Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /2008 23:41

Du pain  et des jeux. Voilà ce qu'on propose aux français dans l'enchaînement d’une série type "Dallas" que nous propose notre président de la république et le parti qui le soutient depuis 6 mois.

 

Nous assistons à un catalogue de mesures à impacts marginaux aussi bien microéconomiques que macroéconomiques, que ce soit le bouclier fiscal, les heures supplémentaires, ou les régimes spéciaux.

 

Pour masquer ces résultats contestables, on offre les feuilletons Cecilia, les infirmières bulgares, les vacances du président, Kadhafi, Carla, et plus généralement, la compassion instrumentalisée au service d'une politique et visant à faire croire que l'on s'occupe des moins fortunés. On nage en pleine contradiction entre le rapport à l'argent de notre président et les problèmes réels de la France qui sont loin d'être en voie de résolution.

 

Qu'en est-il des investissements des petites et moyennes entreprises, des  millions de ménages qui comptent à l'euro près à la fin de chaque mois et qui, s'ils ne sont pas aidés par la sphère publique ou privée, n'ont aucune chance de voir leur sort s'améliorer pour eux et leur descendance. Ils sont exclus à tout jamais de l’enrichissement et donc de liberté, un des trois piliers de notre république.

 

Faisons les comptes au minimum des minimums: on ne peut vivre et travailler dignement si on ne peut financer les fonctions essentielles de la vie: se nourrir, se loger, se déplacer.

 

Se nourrir: 10 euros par jour et par personne soit 300 euros par mois.

Se loger: 500 euros par mois en ordre de grandeur.

Se déplacer en possédant une voiture d’occasion que l’on renouvelle tous les dix ans et qui satisfait à l’usage minimum: 200 euros par mois.

Détaillons ce dernier coût. On cherche un minorant au sens mathématique du terme.

Prenons l'hypothèse d'une voiture d'occasion de 6000 euros que l'on garde 10 ans avec une inflation à 3% et payé en 10 fois sans frais.

Prenons aussi l'hypothèse d'un bonus de 50% pour les assurances, un kilométrage annuel de 10000km avec une consommation de gasoil de 6 litres aux cents et un coût au litre de 1.15 euros.

Les postes de dépenses minimum sont l'achat, la provision pour renouvellement, l'assurance, l'entretien, le carburant.

achat: 600 euros par an sur 10 ans
provision pour renouvellement à 1.03% d'inflation: 200 euros
assurance: 300 euros
entretien: 300 euros
carburant: 700 euros

total annuel: 2100 euros soit 175 euros par mois. Disons 200 pour arrondir.
 

Ceci est vraiment un minimum car on n'a pas payé l'énergie, l'électricité, les vêtements, les impôts, le téléphone etc...

 

Nous arrivons à 1000 euros nets par mois.

Pour les couples sans enfant, on double le budget nourriture, on garde une seule voiture et le même logement,
 
Pour les couples avec 2 enfants, on multiplie par 4 le budget nourriture, on multiplie par 1.5 le budget logement, le reste est invariant par rapport aux couples sans enfant.  

Croisons cela avec les revenus nets, la structure des ménages français et regardons le nombre de français en grande difficulté financière structurelle.

Il y a environ 30 millions de ménages en France se répartissant comme suit:

33% de personnes seules, 26% de couples sans enfants, 28% de couples avec 2 enfants et plus (source INSEE). Je n'ai pas trouvé le chiffre des couples avec 2 enfants uniquement, considérons donc que nous avons un minorant en termes de nombres de personnes. 

La barre pour une personne seule est de 1000 euros nets, 10% des personnes seules. Cela représente 10 millions de personnes.

Pour les couples sans enfant, la barre est à 1300 euros nets, soit 8 millions de personnes supplémentaires.

Pour les couples avec 2 enfants, la barre est à 2150 euros nets, soit 8 millions de personnes supplémentaires. 

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Nous arrivons alors au chiffre effarant de 26 millions de personnes n'ayant aucune marge de manoeuvre, aucune liberté ni maintenant ni pour le futur et leur descendants. Nous ne sommes pas loin de la moitié de la population française.

Nous sommes loin des chiffres du seuil de pauvreté statistique. La fracture sociale de 1995 est encore là et solidement installée.

Le deficit de démocratie n'est-il pas là? On peut donc considérer qu'il y a 40 millions de personnes pauvres en France par rapport à un standard de vie digne. Elles sont au
au bord de l'asphyxie financière, du surendettement structurel. Ce petit calcul montre aussi à quel point la conception d’un urbanisme contraignant une population à l’usage individuel de la voiture, à des énergies fossiles pour se chauffer, à l’exil urbain pour trouver un prix du foncier supportable et un logement agréable est calamiteux dans une dynamique sociale.

Il y a bien près de 30 millions d'esclaves en France. Ce pourrait être le titre choc d'un livre.

Il est grand temps de revoir les calculs d'aides et la fiscalité pour résoudre les problèmes d'inégalités croissantes auxquels nous avons à faire face. Nous n'en prenons pas le chemin.

 

Il en est de même pour les petites et moyennes entreprises, pour qui le ticket d’entrée sur certains marchés monopolisés par les grands groupes est trop élevé.

 

Quand au grenelle de l’environnement, sans une réforme profonde de l’administration, l’ADEME, la DRIRE, les préfectures etc…, aucune loi ni règlement ne sera efficace. Les tracasseries administratives auront raison de toutes les bonnes volontés. L’administration doit aider à la transformation de nos modes de vie, donc de la demande, et non à la reproduction de l’offre des lobbies industriels actuels. Les 20 millions de ménages en voie de surendettement n'auront pas la trésorerie pour investir dans la transformation des usages de l'énergie. Certes, les taxes sur les activités polluantes vont aider les plus aisés à modifier leur mode de consommation, mais seules l'innovation et l'intelligence collective pour transformer les usages permettront de sortir de ces sables mouvants, la transformation des modes de production d'énergie ne suffira pas. 

 

Voilà le vrai défi que nous avons à relever, en particulier comment faire en sorte que se loger et se déplacer coûte moins cher aux français, comment on peut financer l'université de manière innovante (voir ci-dessous), comment on peut permettre aux français de s'enrichir (et ce n'est pas quelques heures de travail en plus par semaine qui changeront la structure profonde de notre économie).

 

Comme le disait Einstein, on ne peut résoudre les problèmes du pays avec les mêmes schémas de pensée et les mêmes modes managériaux que ceux qui ont servi à créer ces mêmes problèmes.

