Mercredi 18 janvier 2006

Le fait que l'usage individuel de l'automobile soit un facteur majeur de la dégradation du cadre de vie urbain est assez largement partagé. De nombreux documents d'urbanisme mentionnent la densification des villes comme une solution à la diminution des distances de déplacements. Si l'on s'en tient uniquement à cette affirmation, on risque de passer à côté d’une restructuration réussie de nos villes dans une perspective de développement durable.

Densifier veut dire construire dans les zones déjà denses, dans les dents creuses ou dans les friches industrielles. On oublie un peu vite que si on construit un lot de 1000 logements, on "embauche" 800 voitures. Mais dix ans plus tard, les familles s'agrandissant, on peut trouver 1600 voitures, et 20 ans plus tard, 2400 voitures. Si on fait dix fois l'opération, ce sont près de 25 000 voitures qui prennent une emprise foncière phénoménale sur l'espace public, amenant alors la réaction inévitable de la construction de routes, rocades et parkings. On va alors à l’encontre des objectifs recherchés et annoncés. A long terme, la population sera alors déçue.

De nombreux projets ont oublié ce phénomène majeur, même si les quartiers nouvellement construits sont qualifiés de calmes, et sont le plus souvent en zone 30. Il existe par exemple le projet Neptune à Dunkerque (voir dans la rubrique liens "projet Neptune à Dunkerque) ou le projet "100m de ville supplémentaire" dans le document de travail du plan local d'urbanisme de Sotteville-les-Rouen. Ces quartiers constituent des enclaves génératrices de déplacements automobiles dans toute l'agglomération si la population n'est pas culturellement et massivement éduquée à limiter l'usage individuel de la voiture.

Le projet du contournement Est de Rouen, avec pourtant, pour accompagner cette infrastructure routière supplémentaire, une volonté de développer plus fortement les transports publics, de densifier, créer des pôles denses, prévoie, d’après les chiffres du maître d’ouvrage, 750 000 véhicules jour avant la construction à l’intérieur de son périmètre, 850 000 après. Les poids lourds ne représentent que 10% de ce trafic. Ils ne constituent donc pas la part la plus importante du problème de congestion aux heures de pointe, excepté sur des points précis du périmètre. D’ailleurs, les heures de pointe s’étalent dans la journée (voir le très bon livre de Jean-Paul Bailly, ancien président de la RATP , et Edith Heurgon les "nouveaux rythmes urbains"). Le phénomène d’aspirateurs à voitures est alors patent.

Une politique de densification efficace en matière de cadre de vie ne peut passer que par une réduction du trafic individuel en automobile, comme le préconise la loi LAURE (loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie) de Décembre 1996 voulue par Corinne Lepage.

 La volonté et la détermination politique de nos gouvernants s’est étiolée avec le temps pour ne faire apparaître dans la loi SRU que la maîtrise du trafic automobile, terme plus faible. Dans certains documents locaux d’urbanisme, on trouve même la notion de maîtrise de la croissance du trafic automobile. L’évolution du vocabulaire montre la difficulté, pour le moment, de diminuer la part modale de l’automobile dans les déplacements.

Quels sont les outils pour réussir un "management" de la mobilité efficace, c'est-à-dire dont le résultat final soit conforme à la loi LAURE ?

La généralisation des plans de déplacements aux échelles plus petites (écoles, entreprises administrations) est de nature à diviser par 2 le trafic automobile dans le trajet domicile travail sur une législature, soit en 5 ans. L’exemple de STMICROELECTRONICS à Grenoble montre que c’est possible à peu de frais, avec une bonne dose de détermination et un management centré sur les résultats comme cela existe pour des projets d’entreprises.

 

 

 

Ensuite, il faudrait réorienter les usages de l’automobile comme je le précise dans l’article du 11 Novembre 2004, c'est-à-dire de concevoir un système de taxis collectifs temps réel dont j’ai écrit le cahier des charges, et que j’ai envoyé au conseil d’analyse stratégique et à la région Haute-Normandie.

