Dimanche 12 février 2006 7 12 /02 /Fév /2006 20:26

Certes il est bien que des citoyens experts expriment leurs opinions étayées par des chiffres. Mais il est bien plus utile que le lecteur puisse vérifier et valider lui-même les calcules d'ordre de grandeur. Aussi, j'ai pensé que c'était utile de vous donner les différentes manières de calculer les réserves et les consommations énergétiques. Dans ce cadre, il est indispensable de décrire les correspondances entre les unités énergétiques utilisées. De plus, comprendre le système d'unités permet d'avoir de plus justes représentations et donc, dans un deuxième temps, d'avoir les outils de changement de comportements vers une consommation plus respectueuse de l'environnement.

Lorsqu'on veut comparer la consommation d'énergie à ce qu'il reste dans le stock de pétrole (ce que l'on appelle les réserves prouvées, probables, ou ultimes), il est intéressant de l'exprimer en tonnes équivalent pétrole. Cette manière de faire est aussi utile si on veut faire de la prospective sur les usages d'un type d'énergie.

Suivez le guide:

L'unité énergétique de référence est le Joule. L'énergie est une puissance exprimée en watts que multiplie un temps exprimé en secondes.

1 tonne équivalent pétrole équivaut à 42 milliards de Joules.

1 tonne équivalent pétrole équivaut à 7 barils. Le baril est utilisé dans le monde du pétrole pour mesurer les stocks et les consommations.

1 tonne équivalent pétrole équivaut à 11600kWh. Cette équivalence permet, par exemple, de comparer les consommations relatives entre les usages (chauffage et électricité par exemple). Votre facture EDF GDF exprime votre consommation en kWh. Tout un chacun peut ainsi extrapoler les consommations au niveau national  et déjouer la désinformation permanente dont font preuve nos politiques. 

Cela vous permet aussi de comparer la part de votre consommation automobile dans la totalité de votre consommation énergétique (électricité, chauffage, transport). En effet, on considère qu'il faut en moyenne 1kWh pour rouler 1km en voiture.  Chaque voiture française roule en moyenne 15000km par an et consomme donc 15000kWh ou encore un peu plus qu'une tonne équivalent pétrole. Ne faisons pas la fine bouche, pour le calcul mental, retenons qu'une voiture consomme une tonne équivalent pétrole par an. Il y a 650 millions de voitures dans le monde. Je vous laisse faire le calcul et vous comprendrez qu'il est quasi impossible d'envisager l'usage électrique pour les voitures, même avec du nucléaire. 

Pour continuer avec les voitures, 1 cheval vapeur équivaut à 736Watts. Vous saurez ainsi ce que représente une voiture de 100 chevaux.

Ainsi, notre km voiture équivaut à une consommation de 10 halogènes de 100 Watts pendant 1heure, ou encore 1 halogène pendant 10heures.

Question: laissez-vous votre halogène allumé quand vous partez au travail?

Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 20:21

J'ai été interviewé Lundi 6 Février par France 3 Normandie à 18h40 dans l'émission l'invité du jour. J'ai donc travaillé sur le naufrage de l'Ece à l'entrée du rail maritime de la Manche. Pour préparer cette interview, j'ai questionné l'école supérieure de physique et chimie Paris, les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS), le centre de documentation de recherche et  d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE).  

Vous pouvez l'écouter sur internet au lien suivant: http://www.normandie.france3.fr/videojt puis cliquer sur l'îcone "Haute-Normandie >18h40: l'invité du jour". Vous pouvez l'écouter jusqu'à demain soir. Ensuite, je mettrai en lien le fichier MP3.

Je complète cet interview de 6mn30 par cet article sur la politique maritime que nous devrions mener pour limiter au strict minimum ce type d'accident. En effet, nous avons beaucoup de chances que les conséquences de cette collision soit limitées. Si le bâtiment naufragé avait contenu des produits plus rémanents, le milieu marin aurait une fois de plus subi une agression insupportable.

