Mercredi 27 juin 2007

Deux articles sur ce blog parlent déjà de cette technique agricole sans arrosage, sans engrais, sans pesticides, sans herbicides. Cette technique exeptionnelle, partie des recherches du professeur Gilles Lemieux au Canada, est en exploitation et déploiement en France, aussi bien pour l'agriculture maraîchère, que pour les jardins publics et privés, et la grande culture avec Benoît Noël  à Strée près de liège, Belgique. 
Cette technique bousculent les habitudes agricoles datant de millénaires car elle réconcilie le champ et la forêt. Elle recrée l'humus de la forêt dans le champ, fertilise à une grande profondeur. C'est la seule technique qui permettra de faire de l'agriculture durable en créant de l'énergie sans consommer de l'énergie.

Voici la description des débuts de Jacky Dupety, agriculteur dans les Causses du Quercy,  pionnier en France, sous la forme d'un reportage photographique que l'on trouve sur son site. Enfin, j'y ajoute les coordonnées du centre de techniques agricoles à Strée près de Liège en Belgique.

Chantier solidaire pour démarrer.

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 Février 2004 , après avoir passé une bonne partie de l'hiver, à lire les publications du Professeur Gilles Lemieux: disponibles sur le site: http://users.skynet.be/BRFinfo/ la décision d'utiliser la technique des BRF est prise. Le bois va donc être nettoyé, en équipe entre amis: 15 personnes pendant 2 jours, avec les repas roboratifs qui vont avec ces efforts.
Chênes, érables de Montpellier, cornouillers, seront selectionnés, taillés ou abattus, et les branches broyées. c'est cette solution que j'avais choisie, puis pour aller plus vite, un ami élagueur, me propose le broyat de ces tailles, ce qui me permettra d'atteindre l'objectif.
C'est donc une solution: l'annuaire téléphonique la rubrique entretiens parcs & jardins et on trouve quelqu'un qui sera content de ne pas payer pour se débarrasser de ses déchets, et qui sera sans doute intéressé par la méthode
 
Le résultat

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Voilà ce que donne un broyeur de type agricole (c'est à dire 3 points, sur la prise de force d'un tracteur)

On peut aussi trouver ce type de matériel dans les sociétés de location; -électrique pour les petites quantités

- autonomes, avec moteur, gazole ou essence pour les grosses quantités.







Un bon tas


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Sur le territoire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy la forêt et les bois couvrent plus de 60% de la surface.
Il ne s'agit pas de couper les arbres, mais d'entretenir les haies et aussi de permettre à la forêt de se régénérer. La ressource est très importante : 1 km de haie génère de 16 à 30m3 par kilomètre. Aucun chantier de coupe pour le bois de chauffage ne gère les branchages.
Le problème est donc de mettre en relation tous les utilisateurs de la forêt et de transformer ces déchets en or.









Au rateau.

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Y-a-t-il un meilleur machinisme agricole ? Là il s'agit d'étaler 25 m3 de broyat frais de peupliers : 5cm d'épaisseur sur 500m². C'était en Février 2005.
Il est très important de traiter rapidement les branches:
  • les couper
  • les broyer
  • épandre sur le sol
Surtout ne pas laisser en tas, il ne faut pas que ça chauffe, et même en hiver ça va vite!




Griffage.

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Début Mai, le mélange du broyat avec les 5 premiers centimètres du sol.
On peut voir que le broyeur a laissé passer des morceaux de branches conséquents. La digestion sera plus longue, mais tout sera transformé.






Premiere étape.                                                                                                                                                                                    

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Aprés la fragmentation et l'incorporation au sol, le bois est rapidement envahi par des mycéliums (basidiomycétes, ascomycètes et champignons imparfaits).
Tous ces champignons utilisent les composants non structuraux du bois pour leur croissance primaire. Durant cette phase, la synthèse des protéines du champignon nécessite beaucoup d'azote qui sera prélevé dans le sol.
Il est possible de compenser cette faim d'azote par un apport adéquat.
En 2004 j'ai tout simplement attendu que les chaines trophiques se mettent en place; trois à quatre semaines ont été nécessaires pour que les plantes retrouvent l'azote produit par les êtres vivants qui mangent, digèrent, se reproduisent et meurent.
 


Deuxieme étape.

