Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 19:16

Les Pays-Bas sont très loin d'être le seul pays où le vélo tient une place considérable dans les déplacements quotidiens. La Suède n'est pas en reste. Il conviendrait de faire connaître la qualité cyclable de villes comme Stockholm et Göteborg.

 

Je reviens de vacances où j'ai visité à vélo de nombreuses villes du Nord del'Europe. J'y ai parcouru environ 500km. Ceci présente maintenant une énorme expérience. Je vous en donne la liste et cite quelques points remarquables.

 

Allemagne: Cologne, Brême et Neumünster.

Norvège: OsloSuède: Orebro, Stockholm, Vadstena, Göteborg, Malmö

Danemark: Copenhague.

 

Il y a donc des petites villes, des moyennes, des grandes.

 

Durant les 10 dernières années, c'est une centaine de villes parcourues dans tous les pays auNord de la France et en Italie du Nord, Lombardie et Toscane, soit environ 5000km à vélo dans ces villes.

 

La constante de toutes ces villes est que le vélo a une place considérable dansl es déplacements. A l'oeil nu, on peut dire 5 à 10 fois.

 

Tout d'abord, j'ai été très surpris de voir que les 3 plus grandes villes suédoises, Stockholm, Göteborg et Malmö, qui concentrent 1/3 de la populationsuédoise, sont plus cyclables que de nombreuses villes néerlandaises.

 

Quelles en sont les caractéristiques?

 

Tout d'abord et avant tout une vitesse modérée, voire faible en ville, des voitures. Ceci résulte d'une action forte des pouvoirs publics sur la vitesse. Ceci rend la ville plus cyclable structurellement sans même considérer leparamètre aménagement. Ceci valide le combat pour la ville 30.

 

Une autre conséquence de cet aspect, ajouté à la masse de vélos en circulation, est la très faible présence des 2 roues à moteur. Chez nous, l'espace pris à lavoiture pour les piétons et les vélos a bridé la circulation automobile, mais l'insuffisance d'actions sur la vitesse a permis l'explosion du deux roues motorisé, ce qui augmente fortement le risque routier par les vitesses pratiquées par ces mêmes deux roues. Ceci est surtout criant sur la région parisienne, Lyon, Lille, les plus grandes métropoles de façon générale. Le changement des comportements des motorisés doit se faire plus rapidement si les pouvoirs publics communiquent fortement là dessus et font  le nécessaire en instituant la ville 30.

 

Ensuite, la surprise est venue de Stockholm et Göteborg, où toutes les 4 voies de gabarit périphériques sont bordées de pistes cyclables bidirectionnelles avec de nombreuses possibilités de passer d'un côté à l'autre par pont ou tunnel. Il n'y a donc, dans ces deux villes, aucun des effets de coupure dont parle Frederic Heran, chercheur sur les mobilités douces, dans son livre transports urbains, les effets externes négligés. Il y a même, à Göteborg, en sus, une piste cyclable bidirectionnelle verte le long dufleuve. Nous avons donc 6 voies vélos pour 4 voies voitures sur un même linéaire. Dès lors, il ne faut pas être surpris de voir autant de vélos avec une telle qualité de l'offre. Et c'est celle-ci qui a attiré l'usage du vélo. Ce n'est pas une culture préexistante ex nihilo, mais le résultat d'une action publique forte.

 

Malgré des efforts louables, mais trop dispersés, nous sommes loin de cela. Une autre caractéristique essentielle  est que les forces de police laissent les vélos en paix au niveau verbalisation, pourvu qu'ils aient un comportement apaisés. Pas de verbalisation pour les petites entorses au règlement. D'ailleurs, elles sont plus que discrètes. C'est encore plus frappant à Oslo où la voirie est dans un état déplorable, avec du dénivelé dans toutes les rues, des rails de tram en grand nombre. On trouve alors de nombreux vélos sur les trottoirs sans qu'un seul piéton ou un seul policier ne vous fasse une remarque. Tout ceci veut dire qu'une ville cyclable est une ville apaisée, une ville perméable, une ville équipée sur les axes à fort trafic motorisé et où lavitesse différentielle est élevée. Bref, chez nous, il y a encore du boulot. Il faudrait passer une vitesse pourrattraper les 20 ans de retard que nous avons. Dans ces pays, le vélo est prisen compte systématiquement et par postulat dans les constructionsd'infrastructures, l'usage suit massivement, les comportements des motorisés  aussi.