Pour ce qui est du risque pollution, l'acide phosphorique comporte une partie phosphore, une partie acide. Le phosphore se dissout très rapidement dans l'eau. La vitesse de dissolution dépend des gradients de température et des conditions de mer. Si les gradients de température sont trop forts, on peut avoir des strates d'acide et la dissolution se fera plus lentement. Le risque pour l'environnement est l'apparition d'algues parasites localement autour de l'épave. Ceci dit, on ne sait jamais à long terme ce que peuvent devenir ces algues. Il convient d'assurer un suivi du comportement du milieu autour des épaves et des disséminations éventuelles. Ceci, nous devons bien nous rendre compte que les phosphates générés par l'Ece représentent une infime partie de la pollution des eaux comparée à celle générée par nos rejets quotidiens de produits ménagers dans les rivières et donc dans la mer.

 Pour l'aspect acide, soit les fuites sont à faible débit (inférieures à 20 mètres cubes heure), et le milieu marin non saturé saura neutraliser par réaction acido-basique, soit l'acide est relargué brutalement et on va alors saturer le milieu en acide et abîmer la faune locale.  

Le contexte de la Manche , tout comme celui de Ouessant, est un des plus accidentogènes de la planète pour deux raisons: c'est un des lieux les plus dangereux au monde  par les conditions de mer et où le trafic est le plus dense avec 500 bateaux par jour, ou encore 200 000 bateaux par an. Cette dangerosité est amplifiée par l'augmentation actuelle du trafic due à la mondialisation des échanges. Il convient donc de changer de braquet en matière de politique qualité du transport maritime. Il n'est pas concevable que pour des voitures on cherche des performances de qualité de l'ordre de 10 produits en défaut par million et que l'on ait régulièrement des collisions sur toutes les mers du globe. Les outils qualité sont largement employés, et avec succès dans les entreprises. Dans le domaine du transport en général et maritime en particulier, on s'est plus appliqué, jusqu'à aujourd'hui, à réparer les dégâts qu'à faire de la prévention. Il  convient donc de travailler à obtenir plus d'efficacité dans des politiques permettant d'éviter les accidents. Les méthodes de mise en oeuvre des outils qualité dans nos processus de production nous donnent les éléments pour progresser.  

Les acteurs du transport sont nombreux: il y a les chargeurs (celui qui commande le transport), l'armateur (celui qui investit dans un bateau), les officiers de bord, les équipages, les systèmes de surveillance matériels et humains, la mer, le consommateur, les organismes internationaux, les sociétés de certification, les assureurs, la construction navale et la maintenance des navires.  La sécurité maritime doit être de la responsabilité de tous, il en va de l'avenir de l'océan, et donc de la planète. On pourrait tenir le même raisonnement pour le transport aérien ou routier.  

La première arme pour diminuer les risques d'accident dans le transport des matières dangereuses (comme beaucoup d'éléments concernant l'environnement) est d'avoir des modes de fonctionnement diminuant la consommation de tels produits. Par exemple, laver ses sols à la vapeur d'eau diminue la consommation de détergents ménagers. Une telle pratique multipliée par 6 milliards d'individus permet d'avoir des résultats significatifs. Réutiliser ce que la nature nous donne gratuitement fait aussi partie de ce raisonnement.  

Pour ce qui est de l'accident de l'Ece, il semble que la collision ait eu lieu en amont du point donnant l'obligation aux bateaux de se signaler aux CROSS. Il y a des zones d'ombre dans la couverture radar par rapport aux surfaces de mer à forte densité de trafic. Ce point doit donc être amélioré rapidement. De plus, ce n'est pas très coûteux.  

Les chargeurs doivent être plus soucieux du conditionnement et du transport en amont du chargement sur le bateau. L'armateur est responsable de l'état de son bâteau, de la formation et la qualité des équipages, ce qui pose le problème de la license professionnelle pour l'ensemble du personnel de bord. Les bâteaux sont équipés depuis Juillet 2005 de systèmes de bord permettant d'évaluer les trajectoires de collision. Mais c'est aux capitaines de gérer. Or, les équipages ont parois du mal à se comprendre (problèmes de langues). Il apparaît qu'il faut des équipages mieux formés du haut en bas de l'échelle. On ne peut qu'être étonné du nombre de personnes qualifiés sur un bâtiment militaire par rapport à un navire civil. Les équipages naviguent pendant plusieurs semaines dans des mers à trafic peu denses, et d'un seul coup, se retrouvent confrontés à un trafic élevé avec un état de vigilance pouvant être insuffisant.  

