Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

Recherche

11 novembre 2004 4 11 /11 /novembre /2004 00:00

Aujourd'hui, l'automobile est diabolisée par de nombreux acteurs et usagers d'autres modes de transport. Cela tient au fait que chacun défend plus ou moins sa chapelle. Or l'automobile existe, elle a un poids économique important. Toute politique alternative en matières de déplacements ne peut se passer de l'automobile.

En fait, il faut changer les usages de celle-ci afin d'en baisser la pression sur l'espace public (ce qui libèrera de l'espace pour les autres modes) et l'environnement. C'est le but du projet qui suit, projet qui vise à concilier l'inconciliable dans une stratégie gagnant gagnant. Si vous êtes d'accord , alors aidez-moi par votre soutien à le promouvoir auprès de scientifiques et de politiques. Ce serait la première fois que la société civile initierait une stratégie industrielle cohérente.   

Voici donc un projet visant à remettre l'automobile dans le jeu du développement durable.

COMMENT RECONCILIER L’AUTOMOBILE AVEC LA VILLE

L’usage INDIVIDUEL de l’automobile est une fuite en avant désormais disqualifiée.

1km en voiture consomme 1kWh d’énergie. D’ici 2050 il y aura au moins 2 milliards de voitures dans le monde qui consommeront     30 000 milliards de kWh par an. Il est donc illusoire de penser qu’en remplaçant le pétrole par une autre source d’énergie on pourra continuer à nous déplacer de la même manière qu’avant. Les progrès des moteurs doivent être accompagnés par des systèmes de transport plus efficaces pour les personnes et les marchandises.

Par ailleurs, en un an une automobile " dernier cri " envoie deux tonnes d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, ce qui nous amène dans le monde à 4 milliards de tonnes émises par an, de quoi modifier de façon visible la structure chimique de l’atmosphère provoquant une augmentation considérable de la vulnérabilité des populations mondiales, y compris les nôtres.

De plus, il n’y a pas un seul produit moderne qui n’ait pas besoin de pétrole pour être produit, conçu ou transporté. Si nous ne reconvertissons pas l’économie dans sa totalité, nous allons vivre avant le demi-siècle la plus grave crise économique depuis longtemps.

Une seule automobile oblige la collectivité locale à mettre à sa disposition 170 mètres carré d’espace urbain public. Il y a 200 000 voitures en circulation aux heures de pointe dans une agglomération de 300 000 habitants. 80% des ménages français ont au moins une voiture et 30% en ont deux. Il y a trente millions de voiture dans notre pays. Cela ne passe pas quoique l’on fasse en matière d’augmentation d’espace de voirie.

 

Dominique Bied

Les pays, les régions, les agglomérations qui auront su se reconvertir à temps (c’est à dire dès maintenant) seront demain leaders économiques. Les besoins de déplacements en constante augmentation ne peuvent échapper à la logique de la réduction des coûts allant alors de paire avec la suppression des effets négatifs sur l’environnement.

Pourtant, nous aimons le confort de l’automobile et nous avons les meilleurs constructeurs du monde.

Un projet séduisant pour le monde de l’automobile et pour les citadins.

Avec 150 millions d'Euros (1 milliard de francs, coût d’un petit kilomètre de rocade urbaine 2 fois 2 voies en souterrain), on fait travailler plus de mille ingénieurs et techniciens pendant un an.

Il faut faire de l’automobile un transport urbain collectif plus confortable et accessible. Il faut arrêter d’implorer pour avoir des compensations, soyons entreprenants et responsables.

Le système que je propose de promouvoir avec votre aide dans ce texte vise à concevoir un système de taxis collectifs que vous pourriez appeler de votre téléphone portable avec la description de votre déplacement en quelques mots clés pour vous offrir une solution de déplacement sur mesure et confortable, à un coût très inférieur à celui d’un déplacement solitaire en voiture.

Les véhicules pourraient être dessinés spécialement pour cet usage avec un confort inégalé.

Il faut, pour le concevoir, faire travailler ensemble l’industrie des telecoms, de l’informatique et de l’automatique, de l’automobile. Il y a des centaines de milliers d’emploi à très forte valeur ajoutée à créer pour une vision moderne de la ville et de ses flux avec une ambition industrielle.

C’est possible avec moins d’un milliard de francs et en moins de 10 ans avec la possibilité d’une application rapide et une montée en puissance progressive.

Si vous êtes d’accord pour réunir des milliers de signatures et constituer un groupe de pression sur l’état, nos élus, nos industriels pour mettre en œuvre ce projet vous avez la possibilité de répondre sur ce blog. Nous nous en servirons pour le pousser auprès des acteurs. C’est la société civile qui va pousser le marché et les élus grâce à vous.