 

 

- Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 16:22
Voici un article de Elisabeth Leciak de univers-nature sur les puits carbone. Parfois la lutte contre les émissions provoquées par les énergies fossiles ont des effets contraires à celui recherché. Tout est donc dans les ordres de grandeur. Les puits carbone sont en affaiblissement généralisé, aussi bien les puits océaniques que les végétaux. Certaines dispositions pour lutter contre les émissions affaiblissent cependant la capacité des végétaux à absorber le carbone.

Cette étude ne doit pas nous empêcher de continuer de réduire massivement nos émissions CO2. Les ordres de grandeur montreront qu'il y a plus intérêt à le faire plutôt qu'à continuer à polluer, même si parfois certains effets vont dans le bon sens.

Au mois d’avril dernier, la revue Nature a publié un article qui peut faire sourire ceux qui ont le sens de l’humour mais laisser circonspects quelques autres. En résumé, les mesures visant à limiter la pollution de l’air vont réduire la capacité des plantes à absorber le CO2. Paradoxe ou illustration de la complexité, nous sommes loin de maîtriser le cycle du carbone…

Les recherches scientifiques sur les gaz à effet de serre avancent et les modélisations intègrent sans cesse de nouveaux éléments pour mieux comprendre le couple émission/absorption qui régit les taux de CO2 dans l’atmosphère. On sait que l’océan, mais aussi les végétaux sont capables d’absorber une part importante du gaz carbonique émis par les activités humaines. Appelés puits de carbone, ils seraient des éléments clés pour stabiliser le climat. Mais, autant leurs compétences sont à l’heure actuelle difficiles à chiffrer, autant les facteurs qui les conditionnent sont multiples.

L’efficacité de l’absorption par les plantes tient dans la photosynthèse, l’utilisation de l’énergie solaire pour synthétiser de la matière organique à partir du carbone minéral (le CO2). Or les particules polluantes présentes dans l’air, type aérosols sulfatés, d’un côté reflètent les rayonnements solaires et les renvoient dans l’espace, mais de l’autre, participent dans l’air à une meilleure diffusion de la lumière. Les végétaux tirent parti de cette diffusion pour activer leur photosynthèse. Il y a donc une relation entre présence de polluants et captage du CO2.
La revue Nature explique que les émissions de particules sulfatées, particulièrement importantes durant la période 1950-1980, avaient déjà été prises en compte dans les modèles scientifiques, mais seulement pour leur effet de réflexion qui, réduisant les rayonnements solaires directs, diminue de 14 % l’absorption de CO2 par la photosynthèse. Intégrant ce phénomène dans leurs calculs mais, ensuite, prenant en compte la diffusion lumineuse favorisée par les aérosols, les nouveaux travaux publiés en avril (1) montrent qu’en fait, durant la même période, les taux d’absorption du carbone ont augmenté de près de 10 %. D’après les chercheurs responsables de cet « ajustement » de modèle, si les émissions de SO2, le principal aérosol sulfaté considéré, continuent à diminuer suite aux mesures prises par les gouvernements, la diffusion des rayonnements sera moindre et les plantes absorberont moins de CO2. Y aurait-il un choix à faire entre réduction de la pollution atmosphérique et la lutte contre le changement climatique ? Une bonne blague non ?

Elisabeth Leciak

1- Mercado, LM et al. (2009) Impact of changes in diffuse radiation on the global land carbon sink. Nature 458
- Publié dans : changement climatique
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 16:14
Voici un article de Cécile Cassier de univers-nature (www.univers-nature.com) qui rapporte une intention de l'union européenne de modifier les condtions de fonctionnement des pompes à essence afin de réduire les émissions de composés organiques volatiles cancérogènes à la sortie du tuyau d'essence. Il est dommage que cette disposition ne soit pas généralisée et ne soit applicable que sur les nouvelles stations ou les stations en rénovation. Mais on avance tout de même.