Pour ce qui est de l'état de la flotte, certes la flotte mondiale s'est amélioré depuis 2004. Mais il faut se rendre compte qu'un bateau de 100m sur la mer se comporte mécaniquement comme une poutre qui fléchit. Il subit des contraintes énormes et doit subir des visites de maintenance régulièrement. La règlementation mondiale est-elle suffisante sur ce point. Le nombre de contrôleurs est-il suffisant?  

 Il est maintenant urgent de porter le même soin à la politique de prévention en matière de transports maritimes que pour le contrôle de la dissémination des armes nucléaires ou pour le transport aérien. C'est le rôle du gouvernement d'insister là-dessus plutôt que banaliser l'évènement en disant qu'il n'y a pas de danger pour l'environnement.

  

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports maritimes
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 20:03

Pierre met en évidence, dans cet article, des forces économiques et politiques qui s'opposent lorsque l'on prend des mesures fiscales. Les avantages initiaux découlant de certaines mesures peuvent être considérablement diminués par des effets contraires purement économiques. C'est la concept de l'élasticité d'un phénomène au prix. Celui-ci dépend du pouvoir d'achat et des réprésentations.

 

Citons quelques exemples : si on massifie le transport routier, on l’optimise, on baisse donc son coût, et cela favorise son expansion. une baisse de quantité de matières consommées dans les produits fait baisser les coûts et augmenter le volume de ventes. Une baisse de la consommation des moteurs masque l’augmentation du prix du carburant et permet d’augmenter le nombre de kilomètres produits.

 

 Les politiques de décentralisation favorables au transport routier s'opposent à la centralisation des activités économiques permettant de réaliser des économies d'échelle et de favoriser les transports lourds alors rentables comme le rail. Il est donc important dans le débat fiscal de dépasser les analyses limitées aux dualités simplistes rail-route pour aller vers une construction du territoire etc...La réflexion sur l’implantation et la densité des activités économiques doit être menée de front avec le transport de marchandises.

Les pôles d’activités économiques doivent être suffisamment denses et nombreux sur l’ensemble du territoire pour générer des flux suffisants permettant d’utiliser plus de rail que de route.

 

Ceci dit, traiter le problème des marchandises sous l'angle du développement soutenable, aussi diminuer des flux matières en cycle entier, en rapprochant les lieux de production des clients finaux.

 

 N'oublions pas, par ailleurs, que le transport routier ne représente qu'une faible part du trafic global et que c'est la voiture individuelle qui constitue le "poids lourd", si j'ose dire, des nuisances environnementales. Dire que l'on va résoudre le problème "effet de serre" par le ferroutage est pure démagogie si on ne prend pas en compte tous ces éléments.

 

Finalement, on revient à intégrer la contrainte environnementale de manière globale dans le cahier des charges d'une des fonctions essentielles de la vie, le transport de biens.

 

Je vous laisse avec l’article de Pierre.

 

Report modal pour le transport de marchandises et aménagement du territoire : deux politiques difficilement conciliables.

 

 

Précisons tout d’abord quelles sont les ambitions de ces deux politiques, nous verrons ensuite que les concilier soulève un certain nombre de difficultés.

 

La France est un Etat centralisé. C’est une situation  que les politiques de décentralisation n’ont que peu remis en question. Aussi, notre pays n’est pas prêt de s’apparenter à un état polycentrique à l’image de l’Allemagne par exemple. Face à l’enclavement d’un certain nombre de régions françaises, l’Etat, par l’intermédiaire de la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (DATAR) a comme première ambition de mener une politique favorisant le développement des territoires les moins dynamiques. Dans le même temps, la France soutient les pôles et les régions prospères pour leur permettre de constituer des maillons de la métropolisation européenne voire mondiale et ainsi d’attirer les facteurs mobiles de la croissance.

