Je livre à CAP21 et aux lecteurs de ce texte les chiffres clés de la mobilité sous forme d'ordre de grandeur permettant à chacun de s'en servir pour faire acte pédagogique envers la population française dans vos débats. En effet, le changement de comportement dans les déplacements ne pourra se faire qu'en étant convenablement informé.
Les débats sur la résolution des impacts négatifs de l'usage de l'automobile tournent beaucoup trop autour des moteurs propres et la science technologique dure.
Cette désinformation par omission de tout un pan du panel de solutions (en particulier la réorganisation logistique de nos déplacements) est constante et entraîne les pouvoirs publics dans un leurre. La seule solution possible est la réduction drastique du trafic sans sacrifier les besoins des gens en terme de mobilité. Les moteurs propres ne sont là que pour rendre cette réorganisation plus efficiente en terme d'impacts sur l'environnement. Nous devons viser la mobilité la plus neutre possible.
nombre d'automobiles en France: 30 millions pour 15000km parcourus annuellement.
nombre d'automobiles dans le monde: 540 millions.
taux moyen d'occupation par véhicule: 1.4
Une voiture roule en moyenne 1h à 1h30 par jour en 3.3 fois pour 40km.
1km voiture consomme 1kWh d'énergie, 1 tonne équivalent pétrole par an, émet en gros 100 à 300 g de CO2 par km, 2 tonnes par an. (note 1).
la distance moyenne domicile travail a augmenté de 5 à 15km en 30 ans avec tout de même 6 millions d'actifs dans les 10km.
Le déplacement domicile travail représente 25% des déplacements, les déplacements professionnels 12%, les vacances 10%, les loisirs de week-end 15%, les autres motifs 38%.
Un plan de déplacements entreprise tel que celui de STMICROELECTRONICS à Grenoble a permis d'économiser, après un an de mise en application, 60 tonnes équivalents pétrole et 150 tonnes d'émissions CO2, soit 3 millionième des consommations et émissions totales de tout le trafic automobile. L'objectif de STMICRO était de diviser par 2 l'usage de l'automobile sur le déplacement domicile-travail avant fin 2005.
les 25% de ménages gagnant moins de 12 000 Euros par an parcourent 7500km/an, les 25% de personnes gagnant plus de 30 000 Euros par an parcourent 24000km/an
Pour un périurbain, le budget logement représente 25% du total, le budget transports représente 25% également.
Le vitesse moyenne des voitures en milieu urbain est de 22km/h (14 pour un vélo).
temps hors roulage d'une voiture: 9mn.
Un automobiliste est 3 fois plus exposé qu'un cycliste à la pollution de l'air qui l'entoure, même en comptant la consommation d'oxygène due à l'effort à 14km/h du cycliste, il est 2 fois plus exposé qu'un passager de bus.
Conclusion incontestable: l'autosolisme n'est pas un mode de déplacement durable, donc exportable dans un scenario laisser faire, quelque soit notre bienveillance face à ce mode de déplacement.
nota sur les conversions d'unités et formules de base:
énergie en kWh=puissance (exprimée en kW) x temps (exprimé en h).
puissance mécanique = force x vitesse
puissance électrique = tension (220V) x courant
11600kWh correspond à 1 tonne équivalent pétrole, ce qui permet de convertir votre facture EDF GDF et votre consommation automobile en kWh pour un bilan énergie par ménage (à rapprocher des 1kWh consommé par km, aux 540 millions de voitures dans le monde, aux 143 milliards de tonnes de réserves de pétrole prouvées dans le monde dont un budget d'1/3 pour le transport dans son ensemble).
On associe très souvent les effets négatifs des excès du transport routier (de marchandises et de personnes) à la pollution de l'air, à l'accidentologie excessive (rappelons que les accidents de la route font 3000 morts par jour ou encore 1 million par an), à la consommation d'énergie, à l'effet de serre. Il est cependant un paramètre largement négligé, celui de l'aspect social.
On aboutit à ce lien lorsque l'on relie la structure de nos modes de transport avec l'urbanisme et l'aménagement d'une part, et avec deux des thèmes de la philosophie qui sont la liberté et l'égalité, c'est à dire l'accès égal à tous à un plus grand univers de choix.
Cet article a pour but, très synthétiquement, de montrer comment la conception de l'aménagement urbain depuis les années 70 et encore maintenant aboutit à l'injustice sociale.
