Vendredi 26 août 2005 5 26 /08 /2005 00:00

La communication du gouvernement français et des élus locaux relatifs à l'augmentation du prix du pétrole est consternante d'inefficacité, d'imprévoyance voire d'irresponsabilité. Cela fait plus de dix ans que l'on connaît les limites des réserves pétrolières. Il était tout à fait prévisible qu'avec la chute du mur de Berlin, l'avènement de la Chine et l'Inde dans le concert économique mondial la demande exploserait annonçant un déséquilibre énergétique mondial entre l'offre et la demande et une explosion des prix. Or notre mode de vie n'est pas adapté à ce contexte, encore moins en France qu'ailleurs en Europe.

 Les pouvoirs publics ont été incapables pendant 30 ans d'anticiper, mais surtout d'informer la population qu'il allait y avoir un problème. Pire encore, ils ont favorisé le mode de transport le plus cher au kilomètre parcouru en développant un urbanisme incohérent et des rocades urbaines aussi inutiles qu'inefficaces car saturées aux heures de pointe, là où on attendait un désengorgement privant l'économie française de flux financiers sur d'autres secteurs que la route et le pétrole.

On continue aujourd'hui sur cette voie. On piège ainsi financièrement la population française dans sa vie quotidienne en lui faisant croire que le mode de transport le plus efficace est l'automobile,l'attirant ainsi sur les zones périurbaines. C'est d'autant plus vrai pour les jeunes dont les revenus augmentent peu au regard des deux postes de dépenses principaux, le transport et le logement (25% du budget des ménages chacun). 

Pour passer des discours aux actes, il faut une autre ambition pour aider la population française à passer le cap de la crise énergétique des transports. Celle-ci se double d'ailleurs d'une crise environnementale. Il nous faut restructurer notre manière de se déplacer comme nous l'avons fait pour la sidérurgie, les charbonnages, l'automobile, l'électronique etc...Les transports urbains de personnes et de marchandises ne sont pas organisés au sens logistique du terme,  nous en sommes à peu près au degré zéro dans un scenario du laisser faire inacceptable et suicidaire sur le plan économique environnemental et social.

Le gouvernement nous endort. Les plans se succèdent aux plans avec des objectifs très loin des enjeux dont nous avons besoin. De plus, il fait des erreurs grossières de stratégie énergétique en expliquant que le nucléaire va tout résoudre alors que celui-ci ne fournit pas l'énergie pour le transport et qu'il n'est pas près d'y arriver dans les délais impartis. L'augmentation des prix du pétrole est structurelle, on ne peut donc traiter ce problème par des mesures conjoncturelles comme un cadeau sur la TIPP par exemple.

Le citoyen de son côté doit aussi intégrer cette donnée pour changer son comportement afin de ne pas subir. Face à une difficulté majeure, nous avons tous le choix assumé de continuer comme avant ou de travailler à modifier nos modes de vie avec un peu de volonté et de courage. Ce n'est pas suffisant, mais c'est un début.

L'élu local, quant à lui, tarde à développer une vraie politique cyclable (infrastructures, communication, promotion) de nature à encourager l'usage du vélo pour les courts déplacements (75% des déplacements automobiles). Les politiques d'intermodalité des transports, l'articulation des différentes échelles (urbaines, interurbaines, rurales) est tout à fait insuffisante.

Il existe des accords constructeurs-pouvoirs publics-pétroliers-gaziers pour développer une offre de véhicules au gaz naturel. Les objectifs sont d'une extrême faiblesse car il est visé 100 000 voitures en 2010. Rappelons qu'il y a 30 millions de véhicules en France, que le prix du pétrole brut était de 20 dollars le baril en 1999 et qu'il est de près de 70 dollars aujourd'hui. On le prévoit à 380 dollars en 2015. Le gouvernement joue petit bras et prend le risque d'une probable explosion sociale. Pourtant, il était si facile de développer des moteurs au GNV pour les pêcheurs, les routiers et les particuliers. PSA développe cette motorisation depuis 1988 !!!!!!!! De plus le gaz naturel est essentiellement du méthane. Celui-ci peut aussi être produit par des déchets verts. Les agriculteurs allemands ne s'y sont pas trompés et développent à tour de bras du biogaz pour le chauffage et peut-être plus tard les voitures.Ils laissent pousser les mauvaises herbes parmi les plantes dits utiles, ce qui au passage, évitent l'usage excessif des herbicides et font ensuite le tri pour tout exploiter. Ils sont entrain d'envahir le marché chinois avec leur technologie et au passage de revaloriser leur production, ce qui va nous disqualifier économiquement. Lorsque nous quitterons les "starting- block", il sera trop tard. La chaîne de valeurs nous aura échappé.

