Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /2008 23:55
Dominique Perben et Laurence Parisot sont la caricature de la culture du 20ème siècle avec l'expression de leurs opinions sur la fiscalité écologique.

Voici leurs réflexions:

Dominique Perben déclare que «l'État n'a pas à fixer les prix», Laurence Parisot, encore plus intégriste, n'hésite pas à qualifier l'esprit de la réforme de «quasi-soviétique». Pour la présidente du Medef, « un bonus seul serait légitime, mais l'accompagner d'un malus pour déterminer le prix des produits, c'est ni plus ni moins que le retour à l'économie administrée. »

Laurence Parisot a une vision manichéenne de la fixation des prix de produits et de services. Pour elle, où ils sont administrés, ou ils ne le sont pas. C'est tout de même mal connaître les mécanismes de fixation des prix dans nos économies modernes. En fait, une partie non négligeable du prix d'un bien ou un service est., de fait, administrée.  Faisons un petit inventaire de la partie administrée par l'état par l'intermédiaire de la fiscalité.

Vous avez d'abord des achats, qui comportent eux-mêmes de la main d'oeuvre fiscalisé par les charges sociales. Cette dernière partie est bien une part administrée du prix. En achetant, vous avez aussi achetés des produits fabriqués avec des investissements, chargés par la taxe professionnelle, donc également administrée. En achetant, vous avez aussi acheté la marge nette de votre fournisseur. Celle-ci est fiscalisée et rentre donc dans votre prix de revient usine.

Ensuite, vous avez vous-même ajouté de la main d'oeuvre et des investissements, eux-mêmes chargés. Tout cela forme un prix de revient auquel vous ajoutez votre marge, elle-même fiscalisée, donc administrée.

On voit qu'une grande partie des prix dans une économie moderne est administrée. Une grande partie des prix de certaines prestations est aussi normalisée (les médecins par exemple). Laurence Parisot a donc tout faux quand elle dit qu'avec la fiscalité écologique nous allons vers la "soviétisation". En fait, la différence entre une économie de type soviétique et nos économies, c'est le degré d'importance de la partie administrée dans la fixation des prix. La fiscalité écologique est donc compatible avec une économie libérale et n'a absolument rien à voir avec une économie de type soviétique.

Le malentendu vient du fait que les services gratuits fournis par la planète ne sont pas comptabilisés dans les comptes publics ou privés. La réparation des services gratuits fournis par la nature n'est pas non plus valorisée.

En conséquence, dans l'état actuel des choses, il est tout à fait normal que l'état fixe une contribution par produit pour donner une valeur à notre patrimoine terre. Il n'y a pas d'autres solutions pour le moment.   

Votre résidence principale fait partie de votre patrimoine qui est valorisé en euros. Notre planète, elle, est un patrimoine. Hélàs, il n'est pas valorisé. Les activités humaines qui réduisent ce capital, détruisent une partie de sa valeur, ne viennent pas en déduction pour la comptabilité de la croissance et du PIB. La fiscalité écologique permet de le faire. D'autre part, si on veut que les modes de production et de consommation se transforment, il faut bien effectivement réaliser un transfert monétaire entre deux types d'économie. Nous avons, pour cela, à la fois besoin des mécanismes de marché et d'une impulsion de l'état.
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /2008 23:19

La loi issue du grenelle de l’environnement est-elle à même de tenir les engagements de réduction de la consommation d’énegie fossile pour le domaine du transport?

 

Pour répondre à cette question il suffit d’analyser les chiffres et les objectifs du Grenelle.

 

Si veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, diviser par quatre d’ici à 2050, la partie va se jouer sur le report modal de l’usage individuel de l’automobile sur l’usage collectif de celle-ci, les transports publics, le vélo, la marche à pied.

 

En effet le déplacement des personnes constitue le premier poste d’émissions CO2 avec une part à 28%.

 

Les transports routiers internationaux longue distance (>500km), le transport aérien représentent une faible part, le transport de marchandises courte distance (<200km) étant prépondérant pour les poids lourds dans un rapport 40 60 avec les voitures particulières.