Or le gouvernement, sous l’étiquette de réformes profondes et une communication velléitaires, ne modifie les choses qu’à la marge.

 

Voici un exemple de proposition innovante pour financer un accroissement significatif du budget des universités.

 

Ce n'est pas 1 milliard d'euros par an que l'université a besoin mais 10 pour rattraper son retard. Je pense qu'il ne faut pas tromper les français sur le sujet, ce que l'on fait actuellement.

Il faut rendre les français responsables de leur avenir, les inciter à investir plus qu’à consommer.

 

Le niveau d'inscription moyen est de 180 euros par an et par étudiant en France (source Jacques Marseille).

 

Questions: comment augmenter les droits d'inscription en faisant participer un maximum de français (assiette large) et les autres acteurs que sont l'état, les entreprises, les collectivités territoriales, les marchés financiers.

 

Je propose que dès la naissance d'un enfant, on prélève un impôt qui serait une sorte d'épargne obligatoire placée sur des fonds communs de placement garantis par l'état et abondés de la même somme par tous les autres acteurs, à l'image des plans d'épargne entreprises. Le ménage met 100 et les autres acteurs les 100 autres.

 

Petit calcul de coin de table: si on veut passer les droits d'inscriptions à 1800 euros par an sur 7 ans d'études d'un enfant (on admet une réorientation et un redoublement), il faut préparer un capital de 12600 euros sur une vingtaine d'années. Rappelons que le cac40 sur 30 ans apporte une moyenne de 7% par an. Cela représente 30 euros par mois (à 5% par an de la valorisation de l'épargne) à se partager entre tous les acteurs, ce qui est relativement indolore pour les ménages. Pour l'état, cela représenterait le coût de l'abondement dont le curseur est à définir. On peut aussi envisager que ce soit l'employeur du ou des parents qui abonde ou tout autre partage. L'avantage de ce système est qu'il oriente une partie des flux financiers vers l'avenir du pays, et c'est là où le système est conforme aux valeurs du modem (économie aux services de la justice, donc justice en 1 et économie en 2). Ce système responsabilise aussi car il permet aux français de prendre conscience de la nécessité de préparer l'avenir. On diminue un peu la consommation matérielle et on investit massivement dans l'économie de la connaissance. 

 

Ensuite, il faut regarder le financement de la phase d'initialisation du système pour le perfectionner. 

 

Ceci serait une méthode intelligente pour rediriger une partie de l'argent de la finance vers l'université sans augmenter l’impôt ou les taxes. 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /2007 12:52
Corinne Lepage: nous devons sauver le Modem
 
 
Nous avons besoin du Mouvement Démocrate pour la vitalité démocratique de notre Pays ; les attaques qui se sont cristallisées au cours des dernières heures contre François BAYROU visent sans doute la personne au-delà de ce que le combat politique loyal devrait permettre mais surtout visent à empêcher la constitution de la seule force nouvelle de la vie politique française.

Des critiques peuvent toujours être faites.

Il n’en demeure pas moins que c’est la première fois qu’un parti politique élabore, directement avec ses militants, des statuts qui donnent lieu à des débats extrêmement importants.

C’est la première fois qu’un parti politique se donne la peine de ne pas confier les rênes à des apparatchiks et tente de définir de nouveaux rapports entre militants et élus, de telle sorte que les uns et les autres puissent être convenablement représentés et entendus au sein des instances dirigeantes.

C’est la première fois qu’un parti politique accepte de jouer le jeu, dans une totale transparence, de la réflexion sur l’équilibre qu’il convient de trouver entre l’efficacité politique et la démocratie interne.

Or, si précisément une telle profusion de propositions, de contributions, d’amendements arrive de la nouvelle génération militante du Mouvement Démocrate, c’est bien parce que l’espoir soulevé par la candidature de François BAYROU lors de l’élection présidentielle et qui a rassemblé près de 18% des français n’est pas retombé.

Nous avons maintenant la charge de faire vivre ce parti, et d’en faire effectivement un lieu démocratique à même d’offrir un véritable projet à nos concitoyens.

Car, et peut-être faut-il le rappeler, dans ces temps où il est bienvenu d’oublier assez vite ses convictions et son éthique pour asseoir sa carrière personnelle, la dignité de la politique, c’est précisément de proposer un projet et de défendre des convictions malgré les résistances et les freins au changement qui s’y opposent.

Le Mouvement Démocrate va être porteur d’un projet nouveau en ce qu’il sera l’expression d’une nouvelle forme de gouvernance et d’une véritable politique de développement durable.

En effet, et c’est là l’enjeu, nous allons devoir changer radicalement notre manière de vivre dans les années à venir. La société du carbone, des énergies fossiles, de l’automobile et du tout jetable touche à sa fin.

Cette révolution est particulièrement difficile à faire dans un pays comme la France, confrontée à de très lourdes difficultés, liées à un appauvrissement que l’on veut nier, à une montée des tensions et de la violence, à une inégalité croissante et criante entre nos concitoyens.

Le développement durable est précisément l’occasion de sortir par le haut de cette crise en déterminant ce que peut être un projet commun.

C’est précisément à cela que le Mouvement Démocrate doit s’employer sans se soucier des torpilles qui lui sont régulièrement adressées, avant même que le Congrès Constitutif n’ait lieu, torpilles qui sont probablement le signe d’une certaine inquiétude de tous ceux qui ne souhaitent surtout pas que la vie politique française change.

Corinne Lepage
 
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /2007 19:48
Nous y sommes. Toutes les prévisions annoncées par les écologistes responsables depuis de nombreuses années se réalisent une à une. Le baril à 100 dollars était annoncé en Décembre 2006. Nous y sommes un an plus tard. L’incurie des gouvernements en matière de gestion des ressources de la planète, le manque d’anticipation, pire, toute la construction du progrès dans sa forme actuelle nous a emmené dans ce piège infernal de la hausse des prix du pétrole et plus généralement des matières premières, sacrifiant de nombreuses populations. Le soi-disant développement se transforme en régression, voir la mort pour des millions de gens dans le monde alors qu’un petit nombre vit dans le confort pour les uns, l’opulence pour les autres.
 
La croyance aveugle dans le seul progrès technique a rendu borgne nos élites, celles qui ont été au pouvoir dans les 25 dernières années. L’urbanisme a été spécifiquement conçu pour encourager l’usage de la voiture individuelle. Ainsi, avec l’aide des promoteurs immobiliers, une classe moyenne insouciante et aveuglée par la publicité a émigré vers un habitat en maison individuelle dans tissu urbain diffus et peu dense, inaccessible aux transports publics dans des conditions économiques acceptables. La distance domicile travail est ainsi passée en moyenne de 5km dans les années 70 à 36km aujourd’hui selon le dernier recensement de l’INSEE.