Pire encore, je suis allé interviewer 2 concessions PSA (en Dordogne et en Normandie), aucun vendeur ne savait qu'il existait des véhicules GNV de leur marque, ni comment se faisait l'approvisionnement. J'en conclus que les vendeurs ne sont  pas formés. Pourtant, il existe dans ces sociétés une direction du développement durable. Que fait-elle?

Certes le GNV n'est pas la panaçée, ni les carburants alternatifs car nous sommes à la fin du cycle de l'énergie bon marché. La mutation des carburants ne doit être considérée que comme outil pour accompagner une réorganisation purement logistique des transports induisant une réduction massive du trafic, sans sacrifier la souplesse de mobilité, seule vraie solution durable.

 

 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Vendredi 26 août 2005 5 26 /08 /2005 00:00

Ces vacances ont été propices à de petites expériences au sujet de l'efficacité énergétique. Ce texte prend d'autant plus de relief avec l'explosion du prix du baril de brut. En tant que responsable transports à cap21, je me devais de vous relater mon bilan énergétique de mes déplacements de vacances.

Je suis aller en Dordogne pendant une semaine non loin de Sarlat, puis pendant deux semaines à proximité de Royan. Le mode d'hébergement était le camping.

J'ai effectué avec ma voiture (un monospace équipé d'une remorque et d'un bagage de toit) 2000km de parcours pour aller de mon domicile sur mon lieu de vacances. Les années précédentes, ma consommation de carburant était de 12.5 litres pour 100km. Cette année, j'ai décidé de conduire au compte-tours. J'ai choisi de caler ma conduite sur 2500 tours. Ceci correspond à une vitesse de 110km/h sur autoroute, 80-90km/h sur route nationale à grande circulation, 70 à 80 km/h sur le reste du réseau, 45 km/h en milieu urbain. D'autre part, cette façon de faire exclut toute accélération et décélération brutale, on ne fait donc pas monter les régimes moteurs. Ce dernier point n'est jamais cité dans les médias, seule la réduction des vitesses est mentionnée, alors que les gains sont aussi ailleurs.

J'ai eu l'agréable surprise de voir ma consommation passer à moins de 10 litres, soit un gain entre 20 et 25%.

Ensuite, arrivé sur place, nous nous sommes déplacés à vélo pour aller sur les lieux touristiques de nos visites. Ces lieux étaient situés dans un rayon de 10km autour du camping. Si la distance était supérieure, nous faisions une partie du parcours en voiture jusqu'à rentrer dans la limite de ce rayon pour poursuivre à vélo. Le résultat est spectaculaire car nous avons, sans grande difficulté, parcouru 600km à vélo pendant nos 20 jours de vacances, parcourant ainsi une moyenne de 30km par jour. Il ne faut pas surestimer la difficulté de cela. En effet, ces parcours représentent entre 1h30 et 2h de vélo par jour. Voilà donc encore 30% de kilomètres voitures économisés. D'autre part, ce sont les kilomètres les plus chers car nous aurions fait des queues interminables pour l'accès aux parkings des lieux de visite.

Le gain économique représente la coquette somme de 2000 euros. Cet argent, au lieu d'aller dans les poches des pétroliers et de l'état  va pour une part dans l'économie locale. D'ailleurs,l'état ne perd pas tout puisqu'il récupère  au passage la TVA  sur ce que vous achetez.

