changer nos pratiques de déplacements pour une mobilité plus performante, moins coûteuse, et finalement plus libre, un urbanisme plus
convivial et plus sûr, plus durable.
Dominique Bied: responsable de la thématique transports urbains de personnes
Tel est le titre de l'article de Corinne Lepage du 17 Novembre suite à la réunion du G20. La substantifique moëlle
de cet article est que la crise financière n'est que la face émergée de l'iceberg "crise du système", c'est à dire du contenu de la croissance que nous avons choisi depuis des décennies.
Voici le texte de Corinne Lepage:
"Alors que le G20 peine à établir les prémisses de ce que pourrait être de nouvelles régles du jeu
de la finance internationale, voire du capitalisme , on ne peut que constater la différence de traitement entre la crise financière et la crise écologique et climatique. L’urgence de la première
n’est pas contestable et on peut que souscrire aux souhaits de certains Etats de voir mettre en place un nouveau Bretton Woods.
Il faut toutefois souligner qu’en s’attaquant au volet financier de la crise mondiale, les chefs d’Etat refusent
en réalité de s’attaquer aux causes, la transformation du capitalisme , la croissance des inégalités et les bases artificielles de la croissance passée fondée sur la spéculation et l’économie
financière , pour ne viser que les effets.
S’ils acceptaient de reconnaître les erreurs accumulées, le système de gaspillage et de destruction des ressources
mis en place et le caractère non durable de la croissance de ces 20 dernières années, ils serait inéluctablement conduits à reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une crise financière mais du volet
financier de la crise du système dans lequel nous vivons. Or, le volet énergétique et climatique de cette même crise présente le même caractère d’urgence, car, comme en matière financière , tous
les voyants sont au rouge.
Voici un texte publié par Corinne Lepage, vice-présidente du Modem.
20.10.2008
Corinne Lepage: éviter l'effondrement
Dans son livre « Effondrement » consacré aux choix des sociétés de survivre ou de disparaître, Jared Diamond
identifie 4 formes de comportement collectif qui ont été fatals aux sociétés qui les ont choisis/
· L¹incapacité d¹identifier un problème avant qu¹il ne se manifeste
· L¹incapacité de percevoir un problème alors qu¹il est présent
· L¹incapacité à résoudre voire même à réellement chercher des solutions lorsque le problème est
identifié
· Et surtout le maintien d¹un système de valeurs sociales inadaptées à la situation nouvelle.
Et Jiamond écrit à ce propos : » il est douloureusement difficile de décider qu¹il faut abandonner certaines
de ses valeurs centrales quand elles sont devenues incompatibles avec la survie ».
Je laisse nos auditeurs s¹interroger sur notre incapacité plus ou moins manifeste à répondre aux trois
premier enjeux s¹agissant non seulement de la crise financière et économique, mais surtout de la crise énergético-écologique qui est celle de la prise de conscience de nos limites.
Je voudrais m¹arrêter sue la question du système de valeurs qui est en réalité la clé du reste. Dans un
ouvrage remarquable intitulé l¹enfermement planétaire , André Lebeau traite de la question de la confrontation de la logique libérale au problème des limites de la terre, générant une régression
économique , voire un effondrement. Or, nous ne parvenons pas à traiter la question de la démographie pas plus que celle de la gestion dans un intérêt commun des ressources naturelles nécessaires
à notre survie Le fait que les ressources soient localisées et les pollutions souvent diffuses accroît encore les sources d¹interdépendance mais aussi d¹inégalités croissantes, l¹accroissement
des revenus se faisant sur l¹exploitation des richesses. Croissance est synonyme d¹augmentation du revenu et non pas d¹augmentation du patrimoine collectif . Notre système de valeurs est donc
inadapté et ce d¹autant plus que la croissance des 30 dernières années s¹est accompagnée d¹un accroissement des inégalités entre personnes et entre pays qui a servi de moteur à ladite
croissance.
Eviter l¹effondrement , c¹est-à-dire faire le choix de la survie , c¹est donc s¹attaquer à notre système de
valeurs qui est la cause profonde du crach financier . En admettant nos erreurs et en refusant que les responsables physiques des drames actuels tentent de s¹autojustifier en nous proposant de
continuer sur le même système, voire même comme Alain Madelin en accablant les victimes que sont les emprunteurs américains. Il est nécessaire de commencer avec des mesures symboliques mais
fortes comme la suppression des parachutes dorés et bonus de dirigeants financiers par la loi, le droit de vote étendu des Etats dans les banques dans lesquelles il aura investi et une
législation rigoureuse excluant toute autorégulation dont on a vu où elle conduisait. Pendant « les affaires » les affaires ne sauraient continuer.
En second lieu, en évitant à tout prix que les Etats qui sont derniers garants de la vie collective ne
soient déstabilisés, car ce serait alors un risque de chaos pour les nations. Les Etats sont aujourd¹hui les seuls à pouvoir faire face aux réorientations économiques et sociales majeures
auxquelles il faut procéder sans délai. A cet égard, on ne saurait trop rappeler combien la frilosité du parlement français au regard de la loi Grenelle apparaîtra, si elle se poursuit , comme
une chance historique partiellement manquée pour l¹économie et la société française.
