Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 23:14
Le Modem doit devenir le premier parti du développement durable en France. Voici donc les deux définitions.

La première, institutionnelle, est celle du rapport Bruntland, connue de tous et qu'il est bon de rappeler comme référence.

Le développement durable est celui qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

 La seconde est celle que je propose dans des interventions pour étudiants ou des conférences. Elle est une traduction plus opérationnelle.

Le développement durable est celui qui permet de satisfaire les besoins d'une population en prélevant au minimum sur les ressources naturelles.

Derrière cette définition, il y a la notion d'optimisation.

De toute les façons, ces définitions interrogent à nouveau les sociétés modernes sur le plan de la différenciation entre besoins et désirs, l'essentiel et le superflu.

Le croissance infinie telle qu'elle est mesurée aujourd'hui par le PIB ne surdimensionne-t-elle pas les désirs par rapport aux besoins? Faut-il un croissance infinie de  nos superflus  pour que les déshérités de la planète sortent de la misère? Ce dernier point est la philosophie sous-tendant les économistes de droite.

Nous nous devons de décrire les contours de cette différenciation ou du seuil à mettre entre le toujours plus et autre chose.

  





Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et société
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 20:02
Je viens de terminer la lecture du livre de Marie-Monique Robin, le monde selon Monsanto. Ce livre montre bien toute l'étendue de la difficulté pour concilier développement et préservation des ressources pour un développement futur.

Les OGM en soi ne sont pas une malédiction. C'est l'usage qui en est fait aujourd'hui qui pose problème, et les dégats sont considérables:

-plus de 2000 suicides d'agriculteurs en Inde en 6 ans avec une accélération.
-une dépendance accrue des agriculteurs à l'industrie agroalimentaire.
-un endettement catastrophique lorsque les résultats des récoltes ne sont pas au rendez-vous.
-une vitesse d'érosion vertigineuse des sols.
-une réduction importante des variétés de céréales ou de coton constituant des autoroutes à maladie. Le Mexique est en train de perdre la plus grande variété de Maïs au monde, donc son patrimoine de semences, donc son revenu à court terme.
-des déforestations massives en Amérique du Sud (Paraguay ou Mexique) avec un véritable extermination de population, armes et corruption à l'appui, de même que le dénigrement de chercheurs indépendants mettant en évidence des problèmes sanitaires ou environnementaux.

Aujourd'hui, il n'existe dans les champs que des OGM résistants aux herbicides, ce qui permet à Monsanto d'écouler ses herbicides, où des OGM produisant le pesticide à l'intérieur de la plante. On est loin de l'amélioration des semences telle qu'elle se pratiquait depuis des centaines d'années.

En fait, on est là devant toute la problématique posée par une entreprise privée incontrôlable de fait et incontrôlée souhaitant grandir à l'infini alors qu'elle est déjà leader mondial en production de semences OGM.  L'objectif d'une entreprise mature est de croitre. Or si  sa production  induit  des  impacts  très négatifs sur la santé  et/ou  l'environnement, alors, plus  elle produit,  plus elle pollue.

C'est bien la nature et ce que l'on met comme définition sur le mot développement qui est la bonne question.

En matière d'agriculture, nous avons tous les outils pour nourrir 9 milliards d'individus  en faisant accéder à la richesse  les populations faibles.  Il s'agit d'amplifier les échanges de savoir-faire énormes qui existe depuis des millénaires en milieu rural, en les associant à une recherche bien financée sur la vie organique du sol. Il faut livrer du savoir plus que des dollars.   
 
Par Dominique Bied - Publié dans : agriculture
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 13:34
La spéculation fait partie de notre environnement financier, que l'on soit d'accord ou pas. Il est alors intéressant de la regarder sous l'angle de son utilité par rapport au développement durable.

Dans ce mot on retrouve le verbe latin speculo, qui veut dire voir loin, autrement dit anticiper. Dans le milieu financier, un spéculateur anticipe l'avenir pour gagner de l'argent en jouant sur les raretés de l'économie dues à un déséquilibre offre/demande en fonction de ses liquidités disponibles.

Il est convenu chez les victimes de la hausse du prix du pétrole de diaboliser la spéculation et de se tourner vers l'état pour réclamer des aides ou des ristournes, ce qui revient au même.

De leur côté, les pays producteurs se reposent sur cette spéculation, sans pour autant la quantifier, pour limiter leur production afin de maintenir une rente.

En même temps, d'un strict point de vue du développement durable, les prix élevés du pétrole poussent l'ensemble de la société à réagir, à changer les modes de production et de consommation.

La spéculation trouve alors pleinement son utilité. Elle agit en prélevant sur une économie dépassée et obsolete. Tout se passe comme si une taxe supplémentaire était appliquée aux consommateurs.