Vivement pointée du doigt pour la pollution qu’elle génère à l’usage, la voiture n’est pas non plus inoffensive à l’arrêt. Pour surprenante que soit une telle affirmation, elle n’en est pas moins vraie. En effet, lors du passage à la pompe, les réservoirs des véhicules refoulent de l’air saturé en vapeurs de composants organiques volatils (COV), nocifs tant pour l’homme que pour l’environnement. Ces vapeurs d’essence contiennent, de fait, un mélange d’hydrocarbures, incluant notamment du benzène, identifié comme cancérigène. En outre, après contact à l’air libre, ces hydrocarbures forment de l’ozone au sol, ce qui peut provoquer une irritation des voies respiratoires, voire une inflammation des poumons, sans parler de la pollution atmosphérique générée.

Plutôt que de conseiller de retenir sa respiration le temps du réapprovisionnement à la pompe, l’Union européenne s’est tournée vers une solution moins contraignante pour le consommateur et plus profitable à l’environnement. Le 5 mai dernier, le Parlement européen a, en effet, approuvé une proposition imposant à l’ensemble des Etats membres d’équiper leurs stations service de systèmes de captage et de recyclage de ces vapeurs nocives.
Concrètement, ces équipements seront obligatoires dans toute l’Union européenne à compter du 1er janvier 2012 pour les stations service nouvellement construites ou faisant l’objet de rénovations. Cela concerne les stations dont le débit, effectif ou prévu, est soit supérieur à 500 m3 par an, soit supérieur à 100 m3 par an dans la mesure où celle-ci est intégrée dans un bâtiment utilisé comme lieu permanent d’habitation ou de travail.
D’après le projet présenté, l’obligation de recourir à ces techniques de récupération de vapeurs d’essence sera étendue à la quasi-totalité des stations service d’ici 2018. Seules les toutes petites stations service, n’approvisionnant que quelques voitures par jour, en seront exemptées.

Déjà introduits dans un certain nombre de pays européens, ces dispositifs de captage aspirent les vapeurs rejetées hors du réservoir du véhicule au niveau de l’embout de la pompe à essence et les renvoient soit vers un réservoir de stockage souterrain aménagé sur le site, soit directement dans les cuves de la station service. Cette dernière technologie est la plus récente et ne nécessite pas la création de canalisations souterraines. Dès lors, outre son impact moindre sur la santé humaine et sur l’environnement, cette mesure devrait permettre d’économiser du carburant, même s’il est délicat, à l’heure actuelle, de chiffrer ce gain.

Pour l’heure, cette proposition de directive relative à la phase II de la récupération des vapeurs d’essence lors du ravitaillement en carburant dans les stations service (1) doit encore recevoir l’accord des Etats membres à l’occasion de l’une des réunions ministérielles. Si elle venait à être définitivement adoptée, la directive entrerait en vigueur le jour de sa publication au Journal Officiel de l’Union européenne.

Cécile Cassier

1- La phase I concerne la récupération des vapeurs lors du pompage par les réservoirs des stations service, obligatoire sur la base d’une directive de 1994 (94/63/EC).
 
- Publié dans : pollution de l'air
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 18:01
Voici une chanson du groupe Paris-Combo, formidable groupe français. C'est de la musique de très haut niveau technique, dans le style de San severino, de Django Reinhardt.

Cette chanson décrit la qualité de l'air dans Paris avec une poésie de grande valeur sur un rythme de valse qui vous transporte. Je vous laisse découvrir cette chanson sur deezer.com et les paroles ci-dessous. Elle fait parti d'un album qui s'appelle attraction.