Ce sont également les Etats qui peuvent au niveau international concevoir un réel système sur le modèle par
exemple proposé par le professeur Stiglitz, prix Nobel d¹économie, de permettre le développement des pays du sud tout en évitant la déforestation grâce à une généralisation des mécanismes de
Kyoto au monde entier.
Comprenons bien ! Nous sommes à la croisée des chemins.
· Ou bien , notre système de valeurs change et s¹écarte de l¹hyperlibéralisme pour revenir à une économie de
marché très régulée par une priorité donnée la lutte contre le changement climatique et l¹adaptation de notre humanité à des changement d¹ors et déjà inévitables . Ce choix implique un retour à
l¹éthique, un efforts sans précédent de solidarité et de réduction des inégalités pour éviter notamment la montée de la violence voire des guerres. C¹est un projet de civilisation au sens
qu¹Edgar Morin a voulu donner à ce terme
· Ou bien , nous nous limitons à une analyse de la situation limitée à une crise économique de caractère
cyclique et nous mettons les rustines en conséquence . Dans ce cas, la crise n¹aura servi à rien si ce n¹est à accélérer les mécanismes inévitables qui conduisent à notre effondrement
collectif.
Le développement durable , avec une soutenabilité forte c¹est-à-dire exigeant le maintien du niveau des
ressources, est aujourd¹hui un choix rationnel. Etre optimiste consiste à penser que ce choix absolument nécessaire pourra être un choix suffisant.
Voici trois documents permettant de se faire une idée très complète de cette problématique énergétique dans le paysage mondial (nécessaire pour les questions du climat), européen et français. Ils
montrent que le nucléaire est une illusion dans tout ça. Relancer le nucléaire a pour seule justification une expansion du business de ce type d'énergie et c'est tout. Tous ceux qui veulent se
faire une idée globale et juste du sujet doivent lire attentivement le cahier globalchance 25 dont voici le lien
http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC25.pdf
et écouter l'émission terre à terre de France culture dont voici le lien
Voici quelques éléments du document global chance résumés, et éliminant quelques idées reçues.
Le nucléaire est une solution à la crise énergétique et climatique? Faux, il ne représente que 2.4% de la consommation énergétique finale mondiale. La dynamique industrielle de cette industrie et
les problèmes de sûreté et de déchets est incompatible avec la dynamique de déploiement nécessaire pour résoudre les problèmes de climat.
Quand bien même nous voudrions déployer massivement du nucléaire, l'horizon industriel installé est plutôt 2100 et il sera trop tard. Mais admettons que la fusion nucléaire soit possible. ITER
est un beau projet scientifique pour se faire plaisir. Résout-il le problème des déchets? Eh bien non. Certes, il ne produit pas de déchets de fission, mais il ionise les parois avec les neutrons
à haute énergie. Comme il faudra changer les parois régulièrement, il y aura des problèmes de déchets.
Le forum génération 4 est en train de travailler sur le nucléaire durable. Les techniques envisagées partent du cycle du plutonium, qui pose des problèmes de sécurité et de prolifération.
Le nucléaire pose aussi le problème de l'opacité issue de la culture militaire de ce type d'énergie. L'incident de Juillet de Tricastin a été médiatisé, mais pas celui du 8 Septembre.
Voici le descriptif de l'IRSN:
"Dans le cadre des opérations de renouvellement périodique du combustible, le réacteur est arrêté, le circuit de refroidissement dépressurisé ; le couvercle de cuve est ensuite enlevé et la
piscine du réacteur remplie d’eau borée.
Les opérations de déchargement du combustible impliquent d’extraire de la cuve la structure constituant les « équipements internes supérieurs (EIS) » placés au dessus des assemblages du
combustible. Cette opération est un préalable au déchargement des assemblages.
Le 8 septembre 2008, lors du début des opérations de levée des EIS, il a été constaté que deux assemblages combustibles, désengagés au deux tiers du cœur, sont restés suspendus. L’exploitant a
alors interrompu la manœuvre de levée des EIS.
Une situation analogue s’était déjà produite en 1998 sur le réacteur n°1 de Nogent. L’exploitant avait mis en place un dispositif de sécurisation pour empêcher la chute de l’assemblage et avait
réussi à récupérer l’assemblage suspendu sans l’endommager.
Situation actuelle
Actuellement, la charge (EIS + deux assemblages) reste suspendue au crochet du pont de manutention. Le refroidissement du cœur est assuré de manière normale par les circuits de refroidissement à
l’arrêt, l’étanchéité du combustible n’est pas mise en cause et le confinement reste assuré par le bâtiment réacteur. Cet incident n’a entraîné aucun rejet.
Risques pour la sûreté
Le risque encouru est la chute d’un ou des deux assemblages sur le cœur s’ils venaient à se décrocher.
La rupture des combustibles irradiés entraînerait le relâchement de produits de fission dans l’eau de la piscine du bâtiment réacteur, puis dans l’atmosphère de l’enceinte de confinement. Une
fraction de la radioactivité pourrait ensuite être rejetée dans l’environnement.
Dans l’hypothèse de la chute des deux assemblages entraînant leur rupture complète, l’examen réalisé par l’IRSN à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) montre que les conséquences
radiologiques à l’extérieur du site seraient extrêmement faibles et très inférieures aux valeurs nécessitant des actions de protection de la population et de l’environnement.
