Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 22:00

Je relais ici un article de Corinne Lepage indiquant la volonté du gouvernement de tuer la démocratie et le bénévolat, à une période où il est si difficile de trouver des gens pour se battre avec des moyens légaux pour des causes justes.

 

A nous de nous battre et de faire savoir ce décret catastrophique.

 

"Les mauvais coups se font généralement le 14 juillet ou le 15 août. C'est encore plus tentant en période de crise majeure, comme actuellement. C'est sans doute pour cette raison que le Journal officiel du 13 juillet publie un nouveau décret concernant les associations.

Celui-ci fixe les modalités d'application au niveau national de la condition prévue au premier point de l'article R.141-21 du code de l'environnement, concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l'environnement dans le cadre de certaines instances.

Pour pouvoir participer, une association devra désormais compter au moins 2 000 adhérents. Quant aux associations d'utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d'un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.

Les seuls organismes ayant le droit de le faire entendre leur voix sur les politiques environnementales sont des organismes publics au sein desquels seules ces grandes associations ont le droit d'être représentées. De plus, l'Etat s'octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s'assurer « de leur indépendance ».

Les assos les plus gênantes pour les lobbies handicapées

Ce texte est liberticide au regard de la liberté d'association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre. Il exclut en particulier toutes les associations d'experts qui ont fait l'essentiel du travail en termes d'alerte au cours des dernières années.

Mouvement des générations futures – Criirad, Criigen, réseau santé environnement, Inf'OGM, pour n'en citer que quelques-uns – n'auront aux termes de ce texte plus le droit de participer, voire plus le droit d'être agréés puisque c'est l'agrément au titre de l'environnement lui-même qui est touché par ce décret scélérat.

Autrement dit, non seulement aucun texte de protection des lanceurs d'alerte n'a jamais été pris par ce gouvernement, du temps de monsieur Borloo comme a fortiori du temps de madame Kosciusko-Morizet, mais plus encore, c'est la capacité des associations les plus dérangeantes pour les lobbies défendus par le gouvernement qui est ici mise en cause. En effet, sans agrément, la capacité de porter plainte avec constitution de partie civile reste très réduite. Dans ces conditions, les procès mettant en cause ces lobbies deviennent beaucoup plus difficiles.

De la même manière, le fait que les agréments soient conditionnés par le nombre de personnes rendra très difficile la tâche des associations locales, constituées contre tel ou tel projet, telle ou telle infrastructure. Les préfets pourront toujours soutenir qu'elles ne remplissent pas les conditions.

Ainsi le gouvernement s'est-il attaqué avec efficacité, une fois encore, aux modestes contre-pouvoirs que notre pays compte encore."

 

Corinne Lepage

Présidente de CAP21

Eurodéptutée

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 16:17

Vendredi soir, à l'émission "faut pas rêver", était présenté la culture du grand Ouest des Etats-Unis. Il était surprenant de trouver qu'au pays de la voiture reine, à Los Angeles, une journée annuelle fait l'objet d'interdictions de la circulation automobile sur 40km, seuls les vélos sont admis en tant que véhicules de transport. Cet évènement a été créé pour créer du lien. A méditer ce rapprochement entre la culture écologiste (vision long terme de la société) et la création de liens. L'économie de demain sera celle du lien plutôt que celle du bien.

 

Plus surprenant encore, un autre reportage sur Arte montre que Portland, dans l'état de l'Oregon, est la plus importante ville cyclable des Etats-Unis et entend s'ériger en modèle pour toutes les villes des USA: priorité aux piétons, aux vélos, aux transports publics, aux circuits courts, à la nourriture bio, à la densification urbaine, au téléférique. 7% des déplacements se font à vélo et une véritable industrie du luxe vélo est en train de naître. On y voit des citoyens ayant un vélo par usage dans leur garage. Voici le lien du reportage sur Arte. http://videos.arte.tv/fr/videos/arte_reportage-4035604.html  Le vélo revient en force aux Etats-unis.