 

Il faut remarquer que le développement important des transports publics lourds depuis 30 ans n’a pratiquement pas atténué le trafic automobile. Celui-ci reste à 80% des déplacements motorisés. Les investissements énormes consentis ont servi à maintenir à peine les parts de marché du transport public. Le transfert modal a été faible.

 

Le grenelle nous propose d’investir 18 milliards d’euros supplémentaires pour réduire de 18 milliards de km le trafic automobile. Or le kilométrage effectué par les automobilistes français est de 450 milliards de km environ dont à peu près la moitié s’effectue pour aller au travail. En effet 80% des 30 millions de personnes en âge de travailler vont seuls sur leur lieu d’activité en voiture à une distance moyenne de 20km. Cela fait en moyenne 40km par jour, soit 8000km par an, soit à peu près la moitié des 15000km annuels effectués.

 

On peut considérer que ce type de déplacement représente encore 40% du total des 450 milliards de km.

 

L’objectif de report modal du grenelle est donc de 4% pour tous les types de déplacements. Sans dire que cet investissement est inutile, le rapport coût efficacité de cette mesure est plus que discutable.

 

Mais alors que faire?

 

Il manque l’essentiel, la volonté de travailler sur la logistique du transport des personnes et des marchandises.

 

Pour les personnes, il existe un outil extrêmement efficace, il s’agit des plans de déplacements.

 

Individuellement, il n’y a aucune solution alternative à la diversité des besoins en mobilité des personnes pour aller au travail. Par contre, après des études fines, il y a moyen de faire émerger des dénominateurs communs à ces besoins et construire des offres de transports alternatifs sur mesure. Tout mode autre que la voiture utilisée seule est exploré.

 

De quoi s’agit-il ? Dans une entreprise, une administration, une école, une zone d’activités, un bassin d’emploi, le consultant mène avec un comité de pilotage de l’entité et ses dirigeants une étude permettant d’identifier les besoins en déplacements domicile travail de chacun. On cartographie ensuite cette enquête pour définir des offres de transport efficaces. Ensuite, il y a une phase de négociation et de construction avec les entreprises et les collectivités locales.

 

Le coût de ce travail est d’environ 50 euros par salarié, ce qui représenterait 1.5 milliard d’euros dont 75% pour l’état au travers des aides de l’ADEME, le reste étant à la charge des entreprises.

 

Quel serait l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?

 

Nous avons le plus bel exemple chez STMICROELECTRONICS à Grenoble, où le plan a été construit en 2000, et où le kilométrage automobile a diminué de 50% en 5 ans.

 

Les chiffres ci-dessus montrent que l’usage individuel de l’automobile représente 28% des émissions, le déplacement domicile-travail 14%.

 

Ainsi, avec 10 fois moins d’argent, on gagne à peu près 7% des émissions en année pleine, soit le double, et uniquement sur le motif domicile travail.

 

Cette démonstration montre que nous avons tout intérêt à travailler plus sur l’organisation, la logistique que sur les moteurs ou l’extension à l’aveugle des transports publics. Il faut connaître plus finement la mobilité des personnes au travers de plans de déplacements à l’échelle la plus fine possible.

 

J’ajouterai que si on passe une vitesse sur ce sujet, on améliorera considérablement la fluidité du trafic de marchandises. Rappelons qu’un tracteur semi-remorque consomme environ 35 litres au 100km, mais 10 fois plus, soit 350 litres au 100km lorsqu’il est pris dans un embouteillage sévère, comme c'est souvent le cas en ïle-de-France.

 

En conclusion, en appliquant les mesures du grenelle au secteur des transports, nous n’avons aucune chance de tenir les objectifs assignés, tout comme nous n’avons pas tenu les objectifs du protocole de Kyoto. Certes, la volonté de baisser les émissions moyennes du parc est présente, mais c’est oublier le temps de renouvellement du parc automobile. A contrario, il n’y a rien sur l’organisation de nos mobilités, alors que cela permettrait de gagner plus en dépensant moins, avec moins de taxes et donc avec une meilleure acceptabilité sociale.