L’IRSN examinera les conditions envisagées par l’exploitant afin de ramener l’installation dans ses conditions normales d’exploitation."
Cet incident a nécessité un mois d'études. On peut imaginer qu'un incident intervenant hors procédures connues puisse poser problème.
Cet incident, plus sérieux que celui de Juillet, aurait dû être communiqué. L'institut international de sûreté nucléaire INES (international nuclear event scale) classe les incidents en risque
immédiat et non en perte de défense en profondeur des barrières de sûreté, ce qui est plus pertinent.
Il y a 10 000 incident par an dans nos centrales, dont plusieurs centaines sont significatifs et en augmentation, alors que les incidents d'indice faible, les plus médiatisés, sont en
diminution.
L'autre problème de sûreté vient du mode de calcul. Ce calcul est basé sur une démarche probabiliste. Deux incidents pris isolément ayant une probabilité forte d'apparition peuvent avoir une
probabilité faible d'apparaître en même temps et donc être négligés alors que les conséquences peuvent être dramatiques.
Le nucléaire est bon pour l'exportation en France? Faux. Le programme nucléaire a été construit sur des hypothèses de croissance de la demande de 7% par an (doublement tous les dix ans). Or on
est très loin de ce chiffre. Nous sommes donc en surcapacité, ce qui nous oblige à exporter de l'électricité nucléaire. Mais là où le bas blesse, c'est que ce type d'énergie ne marche pour
l'électricité de base, les pointes étant absorbées par le gaz ou le charbon. Nous exportons de l'énergie de base à bas prix et nous importons de l'énergie de pointe à prix élevé.
Le nucléaire est peu cher? joker: le coût réel se situe entre 1300 et 3000 euros le KW installé car le prix du traitement des déchets et du démantèlement relève d'hypothèses très floues. Il n'y a
pas aujourd'hui de calcul sérieux sur le sujet.
Le nucléaire est une énergie centralisée à faible rendement, environ 30%. La chaleur produite ne permet pas la cogénération, c'est à dire le transport de chaleur pour chauffer l'habitat de par
cette centralisation.
Par opposition, les énergies renouvelables décentralisées de petite dimension et productrices de chaleur permettent la cogénération, ce qui augmente considérablement le rendement.
Maintenant, la France a un problème particulier. Les centrales vieillissent et doivent être démantelées ou remplacées. Il faut donc que la compétence soit toujours au rendez-vous, ce qui oblige à
poursuivre le nucléaire, même si on ferme des centrales progressivement. il est aussi nécessaire de maintenir un minimum de recherche, ne serait-ce que pour assurer la sûreté. Par contre, il
serait déraisonnable de rentrer dans un processus d'expansion massive de cette industrie qui évolue dans un marché très faible et peu concurrentiel, où la loi de l'offre et de la demande n'a
guère de sens, donc là où on fait ce que l'on veut avec les prix.
Je pense que c'est comme cela que le débat doit se poser.
La question est donc: doit-on conserver sur le long terme une énergie à haut risque mais qui restera toujours marginale pour répondre à des impératifs de business ou abandonner progressivement
sur le long terme? C'est en ces termes que ce pose le débat, en aucun cas le nucléaire n'est une réponse aux problèmes énergétique et climatique.
Bonne Lecture
PS: je vous laisse découvrir la lettre de l'association sauvons le climat au sujet du film d'Arte, qui au demeurant est très bon, même s'il est caricatural.
Monsieur,
Lettre envoyée au Président d'Arte:
Le 10 novembre 2008
Monsieur le Président d’Arte
Arte France
8, Rue Marceau
F-92785 Issy-les-Moulineaux Cedex 9
PARIS
Monsieur le Président,
Le Vendredi 7 Novembre Arte a diffusé le film « Inéluctable ». Cette fois-ci les limites du sérieux et de la décence ont été franchies. Je ne m’attarderai pas sur la pauvreté et les
invraisemblances du scénario avec des interventions saugrenues de la Ministre dans la gestion de la crise, l’absence de l’ASN, la solitude de l’ingénieur de quart, le ridicule de la Sécurité
Civile. Les capteurs qui marchent, ne marchent pas, remarchent alors que le synoptique semble imperturbable.
Retenons que le film voulait décrire un scénario pouvant déboucher sur une situation grave avec fusion possible du cœur. Une telle hypothèse, bien que très peu probable est considérée comme
possible dans les évaluations de sûreté des réacteurs. Il était donc possible et légitime de l’envisager dans une fiction. Dommage qu’elle ait été traitée d’une façon aussi superficielle.
Au cours du film un certain nombre d’incidents ne visent qu’à affoler les populations qui vivent à proximité des centrales. Par exemple, l’épouse de l’ingénieur nous apprend qu’elle aurait été
irradiée (comment, à quel point, pourquoi, on ne nous le dit pas) et qu’elle avait dû avorter de ce fait. Elle en a conçu une crainte bien légitime d’habiter à proximité d’une centrale. Sauf que
l’irradiation d’une femme enceinte visitant une centrale à un niveau suffisant pour mettre le fœtus en danger est tout à fait invraisemblable et que son évocation relève d’une pure propagande.
