Si on ne considère que l'écobilan d'usage d'une automobile, C'est à dire l'aval, on risque de se tromper lourdement sur la qualité écologique d'une automobile.
Un cabinet d'études américain a effectué un travail considérable sur une centaine de modèles et sur des milliers de données pour considérer un bilan écologique en cycle entier. Tout est passé à la "moulinette": l'achat de matières premières pour la produire, le mode de production (flux tendu, localisation des fournisseurs, implantation des usines, mode de distribution), le mode d'élimination.
Ce rapport n'est pas destiné à faire de la morale environnementale. Si on considère que les problèmes d'environnement sont globaux, alors on ne peut pas tricher avec la réalité des faits. Les résultats sont surprenants.
En effet, en cycle entier, la Toyota Prius s'avère nettement moins écologique que le Hummer, sensé être, en survol, très polluant.
Cette étude montre que l'écoconception dépasse largement le débat réducteur sur les consommations et émissions des moteurs. Je mets en lien l'étude complète en anglais. C'est une étude très professionnelle, sans concession, sans idéologie.
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/00/42/10/ecobilan.pdf
Nous pouvons, à cap21, apporter cette compétence dans l'écoconception pour construire l'écologie de demain.
Cette étude démontre que les discours actuels sur les modes de production d'énergie sont très insuffisants pour aborder les problèmes écologiques.
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a stigmatisé les écologistes en public. Ainsi, d'après lui, ils feraient revenir l'humanité à l'état sauvage. La méthode de communication Sarkozy est toujours la même. On commence par dénigrer un corps social pour l'abattre en diffusant des contre-vérités. Puis il vient signer en grand seigneur un pacte écologique qui est une version minimum du programme des écologistes depuis des années. La contradiction et la désinformation règne. La loi sur l'énergie met en priorité les économies d'énergie. Rien de tout cela dans le programme UMP. Le discours est d'ailleurs à peu près le même chez Marinne Le Pen. L'incompétence et le manque de connaissance des dossiers règne. Les solutions simplistes émergent (nucléaire ou charbon propre par exemple).
Il n'y a rien d'innovant à l'UMP et au PS sur la politique énergétique, les transports, l'agriculture, les bâtiments, l'écoconception. Chez eux, on reproduit les schémas du passé en ajoutant à la marge un zest d'écologie.
Les écologistes n'ont jamais interdit quoique ce soit, même pas les verts. Il ont seulement dénoncé les excès de modes de consommation et de production. Faire de l'écologie est tout au contraire rentrer de plein pied dans la modernité, c'est plus de savoir, de recherche, de savoir faire, d'intelligence. C'est, ne pas reproduire un système économique et social à bout de souffle.
La pauvreté du programme écologique de l'UMP et à un degré moindre du PS a été validé par la notation de l'alliance. Les notes sont en dessous de 10 pour l'UMP, celui de Corinne Lepage et Dominique Voynet culmine au dessus de 15. Le programme ECORESP2 est d'une autre consistance, c'est un "new deal" écologique de haute tenue relèguant dans le championnat de France amateur les grands partis.
- Dominique Voynet (les Verts) et Corinne Lepage (Cap 21) : 16,5
- Ségolène Royal (PS) : 13
- François Bayrou (UDF) et Marie George Buffet (PCF) : 9
- Nicolas Sarkozy (UMP) : 8,5
- Olivier Besancenot (LCR) : 8
- Philippe de Villiers (MPF) : 7
- Jean-Marie Le Pen (FN) et Arlette Laguiller (LO) : 5
Mais attention, les Etats-Unis sont en train de lancer dans une centaine d'universités, sans le clamer sur tous les toits, un programme d'innovation écologique sans précédent avec des moyens énormes. A force de ne pas prendre en compte sérieusement ces questions, nous allons être largués économiquement par des gens plus innovants que nous.
Le contenu du programme économique de Mr Sarkozy est porteur d'illusion, et donc de déception, en sus de la faiblesse environnementale. C'est la cohésion sociale qui alors volera en éclat. La population ne supportera pas financièrement la hausse inévitable du coût de l'énergie et notre dépendance énergétique.
L'association Sabine travaille au développement de l'usage du vélo dans l'agglomération rouennaise. Elle a enregistré une adhésion accompagnée d'une lettre que je vous transmets. C'est un habitant de Mont-Saint-Aignan.
Je cite:
"Je vous envoie la somme de 30 Euros" (il faut savoir que la cotisation minimum est de 10 euros)
Je poursuis:
"Vous savez, à l'âge que j'ai , je ne peux être présent à votre assemblée générale. J'ai toujours fait du vélo depuis l'âge de 12 ans. J'ai eu mon premier vélo en 1927. Je n'ai pas de voiture. Je vais avoir 92 ans le 14 Mars et fait mes courses tous les jours. Je vous appuie pour ce que vous faites, cela n'est pas facile. Je vous félicite." fin de citation.
