Transports durables et urbanisme
:


changer nos pratiques de déplacements pour une mobilité plus performante, moins coûteuse, et finalement plus libre, un urbanisme plus convivial et plus sûr, plus durable.

Dominique Bied: responsable   de la thématique transports urbains de personnes
 
Jeudi 12 juillet 2007

En dehors des règlements, du code de la route et de l’arsenal répressif, les mauvais gestes continuent d’être monnaie courante sur la route, ce qui rendra difficile des progrès plus nets en matière d’accidentologie. 

Personnellement, j’applique aujourd’hui des principes très simples qui devraient être partagés largement.
 
De ces quatre principes, quasiment toutes les règles de la sécurité routière en découlent :
 
Voir et être vu.
Ne jamais surprendre et ne jamais être surpris.
 
Ce sont ces principes que je diffuse dans mes actions sécurités routières auprès des différents publics.
 
A partir de là, on peut relever la quantité énorme de mauvais gestes observés sur la route :
 
L’infraction courante est le non respect des distances de sécurité et tous ses corollaires :
 
-         Anticipation du rabattement du véhicule qui précède pour doubler   (dépassement type formule 1). Ce geste peut être observé quelque soit la vitesse. Le moindre impondérable et c’est le carambolage. Il n’y a quasiment aucun dépassement correct aujourd’hui sur les routes.
-         Prise d’un virage intérieur à la corde ne permettant pas de voir à temps un piéton ou un cycliste. Si une voiture se présente en face, il n’y a pas la place de passer.
-         Dépassement d’un cycliste à moins d’un mètre un ville et un mètre cinquante ailleurs.
 
Tous ces gestes sont aussi visibles dans de mauvaises conditions météos, ce qui accentue le risque d’accident.
Rappelons que le non respect des distances de sécurité enlève 3 points sur le permis de conduire.
 
Une conduite apaisée et vigilante suffit très largement à éviter les mauvais gestes des autres. Ceci dit, il est urgent maintenant de rendre obligatoire les stages périodiques pour tous les conducteurs sans exception. Sur quarante ans d’activité professionnelle, un ménage ayant deux voitures laisse plus de 300 000 euros dans sa ou ses voitures. Il n’est pas stupide de consacrer quelques centaines d’euros tous les 5 ou 10 ans à la sécurité du plus grand nombre.
 
 La politique de sécurité routière ne fait pas assez de place à la prévention.
 
Il manque aussi à l’automobiliste de changer son rapport au temps pour aller vers la conduite apaisée.
 
Une comparaison que j’emploie souvent dans les interventions sécurité routière publiques s’inspire de l’histoire du tennis. Bjorn Borg, dans les années 70 pratiquaient le tennis pourcentage, c'est-à-dire un tennis qui, dans toutes les positions, lui évitaient de faire des fautes. Le tennis pourcentage est le tennis zéro faute. C’est la même logique que la politique de qualité totale dans les entreprises (zéro stock, zéro défaut). Il faut se mettre, de par sa technicité, dans les conditions du zéro défaut quelque soit les circonstances extérieures, prévues ou imprévues. Il suffit de mettre de l’intelligence dans sa conduite.  
       
 
 
 
Lundi 2 juillet 2007

Voici le récit de ma journée consacrée au transport et au développement durable. Elle est à marquer d'une pierre blanche tellement l'évènement est ubuesque et montre combien le passage à l'acte de développement durable est difficile dans notre pays. Les résitances de petits corps sociaux sont fortes, bloquent le système, découragent certains.

Ce matin, j'avais rendez-vous à 10h au tout nouveau ministère de l'écologie avec le conseiller technique climat, énergie et qualité de l'air Youenn Dupuis. Le but de cette réunion était de voir comment on pouvait trouver les leviers pour dégager 1 à 2 millions d'euros pour le projet de transport à la demande en temps réel, qui est en cours de développement avec 4 labos de recherche hauts-normands.

Ce récit ne vise pas à raconter cette réunion, mais la journée de votre délégué transports. Il montre qu'utiliser son vélo pour se déplacer est encore un sacerdoce.