On peut le regretter pour les plus démunis d'entre nous, mais il existe des solutions du côté de l'intelligence des mobilités, de l'intelligence des modes de vie. C'est aux élites et à la classe moyenne d'inventer et de porter cette troisième voie.

La spéculation est un signal qu'il faut savoir exploiter, comme tous les autres signaux de l'économie. 
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 13:16
Tous les 4 ou 5 ans, une manifestation marine réunit à Rouen les plus beaux voiliers du monde. Cependant, malgré les efforts de l'agglomération pour amener le public sur le site par navettes, cet évènement reste le royaume de la voiture avec des embouteillages monstres. De plus, malgré la prise de conscience suite au grenelle de l'environnement, les organisateurs ont oublié de promouvoir les déplacements à vélo, seul grand absent de la politique comunication de l'évènement.
 
A une période où le mode de déplacement mécanisé le plus performant en matière de transport durable, le vélo, devrait être un pilier du plan de communication de toutes les grandes manifestations, on peut constater une fois de plus l'absence totale de promotion de ce mode de transport sur le site de l'armada. Pire, une des seules phrases que l'on pouvait lire dans la presse était l'interdiction (une de plus) sur le site. Les piétons avaient largement leur place derrière les hangars longeant les quais, mais aussi les voitures et les deux roues à moteur, reines du bitume et du cerveau de nos décideurs. Les voitures avaient pas loin d'une dizaine de files à leur disposition depuis l'arrière des hangars au Mont Riboudet (deux linéaires longeant la Seine). Par contre, aucun linéaire vélo n'était prévu, négligence coupable, aucune communication ambitieuse pour promouvoir le vélo qui en a bien besoin car le taux de déplacements à vélo est 10 fois plus faible que dans tous les pays du Nord Allemagne comprise.
 Nous aurions aimé un linéaire allant de bout en bout de l'armada avec des parkings vélos tous les 500m. Cela aurait facilité la visite des bateaux pour les gens ne pouvant marcher 5km aller et retour plusieurs jours de suite. Nous aurions aimé un détournement des flux de transit et une limitation de la circulation de véhicules à moteur sur l'ensemble du site. Les associations environnementales souhaitent participer au plan de ciculation de la prochaine session pour en faire celle du transport durable, une armada du 21ème siècle.
 
Dans l'armada 2008, la petite reine fut très très petite.
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 22:28
La filière nucléaire est-elle vraiment un système énergétique compatible avec le développement durable? Ce petit calcul de coin de table en ordre de grandeur montre que le nucléaire ne peut pas servir d'alibi à la lutte contre le changement climatique, si tant est que l'on puisse encore réguler le climat.

Partons de la consommation énergétique annuelle d'un ménage type ayant un mode de vie auquel pourrait aspirer tout ménage de cette planète.

Prenons les hypothèses suivantes:

hypothèse 1: un ménage type de deux personnes avec deux enfants habitant dans un logement de 100m2 et ayant deux voitures. La maison est équipée d'une machine à laver, d'un réfrigérateur-congélateur, d'un four électrique. Les deux voitures roulent 15000km par an chacune.

Rappel: la consommation d'une voiture est en gros de 1kWh par km parcourue. Nous pouvons ainsi comparer tous les usages de l'énergie.

hypothèse 2: projetons nous en 2050 avec 9 milliards d'habitants et 2 milliards de ménages types.

Le nucléaire répond-il à ce besoin en tenant compte de son cycle industriel, de ses perspectives de déploiement, de la réticence des populations.

Une consommation d'énergie raisonnable se décompose comme suit:

électricité: 3000kWh
gaz (essentiellement chauffage): 25000kWh
voiture: 30000Kwh

Nous avons au total près de 60 000KWh ou encore 60MWh. Nous aurions alors une consommation mondiale de 120 000  millions de MWh.

Ce chiffre est un minorant car il faudrait rajouter la consommation d'énergie des objets consommés, de l'alimentation, bref, tout ce qui fait notre croissance économique  etc...

Il reste à effectuer les multiplications et divisions pour trouver combien de  réacteurs  il faudrait construire et  dans quel délai pour satisfaire les besoins énergétiques du monde en transports, chauffage, électricité.

Rappel: la puissance fournie par un réacteur est de l'ordre de 1500MW  avec  un rendement de 30% et fonctionnant 300 jours par an.  Chaque réacteur fournit alors une énergie de 3 millions de MWh.

Pour satisfaire cette demande mondiale minimum selon ces hypothèses, il faudrait donc construire sur la planète 40 000 réacteurs en 40 ans, soit  1000 par an, soit encore près de 3 par jour. Il est évident que cette source d'énergie n'est pas durable au sens de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour les raisons que je viens d'indiquer, mais aussi parce que les réserves d'uranium dépassent à peine ce délai.