 

Le volet transport du Grenelle est à revoir.

 

        

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 17:30
L'industrie du tabac se rend coupable d'un crime tout aussi inacceptable que l'horreur du 11 Septembre. Elle savait, et elle n'a rien dit, rien fait. Le tabac contient une substance radioactive très dangereuse et hautement cancérigène, le Polonium 210. Cette substance vient du phosphate des engrais qui vient s'accumuler dans les feuilles de tabac. Mais alors, que penser des autres plantes face aux engrais chimiques. Cela ouvre beaucoup de questions. Voici les articles de presse.

(((( Le Po est issu de la fission de Ur 238 qui se transforme en 7 noyaux différentx pour arriver au Bismuth210 puis au Po 210 (dont la période radioactive est de 138 jours) et enfin au plomb 206 qui est stable. Ces particules alpha émises à la vitesse de 10 000 km/s (ce sont des noyaux d ' He ) ont une énergie cinétique de 1 T J /kg (le charbon c' est 10 MoJ/kg). Ces particules alpha ont une masse de 7300 fois celle de l' électron et laisse sur leur passage un sillage d' e- et d' atome ionisés, ils sont peu pénétrants 5 cm d' air les arrête mais arrivés dans les poumons au sein de la cellule et sur de courtes distances ( de l' ordre du µm) ils font beaucoup de dégats. 
Fumer 30 cigarettes /jours revient à prendre 300 radio du poumon/an ! 
Le secret que la cigarette contienne du Po 210 a été gardé 40 ans, incroyable !  
Néanmoins la nicotine C10H14N2 reste le principal responsable des maladies du tabac !     )) ))-                       

Du polonium dans le tabac : un secret bien gardé par les cigarettiers

Rendu célèbre par l'affaire Litvinenko, le Polonium 210 est bien moins exotique qu'il n'y paraît : l'élément radioactif – parmi les plus toxiques qui soient – qui a servi à assassiner l'ancien espion du KGB est inhalé, chaque jour, par près de 1,25 milliard de fumeurs que compte la planète. Selon une étude publiée dans le numéro de septembre de l'American Journal of Public Health citée par Le Figaro, l'industrie cigarettière connaissait depuis plus de quarante ans la présence dans les feuilles de tabac de ce composé hautement cancérigène.

Philipp Morris, British American Tobacco, RJ Reynolds et toutes les multinationales du tabac ont volontairement caché, pendant ces quarante années, cette information qui aurait pu gravement refroidir les ardeurs des fumeurs. En décortiquant plus de 60 millions de documents internes des firmes productrices – déclassifiés après un procès perdu en 1998 contre l'Etat du Minnesota –, Monique Muggli, une chercheuse de la Mayo Clinic, aux Etats-Unis, est arrivée à la conclusion que "les industriels savaient tout et n'ont rien dit", écrit Le Figaro.

12 000 MORTS PAR AN

D'après cette enquête, les industriels ont découvert la présence de polonium dans le tabac dès 1964. Selon Monique Muggli, interrogée par 20minutes.fr, les fabricants de tabac ont essayé, dans les années 1970 et 1980, de supprimer la teneur en polonium de leurs produits. Peine perdue : les dirigeants des firmes concernées ont eu peur que les différents traitements expérimentés ne "changent le goût de leur produit, mais surtout que le grand public apprenne les objectifs de ces recherches", explique Mme Muggli. Silence, donc. Un mémo adressé en 1978 au vice-président de Philip Morris, conseillait d'étouffer l'affaire : "Nous risquerions de réveiller un géant endormi !"