 

Concernant la politique en faveur d’un report modal de la route vers les modes alternatifs tels que le rail, la barge ou le transport maritime de courte distance, précisons que ces modes lourds nécessitent d’importants volumes pour  « tenter » d’être rentables. Si le transport de wagons isolés a hier fait la gloire du rail, il s’agit aujourd’hui de l’activité la plus difficile à rentabiliser pour la SNCF comme pour les autres opérateurs ferroviaires européens. Face à cette situation, l’essentiel de l’avenir du fer se concentre sur les grandes lignes génératrices d’importants volumes.

 

Apparaît alors une première difficulté étant donné que l’Ile-de-France génère à elle seule une importante partie des flux de marchandises en France. De fait, les autres territoires échangeant d’importantes quantités de marchandises se comptent sur les doigts de la main. Seuls la région Rhône-Alpes centrée autour de Lyon, les ports du Havre et de Marseille et dans une moindre mesure le Nord Pas de Calais parviennent à générer suffisamment de flux pour développer des services ferroviaires massifiés.

 

De plus, les modes alternatifs à la route acquièrent une pertinence économique lorsqu’il est possible d’équilibrer les flux dans les deux sens. Or, la France étant plutôt importatrice qu’exportatrice, il est difficile de mettre en place des services de navettes ferroviaires depuis les deux grands ports français. De nombreuses raisons que nous n’aborderons pas dans cet article freinent le développement des modes lourds dans la desserte portuaire française, mais une d’entre elles est le déséquilibre entre les flux en import et en export. Ceci constitue donc la deuxième difficulté à laquelle est confrontée toute politique en faveur des modes alternatifs à la route en France.

 

Notons que nous ne considérons, dans ces deux derniers paragraphes, que des difficultés d’ordre structurelles liées à l’organisation de l’espace français.

 

Ainsi, il apparaît avant même la mise en place d’une politique volontariste en faveur des modes alternatifs à la route, que le développement des modes lourds en France est contraint par des paramètres intrinsèques à l’organisation spatiale et économique du pays. Toujours est-il que de l’avis des français les moins favorables au transport routier, il ne faut pas pour autant s’arrêter à ses considérations, mais entreprendre des mesures permettant de soutenir les modes alternatifs à la route. Un des leviers fréquemment cité, consisterait à taxer fortement le transport routier. Nombreux sont ceux de droite comme de gauche, qui s’accordent à dire qu’il suffirait de courage politique pour mener une telle réforme. Evaluons néanmoins, a priori, les conséquences d’une telle mesure sur l’économie et surtout sur l’aménagement du territoire.

 

Imaginons qu’un gouvernement français décide de pénaliser lourdement le transport routier, à l’image de ce que les Suisses ont entrepris par l’intermédiaire de la Redevance sur les Poids Lourds et leurs Prestations (RPLP), revenant en moyenne à multiplier les coûts d’un transporteur routier par un taux compris entre 1,5 et 1,8 en fonction de la vétusté de son parc de poids lourds.

 

Il ne nous apparaît tout d’abord pas forcément judicieux, à terme, de maintenir indirectement sous perfusion le transport ferroviaire, étant donnés les résultats que nous avons déjà constatés par le passé. Une activité fortement soutenue, soit par des subventions, soit par des taxes sur l’activité concurrente, est rarement incitée à entreprendre les réformes parfois difficiles mais souvent nécessaires lui permettant de rester compétitive à long terme. Etant données les difficultés rencontrées pour réformer le système ferroviaire alors qu’il devient de moins en moins souvent compétitif face à la route, nous voyons mal comment moderniser le fret ferroviaire français,  alors qu’il ne se sentirait pas en danger. De même, les nouveaux entrants dans un marché ferroviaire libéralisé seraient moins incités à réaliser des gains de productivité si la concurrence routière s’avérait affaiblie.

 

Certes, sur les segments générateurs de volumes, le rail prendrait probablement le dessus sur la route qui deviendrait alors trop chère pour être compétitive. Néanmoins, le coût d’une liaison de transport ferroviaire, entre deux points générant d’importants volumes resterait élevé. Ainsi, les grands pôles français seraient certes renforcés par rapport aux régions moins à même de massifier les flux en utilisant le transport ferroviaire pour leurs acheminements, néanmoins ils ne disposeraient pas forcément d’un avantage concurrentiel par rapport aux autres grandes métropoles européennes. Prenons l’exemple de la Suisse. Les prix y sont élevés, certes ils l’étaient déjà bien avant l’introduction récente de la RPLP pour d’autres raisons que nous n’aborderons pas ici. Néanmoins, un prix élevé du transport ne favorise pas la réduction des prix, en particulier ceux de la grande distribution. Rappelons que le transport représente tout de même en moyenne 40% de la structure des coûts liés à la logistique des grands distributeurs.

