sont des paris sur l'évolution à venir des titres, font eux-mêmes l'objet d'un marché fonctionnant en offre-demande, avec un fort effet de levier à la hausse ou à la baisse.

On voit qu'une finance coupée de toute réalité physique nous a amené au bord d'un effondrement complet de civilisation.

L'avidité du monde développée est sans limite, et le système financier permet à celle-ci de s'exercer, aux dépends des facultés de régénération de la planète et de ses ressources (on dépasse la capacité d'assimilation des milieux). Ce système n'a pas de limite.

Toute politique environnementale ambitieuse se doit de réformer le système de financement et le système de comptabilité macroéconomique pour tenter de sauver une civilisation qui court à sa perte.

C'est l'ambition de cap21 dans le Modem.



 
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et société
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 21:20
Voici une tribune de Corinne Lepage sur la comptabilité macroéconomique, en particulier le PIB, et le commentaire que j'ai ajouté à la suite.

Corinne Lepage: N'est-il pas temps de changer de mode de calcul?

Le président de la République avait chargé deux prix Nobel : Amartya Sen et Robert Stiglitz  de mettre en place un PNB vert. Plus personne n'en parle et ce projet peut apparaître aujourd'hui comme parfaitement obsolète compte tenu  de la crise économique et financière. Cependant, et de manière paradoxale, l'adjonction d'un indice de bien-être économique à côté d’un PNB en berne présenterait de très nombreux avantages particulièrement dans l'année qui vient.
 
De quoi s'agit-il ?
 
L'indice de bien-être économique n’est pas unique : il existe d’autres indices qui visent le même objectif, à savoir patrimonial. Partant du PNB, il ajoute et il retranche ce qui a amélioré le patrimoine collectif et ce qui l’a réduit. Ainsi, les services gratuits, l'amélioration du patrimoine naturel, les dépenses d'investissement pour préparer l'avenir, santé, recherche, éducation viennent en plus. A contrario, la réduction du patrimoine naturel, la maladie, la délinquance, l'augmentation des inégalités vienne en déduction. Ainsi, l'indice de bien -être économique offre une image beaucoup plus réelle de la progression de la société sur une année. C'est précisément parce que les perspectives pour 2009 sont particulièrement noires sur le plan économique que le moment est particulièrement bien choisi pour changer de grille de lecture. Le très récent rapport du laboratoire européen d’anticipation considère en effet que la fin du premier trimestre de l’année 2009 va être caractérisée par une prise de conscience générale de l’existence de trois processus déstabilisateurs majeurs de l’économie mondiale, à savoir :

1. la prise de conscience de la longue durée de la crise

2. l’explosion du chômage dans le monde entier

3. le risque d’effondrement brutal  de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation.

Dès lors, les facteurs psychologiques vont jouer un rôle extrêmement important puisque les opinions publiques risquent de considérer que la crise échappe en réalité à tout contrôle avec donc un risque de chaos social. Les états s'avèrent incapables de gérer socialement la montée du chômage et de donner de réelles perspectives aux populations.

En effet, plus la crise durera plus elle sera porteuse d'instabilité socio-économique. S’y ajoute bien sûr  le risque d'effondrement brutal du système de retraite par capitalisation puisque l’OCDE estime à 4.000 milliards USD les pertes des fonds de pension pour la seule année 2008. La prise de conscience par les opinions publiques de ces tendances et de leurs conséquences pourrait constituer le grand choc psychologique mondial du printemps 2009. De même que les investissements hors la société post pétrolière apparaissent comme déraisonnables et irrationnels, de même le maintien, pour mesurer l'évolution de la société, du seul critère du PNB apparaît comme  un facteur d'accroissement de la crise, et ce pour plusieurs raisons.


Tout d’abord, il est certain que la crise et le chômage croissant  vont conduire a une augmentation importante des activités  non rémunérées mais qui constituent une création de valeur incontestable, comme les aides à la  personne, les activités d'entretien et de réparation, l’usage du potager pour nourrir sa famille. Tous ces activités ne sont pas comptabilisées dans le PNB mais sont évidemment extrêmement importantes pour la vie quotidienne, voire pour la survie d'un certain nombre de personnes.

Ensuite, le ralentissement économique va s'accompagner d'une réduction des pollutions et des émissions de gaz à effet de serre, d'une réduction de la circulation automobile améliorant ainsi la santé des habitants des villes même si  parallèlement les difficultés financières vont rendre plus difficile pour un certain nombre de personnes l'accès aux soins. Ces éléments sont à prendre en compte.
On peut aussi imaginer que la crise favorise le système D, l'entraide, la solidarité et conduisent ainsi à retrouver, par la force des choses, des relations humaines d'une qualité très supérieure.