Encore plus invraisemblable, compte tenu des règlements régissant les travailleurs affectés aux travaux sous radiation, est la présence sur son lieu de travail de son époux alors qu’il aurait été
présent sur les lieux au moment de l’irradiation de son épouse. Ici il s’agit, clairement de faire peur.
Plus loin, en passant, on nous dit que si le combustible fond, il percera la cuve (ce qui est possible, mais ne s’est pas produit pour Three Mile Island (TMI), bien que de l’hydrogène ait été
dégagé dans l’enceinte de confinement) et qu’il y aura explosion et ruine de l’enceinte de confinement et qu’on devra construire un sarcophage. Ceci est complètement faux comme l’a montré
l’accident de TMI, ou l’enceinte résista parfaitement à l’explosion hydrogène. De plus depuis TMI de nombreuses mesures ont été prises pour réduire fortement la probabilité de fusion du cœur, et
surtout, pour empêcher toute ruine de l’enceinte de confinement (recombineur d’hydrogène pour empêcher toute explosion hydrogène, dispositif muni de filtres (sable) permettant une décompression
automatique de l’enceinte de confinement sans rejets dangereux)
Il est étrange que, si l’on comprend bien la conclusion du film, les choses finissent par rentrer dans l’ordre. Que signifie alors la séquence de fin qui montre des ruines (sans doute celles de
Tchernobyl) et des images d’enfants blessés ou en détresse. Même à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, il n’y a pas eu d’enfants blessés ou estropiés. Ce n’est qu’au bout de 5 ans que sont
apparus les cancers de la thyroïde chez les enfants âgés de moins de 15 ans au moment de la catastrophe. Cette séquence de fin est purement et simplement abjecte.
Enfin le message apparaissant dans le générique montre à l’évidence que ce film n’est pas une simple fiction mais qu’il a bien une visée politique et idéologique cherchant à développer la
méfiance à l’égard de l’industrie nucléaire française. On peut se demander si cette offensive contre le nucléaire français est désintéressée ou si elle est inspirée par de possibles
concurrents.
L’accident de TMI a montré que le plus grand risque associé à un accident nucléaire grave est la panique qu’il peut entraîner. Un film comme « Inéluctable » est tout simplement criminel et
irresponsable en ce qu’il prépare le terrain à une telle panique.
Vous me répondrez, sans doute, que, au nom de la liberté d’expression de l’auteur du film, Arte n’est pas engagé par son œuvre. Malheureusement, avant le film, la présentatrice, en voix "off",
une ou deux minutes avant le début du film, annonce: "Un film qui rappelle quelques vérités sur cette énergie dangereuse...". Cette annonce ne faisait d’ailleurs que reprendre l’annonce du film
faite sur le site Internet d’Arte. Je cite :
Le film réalisé par François Luciani tombe à point nommé pour rappeler quelques vérités. Notamment le fait que le nucléaire est une énergie à haut risque : les centrales françaises connaissent
chaque année une vingtaine d'incidents potentiellement catastrophiques. Dans ces conditions, un incident grave est aussi imprévisible qu'inéluctable.
Je considère donc que « Inéluctable » est entièrement endossé par la chaîne dont vous êtes président.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments scandalisés
Hervé Nifenecker
Président de « Sauvons le Climat »
Copies : M.Le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur leMinistre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, Madame La
Ministre de la Culture et de la Communication.
Le pont Flaubert, certes apportant quelque confort de circulation, mais pour un temps limité, représente le symbole d'une civilisation mégalomaniaque, victime d'un complexe de supériorité envers
une planète à bout de souffle, au bord de la sixième extinction des espèces.
Les rapports tous récents sur le début du grand dégazage de méthane dans les zones du pergelisol doivent nous rappeler que si nous envoyons cette quantité de ce gaz dans l'atmosphère, 20 fois
plus puissants que le CO2 (plusieurs centaines de milliards de tonnes), alors tout espoir d'équilibrer le climat sera anéanti. L'emballement climatique interviendra. C'est la triste réalité
récente.
Cet ouvrage est aussi le symbole de l'économie du fossile, donc du charbon, du pétrole et du gaz, de la croissance quantitative au détriment de la croissance qualitative.
le nombre de camions circulant dans Rouen par jour, après l'ouverture du pont, passerait de 6300 à 5230. Ce chiffre est à rapprocher des résultats de simulation de trafic du contournement Est de
Rouen. Avant contournement, 45000 véhicules jour sur l'avenue du Mont Riboudet, après contournement, 35000 véhicules jour. Les camions ne représentent que 8% du trafic.
On voit que ces projets pharaoniques nous mènent dans des impasses à tout niveau. Ils sacrifient le long terme au court terme. Ils sacrifient donc l'avenir de nos enfants.
Rappelons que le trafic routier de poids lourds longue distance ne pèse que 6 à 8%. C'est le trafic courte distance qui pèse le plus, mais encore bien moins que le trafic automobile.
Ces ouvrages routiers, séduisants au prime abord, constituent des aspirateurs à voitures et à camions, reportant un peu plus tard l'asphyxie routière sans réduire massivement les nuisances, et en
mangeant énormément d'argent public.