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Au moment où commence la dépolymérisation de la lignine, l'azote est un réel facteur limitant. Cette opération est réalisée par des enzymes extra cellulaires, aucun organisme ne pouvant utiliser la lignine telle quelle comme source de carbone. La dégradation de la lignine produit des dimères et des monomères qui peuvent être assimilés par les micro-organismes.
La dégradation de la lignine expose les celluloses et les hémicelluloses ce qui permet la dégradation de tous les composés du bois.
 




Chaine trophique et lombrics.


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L'ensemble des organismes animaux du sol (pédofaune) accélère le processus par son action de fragmentation mécanique et enzymatique. Elle participe aussi au cyclage des éléments en produisant fèces et cadavres, en broutant les mycéliums sénescents; entre autres les micro-arthropodes mycophages (acariens et collemboles) et les vers de terre, capables de digérer les complexes polyphénols-protéines.










Champignons.

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Bien visibles, après seulement 4 mois de présence sur le sol, les champignons sont là! 
Quand on observe leur présence, on peut se dire que c'est parti. Les chaines trophiques se mettent en place, et des milliers d'êtres vivants vont faire du sol un organisme vivant.Sur les terres des Causses du Quercy, en général du type limono-argileux, la structure du sol est compacte, interdisant le travail de la bêche et même de la "grelinette", le sol s'apparente plus au béton!! Epaisseur de sol structuré : environ 5 à 6 cm; après quatre mois le sol est meuble et structuré sur environ 15 cm, sans intervention humaine.







Cucurbitacées.


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En semis direct les 13 Mai et 2 Juin 2005, sur un broyat épandu en Février 2005, ces courges et citrouilles n'ont jamais été arrosées.

Je n'ai jamais constaté de stress hydrique.
Pour compenser le faim d'azote de la première année, j'ai épandu la même épaisseur (5cm) de litière provenant de la bergerie.
Cette année 2005, nous a offert, comme 2004 et 2003 des températures excessives; plusieurs jours de suite avec près de 39°C à l'ombre, tout cela précédé d'un hiver sec et des précipitations printannières parcimonieuses.
Aussi en semis direct, des melons.






Blée barbu.


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Sélectionné dans ma récolte de blé "rouge de Bordeaux" en 2004, voici du blé barbu appelé "barbeau" dans le pays quercynois.
Variété ancienne, adaptée au sol et au climat du causse, j'en ai semé deux rangs de vingt métres au mois d'octobre, avec en projet d'en semer une parcelle.
Hauteur de paille (environ 1.50m), taille des grains, épiaison et maturation sans rupture hydrique, me confortent dans l'envie de faire des céréales sur BRF, en 2006 ou 2007 ?








Benoît Noël applique l'agriculture BRF sur la grande culture à Strée.
 
Le Centre des Technologies Agronomiques (CTA) est situé près de Liège et de Huy.
En tant que centre autonome de la
Communauté Française, il développe des projets de recherche appliquée à vocation pédagogique. 

Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
Téléphone : 085.274960
Fax           :
085.512706
Messagerie :
cta.stree@tiscali.be
Rue de la Charmille, 16
4577 Strée  
Belgique     
par Dominique Bied publié dans : agriculture
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Samedi 10 mars 2007

Voici un résumé court sur cette technique. N'hésitez pas à consulter les documents détaillés sur les liens du blog et le site www.agroforesterie.fr

 

Publié le mercredi, 20 octobre 2004
Auteur(s): B. Estevez, agr.

BRF: Bois raméal fragmenté, un amendement pour les sols agricoles

Le professeur Gilles Lemieux, ancien professeur de la faculté de Foresterie de l’Université Laval, travaille depuis 20 ans sur cette ressource naturelle qui peut contribuer à la régénération des sols qui manquent de matière organique.

Les " BRF " comme on les appelle, soit les bois raméaux fragmentés, sont les branches des arbres dont le diamètre est inférieur à sept centimètres. Au-dessus de ce diamètre, les branches commencent à être valorisées pour le bois de chauffage et la fragmentation exigerait une machinerie plus lourde.

Le BRF est la partie la plus riche de l’arbre. On y retrouve 75% des minéraux, des acides aminés, des protéines et des catalyseurs. Il est donc plus riche que le bois du tronc et des grosses branches et son rapport C/N est donc plus petit: de 25:1 à 175:1, selon l’espèce et la période de récolte, alors que celui du bois varie normalement de 400 à 600:1. En général, on trouve moins de lignine et plus d’hydrates de carbone dans les feuillus que dans les résineux.