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L’augmentation des échanges commerciaux et donc de la concurrence mondiale empêchant une augmentation des salaires, la classe moyenne se retrouve enfermée dans ce piège dont les deux branches se ferment toujours un peu plus. Une grande partie de cette population va passer d’une vie confortable à une vie difficile.
 
De plus toutes les professions dépendantes des énergies fossiles sont à bout de souffle. Par exemple, au lieu d’avoir mis le paquet dans une recherche amont efficace permettant de trouver d’autres carburants que le fioul pour les chalutiers, on a laissé faire dans l’inconscience la plus totale. On aurait pu, par exemple, développer depuis longtemps la filière biogaz, rendant autonome et invulnérable à la hausse des prix des carburants ces professions.
 
Or l’aveuglement continue. La folie des contournements autoroutiers urbains se poursuit, à Grenoble ou à Rouen par exemple. Cette logique infernale incite des populations insouciantes de l’avenir à continuer de se loger dans le périurbain les contraignant à se déplacer en voiture, alors même que le prix du carburant ne peut que monter, et ceci quelque soit les vertus écologiques du carburant en question. On organise ainsi un véritable pillage de nombreuses familles pour alimenter les grands gagnants de ce deal que ce sont les pays producteurs de pétrole et les raffineurs. Cet argent nous manque cruellement pour être dépensé ou réinvesti chez nous dans la préparation de l’après pétrole. Les décisions des élus locaux contribuent ainsi à refermer un peu plus les deux branches du ciseau.
 
Sans proposition structurelle solide au niveau des modes de vie et de déplacements, nous allons tout droit vers de graves difficultés sociales. A ce titre, le grenelle de l’environnement n’a émis aucune proposition innovante, et surtout, s'il n'y a pas de cohérence territoriale, il y a peu d'espoir de se voir concrétiser les bonnes intentions affichées. 
- Publié dans : environnement et économie
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Jeudi 25 octobre 2007 4 25 /10 /2007 23:01

Je participais le 8 Octobre au grenelle régional du Havre pour la Haute-Normandie dans l'atelier lutter contre le changement climatique et maîtriser  l'énergie.

Nous avions l'atelier le matin et le débat public en fin d'après-midi.

Voici la trame de mes interventions:

Un des objectifs du grenelle est de quantifier les mesures, ce que j'ai essayé de faire. On n'a pas beaucoup parlé de quantification dans les médias, voilà qui comble ce manque.
 
Les automobiles françaises émettent en moyenne 2 tonnes de CO2 par an et par voiture soit 60 millions de tonnes.
 
Impact du développement du vélo:
 
Quel est le potentiel du vélo dans nos déplacements?
 
La moitié des déplacements automobiles fait moins de 3km. Chaque automobile se déplace 3.3 fois par jour. Le potentiel de kilométrage possible à vélo peut être évalué à 30 millions de voitures multipliés par 1.65 multiplié par 365 jours multiplié par 1.5km par déplacement en ordre de grandeur. Nous arrivons à un potentiel de 27 milliards de km. Prenons 100 g de CO2 par km ce qui est un minorant.
 
En mettant en place des politiques vélos ambitieuses, on gagne 4.5% d'émissions CO2 de la part automobile, elle-même représentant 10% environ du total émissions CO2 en France.
 
Le vélo a donc un potentiel de diminution de 0.5% du total des émissions françaises. Ce n'est pas nul, mais insuffisant.
 
Par contre, il y a des effets induits car un cycliste régulier prend plus souvent les transports en commun. L'enjeu pourrait être l'abandon de la deuxième voiture. 
 
Impact des plans de déplacements entreprises.
 
Les déplacements domicile travail représentent 1/4 des déplacements d'une automobile avec une distance moyenne domicile travail de 36km sur 200 jours par an. Elle était de 15km en 1999 et 5km dans les années 70.
 
Si on prend cette hypothèse, le chiffre moyen habituel de kilométrage par voiture explose. Je prendrai donc une autre méthode pour minorer et indiquer un potentiel d'économies calculé en minorant.
 
distance moyenne 15km, 30 millions de salariés dont 80% se déplacent en voiture.
 
L'exemple du plan de déplacements d'entreprise de STMICROELECTRONICS à Grenoble montre que l'on peut gagner un facteur 2.
 
Potentiel de gain de 50%.
 
Le potentiel d'économie d'une généralisation de la démarche par la voie législative est donc de  10% du total d'émissions CO2 voiture, 1% du total d'émissions françaises. 
 
Impact du projet taxi collectif temps réel.
 
Nous avons vu dans ma précédente contribution que nous pouvions gagner un minimum de facteur 2, ce qui montre l'efficacité d'un tel projet. C'est la montée du taux moyen d'occupation des automobiles de 1.4 à 2.8 et plus qui permet cela. 
 
Impact économique d'une réduction de l'usage individuel de l'automobile sur le pouvoir d'achat des ménages. 
 
On voit que le manque à gagner, sur 40 ans d'activité professionnelle, peut aller de 100 000 à plus d'1 million d'euros suivant la capacité d'épargne, l'arbitrage consommation épargne, le taux de croissance de l'investissement. Il y a donc un potentiel énorme de transfert de valeur vers des activités économiques moins consommatrices d'énergie. Ce calcul s'obtient en prenant un éventail de capacité d'épargne mensuelle de 100 à 500 euros avec un taux de croissance de 2.5 à 7%. Rappelons que sur trente ans, le placement en actions est le meilleur de tous, malgré les trous d'air périodiques, rapporte 7% par an.

Ces considérations montrent que le progrès technique des moteurs est notoirement insuffisant. C'est par des organisations sociales innovantes que nous allons tenir les objectifs compatibles avec le développement durable.
Pour mettre en oeuvre les politiiques d'urbanisme et de transports efficaces, il sera nécessaire d'assurer une cohérence entre la gouvernance locale et les objectifs nationaux. Cela est à construire.
 
Enfin, dernière proposition sur l'agriculture.
 
Il convient de massifier l'agriculture en bois raméal fragmenté couplé à l'agroforesterie. Elle permet d'annuler quasiment la consommation d'eau et les intrans. Elle va au delà de l'agriculture biologique actuelle en terme d'efficacité économique et environnementale. Je vous incite à prendre contact avec Jacky Dupety, Gilles Lemieux, Daniel Henry, Benoit Noël. Cela marche aussi bien pour la grande culture que pour l'agriculture maraîchère. Elle reconstitue l'humus de la forêt dans les sols agricoles.