Les arguments consistant à dire que le nucléaire est une réponse à l'après-pétrole ou au réchauffement planétaire sont inconsistants.

Les élites politiques actuelles sont d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable en se servant de l'environnement comme d'un alibi. Qu'ils aient au moins l'honnêteté de reconnaître que le choix du nucléaire est purement politique, qu'il relève d'un choix de politique industrielle dans le but de préserver le leadership de notre filière. On aura ainsi un débat plus clair.



Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 22:02
La terre se meurt à toute vitesse.  On savait que l'air, l'eau, le climat étaient profondément dégradés par les modes de vie ocnstruit depuis le 19 ème siècle. Ce que l'on savait moins, tout au moins dans le grand public, c'est que l'érosion des sols, ce qu'il se passe 30cm sous nos pieds. C'est le constat que dresse Daniel Nahon dans son récent ouvrage L’épuisement de la terre: L’enjeu du XXI e siècle (Odile Jacob).

Ce constat met d'autant plus en relief l'agriculture BRF associée à l'agroforesterie comme solution à l'aggradation des sols et non à la dégradation des sols que nous promettent la chimie minérale et les OGM. Il est urgentissime d'orienter les crédits de la recherche sur la vie des sols. Cela devrait être le socle de la politique agricole du Modem. Il y a un aussi énorme effort de formation des agriculteurs à faire.

Vous pouvez aller sur ce blog, dans la rubrique agriculture, consulter les articles concernant cette technique du futur, dont des expériences réussies ont eu lieu en France et en Belgique, au Canada.

Voici l'article diffusé par cap21 Grand-Ouest:

La terre: pelure de vie :

 

Péril en nos jardins

Les sols des champs, des forêts, des jardins sont de plus en plus maltraités. Or, la vie sur Terre dépend des ces 30 cm sous nos pieds !

De mon jardin, à Québec, le centre de la Terre est aussi loin que Lima ou Varsovie. La croûte terrestre, partie solide sur laquelle reposent les continents, est épaisse de 35 km; c’est la distance de chez moi à la banlieue. La couche modifiée par l’eau infiltrée, qu’on appelle le sous-sol, fait moins de 300 m; à peine le trajet jusqu’au bout de la rue. Mais la vie sur Terre dépend des premiers centimètres qui se trouvent directement sous mes pieds. Si, partout dans le monde, on détruisait le sol sur une profondeur équivalente à la longueur de mon avant-bras, la Terre deviendrait aussi désolée que la planète Mars.

Et au rythme où vont les choses, on risque d’en arriver là plus vite qu’on ne le pense. « Les sols de nos champs, de nos pâturages, de nos forêts et de nos jardins sont de plus en plus sollicités, maltraités, amendés en dépit du bon sens, retournés, grattés, érodés, négligés. Ils s’épuisent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Le sol, soubassement fécond qui a permis l’aventure de l’humanité et la conquête de notre planète, se tarit et ne pourra plus, au rythme de son érosion, nourrir les 9 ou 10 milliards d’humains que nos sociétés porteront vers le milieu du 21 e siècle. » Cette affirmation de Daniel Nahon, tirée de son récent ouvrage L’épuisement de la terre: L’enjeu du XXI e siècle (Odile Jacob), fait froid dans le dos, alors que le monde est en pleine crise alimentaire. Professeur de géosciences à l’Université d’Aix-en-Provence, le chercheur a longtemps travaillé en Afrique, au Brésil et aux États-Unis. Il lance un appel à la mobilisation: le sol se dérobe sous nos pieds, les terres arables, les seules à pouvoir nourrir l’humanité, sont comptées. Il est temps d’agir.

-L’an dernier, 150 spécialistes réunis en Islande avaient communiqué le même message, qualifiant la dégradation des sols de « crise silencieuse », qui aurait déjà une incidence sur le tiers de l’humanité. Et selon le rapport GEO4 (Global Environment Outlook) sur l’état de la planète, publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en novembre, l’état des sols est aussi préoccupant que les changements climatiques, dont il est indissociable, à la fois comme cause et comme conséquence. Mais il est loin de faire l’objet d’autant d’efforts.

L’ensemble des sols qui recouvrent les continents comme une peau constituent la pédosphère (du grec pedon, qui signifie « sol »). Comme l’atmosphère et la biosphère, auxquelles elle est étroitement liée, la pédosphère est nécessaire à la vie. Elle est née il y a 500 millions d’années, permettant à la vie de quitter l’eau pour s’établir sur la terre ferme. Il existe des milliers de types de sols, façonnés par les conditions et l’époque de leur construction. Ceux du Québec datent de la dernière glaciation, il y a 12 500 ans. Les plus profonds n’ont pas atteint un mètre d’épaisseur. Ceux des tropiques, plus anciens, font quatre ou cinq mètres tout au plus.