"Ensemble, avec CAP 21 et Corinne LEPAGE, changeons les priorités en matière de transports en lançant des projets neufs et efficaces !


Pour nous rejoindre, venez adhérer sur le site www.CAP21.net ou écrivez à CAP21 40 rue Monceau 75008 PARIS tel : 01 45 62 22 21

Dominique Bied

email : dominique.bied@free.fr

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans transports de personnes
commenter cet article

commentaires

Alexis MONJAUZE 15/01/2005 01:17

Dominique BIED, vous dîtes beaucoup de choses vraies. Et je pense qu'il y a bcp de pros qui le savent, qui partagent à peu près vos analyses. Comme le dit par exemple le commentaire de D. Jacquiot : depuis les années 60 on sait quelles seraient les solutions. On pourrait prendre Ivan Illitch aussi : il explique que financièrement il revient au même de bosser 7 heures par jour et se déplacer à pied dans le quotidien ou en bosser 3 de plus et y aller chaque jour en voiture....

Pour m'être aussi un peu penché sur la question, j'ai progressivement acquis le sentiment qu'il existe des solutions et qu'on les connaît. L'impasse ou les blocages ne sont ni scientifiques, ni techniques... Sur ces plans là, on sait à peu près ce qu'il faut faire. L'impasse est humaine : c'est nous, chacun de nous, qui perpétue cette absurdité.
Il est sans doute intéressant de bien identifier ce qui bloque et a bloqué depuis plusieurs décennies...
1 Le lobby de l'auto et ceux du pétrole (ce sont les premiers visés mais en fait ne cachant-ils pas la forêt?)
2 Les élus et les collectivités qui leur cèdent tout ( car ils ont peur des intelligences qui imaginent les alternatives et préfèrent gérer des acquis même absurdes plutôt que remettre en cause une partie de l'économie)
3 La forêt... l'idée que M. Toutlemonde se fait de la voiture, que dis-je, de SA voiture... Un a-bou-ti-sse-ment ! Une cerise sur le gâteau de son existence ! L'incarnation de la liberté ! Le sentiment de Pui-ssance!...Il existe de nombreuses valeurs symboliques ou culturelles que nous associons à l'automobile. Non pas l'automobile d'ailleurs, mais à la PO-SSE-SSION de l'automobile. Ces valeurs sont plus ou moins exprimées, admises, reconnues ou utilisées, notamment dans la pub... On en parle rarement car elles nous rendent tous un peu responsables, mais elles existent vraiment. Elles jouent le rôle de motivations qui nous poussent vers l'achat. Ce sont des valeurs assez primaires qu'on ne peut s'empécher de préter à des ados ou à des gens immatures : conduire notre auto nous donne le sentiment de domination et non d'entraide, d'être actif ou énergique alors qu' un seul mouvement de la cheville suffit pour freiner ou accèlérer, de maîtriser sa vie alors qu'on ne fait que touner un volant, d'être protégé des dangers extérieurs alors qu'on est soi-même le danger pour n'importe quel piéton...
Conduire c'est le piège de l'homme (et de la femme) moderne : c'est pas forcément civlisé...

Autoroutes, infrastructures, garages, stationnements... Quel autre mode peut se targuer d'être aussi choyé? C'est une évidence: l'auto engouffre toute l'offre de déplacement des collectivités.
Mais le jour où nous serons obligés de faire autrement, de laisser l'automobile pour revenir à des modes plus doux et plus pratiques, le premer gain sera peut-être une recrudescence de solidarité et d'écoute entre les gens plutôt qu'un surcroît d'air pur...

Oui, moi aussi je suis partant pur promouvir ce projet et cette utilisation de l'auto!

Alexis MONJAUZE, CAP 1 Haute Loire

JACQUIOT Denis 18/11/2004 21:55

Dès les années 1960, l'IAURP (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Parisienne, véritable laboratoire de recherche sur les transports entre autres) avait imaginé des minibus à trajet "adaptables" à partir de bornes d'appel. Avec le GPS et la miniaturisation de l'informatique, le système est encore plus imaginable.
Ce qui n'empêche pas le taxi collectif, dont l'idée a été systématiquement contrée par la corporation des taxis et la RATP. Bien au contraire, il faut présenter la palette la plus complète possible pour embrasser les différents types de demandes
Il faut que le moyen de tansport s'approche de l'usager qui est à la base un piéton plus ou moins valide.
Car le transport est à la cité ce que le sang est à l'organisme. Les incidences sont capitales: la vétusté de conception de nos systèmes de tansport  est une des raisons de la surspéculation foncière, de la disqualification économique de Paris, de la ségrégation sociale ...
Et comment je suis prêt à participer au montage d'un projet aussi dynamique!
Denis Jacquiot
Urbaniste et Architecte