Le géant en question a en effet de quoi effrayer. "Le polonium 210 est un émetteur de radiations alpha si instable et dangereux qu'il est un des rares à n'avoir jamais été utilisé en médecine, explique Le Figaro. Il provoque des cancers du poumon par inhalation : il se dépose aux embranchements des bronches où il provoque le processus de cancérisation." Selon Monique Muggli, le polonium Po est à l'origine de 1 % de tous les cancers du poumon aux Etats-Unis. Il serait responsable d'environ 12 000 morts par an dans le monde. Sa présence dans le tabac est due à l'utilisation d'engrais riches en phosphates qui contaminent les feuilles.

Interrogée par Libération, Emanuelle Beguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme, relativise la portée de ces révélations. Pas vraiment rassurante, Mme Beguinot rappelle que le polonium "n'est qu'un des 4 000 composés toxiques d'une cigarette".

Benoît Vitkine
Par Dominique Bied - Publié dans : pollution de l'air
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 23:16
C'est Joseph Fourier en 1824 qui publie ses études sur de l'effet de serre dans un mémoire :

"Mémoire sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires".

Il y développe la quantification et la diffusion de la chaleur à l'intérieur du globe terrestre. Il utilise pour cela ses travaux sur la diffusion de la chaleur dans les solides et sa modélisation mathématique amenant à la fameuse transformée de Fourier. Il développe l'idée selon laquelle les échanges de chaleur avec l'intérieur de la terre jouent un rôle négligeable sur la température d'équilibre de la surface de la terre. Par contre, il en déduit que les phénomènes clés sont l'absorption du rayonnement solaire et les échangent par rayonnement infrarouge avec l'espace palnétaire. Le rayonnement infrarouge avait été  découvert  25  ans auparavant  par Sir William (alias Friedrich) Herschel.

Trop fort Fourier.

C'est Svante Arrhénius, chimiste suédois, qui a véritablement intuité la corrélation entre la concentration du CO2 dans l'atmosphère et l'augmentation de la température moyenne de la terre. C'est en voulant expliquer les alternances des cycles glaciaires et interglaciaires qu'il est arrivé à construire une théorie qui reste aujourd'hui plus que jamais valable et valide. Sa publication a été faite en 1896 dans un article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air… Sur la température de la terre ».

Plus exceptionnel encore, dans cet article, il dit qu'un  doublement  de  la concentration  de  CO2  dans  l'atmosphère  induirait  une augmentation  de  la température  moyenne de  5 degrés  environ,  ce  qui  est  sensiblement  la fourchette  haute  du  GIEC. Sans avoir la puissance de calcul de nos ordinateurs, il a déterminé que si la concetration CO2 augmentait en progression géométrie (progression multiplicative) alors la température  moyenne  de  la terre  augmenterait  suivant  une progression  arithmétique  (progression additive).  C'était  le début d'une modélisation  mathématique  du phénomène.

Arrhénius suggère ensuite que l'homme puisse émettre suffisamment de CO2 pour prémunir la terre de passer dans une nouvelle ère glaciaire. 

En fait, on sait aujourd'hui  que  la variation de concentration du CO2 passe de 180ppm en ère glaciaire à 280ppm en ère interglaciaire, et que les émissions humaines ont amplifié jusqu'à 380ppm, amplifiant ainsi l'augmentation de la température moyenne. 

Trop fort, Arrhénius.

Les négationistes du climat peuvent toujours s'aligner devant le génie scientifique de ces visionnaires, Herschel pour la découverte de l'infrarouge, Fourier pour celle de l'effet de serre, Arrhénius pour celle du réchauffement climatique induit par la concentration CO2.

Chapeau Messieurs.
Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 22:51

Le 9 Juin avait lieu à Paris la convention Europe du Modem animée par Marielle de Sarnez. Les intervenants étaient de grande qualité. Il est transparait qu’un grand mouvement démocrate européen est naissant entre la Grande-Bretagne, l’Italie; l’Allemagne y viendra.

Je vais résumer quelques interventions dans plusieurs articles.

La première question posée par Marielle était : existe-t-il un modèle social européen ? Jérôme Vignon, qui a été directeur du thème protection sociale et intégration à la commission européenne, a ouvert les interventions.