Titre:Lettre A P

Tôt, j’ai mangé de l’autocar

Avec ses jantes, avec ses phares

Ensuite, j’ai fumé une berline

Aux pures essences raffinées de benzine

 

Paris, j’aime ton gasoil

L’odeur de ton excitation-moteur

Paris, tu es la capitale

La lettre P, en sonore initiale

 

Car tu sens si bon, l’été

Sous ta chape de plomb, souffrez

Que j’ai m’inspiration fatale

 

Tu seras toulours romantique

Même au temps des pics

Qui goudronnent tes monuments

Et font pleurer tous les yeux des amants

 

On a souvent chanté tes ponts

A coup d’excès d’accordéon

Pour l’heure, voilà que ces flonflons

Vont louer tes pics de pollution

 

Avenue Bel-air ou sur les quais

On voudrait respirer en paix, quand on sait

Que tes gaz sont fatals

Ça fait sourire ce P, en initial

 

Car tu sens si bon, l’été

Sous ta chape de plomb, souffrez

Que j’ai m’inspiration fatale

 

Tu seras toulours romantique

Même au temps des pics

Qui goudronnent tes monuments

Et font pleurer tous les yeux des amants

 

Un P, comme pas vu, pas pris

Un A, comme atmosphère

Un R, comme le bon air de Paris

I, c’est l’asphyxie

 

Et S, vraiment bon esprit

De nous faire inhaler ainsi

Parmi les squares et les allées

De si dangereux fumets

 

Car tu sens si bon, l’été

Sous ta chape de plomb, souffrez

Que j’ai m’inspiration fatale

 

Tu seras toulours romantique

Même au temps des pics

Qui goudronnent tes monuments

Et font pleurer tous les yeux des amants

 

 

 
Par Dominique Bied - Publié dans : pollution de l'air
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 17:19
Voici un article plein de pertinence de Pierre Solviche, membre de la fédération des usagers de la bicyclette et de l'association réseau vélo78. Il pointe l'incompétence des réprésentants des automobilistes au comité national de sécurité routière (CNSR), organe appartenant à la direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR).

Il nous rappelle que les règles d'or de la sécurité routière sont simples:

voir et être vu, vitesse modérée, respect des distances de sécurité.

Pierre pointe la dangerosité extrême des films se mettant sur les vitres, empêchant les échanges de regard entre les automobilistes et les piétons et cyclcistes.

La tendance actuelle est de bourrer les voitures d'électronique déresponsabilisant les conducteurs.

Rappelons aussi que la vitesse moyenne des voitures en milieu dense ou semi-dense se situe entre 8 et 20km/h.
La vitesse moyenne d'une voiture tout au long de sa vie est de 50km/h environ.
Une mesure de sécurité routière beaucoup plus efficace que toute objet de vision électronique serait de mettre par défaut les vitesse de pointe à 30km/h en ville. Le temps de parcours des automobilistes ne serait pratiquement pas changé. Cette mesure est appliquée avec bonheur à Fontenay-aux-roses. Sur le réseau secondaire il faudrait envisager une réduction de la vitesse limite.

La vraie solution à la sécurité routière est que le conducteur sorte de sa bulle et ait pleine conscience de son environnement.

Voici le texte de Pierre.

Franchement, je rigole (jaune)quand je vois le battage médiatique et la répression policière sur les gilets dit " de protection".
 
Bien sûr il faut "être vu", et je protestet assez sur le port des vêtements sombres, voir noirs dont nous sommes tous équipés (On croirait voir les foules de 1914, en hiver car au printemps tous les canotiers en paille sortaient).
 
Mais "voir et communiquer", par gestes, échanges de regards et... clignotants est la première règle , magnifiquement ignorée de la DSCR dont le CNSR (Conseil national de sécuritéroutière) comprend les membres omnipotents Xavier FELS   (Chambre syndicale des constructeurs automobiles) et Christian GERONDEAU ( président de la fédération française des automobiles -clubs).
 
En effet, les vitres teintées, apanages des gangsters et des chefs d'Etats se généralisent partout et les marchés d'accessoires rivalisent d'imagination pour vendre des films teintés , chromés, argent...à coller sur nos vitres*
 pour échapper aux regards indiscrets des policiers(ceinture, téléphone), atténuer la lisibilité des flashes et... hélas empêcher les échanges indispensables à la sécurité avec les piétons et les cyclistes. 

Au lieu de renforcer les mesures de sécurité des véhicules motorisés par une meilleure visibilité sur leur environnement, on assiste à l'opacité  progressive de ces monstres noirs.
 