Il est donc économiquement et socialement tout à fait faux de ne pas considérer que ces évolutions apportent un plus à la société et doivent à ce titre être comptabilisés dans l'indice de bien-être économique.
Cette transformation  permettra de mieux appréhender la réalité globale de la crise, de mesurer avec d’autres critères son impact et donc d’orienter différemment les politiques publiques pour favoriser le maintien d’une certaine cohésion sociale dans un esprit de justice qui est aujourd’hui totalement absent.
Elle permettra aussi d’améliorer le moral de nos concitoyens en donnant tout d'abord une valeur économique à ce qui est aujourd'hui n’en n’a pas et en cessant de considérer comme avantage  ce qui n'en est pas un. Rappelons par exemple que la finance virtuelle a été le principal moteur de la croissance du PNB au cours des dernières années.

On voit où cela nous a conduit !


Enfin surtout, la recherche d'un accroissement de l’indice de bien être économique donne un sens, une direction à la société  à un moment où précisément une menace de troubles sociaux existe, liée précisément à la disparition d'un modèle sans qu’aucune solution alternative ne soit réellement proposée. Le changement de critère de référence constituerait précisément un des symboles les plus  forts d’espoir.

 

Tribune France-Culture du lundi 22 décembre

 

Mon commmentaire:

 

Nous connaissons très bien ces calculs dans le monde de l'entreprise. C'est le coût de non qualité. Il comprend 2 volets:

-les dépenses de non qualité subies (coût de réparation). Ce sont essentiellement les coûts de rebuts et de reprise des produits qui rentrent dans cette catégorie. Par exemple, un acheteur subissant la pression court terme de son management achète moins cher un composant dont l'équivalence en assemblage système pose problème. Ce sont n systèmes qui seront repris en ateliers de réparation.

-les dépenses consenties ou encore choisies. Ce sont les dépenses que l'on fait en amont de la fabrication du produit pour fabriquer bien du premier coup. Ce sont les contrôles très en amont, les analyses préalables de modes de défaillance, de leurs conséquence et de leur criticité. En politique environnementale, cela s'appelle le principe de prévention.

Trouver un modèle de développement permettant de donner une réalité à cette nouvelle manière de compter, c'est par exemple trouver des modes de vie à confort quasi identique en dépensant 10 fois moins d'énergie. Or aujourd'hui, la croissance de PIB et les revenus des acteurs économiques sont assis sur la consommation d'énergie fossiles essentiellement. Pour que la transition énergétique se fasse, il faut effectivement monétariser les services gratuits fournis par la nature et rendre plus chère l'énergie. Il faut aussi rémunérer plus fort les acteurs favorisant les économies.

L'économie de l'environnement se mène exactement comme une politique qualité dans une entreprise.

 

On peut ajouter un exemple encore pour illustrer:


Une société dont la cohésion sociale explose amène inévitablement une augmentation de la délinquence et une réaction sécuritaire avec une augmentation des besoins en ressources humaines dans la police, la justice etc..., une augmentation de la difficulté d'exercer les fonctions d'enseignement du savoir, plus généralement, une augmentation des coûts de réparation et de contrôle.


Une société économiquement sans problème majeure est apaisée et ne nécessite que peu de forces de l'ordre.


Le maître mot d'une société durable est: partage (donc fiscalité plus juste et refuser la paranoïa qui veut que les capitaux vont s'en aller ailleurs. Ce ne sera pas le cas si notre pays est attractif et apaisé). Certaines sociétés très performantes économiquement dès aujourd'hui ont intégré ce paradigme dans leur stratégie marketing et construisent de nouvelles offres à partir de ce mot.

 




Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et société
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 21:58
Tel est le titre de l'article de Corinne Lepage du 17 Novembre suite à la réunion du G20. La substantifique moëlle de cet article est que la crise financière n'est que la face émergée de l'iceberg "crise du système", c'est à dire du contenu de la croissance que nous avons choisi depuis des décennies.

Voici le texte de Corinne Lepage:

"
Alors que le G20 peine à établir les prémisses de ce que pourrait être de nouvelles régles du jeu de la finance internationale, voire du capitalisme , on ne peut que constater la différence de traitement entre la crise financière et la crise écologique et climatique. L’urgence de la première n’est pas contestable et on peut que souscrire aux souhaits de certains Etats de voir mettre en place un nouveau Bretton Woods.