J'ai donc quitté mon domicile de Sotteville-les-Rouen avec mon vélo vers 7h30 pour prendre le train de 7h56 afin d'être à Paris à 9h30, bien à l'heure pour mon rendez-vous qui ne durait que 3/4 d'heure.
 A l'assemblée générale de la fédération des usagers de la bicyclette en Avril 2006, une personne assez haut placée m'indique qu'enfin tous les trains seraient ouverts aux vélos sur la ligne Le Havre Rouen Paris à partir de Décembre 2006.
Depuis cette date, je monte donc mon vélo dans le train. Apparemment, les contrôleurs font preuve d'une mansuétude inhabituelle, m'aident à monter mon vélo, avec le sourire. Je me sentais rassuré, sans stress. Je ne subissais plus l'ostracisme de la SNCF envers les vélos jusqu'à ce jour maudit d'aujourd'hui.

Au départ du train, je monte le vélo dans le fourgon situé en queue de train. Celui-ci est équipé de 4 crochets vélos inoccupés. Belle aubaine, j'accroche le mien à un de ces crochets.

Arrêt de Oissel, Val de Reuil, Gaillon. Puis, le contrôleur, très zélé vient contrôler mon billet. A ma grande stupeur, il me demande à qui est le vélo accroché dans le fourgon. Je lui réponds très tranquillement que c'est le mien.

"Monsieur, vous êtes priés de retirer ce vélo du fourgon, ce train n'est pas autorisé aux vélos. Vous le mettez dans le couloir, je ferme à clés cet espace. Votre vélo est dangereux pour les voyageurs !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!." me dit-il. "et estimez-vous heureux que je ne vous mettes pas une amende de 45 euros".

L'adrénaline commence alors à monter, le sang me monte à la tête. Je dois faire un effort surhumain pour rester calme devant une telle bêtise humaine. Aucun voyageur ne vient s'assoir dans ce fourgon, il n'y avait aucun bagage. L'espace était libre comme l'air. Et mon vélo est beaucoup plus dangereux dans le couloir.

Le comble, c'est que ce valeureux contrôleur zélé n'a même pas réussi à fermer cette satanée porte, se couvrant ainsi de ridicule.

Je décharge mon adrénaline en racontant mon histoire aux passagers, complètement médusés, du compartiment voisin.  Il n'y a rien de mieux que la parole comme thérapie.

Avouons qu'un tel évènement ne manque pas de sel le jour même du rendez-vous au ministère le plus important du moment.

Je décide alors de contacter la direction générale de la SNCF après mon rendez-vous. Ne sachant pas où elle se trouve, je vais, d'un bon coup de pédale motivé, à l'acceuil de la gare Saint-Lazare où on m'envoie gare du Nord. Le service clientèle de la gare du Nord m'envoie à son tour à Montparnasse. J'enfourche donc gaillardement ma bicyclette vers la tour. Je trouve l'immeuble de la SNCF et je demande à parler au directeur général exécutif Guillaume Pepy, qui s'est occupé par le passé du problème du vélo dans les trains.

Je raconte mon histoire ubuesque, burelesque, à la secrétaire, qui me dit d'envoyer un email circonstancié. Il est 13h30, il est temps de reprendre le train pour Rouen. Je me dirige donc vers la gare Saint-Lazare, en passant par Pasteur, les invalides. Une merveilleuse perspective sur la tour Eiffel me redonne la combativité nécessaire. J'arrive à temps pour prendre le train de 14h23. Je m'empresse de rédiger le mail à Guillaume Pepy dans le train, avec copie vers Corinne, Youenn Dupuis, et Hubert Peigné, le Monsieur vélo du gouvernement récemment nommé par Dominique Perben, Gilles Triolier de Paris-Normandie. Je décide également de mobiliser le collectif d'associations rouennais s'occupant de l'urbanisme et des transports que j'ai récemment constitué. Nous allons organiser une manifestation un matin sur le quai du train de 7h56 en présence de la presse.
Pas de problème avec les contrôleurs ce coup-ci.

Le train arrive à Oissel, l'arrêt précédent Rouen. En effet, le tarif Rouen Paris ayant augmenter de 18.90 euros à 19.30 euros, je décidai de m'arrêter à Oissel pour 17.70 euros et faire 5km de plus à vélo. Cela ne me faisait pas perdre de temps puisque Sotteville-les-Rouen est située entre Oissel et Rouen. 

Eh oui, il faut pédaler plus pour gagner plus comme le dit notre cher président.