Dans le début des années 1980, le professeur Lemieux en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ont mis au point une technique de valorisation des BRF en association avec le lisier de porc: la méthode SYLVAGRAIRE. D’un point de vue forestier, les ingénieurs étaient préoccupés par la sous-utilisation des résidus forestiers. En effet, seulement 30% de la biomasse forestière était alors exportée. Le reste restait au sol mais sans être fragmenté.

La méthode SYLVAGRAIRE utilise du lisier de porc ou du fumier de poulet (riche en azote) pour abaisser le ratio C/N autour de 30:1 afin d’améliorer la décomposition des BRF et ainsi éviter une immobilisation de l’azote du sol. Mais aussi, les BRF sont un bon complément au lisier de porc qui contient peu de cellulose et peut subir des pertes d’azote par volatilisation, lessivage et ruissellement selon les conditions d’épandage.

La méthode SYLVAGRAIRE comprend cinq opérations: Le labour, l’épandage des BRF, l’épandage d’un lisier ou sinon, un fumier non pailleux et riche en azote, le hersage afin de mélanger toute cette matière organique dans les cinq premiers centimètres du sol puis le semis ou la transplantation selon les cultures.

Des essais utilisant 105 mètres cubes par hectare (m3/ha) de BRF – environ 26 tonnes – et 28 m3/ha de lisier de porc ont donné de bons résultats. Notons que lorsqu’on utilise des BRF frais (15 juillet au 15 septembre), il serait possible de diminuer la dose de lisier entre 20% et 30% dans le cas de fumier de poulet.

La plupart de ces essais agricoles ont été réalisés dans des sols sableux et dans les productions de pommes de terre, céréales, fraises et tournesol. Les rendements ont été doublés dans les fraises. Dans la pomme de terre, la matière sèche a augmenté de 25% et la conservation des tubercules était meilleure. Dans les fraises, la méthode a permis un meilleur développement des racines. Les chercheurs ont aussi constaté une diminution des insectes ravageurs comme le doryphore dans les pommes de terre et le puceron dans les fraises.

Une étude québécoise plus récente (Otrysko et Pagé, 2001) a permis de confirmer les bienfaits des BRF. En effet, l’apport de 25 t/ha (250 m3/ha) à l’automne avec ou sans compost (fumier et tourbe) épandu au printemps dans la production de pommes de terre en rotation avec le seigle comme engrais vert a permis un plus grand rendement, une augmentation significative de la quantité de matière sèche du tubercule ainsi qu’une incidence moindre de la gale.

par Dominique Bied publié dans : agriculture
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Samedi 3 février 2007

Les 1 et 2 Février, j'étais au premier congrès international européen sur l'agriculture BRF (bois raméal fragmenté) à Lyon. Ce congrès fut d'une haute tenue scientifique et technique et montre la voie de l'agriculture du 21ème siècle que tout adhérent de cap21 se doit de connaître. C'est la base de la future politique agricole commune à construire. C'est à cap21 qu'il revient de promouvoir ces pratiques. Vous avez des détails techniques complets dans les fichiers en lien sur ce site, en haut à gauche. Cet article résume les grands principes.

Le fait majeur de cette agriculture est qu'elle enlève la nécessité d'utiliser pratiquement la totalité des produits phytosanitaires basés sur la chimie minérale, ainsi que l'irrigation et l'arrosage. Les travaux de Gilles Lemieux au Canada, de Benoît Noël en Belgique, de Jacky Dupety dans les Causses sont édifiants. Ces techniques s'appliquent à la fois sur les cultures maraîchères et la grande culture. C'est la seule voie possible pour une agriculture durable.

Quelle est donc cette agriruclture qui rend absolumant obsolète toute l'agronomie actuelle ainsi que les cultures OGM autres que celles à destination médicale?