 

Il faut toutefois souligner qu’en s’attaquant au volet financier de la crise mondiale, les chefs d’Etat refusent en réalité de s’attaquer aux causes, la transformation du capitalisme , la croissance des inégalités et les bases artificielles de la croissance passée fondée sur la spéculation et l’économie financière , pour ne viser que les effets.

S’ils acceptaient de reconnaître les erreurs accumulées, le système de gaspillage et de destruction des ressources mis en place et le caractère non durable de la croissance de ces 20 dernières années, ils serait inéluctablement conduits à reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une crise financière mais du volet financier de la crise du système dans lequel nous vivons. Or, le volet énergétique et climatique de cette même crise présente le même caractère d’urgence, car, comme en matière financière , tous les voyants sont au rouge.
Par Corinne Lepage - Publié dans : environnement et société
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 23:00
Voici un texte publié par Corinne Lepage, vice-présidente du Modem.

20.10.2008

 

Corinne Lepage: éviter l'effondrement

 

Dans son livre « Effondrement » consacré aux choix des sociétés de survivre ou de disparaître, Jared Diamond identifie 4 formes de comportement collectif qui ont été fatals aux sociétés qui les ont choisis/

 

 · L¹incapacité d¹identifier un problème avant qu¹il ne se manifeste

 

 · L¹incapacité de percevoir un problème alors qu¹il est présent

 

 · L¹incapacité à résoudre ­ voire même à réellement chercher des solutions lorsque le problème est identifié

 

 · Et surtout le maintien d¹un système de valeurs sociales inadaptées à la situation nouvelle.

 

 Et Jiamond écrit à ce propos : » il est douloureusement difficile de décider qu¹il faut abandonner certaines de ses valeurs centrales quand elles sont devenues incompatibles avec la survie ».

 

 Je laisse nos auditeurs s¹interroger sur notre incapacité plus ou moins manifeste à répondre aux trois premier enjeux s¹agissant non seulement de la crise financière et économique, mais surtout de la crise énergético-écologique qui est celle de la prise de conscience de nos limites.

 

 Je voudrais m¹arrêter sue la question du système de valeurs qui est en réalité la clé du reste. Dans un ouvrage remarquable intitulé l¹enfermement planétaire , André Lebeau traite de la question de la confrontation de la logique libérale au problème des limites de la terre, générant une régression économique , voire un effondrement. Or, nous ne parvenons pas à traiter la question de la démographie pas plus que celle de la gestion dans un intérêt commun des ressources naturelles nécessaires à notre survie Le fait que les ressources soient localisées et les pollutions souvent diffuses accroît encore les sources d¹interdépendance mais aussi d¹inégalités croissantes, l¹accroissement des revenus se faisant sur l¹exploitation des richesses. Croissance est synonyme d¹augmentation du revenu et non pas d¹augmentation du patrimoine collectif . Notre système de valeurs est donc inadapté et ce d¹autant plus que la croissance des 30 dernières années s¹est accompagnée d¹un accroissement des inégalités entre personnes et entre pays qui a servi de moteur à ladite croissance.

 

 Eviter l¹effondrement , c¹est-à-dire faire le choix de la survie , c¹est donc s¹attaquer à notre système de valeurs qui est la cause profonde du crach financier . En admettant nos erreurs et en refusant que les responsables physiques des drames actuels tentent de s¹autojustifier en nous proposant de continuer sur le même système, voire même comme Alain Madelin en accablant les victimes que sont les emprunteurs américains. Il est nécessaire de commencer avec des mesures symboliques mais fortes comme la suppression des parachutes dorés et bonus de dirigeants financiers par la loi, le droit de vote étendu des Etats dans les banques dans lesquelles il aura investi et une législation rigoureuse excluant toute autorégulation dont on a vu où elle conduisait. Pendant « les affaires » les affaires ne sauraient continuer.

 

 En second lieu, en évitant à tout prix que les Etats qui sont derniers garants de la vie collective ne soient déstabilisés, car ce serait alors un risque de chaos pour les nations. Les Etats sont aujourd¹hui les seuls à pouvoir faire face aux réorientations économiques et sociales majeures auxquelles il faut procéder sans délai. A cet égard, on ne saurait trop rappeler combien la frilosité du parlement français au regard de la loi Grenelle apparaîtra, si elle se poursuit , comme une chance historique partiellement manquée pour l¹économie et la société française.