Il en va de même pour le cumul tout au long d'une vie. Si vous économisez 1500 Euros par an sur votre budget voiture, vous disposez d'un revenu supplémentaire sur 30 ans de 45000 euros (d'où le titre de ce texte) que vous pouvez affecter pour une part à l'épargne et pour une autre à la consommation. Nous sommes bien là dans une logique de développement durable. 

Il y a aussi un gain économique indirect, puisque le temps gagné à na pas faire la queue avec la voiture est reporté sur des lieux de visite plus nombreux. l'économie locale en profite donc plus. Un exemple illustrant parfaitement ce fait: il y a entre Breuillet et Royan une partie en 2x2 voies (D25) coincée entre un feu et un giratoire. Une simple file de 200 voitures attendant 30 secondes génère un temps d'attente de près d'une heure et demi pour faire 800m. Aller et retour, vous perdez pratiquement 1/2 journée d'activités de loisirs. Aux heures de pointe, cette 2x2 voies est inefficace, aux heures creuses, il n'était pas nécéssaire de la construire. Ceci met aussi en évidence la carence des pouvoirs publics en matière de transports collectifs sur les lieux touristiques d'été. En effet, en hiver, on trouve de nombreuses stations de ski équipées de navettes collectives emmenant les skieurs au bas des remontées mécaniques (à Meribel par exemple une navette gratuite relie l'altiport au télésiège de Chaudanne).

Ce scenario tiré d'une vie de vacancier démontre très concrètement l'articulation entre environnement et économie, les transferts de flux financiers. Il montre aussi l'absurdité avec laquelle nos pouvoirs publics gèrent l'utilisation de la voiture (voir mon article "changer les usages de l'automobile".) et les deniers publics destinés aux routes.

 

 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 7 mai 2005 6 07 /05 /2005 00:00

Notre ancien ministre de l’économie voulait augmenter le pouvoir d’achat des français en négociant une pincée de diminution sur les prix du caddie de la ménagère au supermarché.

Les négociations patronat-syndicats se soldent péniblement par des augmentations de salaire entre 0.5 et 1.5%, très vite gommées par les prix de l’énergie et du carburant. Mais notre ministre a engrangé les bénéfices publicitaires d’une action en trompe l’œil avant de s’éclipser doucement.

En fait, le gouvernement, loin des réalités quotidiennes des français, confond augmentation des salaires et augmentation de pouvoir d’achat.

Dans notre société, le pouvoir d’achat désigne le pouvoir d’acheter des produits ou des services lorsque l’on a satisfait les besoins premiers (se loger, se nourrir, se déplacer, se soigner, etc…).

La marge de manœuvre des entreprises sur les salaires est très faible eu égard à la concurrence mondiale et des salaires 10 à 30 fois inférieurs.

La marge de manœuvre sur les prix en grande distribution n’est pas plus importante.

Par contre, la bonne méthode, si on veut s’attaquer aux postes de dépenses, est de choisir les plus importants d’entre eux. Or le transport et le logement en périphérie d’une grande ville (là où la moitié des français recherchent un habitat individuel selon l’INSEE) représente 50% du budget moyen des ménages (25% pour chaque poste).

L’automobile est le mode de transport le plus cher, et de loin, par rapport à tous les autres. Il est donc bien plus efficace, si on veut rendre des ressources financières disponibles pour les ménages (on pourrait donner comme définition des ressources financières disponibles celles que l’on peut choisir de dépenser comme l’on veut), de construire un urbanisme et des systèmes de transport permettant de se déplacer autrement que seul en voiture.

Par cette voie on redistribuera des ressources en diminuant le poste énergie.

Par voie de conséquence, une diminution de l’espace public affecté à l’automobile générera un urbanisme de qualité homogène et plus dense limitant la spéculation (voir l’article précédent "automobile et spéculation immobilière"). On s’attaque ainsi au poste logement.

En réduisant ces deux importants postes de dépenses par une action gouvernementale efficace sur une ou deux mandatures, on peut imaginer récupérer une augmentation de pouvoir d’achat à 2 chiffres.

Faire de la politique nécessite de ne pas tricher avec les français. Il y a des choses que l’on peut maîtriser au niveau local et national, mais les salaires font partie maintenant des paramètres de moins en moins maîtrisables hors mis une autre répartition.