 


Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 22:47

Notre président a une fois de plus usé de son formidable talent oratoire pour dresser les méchants écologistes intégristes contre les agriculteurs bretons dont les rejets posent un problème considérable de qualité de l'eau et de fabrication d'algues vertes due aux rejets de nitrates.

 

Notre président n'a décidément rien compris à ce qu'est le développement durable, le mariage de la compétitivité économique avec le rejet minimum de déchets et la consommation minimum de ressources.

 

Notre président n'a jamais mis les pieds dans un service qualité d'entreprise pour dire ce qu'il  a dit. Il veut résoudre le problème des algues en massifiant la méthanisation des algues pour produire de l'énergie et fournir aux agriculteurs un revenu complémentaire. On est donc dans la réparation des dégâts sans s'orienter avec fermeté dans une minimisation des rejets et dans la prévention. La méthanisation est utile à massifier, mais pas comme cela.

 

Dans une entreprise, la politique qualité consiste à minimiser les rebuts, les retravaillages, dès la conception des produits pour diminuer les coûts de revient. C'est la seule politique qui permet de ne rien gaspiller et d'être compétitif. Toyota l'applique depuis longtemps, suivi aujourd'hui par toutes les entreprises qui produisent. Pourquoi les agriculteurs n'apprendraient-ils pas, par la formation, l'intelligence dans l'agronomie, la haute technologie agronomique reposant sur un minimum d'intrans les bonnes méthodes de production comme l'agriculture BRF. Ce ne sont pas des efforts à faire pour eux, c'est simplement s'améliorer constamment et faire son travail de tous les jours comme il faut en tenant compte de son impact sur son environnement.Il s'agit de jouer gagnant gagnant.

 

La politique environnementale d'un pays doit s'inspirer de la politique qualité dans les entreprises. Elle doit être rassembleuse, jouer gagnant gagnant. C'est ce que tous les écologistes ont fait depuis longtemps, hors de tout intégrisme, contrairement à ce que dit notre président, mais en subissant sans arrêt la pression des lobbies. On se demande où sont les vrais intégristes. Nous sommes en face d'un intégrisme du productivisme d'un autre âge. La parole présidentielle qui divise, caricature, se disqualifie. Décidément, notre président et son gouvernement n'a plus sa place dans ce pays qui attend un élan d'enthousiasme pour se tourner vers un nouveau siècle où tout est à faire et à refaire à la fois sur le plan économique, social, fiscal et environnemental. Nous assistons tristement à la fin d'un  monde où poursurvivre, un gouvernement donne dans l'excès le plus caricatural.

Par Dominique Bied - Publié dans : agriculture
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 22:44

La campagne électorale pour les présidentielles démarre bien mal sur le plan économique. Pendant qu'on amuse la galerie avec des affaires en dessous de la ceinture, nous voyons poindre à droite et à gauche les caricatures réciproques habituelles.

 

Par exemple, sur la chaîne parlementaire, en fin d'après-midi aujourd'hui, Michel Sapin, principal rédacteur du programme économique du PS, met en avant la priorité des priorités: retrouver l'équilibre des finances publiques pour diminuer la dette.Sa manière d'y arriver est de travailler sur les recettes de l'état en sus de l'action sur les dépenses incopressibles.

 

Alain Madelin, lui, sur le plan des recettes, argumentait sur les vieilles lunes de la droite: "bien évidemment, la gauche prend aux riches pour donner aux pauvres", et c'est reparti comme dans les autres campagnes. Aucune innovation n'est possible dans ces conditions. Pourtant, jamais un partage équitable des richesses ne s'est imposé avec autant d'évidence. Le problème de ce pays est qu'une bonne moitié de la population n'a pas un euro à mettre de côté à la fin de chaque mois. L'augmentation très supérieure à l'inflation des postes incompressibles associée à une augmentation des revenus à peine au niveau de l'inflation officielle a miné sa capacité d'épargne, donc sa capacité d'enrichissement sur la durée. Les inégalités de patrimoine, indicateurs de la politique économique de la France depuis 30 ans, sont les voyant d'alarme de ce système à bout de souffle.