Rassurez-vous les constructeurs ne sont pas en panne de gadgets : les chercheurs maintenant financés en majorité par les constructeurs, étudient des dispositifs automatiques de détection des piétons et cyclistes.
 
Ainsi les conducteurs dans leurs voitures parfaitement étanches ne communiqueront plus que par des informations électroniques.  Le conducteur pourra alors vaquer entièrement à ses activités : téléphoner, parfaire son maquillage, écouter la radio , lire le journal ou le dernier rapport et même à l'abri des regards "se consacrer entièrement à ses passagers" !...

Il est temps que le rapport de forces s'inversent entre les usagers motorisés et non motorisés de la voirie.
 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 23:40

Il est 17h heures ce Samedi 17 Janvier, je me dirige vers la gare Saint-Lazare pour prendre mon train vers Rouen après une journée de travail pour les commissions du Modem. Je sors du commissariat du 7ème arrondissement où j’ai déposé une plainte contre un chauffeur de bus m’ayant frôlé et fait une jolie queue de poisson délibérée pour me pousser contre le trottoir, alors que j’étais sur une bande cyclable. Déjà, la veille, rue Royale, une moto était passée à pleine vitesse dans le mètre disponible entre une voiture et moi, pour s’arrêter quelques mètres plus loin, bloquée par la circulation, geste inutile, fou autant que dangereux, exécuté avec un cynisme incroyable. La plupart des scooters et motos ont des comportements d’une dangerosité inouie pour un gain quasi nul. Traverser la place de la concorde à vélo était facile il y a quelque temps, cela devient impossible. Pourtant, limiter la vitesse à 30km/h ne serait pas du luxe sur ce lieu. Seule l’expérience vieille de 40 ans permet d’éviter l’accident dans ces conditions. Pourtant, ce n'est ni difficile ni cher de sécuriser la Concorde et imaginer un parcours vélo sans détour et en sécurité.


 Sur mon chemin se trouve  le quartier de la Madeleine, où je découvre un véritable capharnaüm. Une personne par voiture en général. Je ne pouvais même plus remonter les files automobiles à vélo tellement l’espace manquait. Je descends donc de ma monture pour marcher sur le trottoir, privilège que seul reine bicyclette permet.  


Vous vous souvenez de la célèbre chanson de Joe Dassin, "A Paris, en vélo, on dépasse les autos". Nous étions dans les années 70. Eh bien en 2008, même à pied on dépasse les autos.


Ces quelques photos illustrent à quel point notre société du "tout automobile" s’éteindra d’elle-même en exaspérant la population, tout comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf. Les rues déboûchant sur La Madeleine en amont et la gare Saint-Lazare en aval subissent une véritable trombose.


Voici le fameux triangle rue Tronchet, rue Vignon puis boulevard Haussmann et la rue du Havre. C'est édifiant.
























Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 21:53
Un débat a lieu actuellement au sujet de l'implantation d'une ligne à grande vitesse en PACA. Voici quelques éléments de réflexion.
  Il est difficile, pour l'animateur transports au niveau national que je suis, Rouennais de surcroit, de m'exprimer sur un dossier local dont je ne connais pas tous les éléments.   En même temps, je ne peux me défausser de vous expliquer ma position et de donner modestement quelques éléments techniques pour que vous puissiez argumenter lors de vos débats publics et de vos combats. Je mettrai cette contribution sur le forum du Modem et sur le blog transports de cap21.
Nos échanges serviront, comme l'a dit Corinne lors de la réunion des animateurs Samedi, c'est à dire hier, à construire un corpus de positions Modem, et non une position militante ou une autre. Ce sont ces échanges qui fabriqueront le corpus et non une quelconque position venant d'en haut. Le rire est le propre de l'homme a dit Bergson (célèbre citation utilisée par de nombreux candidats au baccalaureat). Et bien, je dirai aussi le doute est le propre de l'homme. Les échanges entre nous sur ce genre de sujet contribueront à atténuer (mitigation en anglais) le doute, sachant que la certitude absolue n'existe dans ce bas monde puisque nous sommes en face de complexités et d'un monde futur que nous ne connaissons pas. 
 