 

En outre, en taxant lourdement le transport routier, les entreprises ne pouvant être desservies par des modes alternatifs à la route en seraient d’autant pénalisées. Certaines sociétés concernées seraient alors incitées à délocaliser leur chaîne de production pour rester compétitives face à la concurrence des industries implantées sur des territoires où l’approvisionnement en marchandises est considérablement moins cher. Ces délocalisations pourraient d’ailleurs s’orienter vers les grands pôles français, mais aussi vers l’étranger.

 

Au final, non seulement l’objectif de répartition des activités et des populations sur le territoire français ne serait pas rempli, mais les pôles français ne seraient pas forcément renforcés. Il apparaît donc qu’une mesure de pénalisation forte du transport routier, qui a première vue devrait permettre un report modal de la route vers le rail, ne constitue pas forcément la panacée attendue, d’une part d’un point de vue économique pour la France , ce que l’on pouvait pressentir en augmentant les coûts du transport, et d’autre part en terme d’aménagement du territoire.

 

Quand bien même nous réaliserions le vœu pieux que le transport ferroviaire de marchandises aille, dans les années à venir, franchir un cap technologique lui permettant d’améliorer considérablement son image auprès des industriels, les modes lourds auront toujours besoin d’importants volumes pour être pertinents. Or ces derniers existent essentiellement entre les grands pôles d’activité. C’est la raison pour laquelle, si le report modal de la route vers des modes alternatifs doit évidemment rester un objectif pour les politiques publiques françaises, en particulier pour des raisons de santé publique, cet objectif ne va pas forcément de pair avec les ambitions actuelles de la politique d’aménagement du territoire.

 

 

 

 

 

 

Par Pierre Franc, introduction de Dominique Bied - Publié dans : transports de marchandises
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Vendredi 3 février 2006 5 03 /02 /Fév /2006 19:38

Le nucléaire constitue-t-il vraiment une alternative permettant de satisfaire la contrainte d'indépendance énergétique? Les politiques français, américains l'affirment, appuyer par les médias sans analyse approfondie. 

Bien évidemment, cet argument ne sert que de faire valoir pour l'industrie nucléaire. En effet, cette source d'énergie ne sert qu'un usage limité: l'électricité, elle-même représentant une faible part de la consommation énergétique finale totale . La majeure partie de l'énergie issue du pétrole est consommée dans les transports et le chauffage, et l'économie dépend beaucoup plus des transports que de l'électricité. Sauf à dire que le transport et le chauffage pourront tourner à l'électricité, ce qui est quasi impossible dans les délais voulus et avec la quantité voulue, affimer que le nucléaire est un vecteur d'indépendance énergétique est un leurre. Cela relève de la plus pure démagogie. Le président américain joue une fois de plus la partition du monde plus sûr et plus propre. Après avoir employé le même vocabulaire pour l'Irak, il remet cela pour le nucléaire. Il se prépare donc à un double echec car la population américaine ne lui pardonnera pas de lisser le prix du pétrole s'envoler alors que l'alternative ne sera pas prête. Le président américain n'a pas intégré les différentes échelles de temps. Ses propos ne sont donc qu'incantatoires. Cette politique n'amènera pas à un monde plus propre et plus sûr.

La première arme pour obtenir une indépendance énergétique durable vis à vis du pétrole et même du gaz est de passer une vitesse dans les démarches d'efficacité énergétique. Aujourd'hui, on sait construire un bâtiment à 15kWh par mètre carré et par an en chauffage, on saurait diviser par 4 le nombre de kilomètres parcourus en voiture si on passe une vitesse dans la mise en place des transports publics et des démarches de management des mobilités avec une bonne articulation des réseaux urbains et interurbains.