Le sol est le grand incompris de notre planète », dit Martin Chantigny, biochimiste au Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures du ministère de l’Agriculture du Canada et président de l’Association québécoise des spécialistes en sciences du sol. On le considère comme banal et immuable, alors qu’il est fragile et non renouvelable à l’échelle d’une vie humaine. « On sait qu’on a besoin d’air pur et d’eau claire pour vivre, explique François Courchesne, spécialiste en géochimie des sols et directeur du Département de géographie de l’Université de Montréal. Mais les gens, y compris bien des scientifiques, voient le sol comme une espèce de cochonnerie dont on ne saisit pas le rôle essentiel. »

La pédosphère est, à l’interfaceentre la terre, l’eau et l’air, un mince biofiltre qui piège, stocke, trie et redistribue les éléments nécessaires à la vie: carbone, oxygène, hydrogène, azote, métaux… C’est le garde-manger de la planète. Une simple poignée de terre abrite un monde fascinant, mélange subtil de solides, de liquides et de gaz, de matières organiques et minérales, où évoluent une multitude d’êtres vivants, pour la plupart microscopiques et inconnus. Le sol retient 60 % de l’eau douce du monde, sans compter les nappes phréatiques, situées dans le sous-sol.

-C’est dans les premiers centimètres que l’activité est la plus intense: il existe plus d’espèces de bactéries, de virus ou de champignons vivant dans le sol qu’au-dessus. Au Québec, un gramme de sol forestier cache trois milliards de bactéries. Un mètre carré de prairie héberge près d’un demi-kilo de vers de terre, qui, en 10 ans, auront digéré presque tout le contenudes 10 premiers centimètres de sol. La biodiversité souterraine est loin d’avoir livré tous ses secrets. En avril, des chercheurs britanniques ont eu la surprise de trouver un véritable tapis de cyanobactéries — les fameuses algues bleu-vert — à la surface des dunes du désert du Kalahari, en Afrique australe. Elles forment là un sol ultramince qui retient le sable et permet la vie dans le désert. Le sol, comme l’air ou l’eau, peut aussi transmettre des maladies: celle de la vache folle, par exemple, passe par le sol des prés. Et le prion, agent de l’encéphalopathie spongiforme, n’est jamais aussi virulent que lorsqu’il est liéà de l’argile, a-t-on découvert ce printemps.

Dans les dernières décennies, la pédosphère a été mise à rude épreuve par les activités humaines. L’étendue des dégâts est difficile à mesurer. La seule étude exhaustive menée à ce jour date de 1991. L’Évaluation mondiale de la dégradation des sols (GLASOD) estimait alors que 10 millions de km 2 de sols étaient gravement dégradés, sur les 115 millions qui couvrent les continents. Depuis, les surfaces touchées auraient encore grandi: selon le PNUE, de 1981 à 2003 seulement, près de 14 millions de km 2 de sols — une fois et demie le Canada — auraient perdu une partie importante de leur capacité de produire de la biomasse, indicateur clé de leur état de santé.

-(origine Rogers-médias-partners-)
Par Dominique Bied - Publié dans : agriculture
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 21:30
Je relaie ici une information observée sur le site actualités de yahoo lui-même relayant une dépêche AFP de ce jour à 18h05. La source primaire est la revue nature.

Les derniers résultats du programme de recherche EPICA confirment la très forte probabilité de l'impact de l'homme sur le climat  par  l'intermédiaire des émissions carbone.

PARIS (AFP) - Les concentrations actuelles de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l'atmosphère terrestre sont les plus élevées depuis 800.000 ans, selon les résultats de forages glaciaires effectués par des chercheurs dont les travaux sont publiés dans la revue scientifique Nature.

En dehors de la vapeur d'eau, ce sont les deux principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

Les carottages, réalisés dans le cadre du projet EPICA, ont été réalisés jusqu'à une profondeur de 3.270 mètres dans la calotte de glace qui recouvre le continent antarctique, à proximité de la base franco-italienne Concordia (Dôme C).

L'analyse de bulles de gaz piégées dans la glace a permis d'établir la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone et en méthane sur une durée de 800.000 ans, contre 650.000 ans pour un précédent forage.

Ce travail "confirme, tout en l'étendant, l'étroite corrélation observée entre les températures enregistrées en Antarctique dans le passé et les teneurs atmosphériques en CO2 et CH4", selon un communiqué du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

"Jamais, sur les derniers 800.000 ans, n'ont été relevées des teneurs en gaz à effet de serre aussi élevées qu'aujourd'hui", soulignent les chercheurs français ayant participé à ces travaux, dont le climatologue Jean Jouzel et le glaciologue Jérôme Chappellaz.

Sur un million de molécules dans l'air, 380 sont actuellement du dioxyde de carbone, contre seulement 172 il y a 667.000 ans, ce qui correspond à la concentration la plus basse jamais enregistrée, selon les relevés des chercheurs.