L'après-midi, les lobbies des travaux publics et de l'automobile ont fait valoir le droit à la mobilité et donc la construction d'équipements routiers.

Ces interventions dénotent une attitude un peu défensive. Le droit à la mobilité se limite-t-il à vouloir aller en tout point, à tout moment, seul en voiture à la vitesse maximal que l'on veut? Les entreprises de l'automobile et les constructeurs d'équipements routiers doivent s'adapter rapidement à la nouvelle donne environnementale. Il y a encore du chemin culturel à parcourir.   
 


 
 
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /2007 20:15

Le port autonome de Rouen a décidé, en 2006, de reconfigurer le boulevard maritime, sur lequel il y avait une piste cyclable bidirectionnelle en site propre, certes en mauvais état, mais l'espace existait. Le port a décidé de demander des fonds européens pour le développement régional, les fonds FEDER. 
Cette voie part pratiquement du centre de Rouen pour désservir des entreprises et la zone portuaire en aval.

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Dans un grand élan de générosité et à contre courant de ce qu'il faut faire en matière d'environnement, il a réussi le tour de force de supprimer la piste cyclable dans le projet. L'association SABINE défend le développement du vélo dans l'agglomération rouennaise. Elle a attaqué d'abord au tribunal administratif en faisant valoir l'article 20 de la loi sur l'air obligeant, chaque fois qu'une voirie urbaine est reconfigurée, à prévoir un aménagement cyclable. Après une mascarade de procès l'association a été déboutée. L'avocate du port autonome a employé pendant sa plaidoirie tout sorte d'arguments plus ou moins douteux du genre "plus personne ne va aujourd'hui au travail à vélo.". Elle a également employé des arguments de procédure ayant trait à l'existence d'une délibération. Enfin, l'avocate s'est rangée derrière une interprétation des mots de la loi en disant que "cet axe de statut portuaire ouvert à la circulation générale" sortait du champ de la loi. Cet argument ressort également dans le rapport d'enquête plublic du commissaire enquêteur.  Voilà comment on détourne en France l'esprit des lois pour éviter d'appliquer des règles contraignantes en matière d'environnement.  Le port autonome, en sus, dans une mauvaise foi totale, dit qu'on ne peut plus rien changé aux travaux alors que la photo ci-dessous montre le contraire. 

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Les autres arguments du port autonome frisent le ridicule pour ne pas en dire plus. Par exemple, il y a des entreprises seveso. Tiens donc, je ne savais pas qu'un automobiliste dans une voiture avec 50 litres d'essence était moins en danger qu'un cycliste. Je ne savais pas non plus qu'un salarié allant à pied d'un bâtiment à l'autre était moins vulnérable. 

La DRIRE insiste dans le ridicule avec la remarque suivante:

elle considère qu'en cas de sinistre, la protection la plus efficace est le confinement, ce qui est possible à bord de véhicules mais pas pour des usagers de deux roues ou des piétons.

 On nage là dans la farce la plus extrême digne d'une pièce de Molière.

L'association ne se décourage pas et pose un recours au niveau européen, sans grande efficacité au niveau du résultat. En fait, la piste sera remplacée par des arbres, ce qui est un comble. 

Ensuite vient l'enquête public. Le rapport du commissaire enquêteur est un modèle d'anticulture environnementale. Voici quelques extraits croustillants.

"Ce pari de développement de la pratique courante de la bicyclette peut apparaître tentant mais, se heurtant à de multiples obstacles, reste très problématique. Les habitudes de facilité et confort créées par les déplacements en automobile sont bien ancrées, et un important changement de mentalité semble nécessaire à leur abandon."

Cette voie ne sera donc pas aménager pour les vélos. Les cyclistes auront ainsi le droit de circuler, mais en insécurité totale.

C'est la plus grand scandale dans l'aménagement cyclable de l'agglomération de ces dernières années. Les autres financeurs n'ont pas daigné appuyer la démarche de SABINE par des sanctions financières à l'égard du port autonome.

Voici maintenant le contre exemple néerlandais, entre Delft et Rotterdam.

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Nous sommes ici sur la ligne droite qui relie Delft à Rotterdam. Cette route, empruntée par des véhicules lourds, borde le canal de Delft où circulent des péniches transportant des matières dangereuses. Pourtant, toutes les entreprises ont un accès vélo. Ci-dessous, la piste cyclable située dans le prolongement de cette route rejoint Rotterdam, plus grand port du monde.  Les voitures sont tolérées à vitesse modérée. Ce sont les vélos qui vont tout droit, les automobilistes qui veulent des axes plus rapides font les détours nécessaires.

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Vous voyez ici le début de la piste qui longe le canal dans le prolongement de la zone industrielle ci-dessus. On peut aussi remarquer, comme à Bruges, que même dans une périodede travaux, la conservation des passages piétons et vélos est une règle. La voiture non.

Si on veut graver dans le marbre le grenelle de l'environnement, il convient que les directions d'entreprise, la DRIRE, les élus et les commissaires enquêteurs fassent une révolution culturelle. Cela devient urgent, nous n'avons pas de temps à perdre avec des gens dont la malhonnêteté intellectuelle n'a d'égale que le ridicule de leurs arguments comparés à ce qui se fait ailleurs en Europe.

   


 
   

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /2007 20:52

Changer de culture environnementale relève souvent de symboles et d’exemples. Voici un exemple de l’anti-culture environnementale française et le contre exemple de la culture environnementale danoise.      

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Cette rue est bordée de boutiques de grand luxe pour une clientèle très fortunée de célébrités. Les voitures stationnées sont des 4X4, des Ferrari ou autres Porsche rutilantes.
 
Qu’en est-il des vélos ? Crime de lèse petite reine, nous sommes obligés de mettre pied à terre dans cette petite voie où les émissions CO2 abondantes règnent. La raison invoquée est la sécurité de ces célèbres personnes. Certes, le ridicule ne tue pas, mais quand même.
 
Pourtant, cette endroit est idéale pour joindre la gare Saint-Lazare à la chambre des députés en évitant la très chargée rue Royale et la place de la Concorde.
 
Cette rue est donc un symbole fort de l’anti-culture environnementale française. Il revient au tout nouveau ministère de l’écologie de mener des actions symboliques pour massifier l’usage du vélo en ville. Ce mode de transport doit pouvoir aller partout sans contrainte majeure, comme cela se pratique dans les pays scandinaves.
 