Au moment de la présidence britannique en 2005, le discours dominant était le suivant :

Il est impossible, vue la diversité des pays européens, de trouver une harmonisation sociale. La tendance était vers le moins d’Europe, le moins de règles, le moins de dépenses, en laissant de côté ceux qui sont le plus en difficulté.

Le modèle social européen peut se définir comme l’investissement sur le maillon faible avec l’idée que si on mise sur l’ensemble d’une population y compris sur le maillon faible, alors la collectivité entière gagne.

Les historiens et les sociologues ont ainsi montré que le modèle social européen existe. Il se caractérise par un contrat de travail de longue durée assurant une protection de l’employeur et de l’employé, par l’existence de corps intermédiaires, une solidarité universelle garantissant contre les risques de la vie pour que chacun garde son potentiel de citoyen. Il se caractérise aussi par le fait que le travail n’est pas une marchandise.

Les dépenses sociales représentent en Europe 30% du PNB. 18% des dépenses sont affectées à la fonction protection et 13% à la fonction préparation de l’avenir. Il nous faut essayer d’inverser ce rapport pour nous concentrer plus sur la préparation de l’avenir. La scandinavie, l’Autriche, l’Espagne et les Pays-Bas vont dans cette direction en définissant clairement les rôles entre l’état, les corps intermédiaires, les entreprises, les salariés.

16 millions de personnes en Europe sortent du système éducatif sans diplôme. Or la formation initiale conditionne le potentiel pour suivre les formations continues. Ces 2 formations sont les piliers pour une bonne préparation de l’avenir.

Le vieillissement de la population va nous contraindre à mieux accueillir les migrants qui subissent de plein fouet les inégalités en matière de santé et de retraite.

En fait, il faut savoir que les pays émergents d’Asie attendent de l’Europe que nous les aidions à construire un modèle social de préparation de l’avenir.       

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 23:14
Le Modem doit devenir le premier parti du développement durable en France. Voici donc les deux définitions.

La première, institutionnelle, est celle du rapport Bruntland, connue de tous et qu'il est bon de rappeler comme référence.

Le développement durable est celui qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

 La seconde est celle que je propose dans des interventions pour étudiants ou des conférences. Elle est une traduction plus opérationnelle.

Le développement durable est celui qui permet de satisfaire les besoins d'une population en prélevant au minimum sur les ressources naturelles.

Derrière cette définition, il y a la notion d'optimisation.

De toute les façons, ces définitions interrogent à nouveau les sociétés modernes sur le plan de la différenciation entre besoins et désirs, l'essentiel et le superflu.

Le croissance infinie telle qu'elle est mesurée aujourd'hui par le PIB ne surdimensionne-t-elle pas les désirs par rapport aux besoins? Faut-il un croissance infinie de  nos superflus  pour que les déshérités de la planète sortent de la misère? Ce dernier point est la philosophie sous-tendant les économistes de droite.

Nous nous devons de décrire les contours de cette différenciation ou du seuil à mettre entre le toujours plus et autre chose.

  





Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et société
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 20:02
Je viens de terminer la lecture du livre de Marie-Monique Robin, le monde selon Monsanto. Ce livre montre bien toute l'étendue de la difficulté pour concilier développement et préservation des ressources pour un développement futur.

Les OGM en soi ne sont pas une malédiction. C'est l'usage qui en est fait aujourd'hui qui pose problème, et les dégats sont considérables:

-plus de 2000 suicides d'agriculteurs en Inde en 6 ans avec une accélération.
-une dépendance accrue des agriculteurs à l'industrie agroalimentaire.
-un endettement catastrophique lorsque les résultats des récoltes ne sont pas au rendez-vous.
-une vitesse d'érosion vertigineuse des sols.
-une réduction importante des variétés de céréales ou de coton constituant des autoroutes à maladie. Le Mexique est en train de perdre la plus grande variété de Maïs au monde, donc son patrimoine de semences, donc son revenu à court terme.
-des déforestations massives en Amérique du Sud (Paraguay ou Mexique) avec un véritable extermination de population, armes et corruption à l'appui, de même que le dénigrement de chercheurs indépendants mettant en évidence des problèmes sanitaires ou environnementaux.