Par contre, sur l’urbanisme et le transport, on peut construire localement un urbanisme économe pour tout le monde, une mobilité économe pour tous. Là, nous avons tous les leviers en main. C’est là qu’il faut aller.

Ce raisonnement montre comment on peut construire un vrai développement durable à partir du point d’entrée que constitue l’environnement pour aboutir à un mieux être économique et social grâce à une action gouvernementale innovante modifiant en profondeur la structure de l’urbanisme et des transports servant au mieux la fonction mobilité.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Mercredi 4 mai 2005 3 04 /05 /2005 00:00

 

 

La constitution européenne inscrit la volonté de faire construire dans l’union une économie hautement compétitive. Alors prenons là aux mots.

Développons une nouvelle théorie de l’économie pour changer la vision "marketing" des entreprises.

Un directeur d’une usine de production, ou plus généralement d’une entreprise, pour être hautement compétitif, doit maximiser ses profits et minimiser ses charges. Ses produits assurent un service ou une fonction à un client.

Ainsi, un constructeur automobile, à la constitution de sa société, avait le désir de servir une meilleure mobilité à ses clients. Passé cette étape initiale, il ne pouvait se développer financièrement qu’en augmentant le nombre de ses clients, en augmentant le nombre de voitures vendues, en augmentant la diversité des modèles.

On voit dans cette transformation de l’activité que l’on a perverti l’intention de départ : au lieu de servir une fonction (la mobilité) on sert l’objet (la voiture).

Il en va de même pour d’autres fonctions de la vie comme l’alimentation. L’agriculture, au lieu de servir la fonction alimentation, on sert l’augmentation des volumes de production.

C’est cette perversion progressive du marché qui nous amène aux problèmes d’épuisement des ressources planétaires et de bouleversement des écosystèmes.

 

Changer les paradigmes de l’économie amène à revenir au service des fonctions de la vie et non de l’augmentation du volume des objets sensés servir ces fonctions, ceci en minimisant les charges et les prélèvements sur l’environnement, indispensable contrainte à inclure dans le cahier des charges de la conception des produits ou des services.

 

Par exemple, tenir la satisfaction de la fonction mobilité des personnes et des marchandises dans un budget CO2 donné nous amène à être plus intelligent et plus inventif dans la création d’outils spécifiques pour assurer ce service.

 

Nous sommes loin du compte de cette façon de voir. Il est indispensable de faire rentrer dans les écoles d’ingénieur et dans les stratégies de nos chefs d’entreprise cette manière de concevoir. C’est aussi la seule manière de résister à l’offensive des pays asiatiques.

 

Ne pas anticiper cela laissera notre économie très sensible à cette offensive. Introduire les contraintes environnementales dans tous les rouages de la vie économique est la seule voie possible pour le progrès des peuples en Europe car nous aurons de meilleurs produits et services à des coûts plus intéressants.

 

Il existera ainsi plus de liberté pour un plus grand nombre de gens de pouvoir accéder à des services et des produits plus variés.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 30 avril 2005 6 30 /04 /2005 00:00

Si on considère le problème de l'effet de serre et celui de l'énergie, il est légitime de s'interroger si le monde est capable de supporter la charge que lui fait subir l'usage individuel de l'automobile. Sans aller lire des études très compliquées, tout un chacun peut effectuer des calculs de coin de table pour se faire une idée. C'est le but de cet article.

Il suffit d'exploiter quelques données connues et diffusées dans la presse.

Nous avons vu dans un précédent article que le modèle français de mobilité en voiture est de 15000km parcourus par an, ce qui induit un peu plus qu'1 tonne équivalent pétrole consommée (ou encore 15000 KWh si vous voulez comparer cela à votre consommation d'énergie électrique ou de chauffage) et 2 tonnes de gaz à effet de serre émis.

Il y a aujourd'hui 650 millions de voitures dans le monde. Une simple croissance de 7% par an du parc mondial d'automobiles (ce qui n'est pas stupide compte tenu de la croissance de la Chine et de l'Inde) nous amène à plus de 2 milliards de voitures à l'horizon 2020 si nous reproduisons à l'échelle mondiale notre manière de nous déplacer. avec 6 milliards d'habitants sur la planète, cela représenterait un taux de motorisation de 33%. Rappelons qu'en France, 70% des gens ont au moins une voiture et 40% en ont deux.