 

Le gouvernement, depuis 2007, a aggravé cette situation en faisant des cadeaux fiscaux à ceux qui en avaient le moins besoin, dans toutes les couches de la société, depuis les ouvriers et employés bien intégrés d'entreprises en très bonne santé et plutôt grandes, avec l'exonération fiscale sur les heures supplémentaires, jusqu'au plus aisés avec le bouclier fiscal. Le gouvernement espérait que cette politique allait doper l'activité (plus les riches sont riches, plus l'activité est grande). En fait, en concentrant les richesses sur moins de gens, cette politique ne marche pas, et ceci depuis longtemps. Le chômage massif trentenaire tire les produits manufacturés et les salaires vers le bas, avec la qualité médiocre qui va avec. Elle empêche donc de plus en plus de gens de consommer des produits haut de gamme susceptibles d'ailleurs de faire repartir l'industrie.

 

D'ailleurs, en France, quand les choses vont bien, le chômage décroit de 10 à 20 milles personnes par mois, et inversement quand les choses vont plus mal. Ces petites variations ne permettent pas de penser que si les choses vont bien pendant plusieurs années, le chômage va baisser structurellement de manière importante.

 

Il faudrait être beaucoup plus innovant en basculant les 350 milliards de charges salariales et patronales sur le travail vers les autres postes fiscaux afin de faire baisser massivement le chômage, donc augmenter les salaires dans un deuxième temps.

 

On pourrait alors quitter ce débat stupide entre riches et pauvres, mais aller vers un enrichissement de tous sur la durée (phiosophie de John Rawls). Il est souhaitable que l'assiette fiscale (ensemble des prélèvements) augmente. Ce pays n'a jamais réussi, ni essayer vraiment de le faire. Pourtant, ce sont les entreprises qui créent les richesses puisqu'elles produisent ce que la demande intérieure et extérieure veut, et elles produisent ce que la collectivité mondiale a besoin demain (avoir le confort de vie en diminuant les prélèvements sur la planète).

 

Non, vraiment, la politique économique suivi depuis 30 ans n'est pas bonne, ni pour le secteur privé car on a écrasé de charges les entreprises donc les ménages, ni au niveau du secteur public car on a appliqué à l'aveugle des coupes de personnel sans discernement à la fois dans des endroits où elles étaient nécessaires et dans des endroits où au contraire, il aurait fallu augmenter les ressources humaines.

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 23:19

Le reportage d'ARTE présenté par Carole Gaessler sur les mines de cuivre en Zambie révèlent la responsabilité du FMI et de la banque européenne d'investissement dans la dégringolade d'un pays pourtant sans corruption ni dictature.

Deux ans d'enquête auprès de tous les acteurs ont abouti à ce constant dont l'occident n'a pas à être fier. Nous sommes là à la limite du crime contre l'humanité car on fait mourir des populations entières à petit feu. C'est moins spectaculaire que des génocides guerriers, moins vendeurs d'images chocs, mais tout aussi désastreux.

 

Ce pays était un des plus riches d'Afrique. Les revenus apportés au pays par les mines de cuivre ont servi à monter une ribanbelle d'écoles et d'hôpitaux. L'argent a donc bien été utilisé par le gouvernement Zambien.

 

Le premier choc pétrolier a fait éffondrer les prix du cuivre. Le FMI conseille alors à la Zambie d'emprunter l'argent dont elle a besoin. La  crise des taux d'intérêt aux Etats-Unis et en Europe en 1987 fait exploser les frais financiers de la Zambie. Bien évidemment, le FMI oblige la Zambie à vendre et à privatiser à tout va. Tout devient payant et la misère se développe à grande vitesse. Voilà comment la responsabilité des instances financières de l'occident met à genou toute une population. C'est Glencore, un groupe suisse qui s'empare de tout cela. Ce groupe est dirigé par Marc Rich, personnage sulfureux, condamné lourdement pour malversation financière, réhabilité par Mr Clinton (pas très net dans l'affaire) peu avant la fin de son mandat.

