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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 21:52

Le développement des OGM en plein champ à des fins alimentaires animales ou humaines est-il vraiment de nature à contribuer au développement des pays en crise de hausse des prix des aliments?  Est-il  de nature  à rendre autonome  une agriculture vivrière efficace avec des bons rendements.

 Les expériences menées dans un passé récent en Argentine ont des résultats pour le moins contestables. De plus, l'aspect monoculturale des applications OGM en plein champ constituent des autoroutes à maladies à propagation rapide à grande échelle.

Or, sur le milliard d'agriculteurs dans le monde, très peu sont mécanisés, encore moins sont motorisés. D'autre part, il y a des méthodes de fertilisation très efficaces comme le BRF associé à l'agroforesterie évitant la consommation d'eau et d'intrans, (engrais, pesticides, herbicides). Des progrès dans ces deux directions peuvent être rapidement faits et cela suffirait largement à nourrir la planète sans OGM.

La majorité des politiques se désintéressent de solutions peu couteuses et efficaces et font preuve de beaucoup d'amateurisme dans les dossiers sur l'environnement.  Il est dommage d'opposer l'équilibre économique de l'agriculture à la culture biologique et la culture BRF. Certes, les agriculteurs qui utiliseront les OGM verront leurs rendements augmentés à court terme. Mais à long terme, leurs sols vont s'épuiser plus vite et tout le monde agricole sera perdant.

Ce reportage sur le soja OGM en Argentine illustre cette question de l'érosion des sols http://www.dailymotion.com/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant. Dommage, car des alternatives tels que le BRF associé à l'agroforesterie nécessiteraient d'amplifier les efforts de recherche pour déployer ces agricultures beaucoup plus performantes globalement que toutes les autres selon les trois paramètres économique, social et environnemental. Les expériences pilotes ont déjà marchées (à Livernon, à Strée près de Liège, au burkina fasso, au Sénégal). Les recherches concernent donc l'optimisation des méthodes et l'adaptation aux différents sols pour le déploiement à grande échelle.

 Je vous donne toutes les références pour vous former sur ces techniques très innovantes, vous approprier le sujet. La nouvelle loi OGM porte un grave préjudice et supprime la chance à de vraies solutions long terme d'émerger.

On voit que les OGM seront loin d'être la solution miracle pour résoudre la faim dans le monde.

 Alors, on n'a pas besoin d'OGM en plein champ hormis pour satisfaire la compétition agricole, pour avoir le plaisir de celle-ci et d'être dans les premiers producteurs du monde. On a le droit de penser cela, mais on n'a pas le droit d'utiliser des arguments fallacieux pour justifier les OGM (nourrir la terre, diminuer les pesticides, meilleur respect de l'environnement). 

 

L'agriculture en bois raméal fragmenté va au delà de l'agriculture biologique en terme de performance.  Si vous avez le temps et aussi la patience de lire un peu ces documents, vous serez passionnée par ce sujet.  Cette filière ne demande qu'à se développer avec le réseau de recherche de l'université de Savoie. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour chercher dans les OGM et aboutir à terme à un appauvrissement des sols, il vaudrait mieux financer plus largement des recherches générant de la vie dans le sol, perfectionner les BRF, comprendre la vie du sol, optimiser les essences en fonction du sol. En France et dans le monde, on fait de l'agriculture sans connaître à fond la vie du sol. C'était le constat du colloque BRF de Lyon en Février 2007.

 

La technique agricole en bois raméal fragmenté consiste à récupérer des rameaux de bois fraichement tombés, donc vivants, contenants toutes les substances nécessaires à la régénération des sols y compris l'eau.  Depuis toujours, pour faire de l'agriculture, on enlève la forêt, on nettoie le sol. On détruit ainsi sa fertilité qu'il faut ensuite reconstituer par de la chimie minérale ou du lisier. Cette chimie épuise et appauvrit le sol à long terme. Le BRF consiste à reproduire l'humus de la forêt dans le champ en broyant des rameaux de bois vivants fraichement tombés des haies ou des arbres. On mélange ainsi 3cm de BRF avec le sol (ce n'est pas un paillage mais un mélange). Ce mélange génère l'eau nécessaire pendant plusieurs années, les antibiotiques pour lutter contre les maladies, les substances énergétiques pour se développer. Un véritable écosystème autonome se construit permettant de minimiser les apports artificiels. Il n'y a pas d'érosion des sols.  Au colloque BRF de Lyon de Février 2007, il est apparu que l'on pouvait marier le BRF avec l'agroforesterie (alignement d'arbres dans les champs à des distances calibrées pour laisser les machines et à des hauteurs calibrées pour laisser passer la lumière). On peut ajouter des haies autour du champ. Ainsi, on crée de la ressource BRF et on augmente la capacité de la planète à absorber le carbone (puits carbone).  Cette technique appliquée à grande échelle est un puissant facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre car elle crée des puits carbone et consomme peu de ressources fossiles.  Nul doute que son bilan CO2  est exceptionnel.  Elle est utilisable pour la culture maraîchère comme pour la grande culture, les jardins publics et privés.   Je vous engage fortement, si vous ne l'avez pas déjà fait, à rendre visite à Jacky Dupety à Livernon dans les Causses du Quercy, pas très loin de Figeac. Vous serez édifié.

Le site de Jacky Dupety, initiateur de la technique en France à Livernon dans les Causses du Quercy. 