Voici le contre exemple, le palais royal à Copenhague au Danemark. Nous avons une place de forme circulaire. Les bâtiments royaux longent le périmètre. Peu de forces de l’ordre, circulation apaisée ouverte à tous, peu de véhicules motorisés. Le vélo est choyé tout comme le piéton, pas de trottoirs hauts, bref, pas d’obstacles majeurs.
 
Monsieur Borloo et Monsieur Baupin, s’il vous plaît !!!!!!Changer les pratiques commence par l'exemple.

 

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Nous sommes ici dans la rue Boissy d’Anglas, dont une partie est située entre la rue du faubourg Saint-Honoré et la place de la Concorde. Sur cette portion, la circulation est fortement surveillée. Cette rue est fermée à la circulation automobile hors clientèle réservée. Les piétons peuvent y circuler librement, mais sont priés par des forces de l’ordre en nombre de rester sur les trottoirs hauts et étroits séparés de la route par des barrières métalliques. Par contre les voitures peuvent tranquillement occuper un espace viaire confortable (stationnement plus flux). Nous sommes en pleine ségrégation des usages.
   IMGP1576.JPG

Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /2007 18:14
Voici un article paru dans le nouvel observateur le 20 Septembre. J'en fais quelques commentaires.

De Tokyo à Londres en passant par Paris
Faut-il supprimer la voiture ?
La chasse à la bagnole est ouverte. La France, elle aussi, se convertit au transport «doux». Tram, vélos en libre-service, auto-partage... A l'approche des municipales, chaque maire défend son projet. Christophe Boltanski a enquêté sur ce nouvel idéal citadin qui risque aussi d'élargir le fossé entre centre et banlieue

 

A droite, deux policiers verbalisent un jeune motard, coupable d'avoir remonté la bande d'arrêt d'urgence. Sur la voie de gauche, un conducteur se cure le nez. «Attention, sale caractère», prévient l'autocollant plaqué sur son pare-brise. Derrière lui, un livreur tient son volant à bout de bras, comme s'il essayait de le pousser. Inutile. Sa voiture est à l'arrêt, comme les autres. 7h22 et un énième bouchon. «A6 = BP 29 min», annonce le panneau à diode, suspendu à une passerelle. Traduction : 29 minutes pour rejoindre le périph. Même à pied, ça irait plus vite. Une sirène de pompier fait craindre le pire. «Il y a beaucoup de difficultés en direction de Paris», confirme l'animateur de RMC qui souhaite «courage et patience» à ses auditeurs motorisés. Ces amas de tôles immobiles contiennent surtout des hommes solitaires.
Des murs antibruit, recouverts de graffitis, forment leur horizon immédiat. Au loin, une brume grisâtre enveloppe la tour Montparnasse. Un jour ordinaire dans la vie d'un Francilien à quatre-roues.
Non, il n'y a plus d'automobilistes heureux. En tout cas, pas ici, pas à cette heure- là. Sur l'autoroute, la station-service prend une allure de refuge par temps de cyclone. «Dire que notre vie est devenue infernale est une lapalissade, admet Dominique, médecin. Avant, conduire était perçu comme un plaisir. C'est devenu une contrainte.» Près de la machine à café, un transporteur, l'oreille collée à son téléphone portable, prend des nouvelles du front. «Quarante minutes jusqu'à la porte d'Orléans !», crie-t-il à la cantonade. Non loin de lui, apposée près de la pompe à essence, une affichette proclame encore : «Vive la liberté !» Et si la liberté était en train de changer de camp ?

 

Longtemps associée à la voiture, elle accole son nom, depuis le début de l'été, à un moyen de locomotion beaucoup plus rudimentaire. Un cycle argenté, avec un guidon en forme de V comme Vélib'. Une petite révolution effectuée en un coup de pédales. Paris n'a pourtant rien inventé. Plusieurs expériences de vélos en libre-service avaient été menées à La Rochelle, à Rennes, en Allemagne, plus récemment à Oslo ou à Vienne. Trop timorées, trop dispersées. C'est Lyon qui a trouvé la solution avec Vélo'v (voir p. 22). Son secret ? L'effet de masse. «On est également arrivé à la conclusion que ça ne marche pas au-dessous de 10 000 vélos. Il faut permettre aux gens défaire quasiment du porte-à-porte», explique Céline Lepault, qui pilote le projet à la Ville de Paris.
Vélib' ne cesse de faire de nouveaux adeptes. Il compte déjà plus de 2,5 millions d'utilisateurs. Certains jours ensoleillés d'août, son opérateur, JCDecaux, a enregistré près de 100 000 déplacements. Avec la rentrée, l'intérêt pour ce vélo en libre-service n'a pas faibli. Bien au contraire. Nadine, conseillère en marketing, vient de prendre un abonnement à l'année. Elle compte l'utiliser pour aller à son travail. «J'ai déjà un vélo. Mais celui-là, je n'ai pas peur de me le faire voler. Et, au retour, s'il pleut, je ne le prends pas.»
Le système séduit par-delà les frontières. Sur la place de l'Hôtel-de-Ville, Jenny Jones, une adjointe au maire de Londres, s'extasie devant l'engin. «Cela me semble fantastique, déclare-t-elle. C'est ce dont on a besoin aujourd'hui. Le vélo peut rendre la ville plus agréable et plus propre. Si cela ne tenait qu'à moi, nous l'adopterions demain.» L'élue britannique finit par détraquer la machine à force de poser et reposer son Vélib' sous les flashs des photographes. Sa visite en compagnie de la première adjointe de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, se déroule à grand renfort de publicité. Grâce à Vélib', le maire de Paris bat des records de popularité. A six mois des municipales, c'est devenu l'une de ses principales armes électorales. Nombre de ses collègues de la proche banlieue voudraient l'étendre à leurs communes. Même le président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, Roger Karoutchi, un apôtre des autoroutes, souhaite «une expérimentation en petite couronne» de Vélib'. Un casse-tête juridique et commercial.
Dans les grandes villes françaises et européennes, c'est la fin du tout-voiture. Partout ou presque, le trafic auto recule dans les «hypercentres» au profit de transports «doux». Moins 19% à Paris par rapport à 2001, idem dans le coeur de Londres, - 20% à Bordeaux (voir p. 18)... Toulouse vient d'inaugurer sa deuxième ligne de métro et lance en novembre son système de vélos à carte. Strasbourg (voir p. 26), la pionnière, parachève un réseau de tramway, avec des stations de correspondance et des parkings le long des lignes. Même Marseille, ce mauvais élève constamment au bord de l'apoplexie, s'y met (voir p. 20). La cité phocéenne possède enfin un tramway, 11 kilomètres de ligne. Un début modeste. Cela n'empêche pas Renaud Muselier, le premier adjoint au maire (UMP), de promettre une réduction de 30% de la circulation automobile dans le centre- ville d'ici à 2010.
Pour parvenir à ses fins, chacun a sa méthode. Estimant que le morceau de bitume était une denrée rare, donc coûteuse, la ville de Londres a instauré un péage et envisage maintenant de moduler sa taxe en fonction des heures creuses ou d'affluence. Paris a réduit l'espace disponible, en créant 63 kilomètres de couloirs de bus, en élargissant les trottoirs, en traçant des pistes cyclables, selon le principe qu'un tuyau étroit laisse écouler moins d'eau. Comme son patron, Bertrand Delanoë, Denis Baupin, l'adjoint Verts, chargé des transports, juge le péage «discriminatoire», mais «n'exclut pas» d'y recourir «si (sa) politique ne fonctionne pas». Genève a instauré «un droit à la mobilité». Si un automobiliste dispose d'une station de transport en commun à proximité de chez lui, il paie une petite fortune à chaque fois qu'il se gare dans le centre-ville. Dans le cas contraire, il bénéficie d'un tarif privilégié.