 

La gestion environnementale et sociale de Glencore est encore plus contestable. Une énorme fonderie est adjointe à la mine. Celle-ci déverse des tonnes de dioxide de soufre dans l'atmosphère. Les pluies sont acides et la nappe phréatique est polluée par ces mêmes acides, quoique puissent en dire les responsables opérationnels de ce site.

 

Ce reportage est à voir absolument à la veille de mettre un bulletin de vote pour un président de la république dont un des rôles internationaux sera de dénoncer ces pratiques et de mettre la communauté européenne devant ses responsabilités. 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 23:46

L'argument utilisé couramment par les partisans d'une poursuite et d'un développement du nucléaire est que c'est une énergie décarbonée, donc de nature à apporter une contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet argument est d'ailleurs mis en avant en premier le plus souvent.

 

Le problème est que pour contribuer effectivement et efficacement à la lutte contre le réchauffement climatique, il faudrait construire beaucoup de centrales et très vite, ce qui est industriellement impossible. Est-ce qu'alors cela vaut le coup de faire courir des risques planétaires de diffusion radioactive, sachant que d'autres accidents vont arriver? En France, nous avons le don de croire que l'accident de Tchenobyl du à une erreur humaine n'arrivera pas chez nous, ou qu'un évènement naturel exceptionnel comme le tsunami ne se produira pas nom plus. C'est mal connaître le fait qu'un accident vient toujours par où on ne l'attend pas, quelque chose qui n'a pas été prévu dans les procédures.

Les évènements météorologiques exceptionnels ne manqueront pas de survenir pour contredire tous les discours sur la sûreté des centrales françaises.

 

Les scenarri de développement les plus extrêmes ne permettront déviter l'émission de 2.8 Gigatonnes de CO2 à l'horizon 2050. Or la contrainte est d'en éviter 48 Gigatonnes.

 

Les énergies renouvelables, la cogénération biogaz et l'efficacité énergétique permettront d'éviter de 2 à 20 fois plus de carbone par dollar investi 20 à 40 fois plus vite que de nouvelles centrales nucléaires. (source alternatives économiques de Juin 2011 page 35, et Amory B.Lovins, expert au Rocky Mountain Institute site www.rmi.org). L'important dans le raisonnement est de tenir compte de la vitesse de développement des énergies alternatives et de leur capacité à fournir une énergie très décentralisée, non vulnérable et à échelle d'impact très faible.

 

L'erreur majeure des raisonnements politiques est de ne pas tenir compte des échelles de temps. C'est l'insuffisance de formation scientifique qui est la cause de cela. C'est relativement trivial de ne pas confondre les systèmes statiques et dynamiques.

Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 23:13

Analysons le discours des différents partis sur ce sujet.

 

Certains partis, par exemple Europe écologie et certains socialistes mais pas tous disent: il faut sortir du nucléaire en 20 ou 30 ans.

D'autres, tels que l'UMP, disent, il faut réduire fortement la part du nucléaire dans notre mix énergétique. Ceci revient au même qu'une sortie car dans l'industrie, lorsqu'on produit moins, on finit par disparaître (difficulté d'approvisionner, perte de motivation des équipes etc...). En fait, cela veut dire sortir du nucléaire sans vouloir le dire ouvertement pour des raisons purement politiciennes. Il n'y a que le premier ministre, le président de la république et Anne Lauvergeon pour croire que le nucléaire est une énergie d'avenir promis à un grand développement. Nous serions le seul gouvernement dans le monde à le croire vraiment.

 

Que se dit-il au parlement européen?

