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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 23:32

La problématique du réchauffement climatique est globale. Trouver une solution soutenable à ce problème ne peut passer que par une analyse globale et une déclinaison des solutions au niveau local. C'est ce qui fait la difficulté des prospectives effectuées jusqu'ici.

Cette contribution est l'application de ce paradigme au transport automobile. Elle est basée sur un raisonnement en ordre de grandeur permettant de montrer que toutes les mesures évoquées jusqu'ici sont nécessaires mais notoirement insuffisantes. Un changement en matière de paradigme de recherche et développement est nécessaire. De plus, les Etats-Unis eux-mêmes ont entamé une réflexion se rapprochant du domaine de cette contribution au travers d'un consortium associatif rassemblant des entreprises telles qu'IBM et Microsoft, 10 universités américaines, 1 allemande. Ce consortium a lancé d'immenses travaux sur la science des services.

Pour calculer les ordres de grandeur précédemment évoqués, on prend les hypothèses suivantes. Analysons la contribution de l'automobile au réchauffement climatique dans une version mature d'une population mondiale équipée à l'occidentale à l'horizon 2050.

Nous allons nous placer volontairement en minorant les chiffres officiels. Ainsi, si on trouve que l'on ne réduit pas les émissions globales par rapport à aujourd'hui, cela voudra dire que les mesures visant à travailler sur la technologie des moteurs seront nettement insuffisantes.

Le taux de motorisation des ménages dans une population mature comme la nôtre et en supposant que la population mondiale a le même degré de maturité est de 500 véhicules pour 1000 habitants roulant une moyenne de 15000km par an. Prenons aussi l'horizon 2050 avec 9 milliards d'habitants au niveau de maturité occidental.

Supposons que toute cette population soit équipée de véhicules propres à 100g de CO2 par kilomètre, ce qui serait déjà une grande performance.

Calculons maintenant les émissions CO2 annuelles de ce parc mondial vu dans sa version finale (asymptotique).

Il ne reste plus qu'à effectuer la multiplication :

500x9x109x15000x100x10-6/1000 nous donne près de 7 milliards de tonnes d'émissions de CO2 par an, soit encore 7x0.27, soit près de 2 milliards de tonnes de carbone émis dans l'atmosphère. Cela représente la moitié du point d'équilibre du climat (4 milliards de tonnes par an) pour les seuls déplacements automobiles.

On voit, par ce calcul en ordre de grandeur, qu'il est illusoire de régler le problème par l'unique travail sur les moteurs. Cela ne peut constituer un développement soutenable.

Pourtant, on ne peut se passer de l'industrie automobile, de l'usage de la voiture qui constitue un formidable moyen d'accès aux déplacements. On ne peut non plus interdire l'accès à la voiture aux pays émergents, liberté oblige.

C'est donc par une organisation plus efficace des mobilités qu'on arrivera à un résultat conforme aux aspirations du Grenelle de l'environnement.

Quand on parle organisation, on parle nécessairement de l'outil informatique associé à l'intelligence humaine, donc à la science des services évoquée plus haut.

Fort de ce constat, j'ai lancé moi-même un projet de recherche avec des laboratoires. Il consiste à gérer en temps réel et en flux tendu les mobilités à l'aide d'une flotte de taxis collectifs de grande échelle. Cela permettrait d'augmenter le taux d'occupation des voitures et donc de diminuer le trafic de façon importante à confort de mobilité égale. C'est vers cette voie qu'il faut aller. Le travail sur les moteurs ne fera que complémenter cette évolution.

Ce projet a l'avantage d'être mis en œuvre assez rapidement avec peu d'argent public. Quelques millions d'euros suffisent pour construire ces logiciels avec une division possible du trafic par un minimum de 2, résultat largement supérieur au seul travail sur les moteurs.

Cela pourrait aboutir aussi à une reconversion complète des  modèles automobiles pour les adapter à ce nouvel usage.

Ce genre de projet est préférable à un système de taxes qui est ressenti comme une punition par les automobilistes. Les leviers de réduction de l'usage individuel de l'automobile compatible avec un développement mondial des mobilités résident dans le rationnement du stationnement dans les zones denses (formule plus douce qu'un péage urbain), et surtout d'un développement de l'offre industrielle relevant plus de la science des services (logiciels) que de la technologie des moteurs.

La généralisation des plans de déplacements (relevant aussi de cette science), est un autre levier positif de cette intelligence des mobilités. Il s'agit de la déclinaison à toutes les échelles des plans de déplacements urbains.

Soyons intelligents, innovants, encourageons les projet de recherche donnant des résultats rapides et compatibles plutôt que de punir les gens par des taxes, certes nécessaires dans l'immédiat mais dont il faut user avec la plus extrême prudence.

 

 

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Published by Dominique Bied - dans changement climatique
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commentaires

nativelle 18/12/2007 10:14

BORLOO ! C’est du pipo Les D.I.R.E.N en ont R.A.B de l’environnement Le ministère de l’environnement est parfaitement au courant de la pollution qui hante le marais (ZNIEFF) de Cabourg Varaville chaque année depuis 2005. http://varaville.ifrance.com et http://nativelle.over-blog.com/ Ce même ministère nous le savions était complètement sourd puisque la DIREN de basse Normandie me renvoyait au ministère et que le ministère lui me renvoyait à la DIREN. Après les élections, je me suis dit LA, tout va changé L’ami Borloo est arrivé avec sa dégaine de brave type les poches de son grand manteau remplies de promesses. J’étais presque rassuré Plus tard je suis tombé sur le blog Internet de son comité de soutient regardez les commentaires entre Pier et moi même Nativelle à ces adresses http://varaville.ifrance.com/JBorloo.htm http://varaville.ifrance.com/Borloo.htm Ils m’ont tellement baratiné que j’étais certain que cette fois j’avais gagné, que la ZNIEFF serait épargnée pour les années avenir. Mais voila du pipo, Borloo c’est du pipo. La suite est presque du domaine de l’incroyable. Le ministère continue à s’taire, Borloo un vers à la main en dit toujours trop et ne fait rien, son comité de soutient à fichu le camp et le blog disparu. Et le marais dans tout ça ? Et bien rien. On se retrouve dans la même situation que les années précédentes puisque l’on remet ça en 2008 avec la complicité du préfet Alors messieurs avec votre grenelle de l’environnement et tout le baratin qui va avec, lâchez nous les basquettes. Sarko, Borloo, Kosciusko Avant de faire la leçon aux Américains, chinois, et autres sur l’environnement et les droits de l’homme REGARDEZ CHEZ VOUS bordel. Frottez vous les yeux et réagissez avant que les Français vous prennent pour ce que vous êtes vraiment… Nativelle P Cabourg pnativ@voila.fr

Christophe Delanoe 01/10/2007 14:24

D'accord avec ton analyse. Mais c'est aussi face à un pb global la raison pour laquelle je pousse l'analyse juqu'à comprendre l'inaptitude  de certains à la modération, bien que participant activement aux "décisions"!