Ce projet permettrait de construire, autour d’une synergie d’acteurs, une véritable stratégie urbaine de mobilité, compatible à long terme avec les objectifs du développement durable

Ce projet permettrait de diviser par 4 le trafic automobile tout en gardant un haut niveau de confort de mobilité, une grande souplesse, une industrie automobile puissante, mais incluse dans une logistique urbaine des personnes puissante.

Les résultats du dernier recensement montre que la distance domicile travail passe de 15 à 25km pour toute une catégorie de la population, les rurbains. Les nuisances de la ville continuent d’alimenter un retour vers les zones peu denses, proches des villes pour bénéficier des activités culturelles et scolaires, générant alors essentiellement des déplacements voitures et rendant impossible l’atteinte des résultats d’un urbanisme de qualité. Ce mouvement est encore aujourd’hui encouragé par la construction d’ouvrages routiers supplémentaires. Pour inverser la tendance, il faut d’une part diminuer le coût du foncier en construisant, mais aussi en réduisant drastiquement la place affectée à la voiture dans les zones denses. Le développement durable n’existe donc que dans les textes. On reste majoritairement, malgré les efforts entrepris sur les transports publics, dans un schéma des années 70.

On voit que les bonnes intentions actuelles risquent fort de ne pas aboutir au résultat attendu si on ne prend pas en compte la restructuration complète de la fonction mobilité. L’enjeu est de taille. Il est quadruple : énergétique (indépendance énergétique par une réduction importante des consommations), climatique, urbanistique (amélioration considérable du cadre de vie), économique et social (transfert de ressources financières vers des dépenses à plus fortes valeur ajoutée et concept nouveaux pour les industries comme l’automobile et les telecom). Les populations resteront dans les zones denses si le confort et l'attractivité sont présentes. Cela passe d'abord et avant tout par la réussite des objectifs énoncés dans la loi Laure. En Europe du Nord, on parle peu de développement durable mais on le fait (les Pays-bas investissent 5 milliards d'euros supplémentaires dans leur politique cyclable), en France, il y a pléthore de textes, mais peu de résultats pour l'instant, alors que nous avons tous les atouts en main.    

 

 

 

par Dominique Bied publié dans : urbanisme
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Dimanche 11 décembre 2005

Le transport contribuant grosso modo pour un quart dans le problème du réchauffement climatique, il est indispensable de maîtriser les mécanismes de dégazage de carbones dans l'atmosphère pour pouvoir les expliquer au grand public, c'est pourquoi je donne dans cet article des sources passionnantes sur le sujet.

Je complète mon article du 9 Mars: "effet de serre, ça se gatte". En effet, l'évolution des études sur le pergélisol (permafrost est le terme anglo-saxon) montre que l'équilibre source/puits carbone dans les régions froides du Nord vont influencer considérablement la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et pas forcément dans le bons sens. Suivant que la boucle de rétrocation sera positive ou négative (amplification et emballement ou régulation), nous ne subirons pas les mêmes impacts. C'est pourquoi j'ai rajouté sous cette introduction un extrait de textes de la commission géologique du Canada et une brève du site infoscience avec des liens pour ceux qui veulent approfondir. J'essaie d'établir le contact avec le responsable canadien afin d'être tenu au courant des nouvelles études et des résultats. 

Recherches sur le
P E R G É L I S O L
à la Commission géologique du Canada

Ce document présente un examen des études en cours et proposées du pergélisol et des changements climatiques menées par la Commission géologique du Canada (CGC). Ces études sont représentatives des principaux domaines de recherche à la CGC dans le contexte du pergélisol et des changements climatiques et sont résumées suivant quatre grands thèmes de recherche: Processus physiques, Régimes thermiques, Sources et puits de carbone et Nouvelles initiatives. Un grand nombre des études sur le terrain sont menées dans la vallée et le delta du fleuve Mackenzie. Cette région est historiquement celle qui a connu les élévations les plus importantes de la température de l'air au Canada au cours du dernier siècle.

1.Le problème .