Depuis des millénaires, l'agriculture et la forêt s'opposent. Pour cultiver, on détruit de la forêt. Or, le sol de la forêt contient de l'humus riche, fertile. En défrichant, on appauvrit le sol, ce qui oblige ensuite à le retravailler, l'amender par de la chimie minérale, enlever les  mauvaises herbes par les herbicides, les insectes par les pesticides. Cette pratique fait que les sols agricoles sont aujourd'hui usés. C'est l'érosion des sols. En sus, ce type d'agriculture est faiblement performante en terme de santé public. C'est une agriculture qui émet beaucoup de gaz à effet de serre.

L'agriculture BRF consiste à utiliser la richesse des bois tombant des arbres pour reconstituer la richesse du sol de forêt sur le sol agricole. Les échanges d'énergie entre le BRF et le sol, l'abondance des microorganismes, les échanges de substances vivantes font une autogénération d'eau, de nutriments, de protéines, et de substances  permettant à la plante de se défendre seule contre les prédateurs et les maladies. Les BRF sont broyés et répandus dans le champ à hauteur de 2 à 8CM. 

 Se pose tout de même la question de la ressource en BRF. Cette question peut être résolue en réimplantant des haies, voire des alignements d'arbres et de haies en plein champ. C'est à dire en mariant l'agroforesterie et le BRF. 

Cela suppose aussi que l'on réserve l'usage de la ressource à l'agriculture et non aux biocarburants et à l'énergie, deux postes qu'il faut traiter par la voie des économies drastiques et les autres types d'énergie. Cela montre bien que le développement durable est une question transversale en interaction avec toutes les fonctions de la vie humaine. Une agriculture durable ne peut se concevoir sans associer à la réfléxion les transports, l'habitat, la santé. C'est un système à concevoir. L'objectif de l'écologie politique est de concevoir ce système social nouveau.

Finalement, l'agronomie du 20ème siècle connaît mal les sols, les interactions entre le soleil, la végétation, la couche superficielle su sol, la sous-couche, les interactions. Elle raisonne en stock (concentration NPK) et non en flux. Elle fonctionne donc sur des données incomplètes. Elle est dans une logique de réparation du sol au lieu de dynamiser ses flux.

L'agriculture BRF et l'agroforesterie part d'une bien meilleure connaissance du sol. Il y a encore beaucoup à faire.  

Il faut donc que les budgets de recherche soient focalisés sur ce type d'agriculture plutôt que sur les OGM ou sur la fuite en avant dans les phytosanitaires.

par Dominique Bied publié dans : agriculture
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Dimanche 20 novembre 2005

Il peut paraître incongru qu'un responsable transport s'intéresse au sujet de l'agriculture. Mais un responsable environnement quelqu'il soit se doit d'être curieux de tous les sujets concernant la survie de la planète, en particulier le transport, l'eau, l'énergie, l'air, le sol.

Ceci est d'autant plus vrai que les domaines sont extraodinairement interdépendants, que les solutions à nos problèmes doivent être pensées transversalement.

 Je vous incite fortement à lire la documentation de recherche se situant sur le lien agriculture: la technologie BRF que j'ai mis dans la rubrique lien.

A l'heure où les bouleversements climatiques, dont le transport est responsable pour 1/4 environ, vont générer des problèmes considérables de fertilité des sols, il est plus qu'urgent de développer d'autres techniques agricoles moins consommatrices de produits artificiels et de ressources naturelles.

Cette technologie, respectant les cycles de la nature en utilisant ceux-ci pour fertiliser durablement les sols sans les épuiser, mariant harmonieusement les cycles de la forêt et du sol cultivé à moindre coût monétaire et en ressources naturelles, disqualifie largement les OGM. 

Notre ministère de l'agriculture serait bien inspiré de développer ces techniques en France, sinon, nous risquons, à l'avenir, de payer des impôts pour indemniser nos agriculteurs année après année.

Nos élus locaux sont complètement béotiens sur la question, il y a un énorme travail de communication à faire. D'autre part, chose plus étonnante encore, si vous allez sur le site de l'INRA, l'institut de recherche agronomique, vous ne trouvez même pas de texte sur cette technologie, ce qui dénote l'aveuglement de nos chercheurs sur les bonnes solutions aux problèmes agricoles. Il est grand temps que nos agriculteurs aient une formation plurielle. 

Je vous renvoie également à l'émission de France Culture "terre à terre" du 8 Octobre que vous pouvez encore écouter en différé pendant 3 semaines encore.

par Dominique Bied publié dans : agriculture
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Lundi 10 octobre 2005

Je vous invite à écouter attentivement l'émission de france-culture "terre à terre" qui a eu lieu Samedi 8 Octobre de 7h à 8h et intitulé "cultiver sans eau en Quercy".