Arrivé chez moi à 16h30, après avoir goûté car je n'avais rien avalé ni bu depuis 7h du matin, je me précipite sur mon ordinateur pour envoyer le mail avec accusé de reception à Guillaume Pepy. A cet heure, il l'a lu; j'en ai eu la confirmation.

17h45, je file toujours à vélo à 5km de chez moi pour traiter une affaire liée à mon travail avec des américains afin de gagner un jour de délai avant de revenir définitivement à la maison après une journée très active.

Somme toute, ce fut une journée ni blanche ni noire, mais grise, du bon et du moins bon.

J'ai tout de même fait mes 30km de vélo pour mes déplacements. Et des journées comme cela, il y en a des dizaines dans l'année pour aller à une réunion d'association vélo, transports en commun, agglomération, après le travail ou pendant ma journée temps partiel.

La cerise sur le gateau, l'ultime récompense, c'est la participation à la randonnée cyclotouriste de 100km qui a lieu tous les ans début Octobre. C'est la viking 76. Cette année, sans entraînement particulier, sans faire de sport dans une salle de torture, sans dopage aux OGM, j'ai réalisé cette distance à 27km/h de moyenne en m'accrochant derrière des petits pelotons. Eh oui, du vélo, plus on en fait dans notre vie quotidienne, et cela suffit, plus c'est facile. Nous recevons ensuite un beau diplôme. Se déplacer en vélo tous les jours, c'est assurément vieillir moins vite.

Mercredi 27 juin 2007

Deux articles sur ce blog parlent déjà de cette technique agricole sans arrosage, sans engrais, sans pesticides, sans herbicides. Cette technique exeptionnelle, partie des recherches du professeur Gilles Lemieux au Canada, est en exploitation et déploiement en France, aussi bien pour l'agriculture maraîchère, que pour les jardins publics et privés, et la grande culture avec Benoît Noël  à Strée près de liège, Belgique. 
Cette technique bousculent les habitudes agricoles datant de millénaires car elle réconcilie le champ et la forêt. Elle recrée l'humus de la forêt dans le champ, fertilise à une grande profondeur. C'est la seule technique qui permettra de faire de l'agriculture durable en créant de l'énergie sans consommer de l'énergie.

Voici la description des débuts de Jacky Dupety, agriculteur dans les Causses du Quercy,  pionnier en France, sous la forme d'un reportage photographique que l'on trouve sur son site. Enfin, j'y ajoute les coordonnées du centre de techniques agricoles à Strée près de Liège en Belgique.

Chantier solidaire pour démarrer.

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 Février 2004 , après avoir passé une bonne partie de l'hiver, à lire les publications du Professeur Gilles Lemieux: disponibles sur le site: http://users.skynet.be/BRFinfo/ la décision d'utiliser la technique des BRF est prise. Le bois va donc être nettoyé, en équipe entre amis: 15 personnes pendant 2 jours, avec les repas roboratifs qui vont avec ces efforts.
Chênes, érables de Montpellier, cornouillers, seront selectionnés, taillés ou abattus, et les branches broyées. c'est cette solution que j'avais choisie, puis pour aller plus vite, un ami élagueur, me propose le broyat de ces tailles, ce qui me permettra d'atteindre l'objectif.
C'est donc une solution: l'annuaire téléphonique la rubrique entretiens parcs & jardins et on trouve quelqu'un qui sera content de ne pas payer pour se débarrasser de ses déchets, et qui sera sans doute intéressé par la méthode
 
Le résultat

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Voilà ce que donne un broyeur de type agricole (c'est à dire 3 points, sur la prise de force d'un tracteur)

On peut aussi trouver ce type de matériel dans les sociétés de location; -électrique pour les petites quantités

- autonomes, avec moteur, gazole ou essence pour les grosses quantités.







Un bon tas


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Sur le territoire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy la forêt et les bois couvrent plus de 60% de la surface.
Il ne s'agit pas de couper les arbres, mais d'entretenir les haies et aussi de permettre à la forêt de se régénérer. La ressource est très importante : 1 km de haie génère de 16 à 30m3 par kilomètre. Aucun chantier de coupe pour le bois de chauffage ne gère les branchages.
Le problème est donc de mettre en relation tous les utilisateurs de la forêt et de transformer ces déchets en or.









Au rateau.