Les pouvoirs publics ont même oublié de faire une place au vélo sur ce trajet. De nombreux rouennais étaient prêts à l'utiliser. La largeur du trottoir piéton est réduite à sa plus simple
expression. Bref, on se contentera d'un strapontin pour les piétons, du néant pour les vélos. Pourtant, nul doute qu'aux Pays-Bas un encorbellement vélo aurait été prévu.
A contrario, Curitiba, ville de 4 millions d'habitants du Brésil transporte 85% de sa population dans des busway à haute fréquence, sans embouteillage, et avec une place de choix pour le vélo
pour les courts déplacements.
Plutôt que construire encore et toujours, il vaudrait mieux s'engager sur une logistique des transports de personnes et de marchandises permettant de diviser au moins par 2 le trafic.
Cet ouvrage routier est donc à contre-courant d'une politique de transports durables, et hélas, l'avenir nous le démontrera.
Le développement durable reste encore, pour nos élites, pur affichage, sans grand gain de qualité de vie autre que du saupoudrage.
Pourtant, tous les outils et méthodes logistiques existent dans l'industrie pour construire la mobilité de demain, celle qui peut-être impulser par les nouvelles technologies de l'information et
de la communication.
On peut calculer un ordre de grandeur de l'impact d'une politique ambitieuse de développement de la part du vélo dans nos déplacements.
2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.
Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour.
En faisant les calculs approchés, on peut considérer que le potentiel d'économie de kilomètres voitures avec le vélo se situe autour de 20 milliards de kilomètres par an sur les 450 effectués
par les automobilistes.soit pas loin de 5%.
L'impact environnemental et économique sur le budget des ménages d'une bonne politique vélo est donc considérable.
Une bonne politique vélo ne coûte pas forcément très cher. Une fois de plus, c'est un domaine où énormément d'argent est gaspillé dans des constructions d'infrastructures inefficaces.
Or, en milieu urbain dense, il suffirait d'appliquer des règles de base peu coutueuses pour faire décoller ou plutôt redecoller l'usage du vélo en masse et ainsi capter tous ces courts
déplacements. Il faut passer rapidement maintenant d'une politique d'affichage et de coups politiques à une politique de masse.
Citons-en quelques uns:
Limitation des vitesses de pointe des véhicules motorisés à 30km/h dans tous les milieux denses, hormis les boulevards urbains. Cela modifierait très peu la vitesse moyenne donc les temps de
parcours.
Ouverture de tous les sens uniques aux vélos comme cela se pratique dans les grandes villes d'Europe du Nord et en Allemagne, et maintenant en Italie du Nord.
Partout où il y a de l'habitat et de l'emploi, donner accès au vélo (pas de voiries exclues au vélo).
Accès aux vélos de tous les parcs urbains publics à l'instar des autres pays européens
Accès aux vélos de tous les plateaux dits pietonniers comme partout ailleurs en Europe.
Pistes cyclables bidirectionnelles systématiques des deux côtés des boulevards urbains.
Mise en place systématique de surlargeurs sur les routes nationales et départementales, surtout aux abords des zones d'habitation et d'emplois.
Multiplier les parcs de stationnement vélo (arceaux etc...).
Permettre aux vélos et d'ailleurs aux piétons de ne pas faire de détour inutiles.
En sus, développer l'intermodalité vélo pliant transports en commun permettrait d'adresser bien plus que les 20 milliards de kilomètres trouvés ci-dessus.
Dominique Perben et Laurence Parisot sont la caricature de la culture du 20ème siècle avec l'expression de leurs opinions sur la fiscalité écologique.
Voici leurs réflexions:
Dominique Perben déclare que «l'État n'a pas à fixer les prix», Laurence Parisot, encore plus intégriste, n'hésite pas à qualifier l'esprit de la réforme de «quasi-soviétique». Pour la présidente
du Medef, « un bonus seul serait légitime, mais l'accompagner d'un malus pour déterminer le prix des produits, c'est ni plus ni moins que le retour à l'économie administrée. »
Laurence Parisot a une vision manichéenne de la fixation des prix de produits et de services. Pour elle, où ils sont administrés, ou ils ne le sont pas. C'est tout de même mal connaître les
mécanismes de fixation des prix dans nos économies modernes. En fait, une partie non négligeable du prix d'un bien ou un service est., de fait, administrée. Faisons un petit inventaire de
la partie administrée par l'état par l'intermédiaire de la fiscalité.
Vous avez d'abord des achats, qui comportent eux-mêmes de la main d'oeuvre fiscalisé par les charges sociales. Cette dernière partie est bien une part administrée du prix. En achetant, vous avez
aussi achetés des produits fabriqués avec des investissements, chargés par la taxe professionnelle, donc également administrée. En achetant, vous avez aussi acheté la marge nette de votre
fournisseur. Celle-ci est fiscalisée et rentre donc dans votre prix de revient usine.
Ensuite, vous avez vous-même ajouté de la main d'oeuvre et des investissements, eux-mêmes chargés. Tout cela forme un prix de revient auquel vous ajoutez votre marge, elle-même fiscalisée, donc
administrée.