Les modèles courants de la circulation générale prévoient un réchauffement substantiel aux latitudes élevées en Amérique du Nord en raison de l'accroissement des concentrations de gaz à effet de serre d'origine anthropique dans l'atmosphère. Les tendances historiques de la température révèlent un réchauffement de près de 2°C pendant le dernier siècle dans l'Arctique canadien occidental. De plus, des conditions extrêmes comme l'El Niño de 1998 ont engendré des températures moyennes annuelles de 5°C plus élevées que les conditions moyennes. Ces données indiquent que le réchauffement futur dans l'Arctique canadien occidental pourrait être plus important que dans d'autres parties du Canada. On s'attend à ce que ce réchauffement ait une incidence importante sur la stabilité du pergélisol. Il est par conséquent essentiel d'acquérir une bonne compréhension de l'incidence des changements climatiques dans les régions pergélisolées et de mettre ces connaissances à la disposition des décideurs envisageant l'adaptation au changement climatique dans le Nord.


2.Notre objectif .

Notre objectif consiste à fournir des connaissances géoscientifiques sur le pergélisol au Canada en rapport avec les incidences du changement climatique. De manière plus spécifique, nous cherchons à comprendre le rôle de la cryosphère dans le système climatique mondial et, réciproquement, les effets du changement climatique sur les processus touchant les étendues pergélisolées afin 1) de détecter le signal du changement climatique dans la cryosphère, 2) d'améliorer la formulation et l'évaluation des incidences du changement climatique et 3) de faciliter l'élaboration de mesures d'adaptation appropriées.

3.SOURCES ET PUITS DE CARBONE

Les changements de l'efficacité des sources et des puits naturels de carbone constituent une importante source d'incertitude lors de la détermination des tendances futures des concentrations de CO2 atmosphérique et, ultimement, des tendances du changement climatique. Le problème est particulièrement complexe en raison des mécanismes de rétroaction entre les concentrations de CO2 atmosphérique, les changements climatiques et les sources ainsi que les puits naturels de carbone. Le réchauffement du pergélisol pourrait avoir deux conséquences importantes; il pourrait modifier les sources et les puits de carbone en terrain inorganique et entraîner le dégagement de carbone additionnel actuellement stocké sous forme de méthane dans les hydrates de gaz. Une connaissance plus poussée de ces problèmes est essentielle pour la compréhension des tendances et des incidences futures des changements climatiques.

4.Terrain organique
S. Robinson, I. Kettles 

La biosphère terrestre représente un important puits naturel de carbone pour le CO2 atmosphérique. Cependant, les changements climatiques peuvent modifier le comportement de ces puits naturels pour en accroître ou en réduire l'efficacité et ainsi influencer davantage le devenir des gaz à effet de serre émis par des sources anthropiques. La fonte du pergélisol associée au réchauffement du climat pourrait changer de manière radicale les sources et les puits de carbone en terrain organique. Des résultats récents signalés dans la région de Fort Simpson ont suggéré que le stockage du carbone pourrait doubler suite au dégel du pergélisol. À l'inverse cependant, une fréquence accrue des incendies forestiers et de toundra pourrait engendrer d'importants flux de carbone et de matière particulaire qui pourraient accroître les quantités de gaz à effet de serre. Les recherches sur le terrain dans la vallée du Mackenxie englobent des études du stockage et des flux du carbone dans les tourbières en rapport avec le dégel du pergélisol et une évaluation du rôle des incendies dans la dynamique des tourbières.

5.Hydrates de gaz
S.R. Dallimore, J.F. Wright, F.M. Nixon

Les hydrates de gaz présents sous les plates-formes continentales du globe et associés au pergélisol profond constituent la plus importante source individuelle connue de carbone mobile. L'hydrate de méthane, qui serait le plus commun des hydrates de gaz, n'est stable que dans des conditions très spécifiques de faibles températures et de pressions modérées. Lorsque ces conditions sont modifiées par des processus comme le réchauffement climatique ou des fluctuation du niveau de la mer, il y a un risque important d'un accroissement du flux de méthane dans l'atmosphère. Les recherches dans le delta du Mackenzie, la mer de Beaufort et l'archipel Arctique sont axées sur l'évaluation de la répartition de l'hydrate de méthane et sa sensibilité au réchauffement climatique. 