Le méthane, dont l'effet de serre est supérieur à celui du CO2 mais la concentration moins élevée et la durée de vie dans l'atmosphère moins longue, présente pour sa part "des fluctuations rapides à l'échelle millénaire, récurrentes au cours de chaque glaciation". Cette variation climatique serait liée aux fluctuations de grande ampleur des masses d'eau qui participent à la redistribution de la chaleur sur terre (courant thermohalin).

Une vaste étude multi-disciplinaire, également publiée cette semaine dans la revue scientifique Nature, confirme par ailleurs les conclusions du Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC), mandaté par l'ONU, sur l'origine et l'impact du réchauffement climatique.

Elle souligne que "des changements significatifs" sont en cours sur tous les continents et la plupart des océans. "Ces changements dans les systèmes naturels depuis au moins les années 70 ont lieu dans des régions où l'on a observé des augmentations de température" qui "ne peuvent être expliquées par les seules variations climatiques naturelles", poursuit l'étude.

"Les êtres humains ont une influence sur le climat à travers l'augmentation des émissions de gaz à effets de serre et le réchauffement de la planète a un impact sur les systèmes physiques et biologiques," écrit Cynthia Rosenzweig, de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA et du Centre de de recherche sur les systèmes climatiques de Columbia.

Rosenzweig et des chercheurs de dix autres institutions à travers le monde ont analysé des centaines de publications et des données collectées depuis les années 70.

Selon le Giec, l'essentiel de l'accroissement constaté de la température moyenne de la planète depuis le milieu du 20e siècle est "très vraisemblablement" dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l'homme (+de 90% de certitude). A la fin du siècle, les températures devraient augmenter de +1,8 à 4° par rapport à 1980-1999.

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /2008 19:35
Cette course organisée sur la Seine depuis les années 1960  suscitent de nombreuses oppositions, dont certaines très radicales souhaitent la disparition pure et simple de cette épreuve. Ce radicalisme déssert la cause écologique et est totalement inefficace. L'écologie en blanc et noir est contre-productive et  nuit  à l'image de l'écologie politique.

Voici comment aborder cette question et plus généralement celle des courses automobiles, de motonautismes, de motos. 

Une course comme les 24h motonautiques de Rouen consomme environ 50 000 litres de carburant. C'est ce chiffre qui suscite la colère des associations environnementales. Au premier degré, on pourrait adhérer à cette colère. En y regardant de plus près qu'en est-il?

Si on veut que l'écologie soit la tête de pont des politiques publiques, il faut respecter le principe d'efficacité et éviter un discours  moralisateur  qui passe  mal  dans  l'opinion.

Si on supprime cette épreuve, elle sera courue ailleurs, et les consommations de carburants et émissions de gaz à effet de serre seront toujours là. En sus, Rouen aura perdu un évènement et un spectacle suivi par près de 400 000 personnes. Dans ce schéma, tout le monde aura perdu.

En fait, si on veut être intellectuellement honnête sur les aspects écologiques de cette épreuve, il faut ajouter aux 40 000 litres des bateaux de course les quelques 500 000 litres du public venant assister aux 24h.

Si on veut vraiment attaquer le problème en face, il faut regarder globalement les consommations du public et des bateaux.

Comment peut-on alors trouver une solution efficace dans un rapport 10 voir plus pour diminuer cette consommation globale de carburant?

J'ai proposé aux organisateurs, à la mairie de Rouen, aux associations et aux verts, aux grandes écoles et aux entreprises, de travailler sur un plan de déplacements évènements permettant d'acheminer le public sur les lieux de l'épreuve autrement qu'en voiture sur tout leur trajet. Il suffit d'économiser un litre par voiture pour économiser près de 400 000 litres, soit près de 10 fois plus qu'en supprimant l'épreuve. Si on médiatise ce plan, l'image de la ville en serait considérablement améliorée au niveau régional, national, et même mondial car nous serions les premiers à le faire.

En se débrouillant bien, un tel plan de déplacements pourrait être décliné pour tous les grands évènements de la ville comme la foire Saint-Romain, les fêtes Jeanne d'Arc, viva cité, ou l'armada. Et là, ce sont plusieurs fois 400  000  litres  d'économisés.

Un gain écologique se mesure toujours par rapport à une situation de référence et une histoire. Un tel résultat serait exceptionnel. Une suppression de l'épreuve aurait un résultat nul.

Cette stratégie gagnant gagnant permet aux écuries de course  de concrétiser  leur  immense travail tout en permettant au public et à la ville de vivre un spectacle qui leur plaît.

Dans un deuxième temps, on pourrait travailler avec les organisateurs du championnat du monde d'endurance pour réduire la course de 24h à 12h, mais il faut que ce soit une négociation internationale.