 

 Ce sont également les Etats qui peuvent au niveau international concevoir un réel système sur le modèle par exemple proposé par le professeur Stiglitz, prix Nobel d¹économie, de permettre le développement des pays du sud tout en évitant la déforestation grâce à une généralisation des mécanismes de Kyoto au monde entier.

 

 Comprenons bien ! Nous sommes à la croisée des chemins.

 

 · Ou bien , notre système de valeurs change et s¹écarte de l¹hyperlibéralisme pour revenir à une économie de marché très régulée par une priorité donnée la lutte contre le changement climatique et l¹adaptation de notre humanité à des changement d¹ors et déjà inévitables . Ce choix implique un retour à l¹éthique, un efforts sans précédent de solidarité et de réduction des inégalités pour éviter notamment la montée de la violence voire des guerres. C¹est un projet de civilisation au sens qu¹Edgar Morin a voulu donner à ce terme

 

 · Ou bien , nous nous limitons à une analyse de la situation limitée à une crise économique de caractère cyclique et nous mettons les rustines en conséquence . Dans ce cas, la crise n¹aura servi à rien si ce n¹est à accélérer les mécanismes inévitables qui conduisent à notre effondrement collectif.

 

 Le développement durable , avec une soutenabilité forte c¹est-à-dire exigeant le maintien du niveau des ressources, est aujourd¹hui un choix rationnel. Etre optimiste consiste à penser que ce choix absolument nécessaire pourra être un choix suffisant.



Par Corinne Lepage - Publié dans : environnement et société
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /2008 18:38
Voici trois documents permettant de se faire une idée très complète de cette problématique énergétique dans le paysage mondial (nécessaire pour les questions du climat), européen et français. Ils montrent que le nucléaire est une illusion dans tout ça. Relancer le nucléaire a pour seule justification une expansion du business de ce type d'énergie et c'est tout. Tous ceux qui veulent se faire une idée globale et juste du sujet doivent lire attentivement le cahier globalchance 25 dont voici le lien
 
http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC25.pdf

 et écouter l'émission terre à terre de France culture dont voici le lien

 http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/.

Le troisième document est un film romancé diffusé sur Arte, certes avec des invraisemblances, mais qui a le mérite de poser de vraies questions.

Voici le lien:

http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2271884,scheduleId=2277576.html

Voici quelques éléments du document global chance résumés, et éliminant quelques idées reçues.

Le nucléaire est une solution à la crise énergétique et climatique? Faux, il ne représente que 2.4% de la consommation énergétique finale mondiale. La dynamique industrielle de cette industrie et les problèmes de sûreté et de déchets est incompatible avec la dynamique de déploiement nécessaire pour résoudre les problèmes de climat.

Quand bien même nous voudrions déployer massivement du nucléaire, l'horizon industriel installé est plutôt 2100 et il sera trop tard. Mais admettons que la fusion nucléaire soit possible. ITER est un beau projet scientifique pour se faire plaisir. Résout-il le problème des déchets? Eh bien non. Certes, il ne produit pas de déchets de fission, mais il ionise les parois avec les neutrons à haute énergie. Comme il faudra changer les parois régulièrement, il y aura des problèmes de déchets.

Le forum génération 4 est en train de travailler sur le nucléaire durable. Les techniques envisagées partent du cycle du plutonium, qui pose des problèmes de sécurité et de prolifération.

Le nucléaire pose aussi le problème de l'opacité issue de la culture militaire de ce type d'énergie. L'incident de Juillet de Tricastin a été médiatisé, mais pas celui du 8 Septembre.

Voici le descriptif de l'IRSN:

"Dans le cadre des opérations de renouvellement périodique du combustible, le réacteur est arrêté, le circuit de refroidissement dépressurisé ; le couvercle de cuve est ensuite enlevé et la piscine du réacteur remplie d’eau borée.
Les opérations de déchargement du combustible impliquent d’extraire de la cuve la structure constituant les « équipements internes supérieurs (EIS) » placés au dessus des assemblages du combustible. Cette opération est un préalable au déchargement des assemblages.

Le 8 septembre 2008, lors du début des opérations de levée des EIS, il a été constaté que deux assemblages combustibles, désengagés au deux tiers du cœur, sont restés suspendus. L’exploitant a alors interrompu la manœuvre de levée des EIS.

Une situation analogue s’était déjà produite en 1998 sur le réacteur n°1 de Nogent. L’exploitant avait mis en place un dispositif de sécurisation pour empêcher la chute de l’assemblage et avait réussi à récupérer l’assemblage suspendu sans l’endommager.