Aujourd'hui, il n'existe dans les champs que des OGM résistants aux herbicides, ce qui permet à Monsanto d'écouler ses herbicides, où des OGM produisant le pesticide à l'intérieur de la plante. On est loin de l'amélioration des semences telle qu'elle se pratiquait depuis des centaines d'années.

En fait, on est là devant toute la problématique posée par une entreprise privée incontrôlable de fait et incontrôlée souhaitant grandir à l'infini alors qu'elle est déjà leader mondial en production de semences OGM.  L'objectif d'une entreprise mature est de croitre. Or si  sa production  induit  des  impacts  très négatifs sur la santé  et/ou  l'environnement, alors, plus  elle produit,  plus elle pollue.

C'est bien la nature et ce que l'on met comme définition sur le mot développement qui est la bonne question.

En matière d'agriculture, nous avons tous les outils pour nourrir 9 milliards d'individus  en faisant accéder à la richesse  les populations faibles.  Il s'agit d'amplifier les échanges de savoir-faire énormes qui existe depuis des millénaires en milieu rural, en les associant à une recherche bien financée sur la vie organique du sol. Il faut livrer du savoir plus que des dollars.   
 
Par Dominique Bied - Publié dans : agriculture
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 13:34
La spéculation fait partie de notre environnement financier, que l'on soit d'accord ou pas. Il est alors intéressant de la regarder sous l'angle de son utilité par rapport au développement durable.

Dans ce mot on retrouve le verbe latin speculo, qui veut dire voir loin, autrement dit anticiper. Dans le milieu financier, un spéculateur anticipe l'avenir pour gagner de l'argent en jouant sur les raretés de l'économie dues à un déséquilibre offre/demande en fonction de ses liquidités disponibles.

Il est convenu chez les victimes de la hausse du prix du pétrole de diaboliser la spéculation et de se tourner vers l'état pour réclamer des aides ou des ristournes, ce qui revient au même.

De leur côté, les pays producteurs se reposent sur cette spéculation, sans pour autant la quantifier, pour limiter leur production afin de maintenir une rente.

En même temps, d'un strict point de vue du développement durable, les prix élevés du pétrole poussent l'ensemble de la société à réagir, à changer les modes de production et de consommation.

La spéculation trouve alors pleinement son utilité. Elle agit en prélevant sur une économie dépassée et obsolete. Tout se passe comme si une taxe supplémentaire était appliquée aux consommateurs.

On peut le regretter pour les plus démunis d'entre nous, mais il existe des solutions du côté de l'intelligence des mobilités, de l'intelligence des modes de vie. C'est aux élites et à la classe moyenne d'inventer et de porter cette troisième voie.

La spéculation est un signal qu'il faut savoir exploiter, comme tous les autres signaux de l'économie. 
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 13:16
Tous les 4 ou 5 ans, une manifestation marine réunit à Rouen les plus beaux voiliers du monde. Cependant, malgré les efforts de l'agglomération pour amener le public sur le site par navettes, cet évènement reste le royaume de la voiture avec des embouteillages monstres. De plus, malgré la prise de conscience suite au grenelle de l'environnement, les organisateurs ont oublié de promouvoir les déplacements à vélo, seul grand absent de la politique comunication de l'évènement.
 
