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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 23:16
C'est Joseph Fourier en 1824 qui publie ses études sur de l'effet de serre dans un mémoire :

"Mémoire sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires".

Il y développe la quantification et la diffusion de la chaleur à l'intérieur du globe terrestre. Il utilise pour cela ses travaux sur la diffusion de la chaleur dans les solides et sa modélisation mathématique amenant à la fameuse transformée de Fourier. Il développe l'idée selon laquelle les échanges de chaleur avec l'intérieur de la terre jouent un rôle négligeable sur la température d'équilibre de la surface de la terre. Par contre, il en déduit que les phénomènes clés sont l'absorption du rayonnement solaire et les échangent par rayonnement infrarouge avec l'espace palnétaire. Le rayonnement infrarouge avait été  découvert  25  ans auparavant  par Sir William (alias Friedrich) Herschel.

Trop fort Fourier.

C'est Svante Arrhénius, chimiste suédois, qui a véritablement intuité la corrélation entre la concentration du CO2 dans l'atmosphère et l'augmentation de la température moyenne de la terre. C'est en voulant expliquer les alternances des cycles glaciaires et interglaciaires qu'il est arrivé à construire une théorie qui reste aujourd'hui plus que jamais valable et valide. Sa publication a été faite en 1896 dans un article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air… Sur la température de la terre ».

Plus exceptionnel encore, dans cet article, il dit qu'un  doublement  de  la concentration  de  CO2  dans  l'atmosphère  induirait  une augmentation  de  la température  moyenne de  5 degrés  environ,  ce  qui  est  sensiblement  la fourchette  haute  du  GIEC. Sans avoir la puissance de calcul de nos ordinateurs, il a déterminé que si la concetration CO2 augmentait en progression géométrie (progression multiplicative) alors la température  moyenne  de  la terre  augmenterait  suivant  une progression  arithmétique  (progression additive).  C'était  le début d'une modélisation  mathématique  du phénomène.

Arrhénius suggère ensuite que l'homme puisse émettre suffisamment de CO2 pour prémunir la terre de passer dans une nouvelle ère glaciaire. 

En fait, on sait aujourd'hui  que  la variation de concentration du CO2 passe de 180ppm en ère glaciaire à 280ppm en ère interglaciaire, et que les émissions humaines ont amplifié jusqu'à 380ppm, amplifiant ainsi l'augmentation de la température moyenne. 

Trop fort, Arrhénius.

Les négationistes du climat peuvent toujours s'aligner devant le génie scientifique de ces visionnaires, Herschel pour la découverte de l'infrarouge, Fourier pour celle de l'effet de serre, Arrhénius pour celle du réchauffement climatique induit par la concentration CO2.

Chapeau Messieurs.

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Published by Dominique Bied - dans changement climatique
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commentaires

jourdan 20/08/2008 23:57

Bonjour, "négationistes du climat" dites-vous ... ce n'est guère respectueux. Gardons notre esprit critique et notre libre arbitre.... dans le respect des autres. Je vous fais remarquer que beaucoup de scientifiques, et non des moindres, ne croient pas au réchauffement climatique, ecore moins au changement climatique induit par l'homme. Le GIEC ne peut évidemment pas aller contre la pensée unique et tenir compte des travaux qui lui donnent tort, car DANS SES STATUTS le GIEC a été créé pour PROUVER le réchauffement climatique créé par l'Homme. Voila une démarche qui n'est guère scientifique, savoir dès le départ ce qu'on doit trouver à la fin de l'étude ... Bravo !!Pour de nombreux scientifiques, nous avons connu une période de réchauffement due à l'activité du soleil. Le soleil ayant terminé son cycle de travail:) nous allons entrer dans un cycle de refroidissement. Tiens, tiens .... c'est clair qu'on a pas eu des étés très chauds ces 2 dernières années ... non ???Pour ceux qui souhaitent entendre chaque son de cloche, sans crainte, sans hains et sans parti pris, je recomande ce site : http://www.pensee-unique.fr/index.htmlJ'ajoute encore que les écologistes ont tout à gagner à être modérés et sincères dans leur prise de position , car lorsqu'il s'avérera, comme je le crois, que le réchauffement climatique dû à l'Homme, c'est du pipeau, alors les partis verts seront définitivement ridiculisés, hélas. Comme tous les autres partis, ils passeront pour des magouilleurs, guère plus soucieux de vérité et sincérité que les communistes d'antan. A mon avis dans 2 ans tout au plus cette polémique sera finie.

Dominique Bied 28/08/2008 20:17


Négationnisme est un mot tout à fait correct, ni insultant, ni irrespectueux, ni vulgaire. D'autre part, vous avez tout à fait le droit de penser différemment du GIEC. Rassurez-vous, il ne vous
arrivera rien, vous êtes libres, mais moi aussi.

Je vous rappelle aussi qu'on est libre quand on est bien informé. J'ai lu moi-même des centaines de pages de revues et ouvrages scientifiques sur le sujet et mon opinion est faite. Je vous donne
les références de mes lectures en fin de réponse.

En sus, les éléments évoqués par les scientifiques qui nient la réalité du réchauffement et l'influence de l'homme dans ce phénomène ont tout à fait été pris en compte dans les modèles
mathématiques de fonctionnement du climat. Simplement, il y a encore des incertitudes à lever sur les tâches solaires, le fonctionnement de la nébulosité, le fonctionnement des océans, les
relarguages de méthane (chlatrate gun) et d'autres thèmes.

Ces incertitudes ont été identifiées par le GIEC et font l'objet de recherches complémentaires pour améliorer les modèles.

Par exemple, je vous renvoie aux travaux de modélisation de Marie-France Loutre à l'université de Louvain en Belgique. Ces travaux montrent que les modèles climatiques (qui ne sont pas de la
projection sur des bases statistiques, mais la mise en équation de la thermodynamique de la planète en éléments finis), ont un degré de validité imparfait, mais satisfaisant.

On ne peut soupçonner non plus Jean Jouzel, Hervé Le treut, Edouard Bard et d'autres, de malhonnêteté intellectuelle ou de manquer de méthode. Ce sont des scientifiques hors de tout soupçon et
n'ayant pas d'intérêt partisan dans l'affaire, surtout au prix où sont payés nos chercheurs en France. En sus, le laboratoire des sciences du climat et de l'environnement est un des meilleurs du
monde. On ne peut dénigrer son travail de plusieurs années à ce point.

La concentration des gaz à effet de serre a une variation naturelle de 180 à 280ppm. L'homme a ajouté 100ppm. Il n'est donc responsable que d'un tiers du problème aujourd'hui. Dans le futur, la
menace d'un "chlatrate gun" (dégazage brutal de méthane océanique ou polaire) pourrait faire exploser cette concentration, mais il y a encore débat là-dessus. Cependant le risque existe. En sus,
des phénomènes vont être en opposition de phase ou en phase et l'influence de l'homme amplifiera ou atténuera. La tendance actuelle est plutôt à l'amplification.

Le GIEC, dans son dernier rapport fait état non d'une certitude, mais d'une probabilité forte que l'homme soit responsable de l'augmentation de la température moyenne depuis le début de l'ère
industrielle.

D'autre part, il n'est dit nul part dans la mission du GIEC qu'il a été créé pour démontrer que l'homme était responsable du réchauffement moyen de la terre. Voici la mission du GIEC:

"Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour
mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager
d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres
pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue."

Ce texte veut dire que le GIEC exploite les données scientifiques de nombreux laboratoires existants pour comprendre l'influence de l'homme sur le climat et identifier les risques associés, pour
ensuite tracer des directions de politique publique.

L’une des principales activités du GIEC consiste à procéder, à intervalles réguliers, à une évaluation de l’état des connaissances relatives au changement climatique. Le GIEC élabore aussi des
rapports spéciaux et des documents techniques sur des sujets qui nécessitent des informations et des avis scientifiques indépendants et contribue en outre à la mise en œuvre de la Convention-cadre
des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) par ses travaux sur les méthodes à appliquer pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre.

Ce qui est consternant dans toute cette histoire, c'est l'exploitation que font certaines personnalités politiques des contradicteurs du climat à des fins d'ambition personnelle ou pour exister
dans les grands medias. Cette attitude est irresponsable. Même s'il reste une probabilité faible pour que l'homme n'y soit pour rien, on n'a pas le temps d'attendre cette certitude pour agir.

Nier cette réalité ne fait que retarder les actions et changements radicaaux à prendre dans nos modes de production et de consommation. Ces actions, loin de porter préjudice à l'humanité, ne
peuvent que lui être favorables. Ce n'est pas un retour en arrière mais une marche vers plus de confort, moins de consommation de ressources et de nuisances, plus de bien-être, plus de justice
sociale, donc plus de progrès pour le plus grand nombre, donc plus de sécurité et moins de terrorisme, finalement plus de liberté pour le plus grand nombre. Alors, dans tous les cas, nous sommes
gagnants à agir. Continuons donc à chercher et comprendre le climat pour nous adapter et atténuer l'effet de serre. C'est une stratégie gagnant gagnant. Passer du temps à lever les dernières
incertitudes ne ferait que retarder la création d'un "new deal" économique.