Situation actuelle
Actuellement, la charge (EIS + deux assemblages) reste suspendue au crochet du pont de manutention. Le refroidissement du cœur est assuré de manière normale par les circuits de refroidissement à l’arrêt, l’étanchéité du combustible n’est pas mise en cause et le confinement reste assuré par le bâtiment réacteur. Cet incident n’a entraîné aucun rejet.

Risques pour la sûreté
Le risque encouru est la chute d’un ou des deux assemblages sur le cœur s’ils venaient à se décrocher.
La rupture des combustibles irradiés entraînerait le relâchement de produits de fission dans l’eau de la piscine du bâtiment réacteur, puis dans l’atmosphère de l’enceinte de confinement. Une fraction de la radioactivité pourrait ensuite être rejetée dans l’environnement.
Dans l’hypothèse de la chute des deux assemblages entraînant leur rupture complète, l’examen réalisé par l’IRSN à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) montre que les conséquences radiologiques à l’extérieur du site seraient extrêmement faibles et très inférieures aux valeurs nécessitant des actions de protection de la population et de l’environnement.

L’IRSN examinera les conditions envisagées par l’exploitant afin de ramener l’installation dans ses conditions normales d’exploitation."

Cet incident a nécessité un mois d'études. On peut imaginer qu'un incident intervenant hors procédures connues puisse poser problème.

Cet incident, plus sérieux que celui de Juillet, aurait dû être communiqué. L'institut international de sûreté nucléaire INES (international nuclear event scale) classe les incidents en risque immédiat et non en perte de défense en profondeur des barrières de sûreté, ce qui est plus pertinent.

Il y a 10 000 incident par an dans nos centrales, dont plusieurs centaines sont significatifs et en augmentation, alors que les incidents d'indice faible, les plus médiatisés, sont en diminution.

L'autre problème de sûreté vient du mode de calcul. Ce calcul est basé sur une démarche probabiliste. Deux incidents pris isolément ayant une probabilité forte d'apparition peuvent avoir une probabilité faible d'apparaître en même temps et donc être négligés alors que les conséquences peuvent être dramatiques.    

Le nucléaire est bon pour l'exportation en France? Faux. Le programme nucléaire a été construit sur des hypothèses de croissance de la demande de 7% par an (doublement tous les dix ans). Or on est très loin de ce chiffre. Nous sommes donc en surcapacité, ce qui nous oblige à exporter de l'électricité nucléaire. Mais là où le bas blesse, c'est que ce type d'énergie ne marche pour l'électricité de base, les pointes étant absorbées par le gaz ou le charbon. Nous exportons de l'énergie de base à bas prix et nous importons de l'énergie de pointe à prix élevé.

Le nucléaire est peu cher? joker: le coût réel se situe entre 1300 et 3000 euros le KW installé car le prix du traitement des déchets et du démantèlement relève d'hypothèses très floues. Il n'y a pas aujourd'hui de calcul sérieux sur le sujet.

Le nucléaire est une énergie centralisée à faible rendement, environ 30%. La chaleur produite ne permet pas la cogénération, c'est à dire le transport de chaleur pour chauffer l'habitat de par cette centralisation.

Par opposition, les énergies renouvelables décentralisées de petite dimension et productrices de chaleur permettent la cogénération, ce qui augmente considérablement le rendement.

Maintenant, la France a un problème particulier. Les centrales vieillissent et doivent être démantelées ou remplacées. Il faut donc que la compétence soit toujours au rendez-vous, ce qui oblige à poursuivre le nucléaire, même si on ferme des centrales progressivement. il est aussi nécessaire de maintenir un minimum de recherche, ne serait-ce que pour assurer la sûreté. Par contre, il serait déraisonnable de rentrer dans un processus d'expansion massive de cette industrie qui évolue dans un marché très faible et peu concurrentiel, où la loi de l'offre et de la demande n'a guère de sens, donc là où on fait ce que l'on veut avec les prix.

Je pense que c'est comme cela que le débat doit se poser.

La question est donc: doit-on conserver sur le long terme une énergie à haut risque mais qui restera toujours marginale pour répondre à des impératifs de business ou abandonner progressivement sur le long terme? C'est en ces termes que ce pose le débat, en aucun cas le nucléaire n'est une réponse aux problèmes énergétique et climatique.

Bonne Lecture

PS: je vous laisse découvrir la lettre de l'association sauvons le climat au sujet du film d'Arte, qui au demeurant est très bon, même s'il est caricatural.