On voit qu'une grande partie des prix dans une économie moderne est administrée. Une grande partie des prix de certaines prestations est aussi normalisée (les médecins par exemple). Laurence
Parisot a donc tout faux quand elle dit qu'avec la fiscalité écologique nous allons vers la "soviétisation". En fait, la différence entre une économie de type soviétique et nos économies, c'est
le degré d'importance de la partie administrée dans la fixation des prix. La fiscalité écologique est donc compatible avec une économie libérale et n'a absolument rien à voir avec une économie de
type soviétique.
Le malentendu vient du fait que les services gratuits fournis par la planète ne sont pas comptabilisés dans les comptes publics ou privés. La réparation des services gratuits fournis par la
nature n'est pas non plus valorisée.
En conséquence, dans l'état actuel des choses, il est tout à fait normal que l'état fixe une contribution par produit pour donner une valeur à notre patrimoine terre. Il n'y a pas d'autres
solutions pour le moment.
Votre résidence principale fait partie de votre patrimoine qui est valorisé en euros. Notre planète, elle, est un patrimoine. Hélàs, il n'est pas valorisé. Les activités humaines qui réduisent ce
capital, détruisent une partie de sa valeur, ne viennent pas en déduction pour la comptabilité de la croissance et du PIB. La fiscalité écologique permet de le faire. D'autre part, si on veut que
les modes de production et de consommation se transforment, il faut bien effectivement réaliser un transfert monétaire entre deux types d'économie. Nous avons, pour cela, à la fois besoin des
mécanismes de marché et d'une impulsion de l'état.
La loi issue du grenelle de l’environnement est-elle à même de tenir les engagements de réduction de la consommation d’énegie fossile pour le domaine du transport?
Pour répondre à cette question il suffit d’analyser les chiffres et les objectifs du Grenelle.
Si veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, diviser par quatre d’ici à 2050, la partie va se jouer sur le report modal de l’usage individuel de l’automobile sur
l’usage collectif de celle-ci, les transports publics, le vélo, la marche à pied.
En effet le déplacement des personnes constitue le premier poste d’émissions CO2 avec une part à 28%.
Les transports routiers internationaux longue distance (>500km), le transport aérien représentent une faible part, le transport de marchandises courte distance (<200km) étant prépondérant
pour les poids lourds dans un rapport 40 60 avec les voitures particulières.
Il faut remarquer que le développement important des transports publics lourds depuis 30 ans n’a pratiquement pas atténué le trafic automobile. Celui-ci reste à 80% des déplacements motorisés.
Les investissements énormes consentis ont servi à maintenir à peine les parts de marché du transport public. Le transfert modal a été faible.
Le grenelle nous propose d’investir 18 milliards d’euros supplémentaires pour réduire de 18 milliards de km le trafic automobile. Or le kilométrage effectué par les automobilistes français est de
450 milliards de km environ dont à peu près la moitié s’effectue pour aller au travail. En effet 80% des 30 millions de personnes en âge de travailler vont seuls sur leur lieu d’activité en
voiture à une distance moyenne de 20km. Cela fait en moyenne 40km par jour, soit 8000km par an, soit à peu près la moitié des 15000km annuels effectués.
On peut considérer que ce type de déplacement représente encore 40% du total des 450 milliards de km.
L’objectif de report modal du grenelle est donc de 4% pour tous les types de déplacements. Sans dire que cet investissement est inutile, le rapport coût efficacité de cette mesure est plus que
discutable.
Mais alors que faire?
Il manque l’essentiel, la volonté de travailler sur la logistique du transport des personnes et des marchandises.
Pour les personnes, il existe un outil extrêmement efficace, il s’agit des plans de déplacements.
Individuellement, il n’y a aucune solution alternative à la diversité des besoins en mobilité des personnes pour aller au travail. Par contre, après des études fines, il y a moyen de faire
émerger des dénominateurs communs à ces besoins et construire des offres de transports alternatifs sur mesure. Tout mode autre que la voiture utilisée seule est exploré.
De quoi s’agit-il ? Dans une entreprise, une administration, une école, une zone d’activités, un bassin d’emploi, le consultant mène avec un comité de pilotage de l’entité et ses dirigeants
une étude permettant d’identifier les besoins en déplacements domicile travail de chacun. On cartographie ensuite cette enquête pour définir des offres de transport efficaces. Ensuite, il y a une
phase de négociation et de construction avec les entreprises et les collectivités locales.
Le coût de ce travail est d’environ 50 euros par salarié, ce qui représenterait 1.5 milliard d’euros dont 75% pour l’état au travers des aides de l’ADEME, le reste étant à la charge des
entreprises.
Quel serait l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?
Nous avons le plus bel exemple chez STMICROELECTRONICS à Grenoble, où le plan a été construit en 2000, et où le kilométrage automobile a diminué de 50% en 5 ans.
Les chiffres ci-dessus montrent que l’usage individuel de l’automobile représente 28% des émissions, le déplacement domicile-travail 14%.
Ainsi, avec 10 fois moins d’argent, on gagne à peu près 7% des émissions en année pleine, soit le double, et uniquement sur le motif domicile travail.
Cette démonstration montre que nous avons tout intérêt à travailler plus sur l’organisation, la logistique que sur les moteurs ou l’extension à l’aveugle des transports publics. Il faut connaître
plus finement la mobilité des personnes au travers de plans de déplacements à l’échelle la plus fine possible.