 Article de Infosciences

Surplus de carbone organique dans la région arctique

7 déc. Une étude réalisée en 1992 avait évalué à 1 milliard de tonnes le carbone organique contenu dans le sol de la zone arctique semi-désertique (recouverte d'herbe sur 20% à 80%). Mais une nouvelle campagne de recherche de 3 ans, menée près de la base aérienne de Thulé au Groenland par Jennifer Howath, de l'Université de Washington (Etats-Unis), et ses collègues bouleverse les précédents chiffres. Dans la région semi-désertique, la quantité de carbone serait en fait de 8,7 milliards de tonnes et de 2,1 milliards de tonnes dans la région désertique polaire, ce qui représente une révision à la hausse d'un facteur 9 et 125 respectivement. Cette différence est en grande partie due à la profondeur des analyses, présentées lors du congrès de l'American Geophysical Union (AGU). Dans le premier cas, les chercheurs avaient creusé jusqu'à 0,25 m sous la surface ; dans le second, ils ont poussé jusqu'à 1 m de profondeur. Les implications de ce changement de données dans le scénario d'un réchauffement des latitudes élevées restent incertaines. Certains scientifiques pensent que la hausse des températures pourrait favoriser le développement des plantes qui absorberaient alors plus de carbone. D'autres en revanche prévoient une diminution de cette absorption en raison d'un recul du permafrost (avec émissions de CO2 et de CH4). De nouvelles modélisations informatiques tenant compte des nouveaux paramètres devront sans doute être réalisées afin de mieux comprendre l'évolution de l'environnent nordique. (UW / S&T Presse)

par Dominique Bied publié dans : changement climatique
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Lundi 28 novembre 2005
Les poids lourds sont-ils les principaux responsables des émissions de polluants ?
 
« Il suffirait de retirer les poids lourds de nos routes et autoroutes pour mieux respirer. » Telle est la devise d’un certain nombre de lobbies, estimant que le transport routier de marchandises est un des principaux responsables de la pollution de l’air.
Cette affirmation est-elle justifiée ? Analysons tout d’abord comment se répartissent, en France, les sources émettrices de polluants, grâce aux données répertoriées par le service économie et statistiques et prospective (SESP) du ministère de l’équipement et des transports.
 

 
SO2
Nox
COVNM
CO
CO2
Transformation énergie
45,4%
9,9%
5,4%
0,5%
12,7%
Industrie manufacturière
33,7%
12,8%
31,1%
26,3%
20,9%
Résidentiel/tertiaire
12,0%
7,0%
21,9%
26,2%
22,8%
Agriculture/sylviculture
2,1%
16,9%
14,0%
11,0%
14,4%
Voitures légères
3,0%
33,6%
21,7%
32,6%
19,3%
Poids Lourds
1,4%
14,3%
1,9%
1,0%
6,8%
Autres transports
2,3%
5,5%
4,0%
2,4%
1,7%
Autres
0,1%
0,0%
0,0%
0,0%
1,4%

Source : SESP, Ministère des transports, données 2003.
 
Force est de constater que la part des poids lourds dans les émissions de polluants est pratiquement négligeable, exception faite des émissions de Nox. Il s’avère de plus que les voitures, beaucoup plus nombreuses que les poids lourds sur les routes et autoroutes françaises, sont responsables de manière bien plus conséquentes des émissions de polluants locaux (SO2 ;NOx ;COVNM ;CO) et de gaz à effet de serre (CO2) que le transport routier de marchandises.
 
Par ailleurs, en séparant les polluants locaux des gaz à effet de serre, il apparaît que les premiers sont de moins en moins émis par l’ensemble des modes motorisés terrestres. En revanche, la croissance des émissions de gaz à effet de serre n’est pas encore enrayée.
 