Si cette politique est mise en place, alors les énergies propres auront toute la place qu'elles méritent et le nucléaire devient obsolete, sauf à dire qu'on en a besoin comme vitrine technologique, ce qui est une autre histoire.   

Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /Jan /2006 00:38

Le gaz naturel est utilisé depuis longtemps dans les bus, il apparaît dans des véhicules particuliers commercialisés chez Peugeot, Fiat, Opel, Renault par exemple. En France, malheureusement, les vendeurs ne sont pas formés à décrire leur produit, les sources d'approvisionnement, il n'existe pas de cartes des stations, bref, le quasi néant. Quelle contraste avec la Suisse. Je vous invite à visiter le site suivant:

 http://www.nicefuture.com/index.php?IDtheme=125&IDarticle=1080&langue=F

Vous pouvez aussi aller "surfer" sur le site de l'association française pour le gaz naturel: afgnv. 

Pour 15000 Euros environ, vous pouvez vous procurer un tel véhicule avec un coût d'usage qui chute considérablement: moins d'entretien, carburant deux fois moins coûteux, diminution importante de la pollution locale et des émissions de gaz à effet de serre. De plus, à terme, il peut être du biogaz, issu des déchets verts.

C'est un témoignage d'une utilisatrice habitant dans le périurbain. Il est intéressant et montre qu'à titre de transition, ce carburant est le plus performant du moment loin devant le diesel qui n'est efficace qu'à chaud, pas pour les petits parcours urbains où les rustines que sont le catalyseur et le filtre à particules ne sont pas efficaces.

Le programme de développement du gaz naturel initié par François Loos manque singulièrement de souffle et, si j'ose dire, d'énergie. Au consommateur de faire valoir son pouvoir. A nous d'informer et de diffuser le plus largement possible les éléments. 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : carburants propres
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Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /Jan /2006 00:22

Nous allons, par une démonstration simple, mettre à jour les erreurs de politique que l’on peut faire si on a une réflexion sectorielle sur le développement durable. Si on ne traite pas en tant que système l’urbanisme et la mobilité, on peut se fourvoyer. Nous allons utiliser des calculs d’ordre de grandeur, des calculs de coin de table qui ont le mérite d’être accessibles au plus grand nombre, mais tout de même illustratifs et pédagogiques.

 

Imaginons un ménage de 4 personnes, deux adultes et deux enfants, souhaitant habiter dans une zone pavillonnaire à l’image du quartier Vauban à Fribourg, c'est-à-dire construit à partir de maisons consommant en chauffage 65kWh par mètre carré et par an sur 100 mètres carré, ce qui est déjà deux à trois fois plus performant que ce que nous faisons en France aujourd’hui. Prenons comme hypothèse que ce quartier se situe à 15km du lieu de travail d’un des membres du couple et que les écoles et le lieu de travail de l’autre membre soient situés à proximité.

 

Calculons maintenant la consommation énergétique totale logement plus transport en prenant pour l’automobile 1kWh par km. Sur 200 jours travaillés dans l’année nous avons donc 6000kWh de transport et 6500kWh de chauffage soit 12500kWh au total.

 

Prenons le même ménage habitant près de son lieu de travail dans l’ancien et en ville avec une consommation de 125kWh par mètre carré et par an en chauffage, mais une consommation négligeable en transport puisqu’il peut prendre le vélo et les transports publics. Il obtient le même résultat en matière d’environnement, c'est-à-dire médiocre. Le résultat est pire si on considère l’obligation de prendre la voiture pour toutes les activités du ménage habitant en zone périurbaine. (écoles, loisirs, etc…).

 

Par ce petit exemple, on comprend qu’une politique urbaine n’est de développement durable que si les zones périurbaines sont suffisamment denses pour y mettre des transports publics et si l’usage individuel de la voiture y est fortement découragé. C’est ce qu’a fait Fribourg avec succès.

 

Le désir d’habitat écologique en zone périurbaine peut donc très bien être une illusion si les politiques ne sont pas adaptées et pensées globalement. 

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /Jan /2006 00:45

Notre société et les agents économiques qui la composent ont construit des modèles de marché qui nous amènent dans le mur socialement et plus vite qu’on ne le croit. En effet, les derniers chiffres de l’INSEE sur les dépenses des ménages par catégories socio-professionnels montrent des dérives qui doivent nous interpeller. 