A une période où le mode de déplacement mécanisé le plus performant en matière de transport durable, le vélo, devrait être un pilier du plan de communication de toutes les grandes manifestations, on peut constater une fois de plus l'absence totale de promotion de ce mode de transport sur le site de l'armada. Pire, une des seules phrases que l'on pouvait lire dans la presse était l'interdiction (une de plus) sur le site. Les piétons avaient largement leur place derrière les hangars longeant les quais, mais aussi les voitures et les deux roues à moteur, reines du bitume et du cerveau de nos décideurs. Les voitures avaient pas loin d'une dizaine de files à leur disposition depuis l'arrière des hangars au Mont Riboudet (deux linéaires longeant la Seine). Par contre, aucun linéaire vélo n'était prévu, négligence coupable, aucune communication ambitieuse pour promouvoir le vélo qui en a bien besoin car le taux de déplacements à vélo est 10 fois plus faible que dans tous les pays du Nord Allemagne comprise.
 Nous aurions aimé un linéaire allant de bout en bout de l'armada avec des parkings vélos tous les 500m. Cela aurait facilité la visite des bateaux pour les gens ne pouvant marcher 5km aller et retour plusieurs jours de suite. Nous aurions aimé un détournement des flux de transit et une limitation de la circulation de véhicules à moteur sur l'ensemble du site. Les associations environnementales souhaitent participer au plan de ciculation de la prochaine session pour en faire celle du transport durable, une armada du 21ème siècle.
 
Dans l'armada 2008, la petite reine fut très très petite.
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 22:28
La filière nucléaire est-elle vraiment un système énergétique compatible avec le développement durable? Ce petit calcul de coin de table en ordre de grandeur montre que le nucléaire ne peut pas servir d'alibi à la lutte contre le changement climatique, si tant est que l'on puisse encore réguler le climat.

Partons de la consommation énergétique annuelle d'un ménage type ayant un mode de vie auquel pourrait aspirer tout ménage de cette planète.

Prenons les hypothèses suivantes:

hypothèse 1: un ménage type de deux personnes avec deux enfants habitant dans un logement de 100m2 et ayant deux voitures. La maison est équipée d'une machine à laver, d'un réfrigérateur-congélateur, d'un four électrique. Les deux voitures roulent 15000km par an chacune.

Rappel: la consommation d'une voiture est en gros de 1kWh par km parcourue. Nous pouvons ainsi comparer tous les usages de l'énergie.

hypothèse 2: projetons nous en 2050 avec 9 milliards d'habitants et 2 milliards de ménages types.

Le nucléaire répond-il à ce besoin en tenant compte de son cycle industriel, de ses perspectives de déploiement, de la réticence des populations.

Une consommation d'énergie raisonnable se décompose comme suit:

électricité: 3000kWh
gaz (essentiellement chauffage): 25000kWh
voiture: 30000Kwh

Nous avons au total près de 60 000KWh ou encore 60MWh. Nous aurions alors une consommation mondiale de 120 000  millions de MWh.

Ce chiffre est un minorant car il faudrait rajouter la consommation d'énergie des objets consommés, de l'alimentation, bref, tout ce qui fait notre croissance économique  etc...

Il reste à effectuer les multiplications et divisions pour trouver combien de  réacteurs  il faudrait construire et  dans quel délai pour satisfaire les besoins énergétiques du monde en transports, chauffage, électricité.

Rappel: la puissance fournie par un réacteur est de l'ordre de 1500MW  avec  un rendement de 30% et fonctionnant 300 jours par an.  Chaque réacteur fournit alors une énergie de 3 millions de MWh.

Pour satisfaire cette demande mondiale minimum selon ces hypothèses, il faudrait donc construire sur la planète 40 000 réacteurs en 40 ans, soit  1000 par an, soit encore près de 3 par jour. Il est évident que cette source d'énergie n'est pas durable au sens de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour les raisons que je viens d'indiquer, mais aussi parce que les réserves d'uranium dépassent à peine ce délai.

Les arguments consistant à dire que le nucléaire est une réponse à l'après-pétrole ou au réchauffement planétaire sont inconsistants.

Les élites politiques actuelles sont d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable en se servant de l'environnement comme d'un alibi. Qu'ils aient au moins l'honnêteté de reconnaître que le choix du nucléaire est purement politique, qu'il relève d'un choix de politique industrielle dans le but de préserver le leadership de notre filière. On aura ainsi un débat plus clair.



Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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