Dans notre vie quotidienne, nous avons des déplacements à effectuer, certains sont subis, ou guidés par les nécessités (travail, courses, conduire les enfants à l'école), d'autres sont désirés.
Le transport représente jusqu'à 25% du budget des ménages. Le salaire moyen français est de 20 000 Euros et le coût moyen d'une voiture à l'année est de 4000 Euros minimum. Beaucoup de ménages sont contraints d'avoir deux voitures, chacun des deux membres du couple travaillant.
L'aménagement urbain a largement favorisé la voiture comme mode de déplacements. En effet, poursuivant au départ un désir légitime de liberté de se déplacer, la voirie urbaine affectée à la voiture a suivi avec 90% de surface affectée. L'augmentation considérable du taux de motorisation des ménages associé au désir légitime d'habiter en maison individuelle nous amène à une consommation d'espace excessive induisant une fuite en avant dans la périurbanisation dans deux domaines essentiels, l'habitat et le grand commerce. Cette logique est devenue une norme sociale agissant comme un masque sur les inconvénients sociaux de celle-ci.
La tenaille de l'injustice sociale est en place.
Première branche:L'usage individuel de la voiture est la manière la plus coûteuse de se déplacer.
Deuxième branche, L'augmentation du taux de motorisation induisant une expansion du réseau routier, aspirant lui-même des déplacements automobiles supplémentaires, a freiné le développement des modes de transports alternatifs, voir éliminer certains modes comme le vélo en supprimant les équipements de sécurité et en augmentant les vitesses de pointe des voitures.
Cette tenaille aboutit à une privation de liberté pour ceux qui souhaitent dépenser moins d'argent dans leurs transports (c'est à dire se transporter au moindre coût dans nos déplacements subis) tout en gardant leur mode de vie. Un des symptômes de cette logique est ce que l'on appelle les coupures urbaines. Dans certains quartiers de la première couronne parisienne, il est impossible de sortir autrement qu'en voiture car ils sont enclavés dans des noeuds de rocades urbaines.
Il faut ajouter à cela le fait que l'occupation démesurée de l'espace public par la voirie automobile contribue à la raréfaction de l'espace affectable à l'habitat, ce qui aggrave l'augmentation des prix de l'immobilier. Un dernier élément est la dégradation de la qualité de l'urbanisme à proximité des voies à fort trafic, contribuant ainsi à l'hétérogénéité de cette qualité dont nous sommes en droit d'avoir un accès égal. C'est une autre cause de l'augmentation des prix et des loyers des immeubles. Réduire le trafic automobile et gagner de l'espace permettrait d'augmenter le nombre de quartiers de qualité et de faire baisser la pression sur les prix.
Repenser nos modes de transports, c'est repenser de fond en combles notre aménagement urbain. En dehors des aspects sociaux, c'est même vital pour notre compétitivité économique (au regard de la consommation des ménages vers des produits à moindre consommation d'énergie fossile). En effet, lorsque nous sommes en compétition avec des gens qui ont des revenus dix fois inférieurs au nôtre (Chine par exemple), il est alors indispensable de réduire notre dépense énergétique pour effectuer les fonctions associées à notre mode de vie. Et plus on le fais vite, moins nous aurons à supporter les pressions relatives à cette différence de revenus.
Cette petite démonstration logique fait émerger les enjeux induits considérables de la transformation de nos modes de déplacements. La justice sociale ne se situe pas uniquement, comme le dit la gauche depuis longtemps, au niveau des revenus.
Notre qualité urbaine, l'augmentation de notre niveau de vie et de notre compétitivité, dépendront aussi de notre volonté de réformer l'aménagement urbain et de comprendre les mécanismes profonds de construction des inégalités. Avoir une politique structurelle ambitieuse des transports de personnes devrait faire partie de tout programme politique d'avenir.
Aujourd'hui, l'automobile est diabolisée par de nombreux acteurs et usagers d'autres modes de transport. Cela tient au fait que chacun défend plus ou moins sa chapelle. Or l'automobile existe, elle a un poids économique important. Toute politique alternative en matières de déplacements ne peut se passer de l'automobile.
En fait, il faut changer les usages de celle-ci afin d'en baisser la pression sur l'espace public (ce qui libèrera de l'espace pour les autres modes) et l'environnement. C'est le but du projet qui suit, projet qui vise à concilier l'inconciliable dans une stratégie gagnant gagnant. Si vous êtes d'accord , alors aidez-moi par votre soutien à le promouvoir auprès de scientifiques et de politiques. Ce serait la première fois que la société civile initierait une stratégie industrielle cohérente.