On fait ainsi de l'écologie efficace sans braquer la population.  CAP21 s'est  toujours appliqué  à proposer  des  solutions  acceptables  par  le plus grand nombre et  très efficace. C'est  notre  raison  d'être.

J'espère que nous arriverons à un résultat pour l'épreuve 2009.
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /2008 21:52

Le développement des OGM en plein champ à des fins alimentaires animales ou humaines est-il vraiment de nature à contribuer au développement des pays en crise de hausse des prix des aliments?  Est-il  de nature  à rendre autonome  une agriculture vivrière efficace avec des bons rendements.

 Les expériences menées dans un passé récent en Argentine ont des résultats pour le moins contestables. De plus, l'aspect monoculturale des applications OGM en plein champ constituent des autoroutes à maladies à propagation rapide à grande échelle.

Or, sur le milliard d'agriculteurs dans le monde, très peu sont mécanisés, encore moins sont motorisés. D'autre part, il y a des méthodes de fertilisation très efficaces comme le BRF associé à l'agroforesterie évitant la consommation d'eau et d'intrans, (engrais, pesticides, herbicides). Des progrès dans ces deux directions peuvent être rapidement faits et cela suffirait largement à nourrir la planète sans OGM.

La majorité des politiques se désintéressent de solutions peu couteuses et efficaces et font preuve de beaucoup d'amateurisme dans les dossiers sur l'environnement.  Il est dommage d'opposer l'équilibre économique de l'agriculture à la culture biologique et la culture BRF. Certes, les agriculteurs qui utiliseront les OGM verront leurs rendements augmentés à court terme. Mais à long terme, leurs sols vont s'épuiser plus vite et tout le monde agricole sera perdant.

Ce reportage sur le soja OGM en Argentine illustre cette question de l'érosion des sols http://www.dailymotion.com/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant. Dommage, car des alternatives tels que le BRF associé à l'agroforesterie nécessiteraient d'amplifier les efforts de recherche pour déployer ces agricultures beaucoup plus performantes globalement que toutes les autres selon les trois paramètres économique, social et environnemental. Les expériences pilotes ont déjà marchées (à Livernon, à Strée près de Liège, au burkina fasso, au Sénégal). Les recherches concernent donc l'optimisation des méthodes et l'adaptation aux différents sols pour le déploiement à grande échelle.

 Je vous donne toutes les références pour vous former sur ces techniques très innovantes, vous approprier le sujet. La nouvelle loi OGM porte un grave préjudice et supprime la chance à de vraies solutions long terme d'émerger.

On voit que les OGM seront loin d'être la solution miracle pour résoudre la faim dans le monde.

 Alors, on n'a pas besoin d'OGM en plein champ hormis pour satisfaire la compétition agricole, pour avoir le plaisir de celle-ci et d'être dans les premiers producteurs du monde. On a le droit de penser cela, mais on n'a pas le droit d'utiliser des arguments fallacieux pour justifier les OGM (nourrir la terre, diminuer les pesticides, meilleur respect de l'environnement). 

 

L'agriculture en bois raméal fragmenté va au delà de l'agriculture biologique en terme de performance.  Si vous avez le temps et aussi la patience de lire un peu ces documents, vous serez passionnée par ce sujet.  Cette filière ne demande qu'à se développer avec le réseau de recherche de l'université de Savoie. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour chercher dans les OGM et aboutir à terme à un appauvrissement des sols, il vaudrait mieux financer plus largement des recherches générant de la vie dans le sol, perfectionner les BRF, comprendre la vie du sol, optimiser les essences en fonction du sol. En France et dans le monde, on fait de l'agriculture sans connaître à fond la vie du sol. C'était le constat du colloque BRF de Lyon en Février 2007.

 

La technique agricole en bois raméal fragmenté consiste à récupérer des rameaux de bois fraichement tombés, donc vivants, contenants toutes les substances nécessaires à la régénération des sols y compris l'eau.  Depuis toujours, pour faire de l'agriculture, on enlève la forêt, on nettoie le sol. On détruit ainsi sa fertilité qu'il faut ensuite reconstituer par de la chimie minérale ou du lisier. Cette chimie épuise et appauvrit le sol à long terme. Le BRF consiste à reproduire l'humus de la forêt dans le champ en broyant des rameaux de bois vivants fraichement tombés des haies ou des arbres. On mélange ainsi 3cm de BRF avec le sol (ce n'est pas un paillage mais un mélange). Ce mélange génère l'eau nécessaire pendant plusieurs années, les antibiotiques pour lutter contre les maladies, les substances énergétiques pour se développer. Un véritable écosystème autonome se construit permettant de minimiser les apports artificiels. Il n'y a pas d'érosion des sols.  Au colloque BRF de Lyon de Février 2007, il est apparu que l'on pouvait marier le BRF avec l'agroforesterie (alignement d'arbres dans les champs à des distances calibrées pour laisser les machines et à des hauteurs calibrées pour laisser passer la lumière). On peut ajouter des haies autour du champ. Ainsi, on crée de la ressource BRF et on augmente la capacité de la planète à absorber le carbone (puits carbone).  Cette technique appliquée à grande échelle est un puissant facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre car elle crée des puits carbone et consomme peu de ressources fossiles.  Nul doute que son bilan CO2  est exceptionnel.  Elle est utilisable pour la culture maraîchère comme pour la grande culture, les jardins publics et privés.   Je vous engage fortement, si vous ne l'avez pas déjà fait, à rendre visite à Jacky Dupety à Livernon dans les Causses du Quercy, pas très loin de Figeac. Vous serez édifié.