Si nous exportons notre modèle de mobilité individuelle en voiture (et c'est bien parti pour), nous arrivons à cet horizon 2020 à 4 milliards de tonnes de gaz à effet de serre émis et 30 000 milliards de KWh consommés, ce qui est parfaitement injouable dans une politique de développement durable. Ceci veut dire que même avec la pile à combustible pour ne plus consommer du pétrole, du charbon ou du gaz, ou les biocarburants ou tout autre source d'énergie, le monde ne peut pas supporter une telle charge. Il s'effondrera comme un château de cartes ou comme un pont dont les piliers sont mal calculés.

Rappelons que les émissions humaines totales de gaz à effet de serre dans le monde d'aujourd'hui sont de 7 milliards de tonnes. Ainsi, à l'horizon 2020, l'automobile à elle seule représenterait, si rien ne change, près de 60% des émissions totales actuelles. C'est catastrophique.

L'énergie et l'effet de serre agissent comme une tenaille dans laquelle nous sommes enfermés. La seule solution pour en sortir est de réduire le trafic automobile.

Ce calcul de coin de table représente une situation à l'horizon 2020. La courbe suivante représente la progression calculée des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur 27 ans avec une hypothèse de croissance de 7% par an du parc mondial d'automobiles. Cela permet à tout un chacun de mettre en relation cela avec les émissions humaines mondiales.

Si nous continuons ainsi, la fonte du permafrost s'accélèrera encore plus pour libérer une partie des 400 milliards de tonnes de GES emprisonnées dessous. La seule croissance du nombre de voitures contribuera alors fortement à ce phénomène. Seule une division par 4 au minimum du trafic nous permettra une sortie satisfaisante du problème.

Je vous renvoie à l'article "changer les usages de l'automobile"  qui donne les solutions au problème.

Les constructeurs et les pouvoirs publics doivent changer de paradigme en matière de marketing. Il faut vendre une fonction mobilité dans un budget carbone limité et non plus des objets (les voitures). La contrainte nouvelle permettra de chercher des solutions nouvelles en synergie avec les colectivités locales.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Mercredi 9 mars 2005 3 09 /03 /2005 00:00

Le permafrost du grand Nord fond à vitesse impressionnante et risque de libérer une partie des gaz à effet de serre emprisonnés dessous. Nous risquons l'emballement thermique de la planète. Il y a urgence.


J'ai découvert ce phénomène en Décembre 2004 dans un rapport de recherche relaté dans la revue les dossiers de la recherche,
numéro trimestriel de Novembre 2004-Janvier 2005 page 58 à 61.

Ce phénomène m'a été confirmé aujourd'hui même par Corinne Lepage qui a assisté à un colloque sur le sujet. Dans cet article, vous avez tous les éléments pour vous documenter avec précision. J'ai sollicité le président de l'association uspermafrost, Vladimir Romanovsky, pour avoir un suivi d'actualité sur le sujet et une correspondance permanente.


Dans cet article, il est effectivement expliqué que le permafrost (sol gelé sous lequel il y a de la végétation en décomposition
générant du méthane (puissant gaz à effet de serre et beaucoup plus puissant que le CO2) et stockant 400 milliards de tonnes de
GES ne demandant qu'à être émis)) fond à une vitesse étonnant tous les observateurs au nord canadien, en Suède, en Sibérie,
etc...C'est la vitesse du phénomène qui étonne. Le dégel du permafrost est 3 fois plus rapide qu'il y a quarante ans. La vitesse
du dégel continue d'augmenter (il y a donc accélération du phénomène).
Le permafrost (tout sol gelé pendant plus de deux ans en est), constitue le quart des terres émergées de l'hémisphère Nord.
On constate des affaissements de bâtiments, des oléoducs cassés et d'autres infrastructures endommagées en Alaska et en Sibérie.
On est dans des effets d'emballement et de cercle vicieux dans le mauvais sens.
Si cela s'accentue, on ne sait plus du tout où on va en terme de bilan radiatif de la terre et donc de la température.