 

Les parlementaires euroépens britanniques issus de la droite (PPE) disent que le nucléaire n'est qu'une énergie de transition vers les énergies renouvelables. Ensuite, en bon financier, ils disent que c'est une mauvaise affaire et qu'aucun investisseur privé ne mettrait un euro, un dollar ou une livre sterling dans cette activité. Cela veut dire à mots couverts une sortie du nucléaire pour un pays qui en était un inconditionnel.

 

Le parti socialiste européen serait le moins motivé pour une sortie du nucléaire, mais sans prôner son développement.

 

Rappelons que les anglais ne sont pas en reste sur les énergies renouvelables avec Bed Zed, et ils ont bien compris que les énergies renouvelables étaient de nature à faire repartir l'industrie et l'emploi.

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 00:14

La ville de Strasbourg a repoussé sa décision de passer la ville à 30 km/h suite à un sondage qu'elle a effectué auprès de sa population. Le résultat était que 45% des gens étaient pour et 55% contre.

 

Tout d'abord, la question était très mal présentée. Le concept de ville trente consiste en une inversion de logique par rapport à la situation actuelle. En l'absence de signalisation on passe la limite de vitesse de pointe à 30km/h et on signale le 50 par des panneaux par exception. En effet, ce concept permettrait d'apaiser la circulation dans la majorité des voiries urbaines résidentielles, tout en conservant la capacité de mettre à 50 les voiries de transit et de flux. Or les gens ont compris que toute la ville allait passer à 30, même sur des boulevards importants, ce qui est faux.

 

En sus, la vitesse moyenne des automobiles étant de 22km/h en ville compte-tenu des discontinuités (carrefours), une telle mesure ne changerait rien au mode de vie des automobilistes.

 

Mais même avec cette question mal posée, 45% des gens se sont déclarés pour, ce qui est considérable. Vivre ensemble la voirie est donc un mouvement fort et conséquent dans la population.

 

Le courage politique aurait consisté à prendre en compte ce volume d'adhésion plutôt que de s'en tenir à la stricte majorité. Parfois, cela consiste aussi à considérer qu'un seuil suffisant d'adhésion a été franchi.

 

Notre représentation parlementaire a bien fait voté l'abolition de la peine de mort  alors que la majorité de la population à l'époque était contre. Il en est de même de la loi sur l'avortement.

 

Pourquoi n'a-t-on pas ce même courage en matière de sécurité routière et de mobilité durable ?

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 23:32

Le développement durable se définit, selon le rapport Bruntland, comme un système qui satisfait les besoins des générations actuelles sans compromettre ceux des générations futures.

 

Une définition plus opérationnelle consiste à dire: c'est un système qui permet d'assurer les besoins essentiels de la vie dans des conditions satisfaisantes de confort en consommant un minimum de ressources.

 

La mobilité cyclable répond tout à fait à cette définition pour les courtes distances.

 

En matière d'économie, la règle du marché est: ce qui est rare est cher. L'emprise sur la voirie d'un vélo est de 80 cm sur 2m soit 2 mètres carré, 5 fois moins que l'automobile. Il est donc logique que l'automobile paye plus cher l'espace qu'elle occupe. Cela devrait inciter aussi les élus locaux à laisser plus de place encore aux vélos, d'autant qu'alors la fluidité de la circulation s'améliorerait considérablement pour les gens qui en auraient vraiment besoin et l'espace de stationnement serait décongestionné. 

 

D'autre part, les coûts de non qualité du système automobile en matière de santé publique sont énormes, chiffrés à 3 milliards d'euros par an environ. Au niveau santé, la comparaison entre le vélo et la voiture pour les cours déplacements se fait au niveau de la sédentarité. Les effets de la sédentarité des automobilistes sur la santé publique sont nettement supérieurs au coût des victimes d'accidents de la circulation à vélo. (voir la thèse du docteur Saladin à l'université de Rouen).