Il y a une semaine, j'assistai à une réunion sur les déplacements à Rouen. Le vice-président de l'agglomération en charge des transports en commun, répondant à une question sur la non application de la loi sur l'air (article 20 inclus maintenant dans le code de l'environnement) imposant d'inclure dans les études de réaménagement de voirie les itinéraires vélos (pistes, bandes, axes partagés à faible vitesse pour les voitures, plans de déplacements), développait des arguments visant à balayer d'un revers de main la priorité donnée aux transports doux dans l'agglomération rouennaise.
Les arguments développés ne dépassaient pas le niveau des discussions du café du commerce, indigne du rang d'un élu d'une grande agglomération française. Par exemple, la population française vieillit, donc elle ne peut faire du vélo pour se déplacer, donc ce n'est pas la peine de développer outre mesure ce mode de transport. La population française vieillisante serait-elle si infirme et malade qu'elle ne puisse effectuer ses déplacements à vélo? L'exemple ci-dessus en est un magnifique contre-exemple. La réalité est que si on utilise son vélo pour se déplacer depuis le collège, on vieillit en meilleure santé.
Ce qui est incroyable, c'est que la conception des déplacements doux, et spécifiquement du vélo, de ce vice-président est totalement contraire à tous les documents d'urbanisme de l'agglomération, à ses engagements, aux engagements de son président. Le développement du vélo arrive au même niveau de priorité que celui des transports collectifs dans le PDU de l'agglomération rouennaise et dans le contrat d'agglomération.
Autre exemple. Après avoir travaillé longuement avec l'association Sabine pour le plan communal vélo de Sotteville-les-Rouen, la mairie n'a même pas daigné mentionner une seule fois le mot vélo dans le volet déplacements de son plan local d'urbanisme, le rendant ainsi incohérent par rapport au plan de déplacements urbain d'agglomération, et donc non conforme à la loi qui oblige à la cohérence des documents d'urbanisme à toutes les échelles.
L'argument consternant des capacités physiques a été également utilisé par Yves Calvi dans "c'est dans l'air" sur arte: "la moitié de la population est incapable de rouler à vélo pour cause de mal au dos ou autre bobos". Décidément l'infirmerie France est pleine. Nous sommes au bord de l'effondrement à en croire ces messieurs.
Décidément, tous les procédés sont bons pour discréditer ce mode de transport dont les avantages considérables à tout point de vue ont été démontrés par de nombreuses thèses de recherche (travaux de Frederic Heran au CNRS).
Poser la question du vélo sous l'angle de la capacité de différents publics à en faire n'est pas la bonne manière de poser le problème.
Pour un élu, la bonne façon de faire est de se référer au droit, le droit au transport exprimé dans la loi d'orientation sur les transports intérieurs de 1982 (loi LOTI), le droit de l'environnement avec la loi sur l'air.
La LOTI institue le droit pour chacun d'utiliser le mode de transport de son choix dans des conditions de sécurité et d'usages acceptables.
Le problème du vélo sur la voirie doit être examiné sous l'angle de la liberté de choisir et non sous un angle marketing qui est le rôle des entreprises. Il faut remarquer que partout où l'offre vélo est sécurisée, l'usage explose. L'usage suit donc le droit.
Le développement du vélo en tout milieu est un droit non négociable, donc un devoir pour les élus de le mettre en oeuvre avec la diligence nécessaire, ce qui est loin d'être le cas. Il y a trop d'incohérences dans la conduite de ce dossier.
L'automobile est incontournable dans nombre de déplacements, le vélo aussi.
Géographe à l’université de Californie, à Los Angeles, Jared Diamond est également un biologiste et un physiologiste qui publie son troisième ouvrage sur l’avenir du monde. En reliant un impressionnant travail d’archives et de prospective, il éclaire les questions que nous nous posons sur le climat, l’environnement, les ressources. Qu’on ne s’y trompe pas : en écrivant sur les Vikings ou les Mayas mis en parallèle avec les Rwandais, les Haïtiens, les Chinois ou les Australiens, c’est de notre futur qu’il s’agit.
D’autant que Jared Diamond prévient le lecteur : « L’échec n’est pas réservé aux petites sociétés périphériques vivotant dans des contrées fragiles. Les sociétés les plus évoluées et les plus créatives peuvent aussi s’effondrer » écrit-il, en citant l’exemple des Mayas dont le temps a englouti, en quelques dizaines d’années, la brillante civilisation. Ces millions d’habitants dont il ne reste rien des dynasties, des calendriers, de l’art, de l’écriture, de l’urbanisme, de l’astronomie... Diamond n’y va pas par quatre chemins : c’est l’exploitation sans vergogne des ressources naturelles qui fut largement à l’origine de la chute de la Grèce mycénienne, des civilisations du Moyen Orient et de l’Indus ou de l’Empire khmer dont il reste l’étonnant Angkor Vat : « tous les peuples sont susceptibles de verser dans la surexploitation de leur environnement, d’autant plus que sa dégradation progressive, brouillée par les fluctuations ponctuelles, reste difficile à appréhender ».