Voici donc un projet visant à remettre l'automobile dans le jeu du développement durable.
COMMENT RECONCILIER LAUTOMOBILE AVEC LA VILLE
Lusage INDIVIDUEL de lautomobile est une fuite en avant désormais disqualifiée.
1km en voiture consomme 1kWh dénergie. Dici 2050 il y aura au moins 2 milliards de voitures dans le monde qui consommeront 30 000 milliards de kWh par an. Il est donc illusoire de penser quen remplaçant le pétrole par une autre source dénergie on pourra continuer à nous déplacer de la même manière quavant. Les progrès des moteurs doivent être accompagnés par des systèmes de transport plus efficaces pour les personnes et les marchandises.
Par ailleurs, en un an une automobile " dernier cri " envoie deux tonnes démissions de gaz à effet de serre dans latmosphère, ce qui nous amène dans le monde à 4 milliards de tonnes émises par an, de quoi modifier de façon visible la structure chimique de latmosphère provoquant une augmentation considérable de la vulnérabilité des populations mondiales, y compris les nôtres.
De plus, il ny a pas un seul produit moderne qui nait pas besoin de pétrole pour être produit, conçu ou transporté. Si nous ne reconvertissons pas léconomie dans sa totalité, nous allons vivre avant le demi-siècle la plus grave crise économique depuis longtemps.
Une seule automobile oblige la collectivité locale à mettre à sa disposition 170 mètres carré despace urbain public. Il y a 200 000 voitures en circulation aux heures de pointe dans une agglomération de 300 000 habitants. 80% des ménages français ont au moins une voiture et 30% en ont deux. Il y a trente millions de voiture dans notre pays. Cela ne passe pas quoique lon fasse en matière daugmentation despace de voirie.
Dominique Bied
Les pays, les régions, les agglomérations qui auront su se reconvertir à temps (cest à dire dès maintenant) seront demain leaders économiques. Les besoins de déplacements en constante augmentation ne peuvent échapper à la logique de la réduction des coûts allant alors de paire avec la suppression des effets négatifs sur lenvironnement.
Pourtant, nous aimons le confort de lautomobile et nous avons les meilleurs constructeurs du monde.
Un projet séduisant pour le monde de lautomobile et pour les citadins.
Avec 150 millions d'Euros (1 milliard de francs, coût dun petit kilomètre de rocade urbaine 2 fois 2 voies en souterrain), on fait travailler plus de mille ingénieurs et techniciens pendant un an.
Il faut faire de lautomobile un transport urbain collectif plus confortable et accessible. Il faut arrêter dimplorer pour avoir des compensations, soyons entreprenants et responsables.
Le système que je propose de promouvoir avec votre aide dans ce texte vise à concevoir un système de taxis collectifs que vous pourriez appeler de votre téléphone portable avec la description de votre déplacement en quelques mots clés pour vous offrir une solution de déplacement sur mesure et confortable, à un coût très inférieur à celui dun déplacement solitaire en voiture.
Les véhicules pourraient être dessinés spécialement pour cet usage avec un confort inégalé.
Il faut, pour le concevoir, faire travailler ensemble lindustrie des telecoms, de linformatique et de lautomatique, de lautomobile. Il y a des centaines de milliers demploi à très forte valeur ajoutée à créer pour une vision moderne de la ville et de ses flux avec une ambition industrielle.
Cest possible avec moins dun milliard de francs et en moins de 10 ans avec la possibilité dune application rapide et une montée en puissance progressive.
Si vous êtes daccord pour réunir des milliers de signatures et constituer un groupe de pression sur létat, nos élus, nos industriels pour mettre en uvre ce projet vous avez la possibilité de répondre sur ce blog. Nous nous en servirons pour le pousser auprès des acteurs. Cest la société civile qui va pousser le marché et les élus grâce à vous.
"Ensemble, avec CAP 21 et Corinne LEPAGE, changeons les priorités en matière de transports en lançant des projets neufs et efficaces !
Pour nous rejoindre, venez adhérer sur le site www.CAP21.net ou écrivez à CAP21 40 rue Monceau 75008 PARIS tel : 01 45 62 22 21
Dominique Bied
email : dominique.bied@free.fr