Monsieur,
Lettre envoyée au Président d'Arte:
 Le 10 novembre 2008
Monsieur le Président d’Arte
Arte France
8, Rue Marceau
F-92785 Issy-les-Moulineaux Cedex 9
 PARIS
Monsieur le Président,
Le Vendredi 7 Novembre Arte a diffusé le film « Inéluctable ». Cette fois-ci les limites du sérieux et de la décence ont été franchies. Je ne m’attarderai pas sur la pauvreté et les invraisemblances du scénario avec des interventions saugrenues de la Ministre dans la gestion de la crise, l’absence de l’ASN, la solitude de l’ingénieur de quart, le ridicule de la Sécurité Civile. Les capteurs qui marchent, ne marchent pas, remarchent alors que le synoptique semble imperturbable.
Retenons que le film voulait décrire un scénario pouvant déboucher sur une situation grave avec fusion possible du cœur. Une telle hypothèse, bien que très peu probable est considérée comme possible dans les évaluations de sûreté des réacteurs. Il était donc possible et légitime de l’envisager dans une fiction. Dommage qu’elle ait été traitée d’une façon aussi superficielle.
Au cours du film un certain nombre d’incidents ne visent qu’à affoler les populations qui vivent à proximité des centrales. Par exemple, l’épouse de l’ingénieur nous apprend qu’elle aurait été irradiée (comment, à quel point, pourquoi, on ne nous le dit pas) et qu’elle avait dû avorter de ce fait. Elle en a conçu une crainte bien légitime d’habiter à proximité d’une centrale. Sauf que l’irradiation d’une femme enceinte visitant une centrale à un niveau suffisant pour mettre le fœtus en danger est tout à fait invraisemblable et que son évocation relève d’une pure propagande. Encore plus invraisemblable, compte tenu des règlements régissant les travailleurs affectés aux travaux sous radiation, est la présence sur son lieu de travail de son époux alors qu’il aurait été présent sur les lieux au moment de l’irradiation de son épouse. Ici il s’agit, clairement de faire peur.
Plus loin, en passant, on nous dit que si le combustible fond, il percera la cuve (ce qui est possible, mais ne s’est pas produit pour Three Mile Island (TMI), bien que de l’hydrogène ait été dégagé dans l’enceinte de confinement) et qu’il y aura explosion et ruine de l’enceinte de confinement et qu’on devra construire un sarcophage. Ceci est complètement faux comme l’a montré l’accident de TMI, ou l’enceinte résista parfaitement à l’explosion hydrogène. De plus depuis TMI de nombreuses mesures ont été prises pour réduire fortement la probabilité de fusion du cœur, et surtout, pour empêcher toute ruine de l’enceinte de confinement (recombineur d’hydrogène pour empêcher toute explosion hydrogène, dispositif muni de filtres (sable) permettant une décompression automatique de l’enceinte de confinement sans rejets dangereux)
Il est étrange que, si l’on comprend bien la conclusion du film, les choses finissent par rentrer dans l’ordre. Que signifie alors la séquence de fin qui montre des ruines (sans doute celles de Tchernobyl) et des images d’enfants blessés ou en détresse. Même à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, il n’y a pas eu d’enfants blessés ou estropiés. Ce n’est qu’au bout de 5 ans que sont apparus les cancers de la thyroïde chez les enfants âgés de moins de 15 ans au moment de la catastrophe. Cette séquence de fin est purement et simplement abjecte.
Enfin le message apparaissant dans le générique montre à l’évidence que ce film n’est pas une simple fiction mais qu’il a bien une visée politique et idéologique cherchant à développer la méfiance à l’égard de l’industrie nucléaire française. On peut se demander si cette offensive contre le nucléaire français est désintéressée ou si elle est inspirée par de possibles concurrents.
L’accident de TMI a montré que le plus grand risque associé à un accident nucléaire grave est la panique qu’il peut entraîner. Un film comme « Inéluctable » est tout simplement criminel et irresponsable en ce qu’il prépare le terrain à une telle panique.
Vous me répondrez, sans doute, que, au nom de la liberté d’expression de l’auteur du film, Arte n’est pas engagé par son œuvre. Malheureusement, avant le film, la présentatrice, en voix "off", une ou deux minutes avant le début du film, annonce: "Un film qui rappelle quelques vérités sur cette énergie dangereuse...". Cette annonce ne faisait d’ailleurs que reprendre l’annonce du film faite sur le site Internet d’Arte. Je cite :
Le film réalisé par François Luciani tombe à point nommé pour rappeler quelques vérités. Notamment le fait que le nucléaire est une énergie à haut risque : les centrales françaises connaissent chaque année une vingtaine d'incidents potentiellement catastrophiques. Dans ces conditions, un incident grave est aussi imprévisible qu'inéluctable.
 Je considère donc que « Inéluctable » est entièrement endossé par la chaîne dont vous êtes président.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments scandalisés

