Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 23:41

Le procès de l'Erika va s'ouvrir en Février. L'émission "pièces à conviction" d'hier résumait les centaines de pages de ce dossier.

L'élément le plus marquant, en dehors de la pollution des côtes et du désastre écologique, est la découverte de l'effet hautement cancérogène de la cargaison de l'Erika, avec un doute sérieux sur l'identification de cette cargaison (1 ou 2 produits?), et des expertises à résultats contradictoires sur cette identification. L'Erika ne transportait-il que du fuel lourd N°2 ou y avait-il aussi des déchets de cracking hautement toxiques. Le discours rassurant du responsable communication de Total à l'époque tranchait avec le scepticisme des associations et des laboratoires indépendants.

Le débat se tend car l'enjeu est la santé des bénévoles ayant travaillé sur le chantier de dépollution. Clairement, le reportage faisait apparaître un danger pour ceux qui avaient manipulé le produit à mains nues. Une récente étude scientifique de 2004 publié en 2006 décrite dans l'émission met en évidence une modification de l'ADN des moules, ainsi qu'une modification de l'ADN humain par le produit de l'Erika, pouvant faire apparaître des cancers à long terme (horizon 20 ans.). Le visage inquiet et médusé du responsable communication de total dans l'émission était révélateur.

Tous ceux qui ont travaillé dans des grands groupes connaissent à la fois la rigueur et les normes qui s'appliquent aux processus industriels. Certains sont très surveillés car très dangereux. Mais nous savons aussi que la concurrence, la loi du marché, la tension sur les délais par le raccourcissement des cycles, fait pratiquer à ces industries lourdes des processus parfois à la limite de la légalité, voire légèrement au delà. Les coûts externes sur la santé ne sont pas supportés par ces activités, d'autant que les rares études scientifiques sont publiées avec beaucoup de retard, quand elles ne sont pas étouffées au nom du chantage à l'emploi ou de la compétitivité économique. Un des grands enjeux du développement durable est la lutte contre la corruption, l'indulgence des états à l'égard de pratiques douteuses de multinationales, pourtant garant de la sécurité des citoyens et de leur santé. Seule une république renouvelée permettra de rétablir la confiance entre les citoyens et les outils industriels.

Le manque de transparence, d'études épidémiologiques sur le long terme a détruit cette confiance. Corinne Lepage et cap21 s'engagent sur cette volonté de faire bouger les lignes républicaines pour que cessent les opacités, pratiques indignes de notre siècle. Il en va de la santé des citoyens de ce pays. 

Le débat sur l'écologie à Europe 1 Jeudi 25 Février de 18h et 21h était révélateur de ce qu'a fait ce gouvernement depuis 2002. Mr Busserau niait le retard pris par notre pays sur les sujets environnementaux en s'appuyant sur des projets réalisés, mais qui sont plus des coups d'un jour qu'une politique environnementale résolue et persévérante.

Il a même été extrêmement désobligeant envers Corinne Lepage en lui disant qu'elle racontait des histoires pour faire tourner son fond de commerce, qui est la défense, avec succès, des populations contre les dégâts induits par les grands lobbies industriels. Voilà un bien triste gouvernement. Au lieu de regarder les problèmes en face et les résoudre, il préfère se cantonner à de petites phrases éliminant toute possibilité de débat. Il en va de même pour le nuclaire et pour les OGM. 

Il est grand temps de changer de république.        

 

    

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports maritimes
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /2007 19:00

Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault, vient de sortir un livre "Mes années Renault". C'est à ce titre qu'il était interviewé ce matin par Dominique Souchier dans son émission "C'est arrivé demain" à Europe 1, de 9h00 à 10h00. 

Il a exprimé, pour la première fois en public, un point de vue exprimé sur ce blog depuis sa création. Je relate ici certaines de ses déclarations.  

"Le problème de la pollution de l'air dans les villes en occident est réglé par l'amélioration des techniques de combustion des moteurs et l'amélioration des carburants.

 Par contre, la technologie des moteurs de règlera jamais le problème des émissions de gaz à effet de serre donc les émissions CO2. Il est donc normal que l'on limite l'usage de l'automobile dans les centre-villes. L'industrie ne doit pas ignorer l'impact de son activité sur l'environnement, mais traiter les problèmes liés à son développement.

Par ailleurs, il y a un énorme problème de sécurité routière à régler dans le monde avec 1 million de morts par an."

Il y a une part de vérité dans ce point de vue sur la pollution, mais une part seulement. Par contre, le point de vue sur le réchauffement climatique est visionnaire et encourageant pour l'avenir dans l' optique de travailler avec les constructeurs sur une transformation des usages, par exemple sur le projet taxi collectif temps réel souvent évoqué dans plusieurs articles de ce blog et en début de développement.

Attention cependant à ne pas focaliserla réflexion urbaine globale sur les centre-villes, mais sur toutes les zones denses. L'excès d'automobile n'est pas plus tolérable dans Paris centre que dans les villes de première couronne.  La réflexion doit porter sur le paramètre densité de population rapporté à la capacité des voiries et à la configuration de la forme urbaine. 

A nous, cap21 de nous employer pour transformer l'essai et prendre Louis Schweitzer aux mots prononcés ce matin.  

 

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /2007 12:53

La manière dont on pose la question de l'impôt dans cette campagne présidentielle est d'une part biaisée, d'autre part archaïque et d'une démagogie dépassant l'entendement. Le débat se cristallise sur l'impôt sur le revenu alors qu'il ne réprésente que 17% des recettes fiscales. On paye beaucoup plus d'impôts sur le travail que sur le revenu. Quand va-t-on parler enfin de la répartition des différents impôts?

 

 

Cristalliser le débat sur la suppression ou non des impôts sur le revenu des personnes gagnant plus de 4000 Euros nets par mois est passablement réducteur, simpliste et injuste. Parler de cette tranche de population avec un tel impact médiatique signifie ignorer 90% des français.

Voilà une singulière manière de vouloir rassembler le pays vers un objectif partagé. 

Et puis sait-on vraiment qui est riche et qui est pauvre en France (voir le numéro de Janvier d'alternatives économiques)? A-t-on une idée largement partagée de la répartition des revenus en France. En fait, ces débats caractérisent l'incapacité des politiques à répondre aux difficultés quotidiennes d'une immense majorité de français et à concevoir une fiscalité juste et équitable, efficace.  

 

 Il devient urgent, pour que le travail, le risque et l'investissement soit mieux rémunéré en France de regarder cette répartition. Le débat présidentiel devrait tourner autour de la ventilation de l'impôt sur le travail, la TVA , le capital, la TIPP , le patrimoine de rentes, le patrimoine d'habitation, le patrimoine productif, celui impactant négativement l'environnement. C'est aussi à cette seule condition que le travail reviendra dans notre pays.   

 

Ensuite, les français subissent des prélèvements déguisés sur leur revenu. En effet, notre inconséquence en matière d'urbanisme et de mobilité oblige la plupart des français à prendre leur voiture seul pour aller au travail. La hausse générale des prix de l'immobilier a aussi considérablement réduit leur revenu disponible.  

 

En fait, les français surpaient leur logement et leur mobilité par la défaillance de la puissance publique à ce niveau, c'est à dire la manière de gérer l'espace public et le partage de l'espace public et l'espace privé.  

 

C'est ce que l'on fait à cap21. Prendre l'environnement comme tête de pont des politiques publiques permet de trouver les clés pour fabriquer une économie et un social compétitifs en jouant sur la diminution des dépenses non compressibles des ménages. 

 

 

 

 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 21:25

Je vous invite à consulter le dossier complet sur la technologie de moteur hybride cleanova. La grande innovation par rapport aux moteurs hybrides type Toyota Prius est que c'est la partie électrique qui domine, ce qui réduit considérablement la consommation. La technologie cleanova est plus adaptée à l'usage actuel des automobiles en France: 40km par jour sur 1h15 en 3.3 fois. La partie essence permet de supprimer l'inconvénient majeur qui freinait le développement de l'énergie électrique dans les voitures, et qui était l'autonomie.

Le dossier est dans la rubrique lien de ce blog.

Par Dominique Bied - Publié dans : carburants propres
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 21:04

Il n'y avait pas, sur ce blog, d'article sur le moteur à air comprimé. Je corrige donc ce manque. Pour plus de détails, je vous renvoie au site www.MDI.lu

Guy NEGRE, ingénieur motoriste de renom, a tout au long de sa carrière particulièrement travaillé sur l'étanchéité des moteurs à distribution rotative. Une fois mise au point, cette distribution sans soupape a donné des résultats exceptionnels en terme de puissance et  de souplesse d'utilisation.

 

 

De retour dans l'automobile, Guy NEGRE ne tarde pas à équiper des voitures de ses moteurs performants, et à la fin des années 80, il franchit le pas en mettant au point un moteur de formule 1 avec un fabuleux potentiel : 12 cylindre en W, 3,5 litres de cylindrée, et distribution rotative. Son poids et sa compacité sont révolutionnaires. Malheureusement, l'écurie de F1 devant être équipée vivait alors sa dernière saison et le moteur n'a pas eu l'occasion de s'exprimer en course.

 

L'heure n'étant plus aux moteurs puissants et polluants, il planche sur la création d'un moteur à la pollution la plus réduite possible.

 

De fil en aiguille, plusieurs générations de moteurs se succèdent (une douzaine), tantôt utilisant du carburant, tantôt de l'air comprimé, voire les deux à la fois.

 

La première voiture à être équipée fût une Citroën AX. Les essais étant concluants, Guy NEGRE a entrepris de concevoir sa propre voiture, et s'oriente vers la fabrication d'un taxi.

 


La fabrication, sous licence, est prévue selon un concept nouveau dans l'univers automobile, via des usines à échelle humaine, d'où sort une voiture toutes les demi-heures.

 

La technologie progresse au fil du temps, et afin de supprimer toute pollution, il fait fonctionner ses moteurs exclusivement à l'air comprimé.

 

 

Un premier taxi est créé, équipé d'un moteur mono-énergie air comprimé. Il permet de confirmer définitivement la validité du concept.

 

 

De là naîtront encore d'autres générations de moteurs, dont l'autonomie ne fait que croître.

 

 

A partir de 1998, une gamme de véhicules est développée, toute aussi novatrice que les moteurs.

Fin 2003, MDI revient à l'utilisation de carburant, fossile comme naturel, dans le but d'accroître considérablement l'autonomie. Brevetant un nouveau cycle thermodynamique, les rejets polluants sont nuls en ville et ultra-réduits en usage extra-urbain.

 

Ces technologies seront prochainement disponibles, dans un premier temps dans des groupes électrogènes avant, d'équiper des voitures.

 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : carburants propres
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 12:49

La logique actuelle de l'entreprise est de maximiser ses ventes et de diminuer ses prix de revient pour maximiser ses profits. Il s'agit donc bien de vendre un bien ou un service en minimisant les prélèvements sur ces ressources.

Les politiques publiques compatibles avec le développement durable sont aussi celles qui permettent de fournir à une population les outils pour vivre au quotidien en minimisant les prélèvements de ressources sur la planète, que l'on peut considérer comme un capital. 

La logique de la qualité dans l'entreprise est de diminuer les rebuts et les retravaillages de produits pour baisser ses coûts de non qualité.

La logique de la qualité dans l'environnement est de faire décroître les activités réduisant le capital de la planète et de faire croître les autres. C'est au politique de le faire.

Ces 4 phrases montrent qu'environnement n'est pas en opposition avec économie, mais que faire de l'environnement, c'est faire de l'économie et donc du social. Le 21ème siècle doit inverser les priorités entre ces trois domaines. L'environnement doit être au coeur des politiques publiques. Aujourd'hui, c'est un strapontin.

La réforme de la manière dont on compte dans un bilan d'entreprise ou dans un budget de l'état est indispensable. Il faut revoir les normes comptables au niveau mondial. 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 21:47
Une campagne financée par EDF, Bouygues, L'Oréal... ne peut correspondre à l'éthique verte.
Pourquoi je ne me rallierai pas à l'animateur vedette
Par Corinne LEPAGE
Corinne Lepage candidate à l'élection présidentielle
L'éthique s'oppose à ce que Nicolas Hulot soit le candidat des écologistes. Pour moi, l'écologie revêt avant tout une dimension éthique. Se préoccuper de la planète, des générations futures, conduira à prendre pour la nôtre des choix cruciaux, et cela n'est concevable que si les moyens sont compatibles avec les fins. Le combat écologiste conduit inévitablement à affronter des intérêts économiques puissants, à prendre des coups. Tous les écologistes et, au-delà, des centaines de milliers de Français qui se battent contre des autoroutes, des incinérateurs, des antennes-relais, des porcheries ou des installations chimiques le savent. Comment un animateur vedette qui n'a pas mené ces combats associatifs contre les puissants et compte dans sa fondation des entreprises contre lesquelles le combat écologiste est quotidien pourrait-il représenter les écologistes à l'élection présidentielle ? Du reste, le but de la Fondation est l'éducation, vocation louable et indispensable, mais qui permet précisément de jouer du mécénat sans aucune conséquence. Le Pacte parle beaucoup du climat, mais aucune de ses propositions ne gêne directement les entreprises qui financent la FNH.
L'interpellation citoyenne est nécessaire et Nicolas Hulot le fait avec beaucoup de talent. Mais elle deviendrait vite inconciliable avec l'éthique écologiste si elle se transformait en démarche politique.
Le combat pour l'écologie est un combat pour la morale. Je m'étonne que des députés verts ­ présumés antinucléaires ­ fassent un appel pour voter pour un candidat dont le conseiller principal sur le changement climatique, Jean-Marc Jancovici, par ailleurs consultant pour Areva et EDF, déclare que mieux vaut les quelques milliers de morts de Tchernobyl ­ qui, eux, existent ­ que les millions de morts du changement climatique que nous visons précisément à éviter pour justifier le recours à l'énergie nucléaire. L'humanisme, le respect de la vie sont les valeurs fondamentales sans lesquelles l'écologie n'a aucun sens.
 
Le combat pour l'écologie ­ s'il devient politique ­ se doit d'être exemplaire quant au respect des règles du jeu. Comment concevoir que la campagne du «candidat de l'écologie» soit financée depuis huit mois par une Fondation alimentée par des entreprises comme EDF, L'Oréal, Bouygues, Autoroutes du sud de la France, et par TF1 directement via Ushuaïa ? Même si ces sommes devaient être remboursées, il est difficilement pensable qu'un tel candidat soit celui de l'écologie.
 
Enfin, le combat pour l'écologie est politique. Il vise à faire triompher une cause en prenant en compte les dimensions de justice sociale et d'efficacité politique. La stratégie de campagne de Nicolas Hulot, les reports successifs de sa décision n'ont eu pour effet ­ voulu ou non ­ que de détruire les efforts de construction et de reconstruction de l'écologie politique en visant à en discréditer ses représentants politiques et en faisant échouer les assises de l'écologie que nous voulions organiser avec les Verts et l'Alliance au moment de la réunion des experts gouvernementaux du climat (Giec), prévue à Paris à la fin du mois de février.
 
Ce combat médiatique en faveur de l'écologie pourrait rapidement se transformer ­ grâce à l'aide efficace des pollueurs possesseurs de médias et donneurs d'ordre de publicité ­ en une entreprise de destruction du travail militant de trente ans.
Non, je ne me rallierai pas à la candidature de Nicolas Hulot, si candidature il y a, et je pense, de plus, que, sur le plan politique, deux candidatures se réclamant de l'écologie se complètent car il y a bien deux voies politiques pour parvenir à un objectif commun : répondre efficacement à l'urgence écologique
Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 23:33

06.01.2007

La lettre de Corinne Lepage-n°14 - Agir pour être

LA MALADIE DU « ON » 

 Combien de fois n’ai-je entendu ce « on » quasi maladif qui semble justifier la pire résignation et l’abandon. On ne peut rien faire, on nous cache tout. À cela s’ajoute l’autre, celui qui agit contre le bien commun.
Les États-Unis qui polluent bien plus que nous et réduisent à néant mes efforts pour limiter mes émissions de CO2. L’agriculteur qui gaspille la ressource en eau en irriguant son maïs subventionné… La liste est longue de ces autres qui m’inciteraient à ne rien faire. Je voudrais profiter de cette année nouvelle pour faire un voeux, celui de la substitution du « on » par un « nous » collectif et intelligent.
Je souhaite que nous cessions de croire que nous subissons alors que nous sommes bien les acteurs de notre vie. C’est par nos actes que nous donnons sens à notre démocratie, en tant que partie prenante active d’un tout que nous construisons collectivement. Une année d’élection présidentielle, ce pourrait être cela, la prise en compte par chacun d’entre nous de son pouvoir effectif, par-delà le vote.
Les Françaises et les Français semblent avoir perdu confiance avec le monde politique et la classe médiatique. Ce petit monde confit qui se pare des meilleures intentions pour lasser avec un conservatisme d’ancien régime.
La politique, cette force vivante de toute démocratie, est aujourd’hui dans les assemblées spontanées, les conseils d’associations, sur le net. Mais doit-elle pour autant abandonner nos institutions à mille petits marquis qui se partagent les rôles dans un théâtre d’ombre ? Ce désaveux constaté devrait m’inciter à rester active dans mon métier d’avocate de l’environnement et de membre associative.
Ce serait alors tout simplement admettre l’échec de notre République, accepter que deux mondes cohabitent en s’ignorant. Je crois fermement que nous devons réinvestir tous les champs du réel et tenir pour acquis que la sphère politique nous appartient.

Par Dominique Bied - Publié dans : politique
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 22:34

Il est bigrement intéressant de regarder dans le passé si des scientifiques avaient eu l'intuition de l'influence de l'homme sur le climat de la planète.

En 1824, Joseph Fourier (1786-1830), grand précurseur de la physique moderne, publie ses remarques générales sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires. Il expose l'idée que l'enveloppe atmosphérique du globe se comporterait comme le vitrage d'une serre.

Jacques Joseph Ebelmen (1814-1852) déclare: "plusieurs circonstances tendent néanmoins à prouver qu'aux anciennes époques géologiques, l'atmosphère était plus dense et plus riche en acide carbonique, et peut-être en oxygène, qu'à l'époque actuelle. A une plus grande pesanteur de l'enveloppe gazeuse devaient correspondre une plus forte condensation de la chaleur solaire, et des phénomènes atmosphériques d'une bien plus grande intensité."

John Tyndall, chimiste irlandais, (1820-1893), publie les premières données expérimentales sur l'absorption et l'émission des infrarouges par les gaz. Il déclare que toutes les mutations du climat que les recherches des géologues révèlent peuvent être liées à des variations des teneurs atmosphériques en gaz à effet de serre.

Enfin Arrhénius (1859,1927), prix nobel de chimie en 1903, émet l'hypothèse voulant qu'à cause de l'augmentation de la concentration du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, la température de la Terre augmenterait. Pourtant, depuis cette période, les dirigeants politiques et les élites scientifiques n'ont tenu aucun compte de cette hypothèse pour imaginer un modèle de développement durable.

L'hypothèse du réchauffement climatique et de l'influence de l'homme n'est donc pas nouvelle. Notre reponsabilité est de corriger cette erreur de cap et surtout de ne pas faire parcourir le même chemin aux pays émergents. Nous avons déjà raté l'entrée dans le virage, espérons que nous saurons contrôler le dérapage.  

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 21:04

Malgré le consensus assez largement partagé de l'influence de l'homme sur le climat de la terre par le croisement de deux facteurs, les modes de vie basés sur l'énergie fossile induisant une augmentation des concentrations de carbone dans l'atmosphère et l'explosion démographique, il existe encore chez de nombreuses personnes un doute sur cette influence. C'est la cas de Claude Allègre, qui continue à se répandre dans les médias pour dire que l'homme n'y est pour rien. C'est le cas aussi d'un auditeur d'Europe 1 s'exprimant sur les modèles climatiques et représentant un courant de pensée populaire. C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire sur ce blog quelques articles sur ce sujet, que j'espère accessible au plus grand nombre. Il complètera le site de Jean-Marc Jancovici. Ces articles seront une synthèse de la revue "les dossiers de la recherche" N°17 de fin 2004 et du livre sorti en Octobre 2006 "le méthane et de destin de la terre; les hydrates de méthanes: rêve ou cauchemar" aux éditions EDP sciences auteurs: Gérard Lambert, Jérôme Chappelaz, Jean-Paul Foucher, Gilles Ramstein préfacé par Edouard Bard. Ce livre fait état des recherches les plus récentes sur le sujet. Ces articles pourront aider les gens de cap21 à répondre aux questions qui leur seront posées au "café du commerce".

Une idée assez répandu chez les gens n'ayant pas développé de culture sur le changement climatique est: "comment pouvez-vous prévoir le climat à l'échelle du siècle, du millénaire, alors que la météorologie ne peut faire des prévisions à l'échelle de quelques jours". Les modèles climatiques sont régulièrement mises en cause sur ce point. Il convient donc de réexpliquer la différence entre un modèle climatique et la météorologie.

Les variations du climat sur des centaines, milliers, millions, milliards d'années ne sont pas construites autour d'une statistique du passé servant à prédire l'avenir. L'intérêt des modèles climatiques est que c'est la mise en équation du système terre-océans-atmosphère en utilisant deux grands champs de la physique:

1.les relations de la thermodynamique, c'est à dire ce qui régit la pression, le volume, la température des fluides, les échanges énergétiques à l'intérieur du système.

2.les relations de la dynamique des fluides.

Ces équations sont appliquées au système globe-atmosphère en le décomposant en éléments finis de petite taille (qu'on appelera petites boîtes). Elles décrivent les phénomènes à l'intérieur des boîtes et les interactions entre les boîtes. C'est l'explosion de la puissance de calcul des ordinateurs qui a permis au GIEC de tirer des conclusions sur le changement climatique.

Il est donc important de comprendre que le modèle est physique et non statistique. Par contre, il possède une incertitude (au sens de la physique et non du diagnostic) car  la description n'est ni parfaite ni exhaustive. Les résultats du modèle sont donc affectés d'une probabilité de se vérifier.

Toutefois, il est possible de vérifier la validité du modèle. Il suffit de mesurer les variables intervenant dans les équations en remontant dans le passé (concentration des gaz à effet de serre, température de l'atmosphère, de la surface des océans, pression, circulation océanique, niveau de glace, des océans, l'intensité du rayonnement solaire etc...) , puis de les rentrer dans le modèle, et enfin de voir si les résultats obtenus sont conformes à ce qu'ont donné ces mesures. Or les résultats sont conformes aux attentes. On reconstitue la description du climat du passé grâce aux modèles auxquels on a donné à manger les mesures des variations d'insolation et de concentration CO2 par exemple (travaux de l'université de Louvain, André Berger et Marie-France Loutre). On peut donc se servir du modèle en prenant les valeurs actuelles des paramètres (CO2 et insolation), leurs évolutions futures dans différents scenarii, pour prédire le climat et construire un futur de l'image de la terre (par exemple la configuration des océans, des glaces etc...). 

Comment, me direz-vous, mesure-t-on les évènements du passé? Il existe plusieurs méthodes: les carottages glaciaires, sédimentaires (paléoclimatologie), le relevé des isotopes (différents types de noyaux d'un même élément à nombre de neutrons différent pour un même nombre de protons et d'électrons), le relevé de la mémoire magnétique dans les sédiments et les roches volcaniques (paléomagnétisme).

Enfin, ce qui renforce la validité des modèles climatiques, c'est qu'ils donnent tous quasiment le même résultat alors qu'ils sont construits par des laboratoires différents. Il y a corrélation entre la concentration de carbone dans la haute atmosphère et le réchauffement de la température moyenne de la planète. L'homme est reponsable pour une bonne part de ce réchauffement, on le verra par la suite.

Maintenant, quelque soit les doutes que l'on puisse avoir sur cette influence, il est important de considérer que changer nos modes de vie nous apportera plus de confort, moins de nuisances, plus de ressources financières. Ce que nous épargnerons à la planète va forcément nous revenir en monnaie sonnante et trébuchante. Nous avons aussi une chance de limiter les dégâts associés à la mise en jeu d'énergies thermodynamiques considérables dans un temps court pour l'échelle géologique. Notre vitesse de réaction va être prépondérante.

 

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : changement climatique
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