Je reviens d'un voyage de vacances et d'études dans 5 pays d’Europe: Belgique, Hollande, Danemark, Suède, Allemagne. J’y ai gravé les images d’un urbanisme et d’une urbanité apaisée. Les articles qui vont suivre sur ce blog vont être accompagnés de nombreuses photos et commentaires sur la cohabitation du vélo avec les autres usagers de la route. C’est une vraie conception de la liberté qui nous est proposée. Voici les premières impressions qui tiendront lieu d’introduction. Elles contrastent avec une vraie culture anti-vélo très française et relayée de façon très pernicieuse par la presse. Je vais montrer et mettre en évidence ces différences de culture. En France, le vélo on en parle mais on fait toujours aussi peu (globalement parlant), ailleurs, on ne dit rien et on fait, c’est toute la différence.
Je suis sidéré de l'écart gigantesque (un océan qu'il faut regarder au delà des statistiques en pourcentage de déplacements) sur la culture vélo entre tous ces pays et le nôtre malgré tous les discours politiques et les opérations tape à l'œil, les nominations d'affichage et le travail formidable réalisé par la fubicy et les associations depuis de nombreuses années. La politique cyclable de la France me fait honte par le rythme de son évolution et par le différentiel avec ces pays. Quand je vois la qualité de vie de ceux-ci sur la voirie, il y a longtemps que j'aurai quitté la France si j'étais plus jeune et sans famille constituée.
En Allemagne et aux Pays-Bas, je n'ai pas trouvé une seule nature de voirie (nationales, urbaines, rocades, etc...) non bordée d'aménagements cyclables. Il y a des milliers de vélos qui circulent sans que cela ne provoque des notes de répression de la préfecture de police. Il n'y a pas de détours ni d'effets de coupure. Tunnels et passerelles permettent de rendre les parcours vélos très courts. Les automobilistes lèvent systématiquement le pied s'ils voient un cycliste au loin. Je ne me suis jamais fait klaxonné ni serré. Le vélo va partout (même dans les zones portuaires et industrielles dures) au même titre que le piéton et tout est fait pour lui faciliter la vie. Il peut passer dans les sens uniques, parfois sur les trottoirs. La courtoisie et le partage sont les maîtres-mots de ces gens. Il y a peu de scooters chez les jeunes, peu de motos. Le vélo est roi, on drague à vélo, on sort à vélo, on papote à vélo, on fait ses courses à vélo, on conduit ses enfants à vélo, quelque soit les conditions extérieures.
Il faut noter qu'en Allemagne, les routes de gabarit national 2X1 voie de 3M50 sont limitées à 70. Même un vélo sur la route et non sur la piste est en sécurité. On évolue dans un environnement apaisé. Un automobiliste ne s’avisera jamais de doubler un vélo si une voiture arrive en face. En Suède, le premier réflexe d'un automobiliste voyant un vélo est de lever le pied et non d'accélérer pour le doubler sous prétexte qu'il lui fait perdre son élan. Je n'ai pas vu un seul automobiliste ne pas s'arrêter avant de tourner à droite pour ne pas couper la route du vélo qui va tout droit, etc...... Tous les trains acceptent les vélos moyennant un coût de 1.5 euro. Non, le vélo n'est pas l'apanage de la seule ville d'Amsterdam, il est partout, dans le moindre village, pratiqué par tous les âges.
Il est grand temps de changer de braquet en France et les élus dans leur immense majorité ne mettent pas tout en œuvre avec constance, homogénéité et compétence sur l'ensemble de notre territoire pour que tout le monde puisse utiliser ce mode de transport efficace. Nos villes sont un véritable enfer à côté de la vingtaine de villes nord-européennes de tout profil que j'ai visitées. Je cite: Bruges, Ostende, Niewport, Tilburg, Delft, Rotterdam, La Haye, Groninge, Lübeck, Copenhague, Malmö, Lund, Brême (patrie de Mercedes), Roskkilde, Arnhem, Zwolle etc... A l'inverse, si le vélo n'était pas tant utilisé, leurs villes seraient un enfer.
Dans ces pays, nous avons une merveilleuse sensation de liberté, sans être ni mettre en danger. Le piéton est plus libre que le vélo, lui-même plus libre que la voiture. Il est peu verbalisé car considéré comme peu dangereux.
Sur la place centrale de Brême, tramway, bus, vélos, piétons et voitures utilisent et partagent le même espace. Il n'y a pas de notions de territoires (les trottoirs sont bas), chacun fait attention à l'autre, jusqu'au chauffeur de tramway qui ralentit sa vitesse si un groupe de piéton traverse la voie pour accélérer légèrement ensuite. Chez nous, de ce point de vue, les véhicules motorisés nous terrorisent. Nous ne sommes ni dans une démocratie, ni dans un pays libre sur nos voiries. Il n'est pas normal que nos enfants et leurs parents n'osent pas envoyer leurs enfants à l'école à vélo. Ils sont privés d'un droit élémentaire, celui de se déplacer par le mode de leur choix. Or si on veut que le vélo se développe en France, il faut fabriquer une génération vélo massive dans l'école. En Allemagne, en particulier à Brême, dès 3 ans, de nombreux parents offrent à leurs enfants des petites draisiennes pour favoriser l'équilibre.
Chers élus et techniciens territoriaux, réveillons-nous et sortons de notre nombrilisme d'un autre âge. Le paradis du vélo est ailleurs, mais il peut arriver chez nous pour le bien du plus grand nombre. Il suffit de le vouloir et d'un peu de constance. La politique des petits pas ne suffira pas, il faut autre chose.
Le reportage photo qui suivra est édifiant. La démonstration est éclatante.
En France, nous avons des territoires segmentés et des règlements avec les répressions associés ; dans ces pays, les territoires sont partagés et ce sont les comportements qui font la réglementation. La voiture n’a jamais la loi sur la voirie hors autoroute.
Dans ces pays, la loi du plus faible est toujours la meilleure.