«On n'est pas dans l'èpiphènomène. On est dans une tendance de fond, insiste le sociologue Bruno Marzloff, spécialiste de la mobilité. Partout, les signes se multiplient. De Singapour à NewYork, d'Amsterdam à Bruges ou Tokyo. La lassitude à l'égard de la voiture est générale.» Une ère s'achève. Il y a trente-cinq ans, Pompidou voulait des villes dessinées pour et par l'automobile. Elle était garante de prospérité, de vitesse, de liberté, d'accomplissement individuel, de bonheur familial. Elle a envahi l'espace public, chassé les tramways, grignoté les trottoirs. La voilà devenue une pestiférée, pis, un fardeau synonyme de bouchons, d'accidents, d'étalement urbain, d'égoïsme. Et surtout de pollution, n'en déplaise aux constructeurs, la voiture propre n'existant pas encore. Elle rejette toujours particules, benzène, dioxyde d'azote et gaz à effet de serre. «La voiture n'est pas adaptée à la ville, insiste Denis Baupin. La solution n'est pas de l'éradiquer mais d'en faire un complément aux modes de déplacement réellement adaptés comme les vélos, le métro, les bus. Avant, on parlait du métro comme de la deuxième voiture. C'est l'inverse qui doit se passer. La voiture doit être le deuxième métro.» Il vient d'ailleurs de sortir un livre au titre évocateur : «Tout voiture, no future» (1).
Autrefois, des écolos qui, comme lui, appelaient à la croisade antivoitures, prêchaient dans le désert. A son arrivée à l'Hôtel de Ville, Baupin était qualifié d'«ayatollah vert» par ses adversaires. Aujourd'hui, presque tous les maires de grandes villes, quelle que soit leur étiquette, ne parlent plus que de respect de l'environnement et de transports doux. «C'est devenu consensuel. Ce que fait Alain Juppé à Bordeaux n'est pas très différent de la politique conduite par Bertrand Delanoë à Paris», souligne l'urbaniste Benoît Juster, consultant en mobilité. «Ils ont tous compris que c'était payant politiquement», s'amuse Denis Baupin.
Christian Gérondeau, le président de la Fédération française des Automobile-Clubs, en convient. Il ne compte plus beaucoup d'alliés. Y compris à l'UMP «Oui, je suis tout à fait seul. Mais j'ai les faits avec moi.» Il dénonce un leurre. La circulation globale, affirme-t-il, n'a pas diminué. Elle s'est juste déplacée : «Quand on réduit le trafic dans le centre-ville, il se reporte sur les pourtours. Au niveau des aires urbaines, l'agglomération au sens large, la physionomie d'ensemble ne change pas. En moyenne, 85% des déplacements continuent de s'effectuer en voiture.» Et de citer l'exemple de Nantes, élève modèle en matière de transports en commun. «Résultat : les gens et les commerces fuient le centre, et la rocade extérieure explose.»
Une ville sans voitures, c'est «une ville morte ou une ville musée comme Venise, prévient Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'Institut d'Urbanisme de Paris. Réduire la mobilité a un coût économique. Quand on ne peut plus se déplacer, une partie de l'activité déménage assez spontanément en banlieue.» Paris aurait, selon lui, perdu 5% d'emplois en sept ans. «Cette tendance décroissante existe depuis de très longues années. Mais elle tend à s'accélérer.» Si le trafic diminue au coeur de la cité, «il augmente à la périphérie et sur les interurbains», confirme Jean-Pierre Orfeuil. Pourtant, les enquêtes le montrent : l'automobiliste ne demande qu'à renoncer à son véhicule. «Les Français sont croyants, mais pas pratiquants. Ce n'est pas de la schizophrénie. Tout le monde est d'accord pour que ça change. Mais où sont les réponses alternatives ?», s'écrie Bruno Marzloff.
Paris, porte d'Orléans, 8h30 du matin. Une nouvelle station-essence, ce piège à voitures. Interrogé, Fabrice, conducteur de 37 ans, un siège bébé à l'arrière, ressent d'emblée le besoin de se justifier. «Je n'ai pas vraiment le choix. J'habite près de l'Hôtel de Ville, je dois déposer ma fille chez une assistante maternelle, à 2 kilomètres de la maison, et je travaille à Bagneux. Et quand je quitte mon boulot, après 20 heures, il y a un bus seulement toutes les heures.» Bruno, développeur d'enseignes, sillonne la France au volant de son véhicule de société, mais à Paris il utilise son scooter. Les transports en commun ? Pas question. «La RATP est en grève une fois sur deux. Etre tributaire de ces gens-là ? Non merci !» Chacun a sa bonne raison. Jean, architecte en complet-cravate, a des rendez- vous «dans tous les coins de la banlieue» et emporte avec lui «des documents, des maquettes». Au volant d'une camionnette, Yan, plombier de 22 ans, dit avoir déménagé à Orléans, faute de pouvoir circuler dans la capitale.
«Il faut développer le métro et le RER en banlieue. Voilà le vrai enjeu. Et ça, ça ne se fait pas du jour au lendemain», déclare Jean- Pierre Orfeuil. Problème. Leurs structures en étoile ne permettent pas les déplacements d'une banlieue à une autre. D'où la nécessité de développer des rocades ferroviaires, comme le projet de Métrophérique, tou jours en panne, car personne ne veut payer. Paradoxe. «On n'a jamais autant parlé de transports publics et jamais aussi peu investi», remarque Francis Roi-Tanguy, ancien directeur de l'Equipement. Dans les années 1970, à la glorieuse époque du RER, la France dépensait quatre fois plus pour ses réseaux collectifs qu'aujourd'hui. L'Etat ne cesse de diminuer ses concours. Les élus locaux refusent d'augmenter leurs impôts. Trop gros, trop chers, ces moyens lourds sont mal adaptés aux zones dites périurbaines, ces grandes couronnes semées de pavillons. Et, à cause de la voiture, de la flambée immobilière, du désir d'habitat individuel, ces «taches urbaines» ne cessent de croître. «Autour d'une ville comme Rennes, elles peuvent s'étendre sur un rayon de 40 kilomètres», indique Benoît Juster.
Alors, que faire ? La solution tient dans un mot répété à satiété par tous les experts : la «multimodalité». Avant, tout était simple : la vie se résumait au triptyque «auto-métro, boulot, dodo». Demain, l'homme mobile sera un zappeur qui jonglera entre différentes formes de déplacement. «Il y aura bientôt quinze, vingt, trente modes», annonce Georges Amar, directeur de la prospective à la RATP. Un même véhicule peut générer plusieurs modes. Le Vélib', par exemple, n'est pas un vélo, mais un mode de transport semi-public.» A Curitiba, grande ville du Brésil, on a ainsi réinventé le bus. Ce «métro de surface» possède des stations tubulaires, des itinéraires protégés, même des correspondances. Une idée reprise et adaptée par Bogota et par Los Angeles. C'est le Bus Rapid Transit, le bus à haut niveau de service (BHNS), introduit à Nantes, l'an dernier, sous le vocable de Busway. L'intérêt ? Il coûte cinq fois moins cher qu'une ligne de tram.
«La fin de la voiture ? Ca ne veut rien dire. C'est son usage qui va changer», explique Georges Amar. Pour désengorger ses autoroutes, la Californie mise sur le covoiturage, une forme d'auto-stop organisé par internet. L'Etat lui réserve des voies, des places de parking et un traitement fiscal de faveur. En France, pendant cinquante ans, la société Vinci a creusé des trous, aménagé des parkings souterrains, pour accueillir toujours plus d'autos. Aujourd'hui, elle réfléchit à la façon de transformer ses sites en plates-formes d'échange multimodales. «Un lieu où l'automobiliste se muera en cycliste, en usager du métro, en promeneur, et on l'aidera à cela», déclare son directeur commercial, Patrick Jourdan. Avec Avis, Vinci Park se lance dans l'auto-partage, un système de location de voiture à l'heure, le temps d'une sortie nocturne ou d'une course à Ikea. Une voiture particulière passe 95% de son temps à l'arrêt, pourquoi ne pas la mettre en commun ? Un concept inventé dans les pays de l'Est par des comités d'immeubles qui se cotisaient pour acheter une Trabant, puis recyclé par des écolos suisses et allemands.
Il ne faut plus parler de transport, mais de mobilité, d'aptitude à jouer de différentes ressources. Dans cette nouvelle économie, «le meilleur carburant, c'est l'information. On va googeliser la ville !», proclame le sociologue Bruno Marzloff. A quand un téléphone portable qui donnera l'heure du prochain train, le nombre de places disponibles aux stations Vélib' ou la destination d'un autostoppeur ? Pour faciliter le passage d'un mode à l'autre, Hongkong a créé un titre de transport unique, Octopus, valable dans les parkings, les ferries, les bus... «Fini la confrontation stérile entre le tout-voiture et le sans-voiture !», se félicite Bruno Marzloff. L'auto n'est plus qu'un maillon de la chaîne.