Jared Diamond a développé plusieurs cas dans son ouvrage dont on peut, à titre d’exemples, citer quelques analyses. Il parvient à écrire une véritable géographie des Mayas. On sait que les densités en pays maya étaient très élevées entre 250 et 800, du fait des techniques d’irrigation qui ont fait la fortune de cités-Etats. Comme elles le firent en Europe avec les cathédrales, les « villes » entrent dans une concurrence au plus beau temple, alimentée par les pouvoirs monarchiques locaux. Le déboisement ruine la forêt, assèche le climat qu’un cycle général de réchauffement des températures rend encore plus prégnant. Une famine provoque des guerres civiles, des maladies tandis que les rois se coupent du peuple. C’est pourquoi Cortès ne verra rien des Mayas dans les Yucatan qu’il traverse en l’an 1524. Un deuxième exemple est celui des moai de l’Ile de Pâques. 847 moai - dont une moitié reste encore dans des carrières - pesant jusqu’à 270 tonnes, ont été taillés et alignés sur des plates-formes monumentales. Comment refaire la géographie de cette île, sachant que les Polynésiens s’y sont installés probablement vers l’an 900 et que huit cents ans plus tard, les navigateurs européens n’y découvrent que la ruine et la désolation des arbres et des animaux disparus. La forêt aurait été détruite en six cents ans, pour produire ces statues qu’il avait fallu acheminer sur des rails en bois, avec des cordages. Les chefs auraient, dans leur délire concurrentiel, conduit à l’extension des terres cultivées et à la ruine de la forêt. L’impossibilité de construire des pirogues, la famine jusqu’à l’anthropophagie, la destitution des chefs à la fin du 17e siècle et, pour finir, la destruction des statues, brisées au niveau du cou, par la société qui les avait édifiées, tel fut le destin des douze tribus des Pascuans.
Pour Jared Diamond, quatre facteurs peuvent concourir à l’effondrement d’une société : le changement climatique, la dégradation de l’environnement, l’hostilité des voisins, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux. Mais les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, peuvent enrayer le processus, comme Diamond le montre pour le cas de la République dominicaine qui partage le même espace géographique qu’Haïti. Les Vikings installés au Groenland offrent une belle occasion de montrer comment ce peuple fut victime du petit âge glaciaire au 14e siècle. En refusant de s’accommoder au froid, de chasser la baleine, de manger du phoque, en préférant garder le mouton et le bœuf nécessitant du fourrage, l’urbanisme scandinave et ses églises coûteuses, les Vikings s’exposent à la mort plutôt que d’embrasser le genre de vie des peuples locaux qu’ils détestent.
Les analyses sur la Chine, « géant qui titube », l’Australie ou le Montana surprendront plus d’un lecteur. Elles montrent qu’il n’y a rien de fatal dans la course accélérée à la dégradation mondialisée de l’environnement mais qu’il va falloir prendre de bonnes décisions. Comment peuvent se mobiliser les grandes entreprises pour protéger l’environnement ? Et qu’est-ce que cela implique que le monde soit devenu un « polder » ? Diamond sait, comme Fourastié en ses Trente Glorieuses, être persuasif en décrivant la Californie comme il la voit : « les problèmes environnementaux et démographiques ont miné l’économie et la qualité de vie en Californie du Sud. Ils sont dans une large mesure responsables de nos pénuries d’eau et de courant, de notre accumulation d’ordures, de notre surpopulation scolaire, de nos pénuries de logements, de nos hausses de prix et de nos embouteillages ». En France, on pourrait remplacer Californie par... Languedoc ou Provence pour actualiser spatialement la démonstration. Diamond fixe de sérieuses mises en garde : non, la technologie ne résoudra pas ce type de problèmes ; non, les ressources sont bien épuisables ; oui, il y a bien un problème alimentaire mondial ; non, la crise démographique ne se résoudra pas d’elle-même. Et il enfonce le clou en fustigeant ceux qui pensent que le souci de l’environnement est un luxe de riches. On pourrait ajouter : nous voilà prévenus.
C’est ainsi que la géographie s’invite au débat du monde et qu’elle donne le meilleur d’elle-même.
Compte-rendu : Gilles Fumey
La voiture à air comprimé prend son essor ...........................en Inde.
M. Guy Nègre, fondateur de l'entreprise MDI et inventeur de la voiture à air comprimé (cf. revue de presse du 1/8/02), a conclu un partenariat avec Tata Motors, qui va l'aider à développer son projet. Aux termes de l'accord, MDI cédera la licence de fabrication et d'exploitation de sa technologie sur le marché indien. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué, mais l'entreprise indique que « cet argent va permettre d'achever le développement du véhicule et de commencer la production ». M. Nègre, ingénieur de 65 ans, tente depuis dix ans de trouver des partenaires financiers pour concrétiser son projet de voiture équipée d'un moteur bioénergie roulant à l'air comprimé jusqu'à une vitesse de