J’ajouterai que si on passe une vitesse sur ce sujet, on améliorera considérablement la fluidité du trafic de marchandises. Rappelons qu’un tracteur semi-remorque consomme environ 35 litres au
100km, mais 10 fois plus, soit 350 litres au 100km lorsqu’il est pris dans un embouteillage sévère, comme c'est souvent le cas en ïle-de-France.
En conclusion, en appliquant les mesures du grenelle au secteur des transports, nous n’avons aucune chance de tenir les objectifs assignés, tout comme nous n’avons pas tenu les objectifs du
protocole de Kyoto. Certes, la volonté de baisser les émissions moyennes du parc est présente, mais c’est oublier le temps de renouvellement du parc automobile. A contrario, il n’y a rien sur
l’organisation de nos mobilités, alors que cela permettrait de gagner plus en dépensant moins, avec moins de taxes et donc avec une meilleure acceptabilité sociale.
L'industrie du tabac se rend coupable d'un crime tout aussi inacceptable que l'horreur du 11 Septembre. Elle savait, et elle n'a rien dit, rien
fait. Le tabac contient une substance radioactive très dangereuse et hautement cancérigène, le Polonium 210. Cette substance vient du phosphate des engrais qui vient s'accumuler dans les feuilles
de tabac. Mais alors, que penser des autres plantes face aux engrais chimiques. Cela ouvre beaucoup de questions. Voici les articles de presse.
(((( Le Po est issu de la fission de Ur 238 qui se transforme en 7 noyaux différentx pour arriver au Bismuth210 puis au Po 210 (dont la période radioactive est de 138 jours) et
enfin au plomb 206 qui est stable. Ces particules alpha émises à la vitesse de 10 000 km/s (ce sont des noyaux d ' He ) ont une énergie cinétique de 1 T J /kg (le charbon c' est 10 MoJ/kg).
Ces particules alpha ont une masse de 7300 fois celle de l' électron et laisse sur leur passage un sillage d' e- et d' atome ionisés, ils sont peu pénétrants 5 cm d' air les arrête mais
arrivés dans les poumons au sein de la cellule et sur de courtes distances ( de l' ordre du µm) ils font beaucoup de dégats.
Fumer 30 cigarettes /jours revient à prendre 300 radio du poumon/an !
Le secret que la cigarette contienne du Po 210 a été gardé 40 ans, incroyable !
Néanmoins la nicotine C10H14N2 reste le principal responsable des maladies du tabac ! )) ))-
Du polonium dans le tabac : un secret bien gardé par les cigarettiers
LEMONDE.FR | 28.08.08 | 20h36 • Mis à jour le 28.08.08 | 21h15
Rendu célèbre par l'affaire Litvinenko, le Polonium 210 est bien moins exotique qu'il n'y paraît : l'élément
radioactif – parmi les plus toxiques qui soient – qui a servi à assassiner l'ancien espion du KGB est inhalé, chaque jour, par près de 1,25 milliard de
fumeurs que compte la planète. Selon une étude publiée dans le numéro de septembre de l'American Journal of Public Health citée par Le Figaro,
l'industrie cigarettière connaissait depuis plus de quarante ans la présence dans les feuilles de tabac de ce composé hautement cancérigène.
Philipp Morris, British American Tobacco, RJ Reynolds et toutes les multinationales du tabac ont volontairement caché, pendant ces quarante années, cette information qui aurait pu
gravement refroidir les ardeurs des fumeurs. En décortiquant plus de 60 millions de documents internes des firmes productrices – déclassifiés après un procès perdu en 1998 contre l'Etat
du Minnesota –, Monique Muggli, une chercheuse de la Mayo Clinic, aux Etats-Unis, est arrivée à la conclusion que "les industriels savaient tout et n'ont rien dit", écrit Le
Figaro.
12 000 MORTS PAR AN
D'après cette enquête, les industriels ont découvert la présence de polonium dans le tabac dès 1964. Selon Monique Muggli, interrogée par 20minutes.fr, les fabricants de tabac ont essayé, dans les années 1970 et 1980, de supprimer la teneur en polonium de leurs produits. Peine perdue : les dirigeants des firmes
concernées ont eu peur que les différents traitements expérimentés ne "changent le goût de leur produit, mais surtout que le grand public
apprenne les objectifs de ces recherches", explique Mme Muggli. Silence, donc. Un mémo adressé en 1978 au vice-président de Philip Morris, conseillait d'étouffer l'affaire
: "Nous risquerions de réveiller un géant endormi !"
Le géant en question a en effet de quoi effrayer. "Le polonium 210 est un émetteur de radiations alpha si instable et dangereux qu'il est
un des rares à n'avoir jamais été utilisé en médecine, explique Le Figaro. Il provoque des cancers du poumon par inhalation : il se dépose aux embranchements des
bronches où il provoque le processus de cancérisation." Selon Monique Muggli, le polonium Po est à l'origine de 1 % de tous les cancers du poumon aux
Etats-Unis. Il serait responsable d'environ 12 000 morts par an dans le monde. Sa présence dans le tabac est due à l'utilisation
d'engrais riches en phosphates qui contaminent les feuilles.