Dans l'esprit, le problème des LGV est de même nature que celui des autoroutes ou des canaux à grand gabarit, bref, de toutes les infrastructures capacitaires. Votre problème me fait penser à une petite commune du Val d'oise dont j'ai oublié le nom et qui mène un combat furieux contre le canal Seine Nord pour sauver un petit pont romain alors qu'un tel outil peut enlever des milliers de camions sur les routes. Je pense qu'il faut avoir des positions argumentées à partir d'une réflexion système sur tout cela.  
 
L'important dans l'histoire est de ne pas oublier les fondamentaux du Modem, c'est à dire de regarder les choses au travers du prisme développement durable. Pour des problèmes opérationnels comme celui-ci, j'utilise souvent la définition suivante, que j'ai fabriquée pour des interventions transports durables dans l'enseignement supérieur: "exercer les fonctions de la vie avec un confort sensiblement égal à celui d'aujourd'hui en prélevant un minimum de ressources sur notre environnement". C'est la donnée d'entrée que je vous propose. 
  Voici la donnée d'entrée du problème LGV au regard de cette définition.   En terme de développement durable, il s'agit d'assurer la mobilité des personnes (qui ne diminuera pas dans un délai court) en diminuant fortement le trafic routier.  
Il est difficile, à mon avis, de prendre une position pour ou contre. Etre Modem, c'est justement sortir des débats manichéens pour entrer dans des arguments factuels basés sur une vision globale des mobilités.
A la suite d'une analyse approfondie, le résultat peut être non ou oui si, mais en aucun cas un oui sans condition.      Rappelons des ordres de grandeurs.    60% trafics de voitures particulières
40% trafics camions dont 6 à 10% de transports routiers internationaux. L'essentiel des trajets marchandises est du cabotage de 150 km environ. Pour les voitures particulières, l'essentiel du trafic est de petite distance. En moyenne, une automobile se déplace sur 40km par jour en 3.3 fois.
 
Ensuite, l'histoire des mobilités et du transport public nous enseigne que malgré tous les investissements faits dans les transports publics urbains, le transfert modal de la voiture vers ceux-ci a été faible. On ne sort pas véritablement de la proportion 80 20 en faveur de la voiture pour les déplacements motorisés. Bien sûr, ici, nous sommes dans des déplacements longue distance, mais le fond du problème reste le même.  
 
Cette histoire des mobilités montrent aussi que plus un système de transports est rapide, plus cela incité les gens à se déplacer loin (loi de zahavi). Ceci explique la fameuse périurbanisation induite par les autoroutes et rocades urbaines. L'inflation de telles infrastructures a permis à un certain nombre de ménages d'échapper à la pression foncière des centres villes.
 
Effectivement, et spécifiquement en province, on manque cruellement d'une offre ferroviaire avec une bonne fréquence et une capacité à transférer une partie du trafic autoroutier vers cette offre ferroviaire. Effectivement, la priorité doit plutôt être vers la qualité des liaisons interurbaines. Pour autant, faut-il abandonner la grande vitesse?
 
Les questions de tracé doivent se faire en concertation avec les associations en prenant son temps pour prendre en compte l'ensemble des paramètres intervenant dans le système, dont la qualité de vie.
 
Prendre le temps de la concertation n'est pas bavarder sur le tracé en sachant que les décisions sont prises, c'est vraiment une négociation avec des concessions de chacun. On est loin de cela aujourd'hui dans le débat public, il faut tenir bon là dessus. 
 
N'oublions jamais que l'idéologie du tout train n'est pas meilleure que le tout voiture. L'efficacité dans le domaine des mobilités est atteinte avec une combinaison des modes. Une ligne TGV non accompagnée d'une offre de transports publics performante dans les villes étapes génère du flux voitures supplémentaires. Le problème doit être analysé dans sa complexité.
 
D'un point de vue économique, il faut considérer qu'une ville desservie par la grande vitesse est de nature à attirer de l'économie. On peut se servir de cet outil pour décongestionner des grandes agglomérations et créer des nouvelles zones économiques. Cela peut être un outil d'aménagement du territoire à condition que la gouvernance soit au rendez-vous (pas de mégalomanie ni de cupidité).
 
