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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 19:57
On peut calculer un ordre de grandeur de l'impact d'une politique ambitieuse de développement de la part du vélo dans nos déplacements.

2/3 des déplacements voitures font moins de 5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour.

En faisant les calculs approchés, on peut considérer que le potentiel d'économie de kilomètres voitures avec le vélo se situe autour de 20 milliards  de kilomètres par an sur les 450 effectués par les automobilistes.soit pas loin de 5%.

L'impact environnemental et économique sur le budget des ménages d'une bonne politique vélo est donc considérable.

Une bonne politique vélo ne coûte pas forcément très cher. Une fois de plus, c'est un domaine où énormément d'argent est gaspillé dans des constructions d'infrastructures inefficaces.

Or, en milieu urbain dense, il suffirait d'appliquer des règles de base peu coutueuses pour faire décoller ou plutôt redecoller l'usage du vélo en masse et ainsi capter tous ces courts déplacements. Il faut passer rapidement maintenant d'une politique d'affichage et de coups politiques à une politique de masse.

Citons-en quelques uns:

Limitation des vitesses de pointe des véhicules motorisés à 30km/h dans tous les milieux denses, hormis les boulevards urbains. Cela modifierait très peu la vitesse moyenne donc les temps de parcours.
Ouverture de tous les sens uniques aux vélos comme cela se pratique dans les grandes villes d'Europe du Nord et en Allemagne, et maintenant en Italie du Nord.
Partout où il y a de l'habitat et de l'emploi, donner accès au vélo (pas de voiries exclues au vélo).
Accès aux vélos de tous les parcs urbains publics à l'instar des autres pays européens
Accès aux vélos de tous les plateaux dits pietonniers comme partout ailleurs en Europe.
Pistes cyclables bidirectionnelles systématiques des deux côtés des boulevards urbains.
Mise en place systématique de surlargeurs sur les routes nationales et départementales, surtout aux abords des zones d'habitation et d'emplois.
Multiplier les parcs de stationnement vélo (arceaux etc...).
Permettre aux vélos et d'ailleurs aux piétons de ne pas faire de détour inutiles.

En sus, développer l'intermodalité vélo pliant transports en commun permettrait d'adresser bien plus que les 20 milliards de kilomètres trouvés ci-dessus.


  

 

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Published by Dominique Bied - dans transports de personnes
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commentaires

Maxime 22/09/2008 09:38

bonjour DOminique,comment calcules-tu les 20 milliards de km/an et les 450 ?merci

Dominique Bied 02/10/2008 00:01


Sur le dénominateur, c'est à dire le nombre
d'automobiles en circulation en France:

Le parc automobile en France est de 30 millions d'unités roulant en moyenne 15000km par an. La multiplication nous donne 450 milliards de kilomètres par an, soit 1.2 milliard de kilomètres par
jour.

Pour le numérateur, voici le calcul:

2/3 des déplacements voitures font moins de
5km, la moitié moins de 3km, 25% moins de 1km.

Une automobile se déplace environ 3.3 fois par jour ou encore 1205 fois par an.
 
1/4 des déplacements automobile fait moins de
1km. Cela veut dire 1/4 des déplacements font entre 0 et 1km, on prendra donc en valeur approchée 0.5 km.
 
Nous avons donc 1/4 des 1205 déplacements
annuels d'une voiture, soit 301 déplacements à 0.5km soit 151km.
 
Un autre quart fait entre 1 et 3km. Avec le même raisonnement on trouve 301 déplacements à 2km soit
602km.
 
17% des déplacements voitures font entre 3 et 5km. On prend 4km et on trouve 820km.
 
En faisant la somme on trouve donc 1573km. Ceci est le potentiel maximal d'usage du vélo si on considère
la distance de 5km (20mn) comme pertinente pour ce mode de déplacement.
 
En multipliant par 30 millions d'automobiles on trouve un potentiel maximal de transfert au vélo
de 47 milliards de km.
 
Considérons que le potentiel atteignable soit la moitié, on tombe approximativement sur nos 20 milliards
de km, soit 4.4% du kilométrage annuel du parc. Ce n'est pas rien.