Hervé Nifenecker
                                                                    Président de « Sauvons le Climat »
 
 
Copies : M.Le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur leMinistre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, Madame La Ministre de la Culture et de la Communication.
Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /2008 23:57
Le pont Flaubert, certes apportant quelque confort de circulation, mais pour un temps limité, représente le symbole d'une civilisation mégalomaniaque, victime d'un complexe de supériorité envers une planète à bout de souffle, au bord de la sixième extinction des espèces.

Les rapports tous récents sur le début du grand dégazage de méthane dans les zones du pergelisol doivent nous rappeler que si nous envoyons cette quantité de ce gaz dans l'atmosphère, 20 fois plus puissants que le CO2 (plusieurs centaines de milliards de tonnes), alors tout espoir d'équilibrer le climat sera anéanti. L'emballement climatique interviendra. C'est la triste réalité récente.

Cet ouvrage est aussi le symbole de l'économie du fossile, donc du charbon, du pétrole et du gaz, de la croissance quantitative au détriment de la croissance qualitative.

le nombre de camions circulant dans Rouen par jour, après l'ouverture du pont, passerait de 6300 à 5230. Ce chiffre est à rapprocher des résultats de simulation de trafic du contournement Est de Rouen. Avant contournement, 45000 véhicules jour sur l'avenue du Mont Riboudet, après contournement, 35000 véhicules jour. Les camions ne représentent que 8% du trafic.
On voit que ces projets pharaoniques nous mènent dans des impasses à tout niveau. Ils sacrifient le long terme au court terme. Ils sacrifient donc l'avenir de nos enfants.

Rappelons que le trafic routier de poids lourds longue distance ne pèse que 6 à 8%. C'est le trafic courte distance qui pèse le plus, mais encore bien moins que le trafic automobile. 

Ces ouvrages routiers, séduisants au prime abord, constituent des aspirateurs à voitures et à camions, reportant un peu plus tard l'asphyxie routière sans réduire massivement les nuisances, et en mangeant énormément d'argent public.

Les pouvoirs publics ont même oublié de faire une place au vélo sur ce trajet. De nombreux rouennais étaient prêts à l'utiliser. La largeur du trottoir piéton est réduite à sa plus simple expression. Bref, on se contentera d'un strapontin pour les piétons, du néant pour les vélos. Pourtant, nul doute qu'aux Pays-Bas un encorbellement vélo aurait été prévu.

A contrario, Curitiba, ville de 4 millions d'habitants du Brésil transporte 85% de sa population dans des busway à haute fréquence, sans embouteillage, et avec une place de choix pour le vélo pour les courts déplacements.

Plutôt que construire encore et toujours, il vaudrait mieux s'engager sur une logistique des transports de personnes et de marchandises permettant de diviser au moins par 2 le trafic. 

Cet ouvrage routier est donc à contre-courant d'une politique de transports durables, et hélas, l'avenir nous le démontrera.

Le développement durable reste encore, pour nos élites, pur affichage, sans grand gain de qualité de vie autre que du saupoudrage.

Pourtant, tous les outils et méthodes logistiques existent dans l'industrie pour construire la mobilité de demain, celle qui peut-être impulser par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 19:57
On peut calculer un ordre de grandeur de l'impact d'une politique ambitieuse de développement de la part du vélo dans nos déplacements.

2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour.

En faisant les calculs approchés, on peut considérer que le potentiel d'économie de kilomètres voitures avec le vélo se situe autour de 20 milliards  de kilomètres par an sur les 450 effectués par les automobilistes.soit pas loin de 5%.

L'impact environnemental et économique sur le budget des ménages d'une bonne politique vélo est donc considérable.

Une bonne politique vélo ne coûte pas forcément très cher. Une fois de plus, c'est un domaine où énormément d'argent est gaspillé dans des constructions d'infrastructures inefficaces.

Or, en milieu urbain dense, il suffirait d'appliquer des règles de base peu coutueuses pour faire décoller ou plutôt redecoller l'usage du vélo en masse et ainsi capter tous ces courts déplacements. Il faut passer rapidement maintenant d'une politique d'affichage et de coups politiques à une politique de masse.