Pour cela, il y a une analyse de Jean-Marc Offner, chercheur au LATTS, datant de 1993 dans la revue l'espace géographique "les effets structurants des infrastructures de transports: mythe politique ou mystification scientifique". C'est un bon outil de réflexion pour ces sujets.

article-offner-espace-geo.pdf article-offner-espace-geo.pdf
 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /2009 13:54
Tous mes voeux aux lecteurs de ce blog pour cette nouvelle année qui s'annonce certes difficile, mais oh combien passionnante car plein de défis.
 
Je crois que pour la question qui nous préoccupe dans ce blog, c'est à dire les transports, nous avons à inventer un autre mode de vie urbain et rural. Dans l'urbain, la place pharaonique que nous avons donné à l'automobile a donné à nos villes un goût amer et une qualité de vie calamiteuse. Or la moitié de la population mondiale y vit. Dernièrement, un reportage télévisé sur Dehli montrait que 80% de sa population souffrait de problèmes respiratoires graves, dont les enfants sont les principales victimes, donc la durabilité de toute une population. Ce n'est pas en changeant de type de moteur que nous résorberons l'espace démesuré affecté à ce mode de transport, certes indispensable pour beaucoup, mais gros mangeur de temps, d'espace et donc d'énergie , que soit par électricité, où il faudrait construire au moins une centrale nuclaire par mois pendant 40 ans pour adresser l'énergie électrique aux automobiles, ou par énergie fossile où le climat nous interdit de continuer notre folie. 
 
Il est plus qu'indispensable de construire cet édifice industriel intégrant le monde de l'automobile, de l'informatique, des transporteurs publics. Ces mondes ne se parlent pas, il faut les décloisonner et les mobiliser sur un projet commun: remplir les voitures à chaque kilomètre parcouru et articuler leurs trajets avec les transports publics.
 

 
Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /2009 18:40
Schwalbe commercialise son pneu increvable marathon plus, très efficace. On peut aller voir sur le site http://www.increvable.com. Le modèle s'appelle marathon plus.

Ce pneu est commercialisé dans une fourchette de prix entre 26 et 34 euros. Tous les cyclistes urbains utilisant quotidiennement le vélo apprécieront cette formidable nouvelle.

Jusqu'à présent, il existait les pneus pleins, mais ils sont lourds. Il y avait aussi les bandes élastomères anticrevaison, efficaces mais posant des problèmes au montage si on n'est pas vigilant.

Bonne année à tous et vive le vélo !!!!!!!!!!!!!!!!!!  
- Publié dans : transports de personnes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 13:28
Voici une interview rapportée par le monde de Jacqueline Mac Glade, directrice de l'agence européenne de l'environnement. Elle montre combien l'action est urgente et que l'ensemble des citoyens doivent modifier en profondeur leurs modes de consommation. Nos émissions continuent d'augementer.

Si nous dépassons de seuil de 2 degrés d'augmentation de la température moyenne à la fin du siècle, le retour à l'équilibre ne sera plus possible à cause de l'effondrement des pompes à carbone terrestres et océaniques et du relarguage dans l'atmosphère des hydrates de méthane.

On ne peut plus se contenter de politiques à la marge. Rappelons que les particuliers sont responsables de la moitié du problème.

Voici l'article du monde:

Jacqueline McGlade, scientifique de nationalité britannique, dirige l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), basée au Danemark. L'AEE étudie de façon indépendante l'état de l'environnement dans l'Union européenne (UE) et évalue les politiques publiques qui y sont menées pour le compte de la Commission, du Parlement et des Etats membres. Quelque 170 experts y travaillent.

-

Vous publiez, début janvier, un rapport sur les enjeux pour 2009 en matière d'environnement qui se veut beaucoup plus accessible au grand public que vos travaux habituels. Quel est l'objectif?

L'influence des citoyens en 2009 sera cruciale. Ils doivent être informés de ce qui va se passer en décembre à Copenhague, où l'accord qui succédera au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre sera négocié entre tous les Etats. Les citoyens entendent parler de changement climatique, mais n'ont pas une idée claire des enjeux. Notre objectif est de rendre ceux-ci plus accessibles pour redonner du pouvoir aux citoyens. L'enjeu est considérable. Nous sommes en train de nous écarter dangereusement de notre trajectoire de sécurité. Nos émissions de gaz à effet de serre croissent encore plus vite que dans les scénarios les plus pessimistes.