Source : ministère des transports, données 2002
 
Source : SESP, ministère des transports, données de 2003, 2005 est donnée en prospective.
 
Les importantes réductions d’émissions de polluants locaux ont été permises par une approche réglementaire, visant à instaurer des normes Euro. Comme les progrès des émissions unitaires vont plus vite que l’augmentation du trafic, il en résulte une tendance à la baisse des émissions locales. On peut donner un exemple de la réglementation à laquelle doit se soumettre tout nouveau poids lourd commercialisé. Les années entre parenthèse correspondent aux années de commercialisation des véhicules.
 
 
Le graphique ci-dessus permet de constater que pour chaque poids lourd, la quantité de NOx émise, polluant dont la part par rapport aux autres sources est la plus forte, va considérablement diminuer dans les années à venir. En effet, si le secteur des transports est marqué par une certaine inertie, la durée de vie d’un poids lourds approchant les 10 ans, il n’en demeure pas moins qu’en 2010, la circulation de véhicules commercialisés avant 1997 sera très limitée. Aussi, une grande majorité du parc de poids lourds sera soumis aux normes Euro 2 voire supérieures. Ne nous satisfaisons néanmoins pas de ces avancées, car la croissance du trafic routier n’ayant de cesse, les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître.
 
En conclusion, si affirmer que les poids lourds sont les principaux responsables de la pollution de l’air en France relèverait de la démagogie, il importe que le transport, comme d’autres secteurs, entreprenne les actions nécessaires pour adapter l’économie aux enjeux environnementaux. Ne nous satisfaisons donc pas de la situation présente car de nombreux problèmes majeurs ne sont pas encore résolus, celui des émissions de gaz à effet de serre en fait d’ailleurs partie.
 
par Pierre Franc publié dans : transports de marchandises
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Dimanche 27 novembre 2005

 Les débats sur les impacts négatifs du transport sur l'environnement urbain relèvent plus de la démagogie que d'une vision correcte du constat et donc des solutions que l'on y apporte. Il est toujours plus aisé de diaboliser le voisin et de le mettre au pilori que d'analyser la réalité des choses.

Quand on regarde les chiffres de trafic, les  poids lourds et les trafic 4x4, même s'ils sont en augmentation constante en France (aux Etats-Unis, les chiffres récents montrent une chute brutale du marché des 4x4), représentent une faible part du nombre de véhicules kilomètres parcourus, donc une faible part des émissions et consommations.

De plus, le transport de marchandises a fait des progrès spectaculaires en matière de consommation de carburant, beaucoup plus que les voitures. En sus, le temps de pénétration d'une nouvelle technologie de moteur dans le parc camion est plus rapide que pour les voitures. Il convient donc de chasser les idées  reçues. Cela veut dire aussi qu'il est inutile de se battre comme des forcenés sur le ferroutage si on ne traite pas le problème des véhicules particuliers en même temps. Ceci ne veut évidemment pas dire qu'il ne faille rien faire, cela veut dire seulement qu'en terme de dépenses d'argent public, il faut faire des choix de dépenses dans le temps et se donner des priorités. Il faut donc regarder ce qui est le plus efficace dans le temps le plus court, comme le ferait un chef d'entreprise. On trouve alors parfois  des solutions qui sont à contresens de la pensée de la population à partir de constats désagréables à entendre. Les mettre en oeuvre s'appelle alors le courage politique. Parfois il faut avoir le courage de dire ce que les gens n'ont pas envi d'entendre.

Dans les entreprises, lorsque l'on s'attaque à un problème de qualité, si on veut réussir à améliorer ses profits, on s'attaque aux causes qui sont les plus significatives en ordre de grandeur (règle des 80/20). Dans notre domaine, si on veut s'attaquer avec efficacité au problème des émissions de gaz à effet de serre, il faut s'attaquer en priorité à la diminution du trafic de voitures particulières (qui représentent 450 milliards de véhicules kilomètres), c'est à dire mettre de l'intelligence dans nos déplacements.