 

Le changement du type de motorisation cher au lobby automobile, aux associations d'automobilistes et aux journalistes est loin de satisfaire seul aux exigences de la mobilité durable sans revoir les usages. Il y a là un champ d'innovation, de créativité, de création d'entreprises et d'emplois absolument considérable.

 

Economiser une voiture sur deux pour un ménage lui assure une solvabilité durable et une accumulation de patrimoine de 500 000 euros environ pour une valorisation de 4% net par an.

 

On est là pleinement dans l'internalisation des coûts externes, indispensable à tout début de réflexion sur la mobilité durable.

 

On ne comprend alors pas la lenteur du développement du vélo dans nos agglomérations, mise à part des villes comme Bordeaux ou Strasbourg ou Lille, exceptions qui confirment la règle.

 

Ne parlons pas des villes allemandes, belges, scandinaves, qui ont des décennies d'avance sur nous et bientôt espagnoles et italiennes qui vont nous dépasser et nous rattraper.

 

L'espoir réside dans nos jeunes cadres et ingénieurs, leaders naturels dans les changements de comportement de mobilité. De plus en plus de parents reviennent à l'accompagnement scolaire à vélo. Mesdames et Messieurs les élus, gérer, c'est savoir anticiper les évolutions, repérer les aspirations de la jeunesse pour un avenir meilleur à tous les niveaux. Alors, où est le courage politique?

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 17:49

Le gouvernement joue du free jazz de mauvaise qualité en matière de sécurité routière. Il manque le cadre harmonique, le rythme n'y est pas, la créativité dans l'improvisation est inexistante, la mélodie est incohérente, on ne voit pas la réussité au bout du chemin qui a été choisi.

 

Pour ce qui concerne la partie sanctions et répressions, il ne faut jamais oublier qu'un contrôle, dans quelque activité que ce soit, n'est efficace que s'il est inopiné. Il est incontestable que la mise en place des radars, qu'ils soient fixes ou mobiles ont contribué à diviser par 2 depuis 2002 les accidents et le nombre des victimes. D'ailleurs, il a suffi que Mr De Robien annonce la mise en place future de l'installation des radars et de l'automatisation de la sanction pour que le nombre d'accidents baisse de 30%.

 

N'oublions pas que nous sommes partis de 16000 tués par an dans  les années 70. En 30 ans, nous avons péniblement divisé par deux ce chiffre par des dispositions très coûteuses sur les voitures et les infrastructures. Le seul contrôle de vitesse a encore divisé par deux le nombre des victimes en 10 ans, soit 3 fois plus vite. La vitesse est donc l'élément majeur dans la sécurité routière et cela s'explique aisément.

 

En effet, un accident est un évènement fortuit de nature à surprendre les usagers de la route. Il est essentiel de travailler là dessus pour aller vers une sécurité routière optimum. La route n'est pas faite pour prendre des risques afin de gagner du temps. La liberté de se déplacer en toute sécurité est plus importante que la liberté de prendre des risques. Les circuits sont faits pour satisfaire les montées d'adrénaline de chacun.

 

Or la vitesse, même dans le respect des limites indiquées, est un facteur majeur dans la génération de l'accident car elle ne permet pas au conducteur d'anticiper les évènements fortuits (y compris les non respects de règles et les imprudences des autres usagers), elle induit donc la surprise, génératrice de mauvais gestes en général. La vitesse réduit la largeur du champ de vision et oblige à se focaliser droit devant soi.

 

Elle est aussi un facteur majeur dans l'impact sur les victimes de par l'énergie cinétique. Rappelons que celle-ci évolue avec la masse du véhicule et le carré de la vitesse.