Les conséquences du changement climatique restent-elles encore abstraites aux yeux du grand public?

Oui. Il faut se rendre compte que, jusqu'à présent, nous avons évolué dans un environnement climatique très stable. Une baisse d'un demi-degré en moyenne a suffi pour nous faire entrer dans le petit âge glaciaire. Chaque degré compte. Notre objectif est de stabiliser la hausse des températures à deux degrés supplémentaires. C'est une cible extrêmement ambitieuse, et même avec deux degrés de plus, nous ne vivrons pas de la même manière, y compris en Europe. L'eau ne sera plus autant disponible. L'agriculture ne pourra pas être la même. L'industrie touristique devra évoluer. Mais la lutte contre le changement climatique recèle aussi d'importantes opportunités. Par exemple, les mesures de réduction des émissions en Europe nous permettront d'économiser 8,5 milliards d'euros par an dans la lutte contre les polluants atmosphériques. Les économies pour les services de santé en Europe pourraient atteindre 45 milliards d'euros par an.

La lutte contre le changement climatique ne risque-t-elle pas de passer au second plan au moment où les conditions de vie du plus grand nombre sont menacées par la crise économique?

Il faut utiliser ce moment pour restructurer l'économie, repenser les fondamentaux. Nous ne devons pas reconstituer le modèle économique précédent. Le "New Green Deal" dont parle Barack Obama, qui doit déboucher sur la création de nombreux emplois "verts", ne fonctionnera pas si l'on se contente de remplacer des voitures à essence par des voitures qui roulent aux carburants renouvelables, par exemple. L'économie doit être pensée comme une filiale à 100% de l'environnement, et le prix que nous donnons aux choses réévalué. Si nous prenions en compte le coût véritable de l'eau et des carburants nécessaires à la fabrication et au transport des biens, nous constaterions que les déplacer autour du monde et même en Europe, comme nous le faisons, coûte très cher.

L'accord récemment conclu par l'UE pour réduire ses émissions de CO2 de 20% d'ici à 2020 a été salué comme une première historique mais aussi critiqué par les organisations non gouvernementales (ONG). Qu'en pensez-vous?

Les politiques ont effectué un pas en avant extrêmement audacieux. Les ONG peuvent avoir raison de dire que l'accord est tellement compliqué que personne ne sera capable de vérifier son application. Mais il fixe des objectifs si agressifs, si ambitieux qu'il nous force dès maintenant à penser différemment. Le "business as usual" ne suffira pas pour les atteindre. A travers la mise aux enchères des quotas des CO2, un prix sera mis sur les émissions polluantes. C'est un début, mais cela ne sera pas suffisant. S'ils veulent atteindre les cibles, les pays vont devoir mettre sur pied des politiques très volontaristes, très vite.

Pensez-vous que la communauté internationale peut aboutir à un accord satisfaisant à Copenhague?

Cela dépendra de la pression de l'opinion publique mondiale. Certains signes sont encourageants comme, bien sûr, l'arrivée de l'équipe Obama à la Maison Blanche et l'émergence de nouveaux Etats ou groupes d'Etats qui veulent prendre part à la lutte contre le réchauffement climatique. L'un des grands enjeux de la négociation sera la question du financement et le fonctionnement du fonds d'adaptation [abondé par les pays riches, son objectif est de financer des actions dans les pays confrontés aux conséquences du réchauffement].

Nous devrons prendre garde à ce que ce fonds serve bien à ralentir le changement climatique, et à s'y adapter. Nous allons être accusés de néocolonialisme en voulant contrôler l'utilisation qui est faite de cet argent, mais un accès direct des pays en développement au fonds ne vaut pas chèque en blanc. Il faudrait peut-être appliquer le schéma qui prévaut dans l'industrie nucléaire, où il existe des possibilités d'inspection par toutes les parties.

Propos recueillis par Gaëlle Dupont
- Publié dans : changement climatique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés