Mardi 29 juillet 2008
C'est Joseph Fourier en 1824 qui publie ses études sur de l'effet de serre dans un mémoire :

"Mémoire sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires".

Il y développe la quantification et la diffusion de la chaleur à l'intérieur du globe terrestre. Il utilise pour cela ses travaux sur la diffusion de la chaleur dans les solides et sa modélisation mathématique amenant à la fameuse transformée de Fourier. Il développe l'idée selon laquelle les échanges de chaleur avec l'intérieur de la terre jouent un rôle négligeable sur la température d'équilibre de la surface de la terre. Par contre, il en déduit que les phénomènes clés sont l'absorption du rayonnement solaire et les échangent par rayonnement infrarouge avec l'espace palnétaire. Le rayonnement infrarouge avait été  découvert  25  ans auparavant  par Sir William (alias Friedrich) Herschel.

Trop fort Fourier.

C'est Svante Arrhénius, chimiste suédois, qui a véritablement intuité la corrélation entre la concentration du CO2 dans l'atmosphère et l'augmentation de la température moyenne de la terre. C'est en voulant expliquer les alternances des cycles glaciaires et interglaciaires qu'il est arrivé à construire une théorie qui reste aujourd'hui plus que jamais valable et valide. Sa publication a été faite en 1896 dans un article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air… Sur la température de la terre ».

Plus exceptionnel encore, dans cet article, il dit qu'un  doublement  de  la concentration  de  CO2  dans  l'atmosphère  induirait  une augmentation  de  la température  moyenne de  5 degrés  environ,  ce  qui  est  sensiblement  la fourchette  haute  du  GIEC. Sans avoir la puissance de calcul de nos ordinateurs, il a déterminé que si la concetration CO2 augmentait en progression géométrie (progression multiplicative) alors la température  moyenne  de  la terre  augmenterait  suivant  une progression  arithmétique  (progression additive).  C'était  le début d'une modélisation  mathématique  du phénomène.

Arrhénius suggère ensuite que l'homme puisse émettre suffisamment de CO2 pour prémunir la terre de passer dans une nouvelle ère glaciaire. 

En fait, on sait aujourd'hui  que  la variation de concentration du CO2 passe de 180ppm en ère glaciaire à 280ppm en ère interglaciaire, et que les émissions humaines ont amplifié jusqu'à 380ppm, amplifiant ainsi l'augmentation de la température moyenne. 

Trop fort, Arrhénius.

Les négationistes du climat peuvent toujours s'aligner devant le génie scientifique de ces visionnaires, Herschel pour la découverte de l'infrarouge, Fourier pour celle de l'effet de serre, Arrhénius pour celle du réchauffement climatique induit par la concentration CO2.

Chapeau Messieurs.
par Dominique Bied publié dans : changement climatique
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