Citons-en quelques uns:

Limitation des vitesses de pointe des véhicules motorisés à 30km/h dans tous les milieux denses, hormis les boulevards urbains. Cela modifierait très peu la vitesse moyenne donc les temps de parcours.
Ouverture de tous les sens uniques aux vélos comme cela se pratique dans les grandes villes d'Europe du Nord et en Allemagne, et maintenant en Italie du Nord.
Partout où il y a de l'habitat et de l'emploi, donner accès au vélo (pas de voiries exclues au vélo).
Accès aux vélos de tous les parcs urbains publics à l'instar des autres pays européens
Accès aux vélos de tous les plateaux dits pietonniers comme partout ailleurs en Europe.
Pistes cyclables bidirectionnelles systématiques des deux côtés des boulevards urbains.
Mise en place systématique de surlargeurs sur les routes nationales et départementales, surtout aux abords des zones d'habitation et d'emplois.
Multiplier les parcs de stationnement vélo (arceaux etc...).
Permettre aux vélos et d'ailleurs aux piétons de ne pas faire de détour inutiles.

En sus, développer l'intermodalité vélo pliant transports en commun permettrait d'adresser bien plus que les 20 milliards de kilomètres trouvés ci-dessus.


  

 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /2008 23:55
Dominique Perben et Laurence Parisot sont la caricature de la culture du 20ème siècle avec l'expression de leurs opinions sur la fiscalité écologique.

Voici leurs réflexions:

Dominique Perben déclare que «l'État n'a pas à fixer les prix», Laurence Parisot, encore plus intégriste, n'hésite pas à qualifier l'esprit de la réforme de «quasi-soviétique». Pour la présidente du Medef, « un bonus seul serait légitime, mais l'accompagner d'un malus pour déterminer le prix des produits, c'est ni plus ni moins que le retour à l'économie administrée. »

Laurence Parisot a une vision manichéenne de la fixation des prix de produits et de services. Pour elle, où ils sont administrés, ou ils ne le sont pas. C'est tout de même mal connaître les mécanismes de fixation des prix dans nos économies modernes. En fait, une partie non négligeable du prix d'un bien ou un service est., de fait, administrée.  Faisons un petit inventaire de la partie administrée par l'état par l'intermédiaire de la fiscalité.

Vous avez d'abord des achats, qui comportent eux-mêmes de la main d'oeuvre fiscalisé par les charges sociales. Cette dernière partie est bien une part administrée du prix. En achetant, vous avez aussi achetés des produits fabriqués avec des investissements, chargés par la taxe professionnelle, donc également administrée. En achetant, vous avez aussi acheté la marge nette de votre fournisseur. Celle-ci est fiscalisée et rentre donc dans votre prix de revient usine.

Ensuite, vous avez vous-même ajouté de la main d'oeuvre et des investissements, eux-mêmes chargés. Tout cela forme un prix de revient auquel vous ajoutez votre marge, elle-même fiscalisée, donc administrée.

On voit qu'une grande partie des prix dans une économie moderne est administrée. Une grande partie des prix de certaines prestations est aussi normalisée (les médecins par exemple). Laurence Parisot a donc tout faux quand elle dit qu'avec la fiscalité écologique nous allons vers la "soviétisation". En fait, la différence entre une économie de type soviétique et nos économies, c'est le degré d'importance de la partie administrée dans la fixation des prix. La fiscalité écologique est donc compatible avec une économie libérale et n'a absolument rien à voir avec une économie de type soviétique.

Le malentendu vient du fait que les services gratuits fournis par la planète ne sont pas comptabilisés dans les comptes publics ou privés. La réparation des services gratuits fournis par la nature n'est pas non plus valorisée.

En conséquence, dans l'état actuel des choses, il est tout à fait normal que l'état fixe une contribution par produit pour donner une valeur à notre patrimoine terre. Il n'y a pas d'autres solutions pour le moment.   

Votre résidence principale fait partie de votre patrimoine qui est valorisé en euros. Notre planète, elle, est un patrimoine. Hélàs, il n'est pas valorisé. Les activités humaines qui réduisent ce capital, détruisent une partie de sa valeur, ne viennent pas en déduction pour la comptabilité de la croissance et du PIB. La fiscalité écologique permet de le faire. D'autre part, si on veut que les modes de production et de consommation se transforment, il faut bien effectivement réaliser un transfert monétaire entre deux types d'économie. Nous avons, pour cela, à la fois besoin des mécanismes de marché et d'une impulsion de l'état.
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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