 

Les fonctions de base de la vie, celles sans lesquelles rien d’autre n’est possible,  sont de plus en plus chères : se loger, s’alimenter, se déplacer, se soigner. A l’opposé, les fonctions annexes elles, sont de moins en moins chères (l’électronique, les produits immatériels etc…) voire à la limite gratuite. Cette dualité, couplée à la forte inégalité des revenus et des patrimoines et surtout son augmentation, diminue les capabilités (au sens d’Armatya Sen, prix Nobel d’économie) des populations les plus fragiles.

Il ne faut pas s’étonner que nous soyons au bord de l’explosion. Les politiques économiques nouvelles, si on veut résoudre les problèmes sociétaux, doivent être entièrement revus pour inverser cette tendance. Les dépenses les plus lourdes sont les transports, le logement et l’énergie. Ce sont ces trois leviers qu’il faut actionner. Construire pour diminuer le coût du foncier, construire intelligemment pour minimiser la dépense énergétique, diminuer la dépendance à l’automobile pour réduire le coût du transport. La solution ne passe pas par un encadrement des prix de l’énergie comme j’ai pu l’entendre aujourd’hui de la bouche d’une représentante d’une association de consommateurs, mais par une transformation de nos manières de concevoir et de nos usages.   

 

Il est tout de même consternant de voir que dans le quartier Vauban à Fribourg en Brisgau on construit des maisons passives consommant 15kWh de chauffage par mètre carré et par an depuis 1996 alors que nous consommons 10 à 20 fois plus. Mais déjà en 1988, ils étaient à 65kWh par mètre carré et par an. Nous sommes incapables de démultiplier ces expériences par manque de volonté politique. Pour réaliser cela, il ne faut pas faire de l’architecture à 4 sous, mais travailler dur pour fournir des solutions où le coût global en investissement et fonctionnement, à confort égal, est bien moindre qu’aujourd’hui. Si le travail de conception est bien mené très en amont, et ce n’est pas la partie la plus coûteuse, tout est possible. Nous n’avons pas le droit de priver les populations fragiles de logements qui leur coûteront peu à l’usage, de se déplacer à moindre frais. C’est une nouvelle manière de voir le social qu’il faut impulser. Bien gérer notre environnement, c'est aussi faire de la justice sociale. La justice sociale passe par la justice écologique. 

 

Bref, faire de l’environnement et du développement durable, ce n’est pas qu’un concept de riches. Il faut d’urgence inverser l’échelle des prix pour redonner des marges de choix et de capabilités à la majorité de la population. Aujourd’hui, nous en sommes encore à fabriquer des rustines.  

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /Jan /2006 23:55

L'exemple des difficultés de Ford et General motors est symptomatique d'un mode de fonctionnement des entreprises à courte vue et aveugle au problèmes environnementaux et énergétiques. Ce manque de vision se traduit maintenant par une crise sociale.

 Les constructeurs français et européens feraient bien de méditer cette leçon qui nous vient d'outre-manche. Gouverner c'est prévoir apprend-on dans les écoles. Comment des leaders d'entreprises tels que Ford ou GM ont-ils pu faire preuve d'autant d'imprévoyance sur le prix du pétrole et la sensibilité du consommateur alors que depuis de nombreuses années on connaît le problème.

Ce sont en fait les 30 000 salariés qui font les frais de ce manque d'anticipation, de ce manque de vision stratégique. En fait, ces dirigeants n'ont fait que reproduire et améliorer des produits et des process existants depuis longtemps sans remettre en cause les concepts. En fait, ils n'ont pas fait leur travail, n'ont pas vu des évidences que tout citoyen éclairé a perçues. Au lieu de se remettre en cause et d'évoluer en douceur vers d'autres façons de vendre et utiliser l'automobile, ils ont provoqué une restructuration brutale.