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Y-a-t-il un meilleur machinisme agricole ? Là il s'agit d'étaler 25 m3 de broyat frais de peupliers : 5cm d'épaisseur sur 500m². C'était en Février 2005.
Il est très important de traiter rapidement les branches:
  • les couper
  • les broyer
  • épandre sur le sol
Surtout ne pas laisser en tas, il ne faut pas que ça chauffe, et même en hiver ça va vite!




Griffage.

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Début Mai, le mélange du broyat avec les 5 premiers centimètres du sol.
On peut voir que le broyeur a laissé passer des morceaux de branches conséquents. La digestion sera plus longue, mais tout sera transformé.






Premiere étape.                                                                                                                                                                                    

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Aprés la fragmentation et l'incorporation au sol, le bois est rapidement envahi par des mycéliums (basidiomycétes, ascomycètes et champignons imparfaits).
Tous ces champignons utilisent les composants non structuraux du bois pour leur croissance primaire. Durant cette phase, la synthèse des protéines du champignon nécessite beaucoup d'azote qui sera prélevé dans le sol.
Il est possible de compenser cette faim d'azote par un apport adéquat.
En 2004 j'ai tout simplement attendu que les chaines trophiques se mettent en place; trois à quatre semaines ont été nécessaires pour que les plantes retrouvent l'azote produit par les êtres vivants qui mangent, digèrent, se reproduisent et meurent.
 


Deuxieme étape.

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Au moment où commence la dépolymérisation de la lignine, l'azote est un réel facteur limitant. Cette opération est réalisée par des enzymes extra cellulaires, aucun organisme ne pouvant utiliser la lignine telle quelle comme source de carbone. La dégradation de la lignine produit des dimères et des monomères qui peuvent être assimilés par les micro-organismes.
La dégradation de la lignine expose les celluloses et les hémicelluloses ce qui permet la dégradation de tous les composés du bois.
 




Chaine trophique et lombrics.


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L'ensemble des organismes animaux du sol (pédofaune) accélère le processus par son action de fragmentation mécanique et enzymatique. Elle participe aussi au cyclage des éléments en produisant fèces et cadavres, en broutant les mycéliums sénescents; entre autres les micro-arthropodes mycophages (acariens et collemboles) et les vers de terre, capables de digérer les complexes polyphénols-protéines.










Champignons.

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Bien visibles, après seulement 4 mois de présence sur le sol, les champignons sont là! 
Quand on observe leur présence, on peut se dire que c'est parti. Les chaines trophiques se mettent en place, et des milliers d'êtres vivants vont faire du sol un organisme vivant.Sur les terres des Causses du Quercy, en général du type limono-argileux, la structure du sol est compacte, interdisant le travail de la bêche et même de la "grelinette", le sol s'apparente plus au béton!! Epaisseur de sol structuré : environ 5 à 6 cm; après quatre mois le sol est meuble et structuré sur environ 15 cm, sans intervention humaine.







Cucurbitacées.


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En semis direct les 13 Mai et 2 Juin 2005, sur un broyat épandu en Février 2005, ces courges et citrouilles n'ont jamais été arrosées.

Je n'ai jamais constaté de stress hydrique.
Pour compenser le faim d'azote de la première année, j'ai épandu la même épaisseur (5cm) de litière provenant de la bergerie.
Cette année 2005, nous a offert, comme 2004 et 2003 des températures excessives; plusieurs jours de suite avec près de 39°C à l'ombre, tout cela précédé d'un hiver sec et des précipitations printannières parcimonieuses.
Aussi en semis direct, des melons.






Blée barbu.


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Sélectionné dans ma récolte de blé "rouge de Bordeaux" en 2004, voici du blé barbu appelé "barbeau" dans le pays quercynois.
Variété ancienne, adaptée au sol et au climat du causse, j'en ai semé deux rangs de vingt métres au mois d'octobre, avec en projet d'en semer une parcelle.
Hauteur de paille (environ 1.50m), taille des grains, épiaison et maturation sans rupture hydrique, me confortent dans l'envie de faire des céréales sur BRF, en 2006 ou 2007 ?








Benoît Noël applique l'agriculture BRF sur la grande culture à Strée.
 
Le Centre des Technologies Agronomiques (CTA) est situé près de Liège et de Huy.
En tant que centre autonome de la
Communauté Française, il développe des projets de recherche appliquée à vocation pédagogique. 

Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
Téléphone : 085.274960
Fax           :
085.512706
Messagerie :
cta.stree@tiscali.be
Rue de la Charmille, 16
4577 Strée  
Belgique     
par Dominique Bied publié dans : agriculture
Lundi 25 juin 2007
Voici un article du monde sur la construction d'infrastructures tram-train et routières à l'ïle de la Réunion et mes commentaires à la suite.

La Réunion : les conditions de déplacement ne cessent de se dégrader à mesure que croît (d'environ 10 % par an) le parc automobile.

La Réunion face au "coma circulatoire" LE MONDE | 23.06.07 | 14h50 • Mis à jour le 23.06.07 | 14h50 Saint-Denis Correspondant Créez votre blog, pour donner votre avis et partager vos passions. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts u lieu d'aériens ouvrages d'art - parmi lesquels ce qui aurait pu être le plus haut pont ferroviaire du monde -, ce sont finalement 12,5 kilomètres de tunnels que le futur tram-train de La Réunion devra emprunter pour traverser les montagnes dans le nord de l'île. La modification a été décidée en mai, en raison de l'impact des viaducs sur l'environnement, dénoncé par des associations écologistes. Le surcoût est estimé à 50 millions d'euros, mais le calendrier du projet ne devrait pas être modifié, assure la région, maître d'ouvrage : en 2013, les Réunionnais disposeront d'une alternative à la route. Le tram-train circulera sur un itinéraire de 40 kilomètres desservant 25 stations, de Saint-Paul à Sainte-Marie, en passant par les centres-villes du Port et de Saint-Denis. Son extension est envisagée plus tard dans le Sud et l'Est. "Sans cette réalisation, notre île est condamnée, dans quelques années, au coma circulatoire", prédit le président de la collectivité, Paul Vergès (Parti communiste réunionnais). Alors que le département s'attend à accueillir 200 000 habitants supplémentaires dans les quinze ans à venir (il en compte aujourd'hui 800 000), les conditions de déplacement ne cessent de se dégrader à mesure que croît (d'environ 10 % par an) le parc automobile. La route nationale qui ceinture l'île et dessert les principales agglomérations est saturée. La livraison, prévue début 2009, de la route de moyenne altitude des Tamarins, gigantesque chantier - 34 kilomètres, 26 ouvrages d'art, dont quatre exceptionnels - lancé en 2003, soulagera la circulation dans l'Ouest. Mais le relief accidenté de l'île limite les variantes. Il est aussi source de dangers, surtout sur la "route du littoral", quatre voies de 12 kilomètres qui permettent les échanges par le nord entre l'ouest et l'est de l'île en passant par le chef-lieu. Plus de 50 000 véhicules l'utilisent chaque jour. La falaise qui la domine, abrupte et instable, fait l'objet d'une surveillance constante. En mars 2006, tout un pan s'est effondré, tuant deux personnes et contraignant pendant un mois les automobilistes à emprunter une étroite route de montagne. LES DANGERS DE LA FALAISE C'est cette même montagne que franchira le futur tram-train et dont s'écartera, par endroits, la nouvelle route du littoral, elle aussi programmée. Pour cette dernière, parmi les nombreuses solutions envisagées pour se prémunir des dangers de la falaise, celle d'un tracé associant un tunnel à terre et une route-digue en mer a été privilégiée juusqu'ici mais pourrait être écartée au profit d'une "solution entièrement aérienne". Pour financer ces deux projets, la région a signé, en janvier, à Paris, un protocole d'accord avec l'Etat ; elle fera également appel à un partenariat public-privé. Entre tram-train (1,3 milliard d'euros) et nouvelle route du littoral (930 millions d'euros), l'investissement représente "cinq fois le montant du viaduc de Millau". Les retombées de ces grands travaux pour l'économie de l'île sont estimées à "plusieurs milliers d'emplois" directs et indirects. Hervé Schulz
 

publié par article du journal Le Monde dans: transport et infrastructures

La Réunion est une configuration géographique pouvant se présenter comme un laboratoire de nos problèmes de qualité de vie urbaine. La contrainte d'espace liée à nos modes de vie est amplifiée par la taille de l'île, la croissance démographique, et la croissance du trafic automobile qui en découle. Pourtant, les élus locaux devraient s'inspirer des résultats de nombreuses études continentales sur le sujet de la mobilité. Il est normal que les besoins en mobilité croissent. On ne peut éviter l'asphyxie qu'en gérant, plus qu'en construisant. 