Je vais prendre contact avec ces chercheurs pour suivre. Il y a déjà un site internet www.uspermafrost.org.

Les noms des chercheurs sont:

Phil Camill, chercheur spécialiste en écologie végétale au Carleton College de Northfield, Minnesota et observateur du Nord
Manitoba au Canada.
Vladimir Romanovsky, géologue à l'université d'Alaska.
Lawson Brigham de la US Arctic Research Commission à Fairbanks.
Torben Christensen de l'université de Lund en Suède

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Dimanche 23 janvier 2005 7 23 /01 /2005 00:00

voici un document européen qui marque la volonté des ministres des transports européens de considérer le vélo comme une composante essentielle d'une politique de transports durables.

 

../../lib/0/1/4210/files/politique-europeenne-velo.pdf  

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 22 janvier 2005 6 22 /01 /2005 00:00

Un thème très peu développé dans l'argumentation pour un autre usage des transports est la relation entre le droit et l'automobile. De nombreuses dispositions récentes, en particulier la charte de l'environnement qui va intégrer la constitution, ainsi que la loi SRU de Juin 1999 m'amène à avoir une lecture particulière, surtout sur les circulations douces.

La charte de l'environnement dit à l'article 2:

– Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Cette article et son interprétation sont très forts.

Prenons l'exemple des circulations douces. On peut dire qu'une collectivité territoriale qui ne met pas tout en oeuvre pour favoriser l'usage du vélo jusqu'à ce que ceux qui veulent se déplacer ainsi puissent le faire en toute sécurité (plus de 50% dans les intentions et 20% de potentiel dans le passage à l'acte) finalement ne permet pas à ces citoyens d'exercer un devoir constitutionnel, celui de prendre part à l'amélioration de l'environnement. Cet argument est très fort car c'est un devoir que l'on touche et non un droit.

Passons maintenant du côté du droit.

L'article 1 de la loi de 1999 indique que tout usager a le droit de se déplacer et la liberté d'en choisir les moyens.

On peut estimer que si les conditions de sécurité des cyclistes sont insuffisantes sur l'espace public, ceux-ci ne peuvent exercer ce droit si la part d'espace public de voirie affecté à la voiture reste à 90%.

L'article 2 institue d'autre part le droit au transport permettant aux usagers de se déplacer dans des conditions raisonnables d'accès, de qualité et de prix ainsi que de coût pour la collectivité.

On peut interpréter cet article 2 en disant que le vélo étant le mode mécanisé le moins cher et le moins coûteux pour la collectivité, les cyclistes n'ont pas ces conditions raisonnables d'accès, de qualité et de prix. Ils ne peuvent non plus exercer ce droit.

On se trouve donc devant cette terrible impasse juridique où un citoyen désirant se déplacer à vélo dans un espace non sécurisé pour lui ne peut exercer ses droits et un devoir constitutionnel élémentaires. 

De nombreuses collectivités territoriales font de beaux effets d'annonce sur les politiques cyclables. Mais les moyens mis en oeuvre sont si faibles, ou les aménagements si mal faits, ou l'espace affecté à la voiture si peu réduit que la loi ne peut être respecté. Le bon indicateur pour mesurer l'efficacité d'une politique cyclable au regard de la constitution est de compter le nombre de citoyens ayant la volonté de circuler à vélo et ayant peur de le faire pour des questions de sécurité. 

  

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Mercredi 19 janvier 2005 3 19 /01 /2005 00:00

Il est important de comprendre la logique qui amène un produit à saturer un système et finalement à produire des effets négatifs pour l'environnement.

Une entreprise, si elle met du sens dans son projet, crée un produit ou un service pour assurer une fonction répondant à une demande du client. Si l'offre est bien adaptée à la demande, l'entreprise fait du profit.