Le site de Jacky Dupety, initiateur de la technique en France à Livernon dans les Causses du Quercy. 

Le Pouzat46320 Livernon

dupety.family@wanadoo.fr

05 65 40 46 98

08 75 83 61 00

http://fermedupouzat.free.fr/pages/brf/formation.htm  

L'association chemin faisant fait de la formation et des interventions dans toute la France.

 http://cheminfaisant2005.net/Tournee2006/Intervention.php

Gilles Lemieux GCBR, département des sciences du bois et de la forêt, université de Laval GIK 7P4 Québec, Canada

gilles.lemieux@sbf.ulaval.ca

Il y a aussi des formations à côté de liège à Strées, au centre destechniques agricoles (CTA) Benoît Noël, très brillant agronome BRF pour la grande culture.

Centre des Technologies Agronomiques

Directeur: Christian MARCHE

Téléphone : 085.274960Fax           : 085.512706Messagerie : cta.stree@tiscali.be

noel.benoit@skynet.be

Rue de la Charmille, 16

4577 Strée  

Belgique 

bibliographie:

  • Les rémanents en foresterie et agriculture, les branches: matériau d'avenir Benoit Dodelin, Richard Eynard-Machet, Pierre Athanaze et Jean André

Editions TEC & DOC

références universitaires et labos de recherche:

réseau écologique REFORA Rhônes-Alpes

Université de Savoie

Laboratoire d'écologie alpine (LECA), Maison rhodanienne de l'environnement.

  • Pour une agriculture du vivant, Le BRF, vous connaissez? Editions de terrain

Production : L'Eau à la Bouche Réalisation : Frédéric GANA - Tifenn HERVOUËT - Antoine TRACOU

Pour toute commande : Frédéric GANA - 05 55 27 37 42 (France) cheminfaisant@loalabouche.org
Plus d'infos sur www.cheminfaisant2005.net - 

Sur le site de la ferme du pouzat, vous avez aussi tous les rapports de recherche de Gilles Lemieux, pionnier de la technique au Canada depuis 30 ans, voici le lien.

 http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/Frame.html 

Voici l'introduction de ces rapports.

 Au milieu des années 70, monsieur Edgar Guay, alors sous ministre attaché au ministère des forêts du Québec, cherche un moyen d'aider les forestiers de son pays à sortir de la misère. Il a l'idée d'utiliser en agriculture un déchet forestier produit en masse par la société Hydro Québec, lors de l'entretien des lignes à haute tension. Il propose à M. Carrier, un fermier qui désir augmenter le taux de matière organique  de sa terre, d'utiliser les copeaux qui porteront plus tard le nom de B.R.F.  , combinés avec du lisier  et incorporés superficiellement au sol. Les résultats ne se font pas attendre, les indicateurs de fertilité grimpent en flèche ; la parcelle traité résiste à la sécheresse qui sévit cette année là, par contre la parcelle témoin est ravagée ; l'année suivante la récolte de céréale sur la parcelle traitée atteint plus de 170% de la récolte de la parcelle non traitée [Guay et al., 1981 et 1982].

Après plusieurs recherches et projets scientifiques menés au canada, le BRF s'est orienté vers la coopération. Des projets sont nés en Ukraine, au Sénégal, en République Dominicaine,...

Une ONG, le Comité Jean Pain de Madagascar (CJPM) a initié une démarche globale, basée sur le BRF, dans un des pays les plus pauvres du monde, ce avec des résultats très probants (Construction locale de broyeurs, plantation de banques de biomasse, utilisation du BRF selon plusieurs itinéraires techniques).

De mon côté, après avoir réalisé une thèse sur le BRF et le compost, j'ai été accueilli par le professeur Lemieux afin de réaliser un stage sur la technique d'épandage directe des copeaux. J'ai ensuite entrepris de rédiger quelques articles et ce site internet.

Un projet de recherche wallon sur le BRF a ensuite vu le jour en février 2004, c'est sur ce projet que je travaille actuellement.