Vous pouvez réécouter l'émission en différé en chargeant sur le site real.com le logiciel gratuit real player, et ceci pendant deux mois après l'émission.

 Il y est décrit une technique agricole qui permet de ne plus arroser du tout les plantes. Cette technique qui nous vient du Canada, et validée depuis 30 ans, réconcilie l'agriculture avec la forêt. Ce sont les travaux de Gilles Lemieux (ça ne s'invente pas) de l'université Laval au Quebec qui ont été appliqués récemment en France dans le Quercy avec un succès qui étonne tous les voisins de l'agriculteur interviewé. Il est le premier à avoir pratiqué ce style d'agriculture.

On pourrait intituler cette technique: "au delà de l'agriculture biologique."

En fait, un sol de forêt est toujours humide, plein d'humus. Ceci est du aux chutes de branches d'arbres, des feuilles etc... Si on épand sur le sol ce que l'on appelle du BRF, bois raméale fragmenté, alors on crée de l'humidité en quantité suffisante pour ne plus arroser. Il y a échange d'énergie entre l'environnement de la plante et celle-ci.

En fait, dans l'agriculture intensive, on enlève de la forêt, on épuise les sols (érosion) avec de la chimie minérale, et on crée des dégâts considérables dans l'environnement. Avec le BRF, on régénère le sol au fur et à mesure, il reste fertile. C'est la pédogénèse. Cette technique marche également sur des sols  très pauvres soit à l'origine, soit à cause du manque de précipitations.

Une substance nommée aquaporine mesure le besoin en eau de la plante, ce qui lui permet d'absorber son juste besoin. En fait, nous les hommes, ne savons pas gérer l'eau au mieux, la planète sait le faire.

Hélàs, une fois de plus, l'état a donné beaucoup d'argent pour étudier l'aquaporine en laboratoire sortie de son contexte, alors qu'il faudrait l'étudier dans son contexte réel. Malheureusement, il n'y a pas d'argent pour cela, alors que les résultats sont là.

Même l'agriculture biologique est dépassée par cette technique économe en eau et en apports minéraux.

Des mesures de ph ont été faites, celui-ci reste neutre.

La plante consomme seule ce qu'elle a besoin. Les fruits et légumes ont un goût incomparable car ils ne sont pas gorgés d'eau. D'ailleurs, la restauration de luxe n'a pas mis longtemps à s'approvisionner chaque semaine chez cet agriculteur. La productivité est de 150% par rapport à une autre méthode.

Cela veut dire aussi que si on reconstitue les haies, on trouve très facilement du BRF. De plus les oiseaux peuvent également nichés.

En fait, des champigons utiles colonisent le BRF. Ils installent le sol par digestion, transformation, transfert d'énergie. On ne fait plus d'entropie, le sol installe son ordre seul comme un grand.

En agriculture maraîchère, on sort 160kg de courgettes sur 12 pieds, c'est une productivité énorme. 

Cette technique a aussi sauvé des vignes menacées par la sécheresse. Lorsque vous faîtes un profil du sol, l'humidité se trouve à 50cm pour 1m 50 avec les techniques traditionnels. Au niveau fertilité, vous mettez quelques mois pour avoir 20 à 30 cm de sol fertile contre 100 ans pour avoir 10cm.

En poussant un peu plus cette technique, des études ont été menées en Ukraine. Chaque arbre produit son champignon. Celui-ci génère son propre antibiotique, celui dont la plante a besoin pour résister aux maladies. La quantité se régule seul. Le champignon ne crée pas de maladie car dans ce cas, il n'y a pas déséquilibre du sol. 

On voit là que la nature effectue un tas de travaux gratuitement. Ces mêmes travaux sont imputés de manière très coûteuse aux agriculteurs par les industries agro-chimiques.

Le précédent article faisait l'analogie entre la pensée "zéro déchets", le transports à "zéro nuisance", voici maintenant l'agriculture à "zéro consommation d'eau". Il y a vraiment du travail à foison pour que cap21 diffuse la pensée "qualité totale" dans notre mode de vie. 

par Dominique Bied publié dans : agriculture
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