Le développement de la concurrence oblige celle-ci à se développer. L'entreprise cherche alors à s'appuyer sur son activité initiale pour augmenter fortement les volumes jusqu'à saturation ou perte de vitesse du produit, oubliant parfois la fonction qu'elle était censé servir au départ dans des conditions de délai, de coût et de qualité satisfaisantes, et passant à côté d'une diversification des activités ou des usages. La prise en compte des problématiques environnementales dès le départ de la conception des produits permettrait de dégager des innovations dans ceux-ci, mais aussi dans leurs usages

Appliquons ce paradigme à l'automobile.

La fonction que l'on veut servir est la mobilité au meilleur rapport qualité, prix, délai.

Ici, le délai peut être assimilé au temps de parcours porte à porte.

Dans un réseau non congestionné, en matière de voirie de circulation comme en matière de stationnement, cette fonction est très bien assurée par l'automobile, mode très souple. Par contre, l'augmentation parallèle du taux de motorisation des ménages et des volumes de production, ainsi que la réduction des cycles d'études alimentant le désir d'acheter, amène à une saturation du réseau. On rentre alors dans la boucle infernale analogue à celle d'une entreprise qui fait du rebut. On augmente les capacités de production à posteriori, qui ne suffisent pas car plus on produit mal plus les rebuts augmentent, plus on prend d'espace de stockage. Vous remplaçez le mot rebut par émissions et consommations, ainsi que consmommation d'espace public urbain, capacités de production par réseau de voirie et vous avez l'analogie exacte de la non qualité que peut produire l'usage excessif de l'automobile et son coût de non qualité associé.

Je suis très surpris de l'analogie de raisonnement que l'on peut faire avec "l'impasse alimentaire de Philippe Desbrosses". Dans l'agriculture, on obtient le même raisonnement avec les pesticides et l'emballement de la non qualité des sols. Au début, on fait de la chimie pour améliorer les rendements, puis on se laisse griser par le succès et les impératifs de développement. Alors, le but est de produire de la chimie et non plus du rendement.

Il en va de même avec les médicaments et la santé publique. On cherche à produire et consommer du médicament et non plus à soigner. Une bonne alimentation vaut mieux qu'une grosse dose de médicament. 

On peut transposer mot pour mot tous les raisonnements au système automobile tel qu'il est.

En conclusion, appliquons les principes de qualité totale à la fonction mobilité, et non à l'automobile en tant qu'objet, et nous progresserons à grands pas.

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Dimanche 16 janvier 2005 7 16 /01 /2005 00:00

La vie naturelle est soumise à deux principes : adaptation et évolution.

Ne nous étonnons pas que toute action durable intègre ces principes, que toute prévision doit être « souple ».

C’est pourquoi je ne suis pas un fan du tramway. Créer un transport collectif en site propre, oui, c’est plus que positif, mais ne l’affecter qu’à seul mode de transport dont le trajet est rigide, c’est plus discutable.

Qu’une rame tombe en panne, c’est du domaine du prévisible. On connaît l’effet dans le métro et à la SNCF (dont le matériel exsangue est de plus en plus défaillant) : tout le réseau est perturbé et il n’y a pratiquement pas de solution « échappatoire ». Quant à l’effet désastreux sur un circuit en boucle c’est une des lamentables caractéristiques du périphérique parisien.

Les Rouennais ont TEOR : site propre en milieu de chaussée, ce qui élimine les stationnements et encombrement des couloirs de bus parisiens (ramassage des ordures, livraisons, stationnement illicite…). Mais en plus c’est une chaussée avec des bus qui peuvent se doubler, sortir du site au premier incident, ou qui permettent d’éclater et de prolonger la desserte au-delà du réseau. C’ est de nature à améliorer l’offre de transport selon l’évolution de la demande. C’est bien plus prometteur que le tramway en matière de développement durable.

Et si ce réseau est ouvert aux taxis collectifs, c’est améliorer d’un cran la rentabilité sociétale. Mais il faut évidemment écarter la démarche négative « j’enquiquine les usagers automobilistes » pour se consacrer positivement à l’amélioration des capacités de déplacements de tous les usagers (principe d’adaptation) et à l’actualisation plus simple du matériel et des équipements (principe d’évolution.)

Par Denis Jacquiot - Publié dans : transports de personnes
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