Le Pouzat46320 Livernon

dupety.family@wanadoo.fr

05 65 40 46 98

08 75 83 61 00

http://fermedupouzat.free.fr/pages/brf/formation.htm  

L'association chemin faisant fait de la formation et des interventions dans toute la France.

 http://cheminfaisant2005.net/Tournee2006/Intervention.php

Gilles Lemieux GCBR, département des sciences du bois et de la forêt, université de Laval GIK 7P4 Québec, Canada

gilles.lemieux@sbf.ulaval.ca

Il y a aussi des formations à côté de liège à Strées, au centre destechniques agricoles (CTA) Benoît Noël, très brillant agronome BRF pour la grande culture.

Centre des Technologies Agronomiques

Directeur: Christian MARCHE

Téléphone : 085.274960Fax           : 085.512706Messagerie : cta.stree@tiscali.be

noel.benoit@skynet.be

Rue de la Charmille, 16

4577 Strée  

Belgique 

bibliographie:

  • Les rémanents en foresterie et agriculture, les branches: matériau d'avenir Benoit Dodelin, Richard Eynard-Machet, Pierre Athanaze et Jean André

Editions TEC & DOC

références universitaires et labos de recherche:

réseau écologique REFORA Rhônes-Alpes

Université de Savoie

Laboratoire d'écologie alpine (LECA), Maison rhodanienne de l'environnement.

  • Pour une agriculture du vivant, Le BRF, vous connaissez? Editions de terrain

Production : L'Eau à la Bouche Réalisation : Frédéric GANA - Tifenn HERVOUËT - Antoine TRACOU

Pour toute commande : Frédéric GANA - 05 55 27 37 42 (France) cheminfaisant@loalabouche.org
Plus d'infos sur www.cheminfaisant2005.net - 

Sur le site de la ferme du pouzat, vous avez aussi tous les rapports de recherche de Gilles Lemieux, pionnier de la technique au Canada depuis 30 ans, voici le lien.

 http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/Frame.html 

Voici l'introduction de ces rapports.

 Au milieu des années 70, monsieur Edgar Guay, alors sous ministre attaché au ministère des forêts du Québec, cherche un moyen d'aider les forestiers de son pays à sortir de la misère. Il a l'idée d'utiliser en agriculture un déchet forestier produit en masse par la société Hydro Québec, lors de l'entretien des lignes à haute tension. Il propose à M. Carrier, un fermier qui désir augmenter le taux de matière organique  de sa terre, d'utiliser les copeaux qui porteront plus tard le nom de B.R.F.  , combinés avec du lisier  et incorporés superficiellement au sol. Les résultats ne se font pas attendre, les indicateurs de fertilité grimpent en flèche ; la parcelle traité résiste à la sécheresse qui sévit cette année là, par contre la parcelle témoin est ravagée ; l'année suivante la récolte de céréale sur la parcelle traitée atteint plus de 170% de la récolte de la parcelle non traitée [Guay et al., 1981 et 1982].

Après plusieurs recherches et projets scientifiques menés au canada, le BRF s'est orienté vers la coopération. Des projets sont nés en Ukraine, au Sénégal, en République Dominicaine,...

Une ONG, le Comité Jean Pain de Madagascar (CJPM) a initié une démarche globale, basée sur le BRF, dans un des pays les plus pauvres du monde, ce avec des résultats très probants (Construction locale de broyeurs, plantation de banques de biomasse, utilisation du BRF selon plusieurs itinéraires techniques).

De mon côté, après avoir réalisé une thèse sur le BRF et le compost, j'ai été accueilli par le professeur Lemieux afin de réaliser un stage sur la technique d'épandage directe des copeaux. J'ai ensuite entrepris de rédiger quelques articles et ce site internet.

Un projet de recherche wallon sur le BRF a ensuite vu le jour en février 2004, c'est sur ce projet que je travaille actuellement.

C'est dans cette foulée que nous avons eu l'idée de créer une association de promotion du BRF : Aggra.

 


 

 

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commentaires

ingrand 06/05/2008 10:51

Bonjour,Je partage votre opinion concernant les OGM et depuis un an maintenant je m'intéresse au BRF et l'utilise depuis ce printemps dans mon jardin... Ma question porte sur l'affirmation comme quoi le BRF associé à l'agroforesterie permettraient de couvrir largement les besoins alimentaires de la planète ! J'aimerais le croire et pour cela j'aurais besoin de savoir si c'est le résultat d'une étude sérieuse ou d'une simple estimation   

Dominique Bied 06/05/2008 23:27


Non, ce n'est pas  le fruit d'une étude, mais une  extrapolation de  ma part  car récemment,  un organisme mondial, je ne sais plus lequel, a  affirmé  que 
l'agriculture  biologique  était capable de  nourrir la  planète  largement.  Or le BRF  associé  à  l'agroforesterie  augmente  les
rendements de  l'agriculture  maraîchère  et  de  la grande culture  biologique.  On peut donc tout  à fait en déduire  que  l'utilisation de 
ces techniques  permettent  de  faire la même chose au  moins.

Le problème de nourriture dans le monde n'est pas un problème de production mais un problème d'accès associé aux centaines de millions d'agriculteurs locaux travaillant encore à la main. Le nerf de
la guerre est d'augmenter le rendement des agricultures locales vivrières. Le BRF et l'agroforesterie associé est une bonne formule et pas chère en prix de revient.

Le mariage des deux techniques est apparu intéressant aux participants au colloque BRF de Lyon de Février 2007.

En tout cas bravo pour mettre en oeuvre le BRF. Je vous engage fortement à me tenir au courant de vos résultats pour étayer mon argumentation.