(1)«Tout voiture, no future», Editions l'Archipel, 306 p., 18,95 euros.
Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /2007 22:49

La séquence environnement de ce soir sur France 2 dans le journal de David Pujadas est un bel exemple de présentation partielle discréditant une énergie renouvelable, l'énergie éolienne. La ficelle est énorme et pourtant peu de monde sont capables de décoder la manipulation. Ce type de reportage est plutôt un remplissage médiocre de rubrique régulière du journal.

David Pujadas, pour présenter sa séquence pose la question "l'énergie éolienne est-elle si écologique que cela."?

Le caractère écologique de cette énergie renouvelable n'est regardée qu'au travers de son apport à la lutte contre l'effet de serre, ce qui est une stupidité en France.

David Pujadas a donc orienté le débat entre les "pour" qui affirment que l'éolien réduit de 10% les émissions de gaz à effet de serre et les "contre" qui affirment que l'éolien n'est pas efficace car il réduit les émissions de 0,3%.

Ce débat n'a pas de sens pour plusieurs raisons.

L'effet de serre est du essentiellement à la consommation d'énergie dans les transports, le chauffage dans l'habitat, à l'élevage avec les dégazages de méthane, et l'industrie.

La consommation d'électricité représente quelques % de la consommation totale et émet peu de gaz à effet de serre en France car nous sommes très nucléarisés avec un procédé d'enrichissement d'uranium peu émetteur de gaz à effet de serre.

C'est moins vrai dans les autres pays où l'électricité est à dominante charbon.

Analyser l'éolien au regard de l'effet de serre est absolument insignifiant en France et ne peut constituer un argument contre  ce type d'énergie.

Par contre on peut avoir un débat pertinent sur la part d'éolien et le nucléaire ou la place de l'éolien dans le bouquet énergétique électrique qui permettrait de réduire les déchets radioactifs. Rien de tout cela n'est présenté dans ce journal.

Evidemment, dans la ligne du reportage, la critique de cette énergie se construit autour de l'aspect intermittent de la production obligeant à coupler cette source à une centrale thermique, ce qui émet du gaz à effet de serre.

Mais personne ne parle du couplage à des centrales cogénération au biogaz, aussi peu émetteur qu'une centrale nucléaire française.

Bref, voir un dossier par le petit bout de la lorgnette peut conduire à une désinformation de la population, ce qui n'est pas assurément la mission d'un service public de télévision.  

Par Dominique Bied - Publié dans : énergie
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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /2007 23:32

La problématique du réchauffement climatique est globale. Trouver une solution soutenable à ce problème ne peut passer que par une analyse globale et une déclinaison des solutions au niveau local. C'est ce qui fait la difficulté des prospectives effectuées jusqu'ici.