 

Si on veut réduire encore le nombre d'accidents, de blessés, de tués, il est indispensable d'améliorer la formation continue scientifique de tous les conducteurs pour prendre conscience du véritable danger que représente l'énergie cinétique. La transformation de l'énergie cinétique en énergie potentielle, la décélération encaissée par la matière molle qui est à l'intérieur du corps lors d'un choc, le calcul de la vitesse en mètres par seconde pour prendre conscience   de la nécessité de respecter les distances de sécurité, même en cas de trafic dense doivent être enseigner dans les auto-écoles avec beaucoup plus d'intensité.Les associations d'automobilistes, la plupart des journalistes de ce secteur, ont une attitude par trop enfantine avec ces paramètres et les règles associées, les limites.

 

Les mesures à prendre pour aller vers un nombre négligeable d'accidents, comme le font les suédois, sont donc d'une toute autre nature que la simple omission de panneaux ou l'interdiction de vente d'appareils avertisseurs de présence de radars, d'ailleurs techniquement impossible avec les smartphones.

 

Compte-tenu que la perfection n'existe pas au niveau des comportements, il est indispensable de réduire les vitesses de pointe sur tous les réseaux afin de réduire les impacts des évènements fortuits évoqués plus haut. 

 

Sur le réseau autoroutier, certes la somnolence est une cause d'accidents importante (1/3), mais cela ne se résoud pas en augmentant la vitesse pour maintenir l'attention d'un conducteur de toute façon fatigué. La solution réside dans un arrêt salavateur de 20 mn pour se reposer. Une réduction de la vitesse à 120km/h, des contrôles fréquents et des sanctions sévères sur les distances de sécurité, associée à l'obligation pour les constructeurs automobiles de créer des systèmes d'alerte somnolence pour les conducteurs dans tous les véhicules, anciens comme nouveaux. Rappelons que le non respect des distances de sécurité est passible d'un retrait de 3 points sur le permis de conduire. C'est donc considéré comme une infraction très grave. Hélàs, elle est très peu sanctionnée.

 

Une autre mesure très efficace serait d'obliger tous les constructeurs automobiles à installer un compteur de vitesse en mètres par seconde, en sus du compteur en km/h.

 

Toujours sur la vitesse, il faudrait mettre le délit de grand excès de vitesse à 15 ou 20km/h au dessus de la vitesse autorisée. En effet, à ce niveau, ce n'est plus le manque d'attention ou une maladresse, mais un acte intentionnel conscient (puisque la formation a été donnée).  Nous avons besoin de simplifications. Deux niveaux d'excès de vitesse suffisent, un niveau de petit excès de vitesse et un niveau délicteux nécessitant une intervention des tribunaux.

 

Sur le réseau secondaire, l'immense majorité de ce réseau devrait être limité à 70km/h. Les routes sinueuses et peu larges ne supportent pas de vitesses plus élevées. Il est nécessaire de renforcer le contrôle de vitesse sur ces réseaux. Peut-être faut-il inventer un code des couleurs représentant les limites de vitesse d'un réseau (à l'instar des pistes de ski).

 

Sur l'aspect formation continu, de la même façon qu'existe un contrôle continu du véhicule, il faudrait mettre en place une formation continu des usagers motorisés de la route tous les dix ans par exemple, avec obligation d'attestation par vignette.  

 

En ville, l'immense majorité des rues sont résidentielles. Une inversion de logique des limitations de vitesse est nécessaire. Par défaut on met 30km/h et par exception 50. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

 

Ensuite, 3/4 des déplacements automobilesfont moins de 5km. Il faudrait une politique cyclable réellement ambitieuse à l'image de celle appliquée en Scandinavie afin d'augmenter le nombre de véhicules à énergie cinétique faible. Le gouvernement ferait preuve alors d'une réelle innovation.

 

Enfin, un effort grandissime est à effectuer sur les deux roues à moteur qui, d'après l'observatoire de la sécurité routière, dépassent les limites de vitesse en ville de plus de 90% pour 90% d'entre eux régulièrement.

 

On voit que nous sommes très loin d'un tel plan. Pourtant, c'est le seul moyen d'arriver au résultat.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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