C'est dans cette foulée que nous avons eu l'idée de créer une association de promotion du BRF : Aggra.

 


 

 

Publié dans : agriculture
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 23:38

John Beddington : La crise alimentaire précèdera la crise climatique
 
8 mars 2008

« Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté, » avertit M. Beddington, qui occupe depuis peu la fonction de conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique.

Par James Randerson, The Guardian, 7 mars 2008

La sécurité alimentaire et la hausse rapide des prix de l’alimentation constituent le sujet majeur auquel les hommes politiques doivent faire face rapidement, met en garde le nouveau conseiller scientifique en chef auprès du gouvernement britannique.

Lors de son premier discours important depuis sa prise de fonction, le professeur John Beddington a averti que la ruée mondiale pour la production de biocarburants aggravait le problème, ajoutant qu’il était « profondément stupide » d’abattre la forêt tropicale pour cultiver des plantes à cette fin.

Intervenant dans le cadre de la « Govnet Sustainable Development UK Conference » qui s’est tenue à Westminster, il a déclaré qu’« il y a des progrès en ce qui concerne le changement climatique. Mais il existe un autre problème majeur. Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté. »

Il prévoit que les hausses de prix dans des aliments de base comme le riz, le maïs et le blé se poursuivront en raison de l’augmentation de la demande provoquée par la croissance démographique et l’augmentation de la richesse dans les pays en développement. Il a également averti que le changement climatique pourrait entraîner une pression sur l’approvisionnement alimentaire du fait de la diminution des précipitations dans de nombreuses régions et du fait de récoltes déficitaires dues au climat. « L’agriculture doit doubler sa production alimentaire, en utilisant pour cela moins d’eau qu’aujourd’hui. » La crise alimentaire se fera ressentir plus vite que les changements climatiques, a-t-il ajouté.

Il a réservé quelques uns de ses commentaires les plus acerbes à l’industrie des biocarburants qui, selon lui, a provoqué un « choc majeur » sur le prix de la nourriture. « En ce qui concerne de biocarburants, il y a eu des réactions défavorables, à juste titre, » juge-t-il. « Il y a là de vrais problèmes de non soutenabilité. »

La production de biocarburants devrait augmenter considérablement durant les 15 prochaines années. Les USA prévoient de produire 130 milliards de litres de biocarburants en 2022 - ce qui signifie qu’il faut tripler la production de maïs. L’UE a pour objectif que 5,75% de la consommation de carburant dans les transports soit assurée par des biocarburants d’ici à 2010.

Mais M. Beddington estime qu’il est essentiel que les biocarburants soient cultivés selon des techniques soutenables. « Certaines de ces filières de biocarburants sont des impasses. L’idée d’abattre la forêt tropicale pour parvenir à augmenter la production de biocarburants semble profondément stupide. »

Avant d’occuper cette fonction de directeur scientifique, en remplacement de Sir David King, M. Beddington a enseigné la biologie appliquée à l’Imperial College de Londres. Il est également expert dans le domaine de l’utilisation durable des ressources renouvelables.

Hilary Benn, le secrétaire à l’environnement, a déclaré à cette conférence que la population mondiale devrait augmenter de 6,2 milliards aujourd’hui à 9.5 milliards en moins de 50 ans. « Comment allons-nous nourrir tout le monde ? » s’inquiète-t-il.

M. Beddington avertit qu’à court terme, le développement et l’accroissement de la richesse ne feraient qu’ajouter à la crise alimentaire. « Lorsque l’on passe [d’un revenu de] de 1 euro par jour à 5 euros par jour, on obtient une augmentation de la demande de viande et de produits laitiers... qui génère une demande supplémentaire de céréales. » Au-dessus de 5 euros par jour, les gens commencent à vouloir des aliments transformés et emballés, ce qui implique une plus grande utilisation d’énergie. De l’ordre de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 1,3 euro par jour.

Il devrait également y avoir une augmentation de la demande à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, estime-t-il. A l’heure actuelle, il existe sur terre 350 millions de foyers disposant d’au moins 10 000 euros par an. Ce nombre devrait passer à 2,1 milliards en 2030. « C’est une formidable bonne nouvelle. Il s’agit là d’une prévision de la Banque mondiale indiquant que la lutte contre la pauvreté produit des résultats réels. »

Mais il avertit également que l’augmentation du pouvoir d’achat devrait aboutir à une plus grande pression sur l’approvisionnement alimentaire. Les stocks mondiaux sont actuellement au plus bas niveau historique, avec seulement 40 jours de réserves. « Je n’ai pris ma fonction que depuis neuf semaines, et n’ai donc pas encore toutes les réponses, mais il est clair que le la science et la recherche ont un rôle fondamental afin d’accroître le rendement de la production agricole. »


Publication originale The Guardian, traduction Contre Info

Par James Randerson - Publié dans : agriculture
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