Cette contribution est l'application de ce paradigme au transport automobile. Elle est basée sur un raisonnement en ordre de grandeur permettant de montrer que toutes les mesures évoquées jusqu'ici sont nécessaires mais notoirement insuffisantes. Un changement en matière de paradigme de recherche et développement est nécessaire. De plus, les Etats-Unis eux-mêmes ont entamé une réflexion se rapprochant du domaine de cette contribution au travers d'un consortium associatif rassemblant des entreprises telles qu'IBM et Microsoft, 10 universités américaines, 1 allemande. Ce consortium a lancé d'immenses travaux sur la science des services.

Pour calculer les ordres de grandeur précédemment évoqués, on prend les hypothèses suivantes. Analysons la contribution de l'automobile au réchauffement climatique dans une version mature d'une population mondiale équipée à l'occidentale à l'horizon 2050.

Nous allons nous placer volontairement en minorant les chiffres officiels. Ainsi, si on trouve que l'on ne réduit pas les émissions globales par rapport à aujourd'hui, cela voudra dire que les mesures visant à travailler sur la technologie des moteurs seront nettement insuffisantes.

Le taux de motorisation des ménages dans une population mature comme la nôtre et en supposant que la population mondiale a le même degré de maturité est de 500 véhicules pour 1000 habitants roulant une moyenne de 15000km par an. Prenons aussi l'horizon 2050 avec 9 milliards d'habitants au niveau de maturité occidental.

Supposons que toute cette population soit équipée de véhicules propres à 100g de CO2 par kilomètre, ce qui serait déjà une grande performance.

Calculons maintenant les émissions CO2 annuelles de ce parc mondial vu dans sa version finale (asymptotique).

Il ne reste plus qu'à effectuer la multiplication :

500x9x109x15000x100x10-6/1000 nous donne près de 7 milliards de tonnes d'émissions de CO2 par an, soit encore 7x0.27, soit près de 2 milliards de tonnes de carbone émis dans l'atmosphère. Cela représente la moitié du point d'équilibre du climat (4 milliards de tonnes par an) pour les seuls déplacements automobiles.

On voit, par ce calcul en ordre de grandeur, qu'il est illusoire de régler le problème par l'unique travail sur les moteurs. Cela ne peut constituer un développement soutenable.

Pourtant, on ne peut se passer de l'industrie automobile, de l'usage de la voiture qui constitue un formidable moyen d'accès aux déplacements. On ne peut non plus interdire l'accès à la voiture aux pays émergents, liberté oblige.

C'est donc par une organisation plus efficace des mobilités qu'on arrivera à un résultat conforme aux aspirations du Grenelle de l'environnement.

Quand on parle organisation, on parle nécessairement de l'outil informatique associé à l'intelligence humaine, donc à la science des services évoquée plus haut.

Fort de ce constat, j'ai lancé moi-même un projet de recherche avec des laboratoires. Il consiste à gérer en temps réel et en flux tendu les mobilités à l'aide d'une flotte de taxis collectifs de grande échelle. Cela permettrait d'augmenter le taux d'occupation des voitures et donc de diminuer le trafic de façon importante à confort de mobilité égale. C'est vers cette voie qu'il faut aller. Le travail sur les moteurs ne fera que complémenter cette évolution.

Ce projet a l'avantage d'être mis en œuvre assez rapidement avec peu d'argent public. Quelques millions d'euros suffisent pour construire ces logiciels avec une division possible du trafic par un minimum de 2, résultat largement supérieur au seul travail sur les moteurs.

Cela pourrait aboutir aussi à une reconversion complète des  modèles automobiles pour les adapter à ce nouvel usage.

Ce genre de projet est préférable à un système de taxes qui est ressenti comme une punition par les automobilistes. Les leviers de réduction de l'usage individuel de l'automobile compatible avec un développement mondial des mobilités résident dans le rationnement du stationnement dans les zones denses (formule plus douce qu'un péage urbain), et surtout d'un développement de l'offre industrielle relevant plus de la science des services (logiciels) que de la technologie des moteurs.

La généralisation des plans de déplacements (relevant aussi de cette science), est un autre levier positif de cette intelligence des mobilités. Il s'agit de la déclinaison à toutes les échelles des plans de déplacements urbains.

Soyons intelligents, innovants, encourageons les projet de recherche donnant des résultats rapides et compatibles plutôt que de punir les gens par des taxes, certes nécessaires dans l'immédiat mais dont il faut user avec la plus extrême prudence.

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 22:56

Voici les premières photos de mes devoirs de vacances. Cette place est exemplaire en matière de gestion de l'espace public et de partage de voirie. Elle est aussi un échantillon de ce qu'on peut observer dans toute l'Allemagne. Nous sommes à Brême, dans le Nord de l'Allemagne, environ à 200km à l'Est de la frontière néerlandaise. C'est le centre historique. Qu'observe-t-on sur ces deux photos? Les 5 modes de transport sont représentés: le tramway, le bus, le vélo, le piéton, la voiture. Le trafic est faible car nous sommes en fin de journée. Mais aux heures de pointe, l'ensemble des modes cohabitent sans problème. La circulation est très apaisée. Les trottoirs sont de faible hauteur, ce qui donne la sensation que cet espace appartient à tout le monde. Le signal urbanistique donné est la vigilance réciproque. Cela se traduit dans les faits. Cet urbanisme induit le comportement. Même le conducteur de tramway ralentit sa vitesse lorsqu'un groupe de piétons traverse. Il n'y a pas de passage protégé, pas de territoires privilégiés. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de deux roues à moteur. On ne voit aucune place de stationnement. Le piéton est prioritaire dans la culture des gens, devant les vélos, les transports en commun, les voitures fermant cette hierarchie.Quelle différence avec notre urbanisme !!!!  

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Dans cette rue étroite, la priorité est donnée aux modes doux, les vélos peuvent circuler dans les deux sens, l'automobile est tolérée à faible vitesse.

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Cette rue, en voirie partagée, sans différence de niveaux, suivant le même principe que la place centrale, est bordée du plus grand supermarché de Brême, d'une surface supérieure à un hypermarché français, mais sur plusieurs niveaux. La grande surprise de cette photo est donc la densification et la mixité des activités, ce qui limite les déplacements. De nombreuses personnes, de tous âges, avec ou sans enfants, habillées chic ou non, font leurs courses à vélo dans ce magasin.

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Par Dominique Bied - Publié dans : urbanisme
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