Nos constructeurs feraient bien de se méfier de ces signes précurseurs et de regarder, certes l'amélioration des moteurs, mais aussi les usages de l'automobile. La bonne stratégie est de chercher des synergies avec les différents acteurs de la vie économique et sociale, les autres acteurs du transport pour changer les pratiques de mobilité et de fabriquer des véhicules répondant à ces nouveaux besoins. (voir mon article changer les usages de l'automobile du 11 Nov 2004). Les nouveaux objectifs doivent être de servir la fonction mobilité au minimum d'impacts négatifs sur l'environnement. Cela veut dire changer l'aspect individuel de l'usage (voir mon article l'automobile est-elle vraiment un transport individuel du 15 Janv 2005 ). Cela implique de nouveaux "concepts-cars". Il y a un champ énorme d'innovations à exploiter pour sortir des schémas de développement issus des années 60 et aujourd'hui obsoletes au niveau de la pensée.

Si le monde automobile ne s'engage pas dans d'autres voies, y compris en construisant avec des gens qui ne sont pas du sérail, alors il sera contraint de restructurer dans l'urgence avec les dégâts sociaux que l'on connait. Il est encore temps d'anticiper, mais le délai se raccourcit.

Il en va de même pour toutes les entreprises dont l'activité et les achats sont sensibles au prix du pétrole, je pense à l'industrie du plastique. 

 Finalement, il est temps de se mettre au travail, le vrai, celui qui apporte une valeur ajoutée, celui d'une pensée nouvelle, pas celui qui se contente de produire et de reproduire.

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /Jan /2006 23:34

Enfin le gouvernement prends la mesure de l'importance de l'énergie cinétique dans l'insécurité routière. Une campagne va être menée sur le respect des distances de sécurité, et il est question de s'attaquer au bridage des véhicules puissants. Pourtant, il a fallu se débarasser d'un discours véhiculé par des anciens coureurs automobile. Pour eux, il fallait se contenter du terme maîtrise de la vitesse. Ce terme n'était cependant pas lisible pour le commun des mortels, mais s'il comportait une part de vérité.

Il a donc fallu à nos gouvernants 16000 morts par an dans les années soixante dix, puis 8000, puis 5000, pour se rendre compte d'un paramètre connu depuis notre programme scientifique de terminale. Nous avons bien du mal à faire passer le vivre ensemble dans ce pays, alors que les pays scandinaves ont réagi depuis bien longtemps. Savoir vivre ensemble n'est pas seulement faire la fête, mais c'est aussi permettre à chacun de se déplacer en paix sur la route. C'est aussi permettre à chacun de jouir du  droit le plus élémentaire, celui de vivre tout simplement.

Vitesse, distance de sécurité, alcool, drogue constituent le cocktail de l'insécurité routière. Cela représente 1 million de morts par an dans le monde, soit l'équivalent d'une guerre 14 tous les 10 ans ou encore 1 onze septembre par jour. Pourtant, la couverture médiatique n'est pas la même alors que l'ampleur de ces dégâts diffus est énorme.

Nous avons perdu beaucoup de temps à nous attaquer d'abord à la technique (sécurité des vehicules, amélioration des routes) alors que le problème n'était pas vraiment là, mais beaucoup plus dans l'usage du produit voiture.

Pour aller plus loin, il faut maintenant se débarasser de la dépendance culturelle addictive que nous avons avec l'automobile pour l'utiliser plus efficacement. Cela coûtera moins cher à tous les acteurs économiques et permettra à l'industrie automobile de croître autrement. 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /Jan /2006 23:11

Je réponds aux deux commentaires pour compléter cela. Les mots croissance et décroissance sont beaucoup trop abstraits pour avoir un sens. Le sens est donné par ce que chaque être humain souhaite librement, par la dignité que la collectivité humaine et les activités qu'elle génère donne à tout habitant de cette planète.

La croissance, telle qu'elle est entendu est une construction mathématique permettant de compter la valeur ajoutée des acteurs économiques. Cette comptabilité, à cause des découvertes nouvelles sur la valeur patrimoniale de notre maison terre, est obsolete.

La décroissance n'a donc pas plus de sens. Il faut remettre l'économie au service de l'homme et réapprendre à réfléchir en termes de services rendus (voir mon article changer les paradigmes de l'économie.), à minima de prélèvements sur les ressources terrestres qui nous sont offertes et à maxima d'enrichissement du patrimoine terre.    

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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