Que constate-t-on sur le continent? Malgré les milliards d'euros investis dans le transport public lourd, le report modal de la voiture individuelle vers celui-ci est faible, l'impact environnemental positif est donc faible. Quant à la construction d'infrastrctures routières, elle alimente l'usage de la voiture individuelle. La Réunion retombe dans le piège dans lequel nous avons foncé tête baissée en métropole. Certes, les infrastructures sont nécessaires, mais il est encore plus nécessaire de mettre de l'intelligence dans les organisations.
Le management des mobilités doit être un volet complet des politiques publiques.

Pour les île d'outre mer, il est urgent de mettre en oeuvre les outils de management de la mobilité, moins coûteux et plus efficaces, seuls outils limitant réellement la croissance du trafic:

1. gestion en temps réel du transport à la demande en voiture à l'aide des outils informatiques pour augmenter le taux d'occupation moyen des voitures. Diviser par un facteur 2 à 4 le trafic est l'enjeu de cette méthode, au stade de la recherche aujourd'hui, mais peu coûteuse.

2.  généralisation des plans de mobilité.

3.  développement d'une agriculture et d'une industrie se fournissant en matières premières locales.

4. développement d'une agriculture maraîchère de proximité qui fonctionne sans eau ni pesticides ni engrais ni herbicides.
 

Mercredi 6 juin 2007

Voilà maintenant cinq ans, j'écrivais un texte à Corinne Lepage disant approximativement ceci:

"La stratégie de communication du gouvernement républicain américain est de dénigrer Kyoto en disant que c'est quantité négligeable, et parallèlement de nier la réalité de l'influence de l'homme sur le climat. Mais ceci est un rideau de fumée car en sous-main et sans rien dire à personne, et surtout pas aux européens, il investit massivement de l'argent public dans la recherche et l'innovation sur les éco-industries aidés par  le capital risque. Quant à la Chine, comme c'est une dictature; s'ils décident de faire quelque chose, cela va aller vite aussi.".


Que se passe-t-il maintenant? Le gouvernement républicain admet la réalité du problème, mais veut enlever les barrières douanières sur les éco-produits. Pourquoi veut-il cela? Eh bien parce que son industrie est prête à envahir le monde de leurs produits.  

Pendant que les européens tergiversaient sur les problèmes juridiques et les taxes carbone, les USA ont travaillé dur les technologies innovantes. Le récent G8 illustre parfaitement cet état de fait. Nous sommes dans la gesticulation politique alors qu'il faudrait lancer des éco-entreprises à la conquête du monde.

Le rideau se lève maintenant, et on voit que les USA ont 20 ans d'avance sur nous, "comme d'habitude allais-je dire."

Corinne avait relayé cette vision dans une communication interne à cap21. Pas un journaliste n'y a prêté attention.

En fait, les européens n'ont pas compris comment fonctionnait les américains, l'esprit pionnier doublé de la volonté de gagner beaucoup d'argent avec des idées neuves construites sur cette culture.

Les choses étant établies maintenant, nous n'avons plus qu'à nous mettre au travail.

Notre dépendance au pétrole, même si elle a diminué par rapport à l'acroissement du PIB, est toujours grande et nous rend de plus en plus vulnérables à la hausse des prix. Pour cette raison, Les bilans carbone sont  un outil d'analyse stratégique. Les compagnies qui n'auront pas anticipé et préparé des alternatives se préparent des crises majeures.

Voici des illustrations du dynamisme de l'économie américaine dans les technologies propres. Les investissements en capital-risque sont passés de 1.2 milliards de dollars en 2004 à 3 milliards de dollars en 2006.(source cleantech group). 

Dave Pearce, patron de la société Miasolé, fabrique des panneaux solaires flexibles en appliquant la technique de dépôts de couches minces par sputtering (pulvérisation cathodique). Cette technique existe depuis 30 ans, en particulier pour déposer des couches minces métalliques sur de la céramique, ou du verre. Elle n'avait jamais été appliquée dans le solaire. Dave Pearce le fait et construit 8 usines cette année.

La nouvelle éco-économie est en plein boom aux USA. Notre vision bonapartiste et centralisée de la gestion de l'énergie est mal placée pour le 21ème siècle où il faudra être décentralisée, souple, réactif. Nous avons un vrai défi à relever. 

 

 

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