Interrogée par Libération, Emanuelle Beguinot, directrice du Comité
national contre le tabagisme, relativise la portée de ces révélations. Pas vraiment rassurante, Mme Beguinot rappelle que le polonium "n'est qu'un des 4 000 composés toxiques d'une cigarette".
C'est Joseph Fourier en 1824 qui publie ses études sur de l'effet de serre dans un mémoire :
"Mémoire sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires".
Il y développe la quantification et la diffusion de la chaleur à l'intérieur du globe terrestre. Il utilise pour cela ses travaux sur la diffusion de la chaleur dans les solides et sa
modélisation mathématique amenant à la fameuse transformée de Fourier. Il développe l'idée selon laquelle les échanges de chaleur avec l'intérieur de la terre jouent un rôle négligeable sur la
température d'équilibre de la surface de la terre. Par contre, il en déduit que les phénomènes clés sont l'absorption du rayonnement solaire et les échangent par rayonnement infrarouge avec
l'espace palnétaire. Le rayonnement infrarouge avait été découvert 25 ans auparavant par Sir William (alias Friedrich) Herschel.
Trop fort Fourier.
C'est Svante Arrhénius, chimiste suédois, qui a véritablement intuité la corrélation entre la concentration du CO2 dans l'atmosphère et l'augmentation de la température moyenne de la terre. C'est
en voulant expliquer les alternances des cycles glaciaires et interglaciaires qu'il est arrivé à construire une théorie qui reste aujourd'hui plus que jamais valable et valide. Sa publication a
été faite en 1896 dans un article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air… Sur la température de la terre ».
Plus exceptionnel encore, dans cet article, il dit qu'un doublement de la concentration de CO2 dans l'atmosphère induirait une
augmentation de la température moyenne de 5 degrés environ, ce qui est sensiblement la fourchette haute du GIEC. Sans
avoir la puissance de calcul de nos ordinateurs, il a déterminé que si la concetration CO2 augmentait en progression géométrie (progression multiplicative) alors la température
moyenne de la terre augmenterait suivant une progression arithmétique (progression additive). C'était le début d'une modélisation
mathématique du phénomène.
Arrhénius suggère ensuite que l'homme puisse émettre suffisamment de CO2 pour prémunir la terre de passer dans une nouvelle ère glaciaire.
En fait, on sait aujourd'hui que la variation de concentration du CO2 passe de 180ppm en ère glaciaire à 280ppm en ère interglaciaire, et que les émissions humaines ont amplifié
jusqu'à 380ppm, amplifiant ainsi l'augmentation de la température moyenne.
Trop fort, Arrhénius.
Les négationistes du climat peuvent toujours s'aligner devant le génie scientifique de ces visionnaires, Herschel pour la découverte de l'infrarouge, Fourier pour celle de l'effet de serre,
Arrhénius pour celle du réchauffement climatique induit par la concentration CO2.
Le 9 Juin avait lieu à Paris la convention Europe du Modem animée par Marielle de Sarnez. Les intervenants étaient de grande qualité. Il est transparait qu’un grand mouvement démocrate européen
est naissant entre la Grande-Bretagne, l’Italie; l’Allemagne y viendra.
Je vais résumer quelques interventions dans plusieurs articles.
La première question posée par Marielle était : existe-t-il un modèle social européen ? Jérôme Vignon, qui a été directeur du thème protection sociale et intégration à la commission
européenne, a ouvert les interventions.
Au moment de la présidence britannique en 2005, le discours dominant était le suivant :
Il est impossible, vue la diversité des pays européens, de trouver une harmonisation sociale. La tendance était vers le moins d’Europe, le moins de règles, le moins de dépenses, en laissant de
côté ceux qui sont le plus en difficulté.
Le modèle social européen peut se définir comme l’investissement sur le maillon faible avec l’idée que si on mise sur l’ensemble d’une population y compris sur le maillon faible, alors la
collectivité entière gagne.
Les historiens et les sociologues ont ainsi montré que le modèle social européen existe. Il se caractérise par un contrat de travail de longue durée assurant une protection de l’employeur et de
l’employé, par l’existence de corps intermédiaires, une solidarité universelle garantissant contre les risques de la vie pour que chacun garde son potentiel de citoyen. Il se caractérise aussi
par le fait que le travail n’est pas une marchandise.
Les dépenses sociales représentent en Europe 30% du PNB. 18% des dépenses sont affectées à la fonction protection et 13% à la fonction préparation de l’avenir. Il nous faut essayer d’inverser ce
rapport pour nous concentrer plus sur la préparation de l’avenir. La scandinavie, l’Autriche, l’Espagne et les Pays-Bas vont dans cette direction en définissant clairement les rôles entre l’état,
les corps intermédiaires, les entreprises, les salariés.
16 millions de personnes en Europe sortent du système éducatif sans diplôme. Or la formation initiale conditionne le potentiel pour suivre les formations continues. Ces 2 formations sont les
piliers pour une bonne préparation de l’avenir.
Le vieillissement de la population va nous contraindre à mieux accueillir les migrants qui subissent de plein fouet les inégalités en matière de santé et de retraite.
En fait, il faut savoir que les pays émergents d’Asie attendent de l’Europe que nous les aidions à construire un modèle social de préparation de l’avenir.
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