Bibliographie:





• « Le méthane et le destin de la Terre. Les hydrates de méthane: rêve ou cauchemar. » Gérard
Lambert Jérôme Chappelaz, Jean-Paul Foucher, Gilles Ramstein. Préface d’Edouard Bard. Édition EDP sciences.


• Revue Les dossiers de la recherche N°17 de Nov-Dec 2004, Janv 2005: le risque climatique.


• Revue Pour la science N°54 Janv-Mars 2007 Climat, comment éviter la surchauffe?.


• Revue La recherche N°398, climatologie continents, maîtres du temps p.52.


• « L’espoir économique, vers la révolution du quaternaire », Michèle Debonneuil essai aux
éditions Bourin editeur


sites internet:


http://www.manicore.com


http://aspofrance.org


Le réseau mondial de surveillance du pergelisol:


http://www.gtnp.org/index_f.html


Plus d’autres liens sur mon site:


www.dominique-bied-cap21.com


 


 









jo 04/08/2008 18:38

Des associations d’écolo qui ne servent à rien.
Cela fait 3 ans que l’on pollue notre znieff, du fioul, des
ordures, javel, poubelles etc. directement déversés dans les cours d’eau.
Personne pas même la préfecture ne s’inquiète.
J’ai contacté plein d’écolo même cap21 tous s’en foutent,
les ornitho tournent la tête, alors que les oiseaux crèvent par la pollution.
Les plantes protégées ‘Nivéoles’, sont cramées sur place, les fossés ont dans
le fond la pollution de 4 ans de j’menfoutisme.   
Merci M Borloo pour notre parc. Vous êtes vraiment
formidable en matière d’écologie.
Un parc d’attractions entièrement gratuit
C’est en Normandie, c’est à Cabourg.
http://anarchiland.ifrance.com/
Sur cette page un lien vers d’autres pages et blog.
Signé : Un mec écœuré par tant d’hypocrisie.

jean françois broggio 30/07/2008 08:40

Toujours très intéressants tes articles Dominique.Toutefois, dans les modifications de températures terrestre, il y a d'autres facteurs de calculs qui rentre en ligne de compte et qui ne sont jamais pris par le GIEC.A savoir, déplacement du pôle nord géographique et magnétique.Un déplacement de 1000 km entraine une augmentation de température terrestre de près de 2 ° dans la zone la plus exposé à l'ensoleillement ; ce déplacement existe depuis près de quinze ans et pourtant le GIEC n'en parle pas ; et pourtant un controle et des études  scientiques existent en collaboration avec le Canada, la France et la Russie.Baisse du champs géomagnétique terrestre ; celui là même qui nous protège contre les rayonnements solaires.Le rejet de CO² est un facteur cumulatif avec d'autres facteurs et ne peut à lui seul entrainer le réchauffement global, d'ailleurs on ne parle plus de réchauffement climatique mais de dérèglement climatique. Un réchauffement pour être constaté doit être global  et pratiquement uniforme sur la planête, alors que certains endroits de la planête connaissent des baisses de températures. Exemple au pôle sud l'augmentation de l'épaisseur de la glace est inversement proportionnelle à celle du pôle nord.Le combat contre les rejets de CO² est avant tout une nécessité et une obligation pour préserver l'écosystème, la biodiversité et la santé de tous les polluants qu'il contient.Il ne faut pas occulter les autres facteurs qui ont également leurs incidences sauf qu'à la différence avec le rejet de CO² de l'activité humaine, sur les autres nous n'avons aucun pouvoirs.

Dominique Bied 30/07/2008 19:42


Je suis bien d'accord. Il y a des variations locales différenciées en fonction d'autres phénomènes physiques que l'émission des GES. Ceci dit, l'article était surtout destiné à montrer qu'on aurait
pu choisir un autre modèle de développement si on avait su anticiper ce qu'il se passe aujourd'hui à partir des études que je qualifierais  d'exceptionnelles pour leur époque.

Le réchauffement est bien réel en moyenne, ce qui induit des variations locales dans un sens ou l'autre suivant la dynamique des fluides (atmosphères et océans). Certains phénomènes sont en phase
et contribuent à une aggravation locale, d'autres en opposition de phase et compensent ces évolutions.