Force est de constater que nous sommes loin du compte. Le plan climat du gouvernement en ce qui concerne le transport est d'une consternante inefficacité. Exemple: comment peut-on croire une seule seconde qu'une taxe sur la carte grise des 4X4 (quelques centaines d'Euros payables une fois) fera changer les usages de ce véhicule acheté par des gens riches. Si je devais présenter un plan d'actions à mon patron, j'aurai honte de montrer des mesures pareilles, et si je le faisais, je pense que je me ferai licencier pour perte de confiance. Pendant ce temps, l'état et les collectivités locales dépensent des millards d'Euros pour construire des autoroutes et rocades supplémentaires.

L'article qui suit a été rédigé par Pierre Franc, notre spécialiste marchandises. Il illustre parfaitement cela.

Il convient de remettre l'église au milieu du village.

par Dominique Bied publié dans : transports de marchandises
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Lundi 21 novembre 2005

DOUBLEMENT DE L’AUTOROUTE A 9: LETTRE OUVERTE A MRS LES COMMISSAIRES ENQUETEURS

Saint Aunès le 22 octobre 2005. DOUBLEMENT DE L’AUTOROUTE A 9 LETTRE OUVERTE A MRS LES COMMISSAIRES ENQUETEURS
Messieurs les commissaires enquêteurs, Le doublement de l’A9 ne correspond pas aux préoccupations actuelles en matière d’environnement et de santé, car il contribuerait à aggraver à la fois la pollution de l’air, l’effet de serre, la santé des populations riveraines, l’insécurité routière sur les tronçons aval et amont de l’A9 (du fait du flux supplémentaire ainsi autorisé).
 
Et, ce qui n’est pas négligeable compte tenu du prix du pétrole, le déficit de la balance commerciale en sera aggravé d’autant, sans oublier l’épuisement de ces ressources fossiles (pétrole). C’est donc un projet du passé. En termes de priorités, il vaudrait mieux renforcer les transports collectifs dans l’agglomération pour limiter le trafic local.
 
Pour celui de transit, il faudrait construire des infrastructures de transport combiné rail-route : voie ferrée et plate-formes multimodales. À titre de comparaison, je vous rappelle que le transport combiné en France évite aujourd’hui déjà 4000 poids lourds par jour, soit un million par an sur un trajet moyen de 700 km, le dégagement correspondant de 820 000 tonnes de CO2 par an, une économie de 245 millions de tonnes de gazole par an (source ADEME).
 
La priorité des priorités, ce serait donc de construire la ligne TGV-Fret en urgence, de renforcer les axes Nord Sud pour le fret dont la ligne Béziers-Naussargues, et pourquoi pas demain une ligne fret spéciale, car la cohabitation avec le TGV limitera certains transports de marchandises à terme.
 
Il faudra aussi un jour s’interroger sur la croissance continuelle du transport de marchandises : ne faut-il pas la décourager avec par exemple une éco-taxe au km, afin de re-localiser les emplois et l’économie chez nous ? En effet, le dumping économique favorisé par la sous-estimation des coûts de transports pour les entreprises (qui sont pris en charge par la collectivité) et la mise en concurrence d’économies très inégales, fait payer un lourd tribut à la société française en termes d’emplois. Sans parler des conditions de travail déplorables des chauffeurs venus des pays de l’Est, de l’insécurité routière due à la fatigue, et du coût des accidents…
 
Je vous prie donc d’apporter votre aide à l’arrêt de cette fuite en avant qui nous mène à notre perte en refusant l’utilité publique à ce projet issu d’un autre âge. Vous rendrez ainsi service aux générations futures. Je sais que cette décision n’est pas facile à prendre mais elle vous honorerait et nous vous en remercierons de tout cœur au nom de nos enfants. La lucidité exige du courage, ne ratez pas ce rendez-vous ! Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Messieurs les commissaires enquêteurs, l‘expression de mes sentiments respectueux. Georges Fandos Délégué régional CAP 21 LR - Habitant de Saint Aunès
par Dominique Bied publié dans : transports de personnes
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