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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 14:32

Sur l’ensemble du Rhin supérieur, la part modale des transports collectifs pour les déplacements de voyageurs (plus de 4 millions par jour) est de 12%. En Alsace, la part modale du fer n’est que de 2%. 

publié par CAP21ALSACE dans: Urbanisme - Transports - Aménagement

Ces chiffres publiés par cap21 Alsace montrent que malgré tous les efforts effectués par les autorités organisatrices de transports urbains, la part modale de la voiture a peu diminué. Les espoirs suscités par la loi sur l'air et l'institution des PDU (plans de déplacements urbains)  n'ont pas suffi à inverser les tendances lourdes initiées dans les années soixante dix.  La part modale des transports collectifs se situe entre 12 et 20% suivant les villes. 
Les émissions de gaz à effet de serre du transport continuent  d'augmenter. Le rapport coût efficacité des dépenses publiques concernant les transports collectifs a été pointé du doigt  par la cour des comptes.
 
 Faut-il pour autant arrêter le développement de ces politiques?
On peut tirer plusieurs enseignements de ce constat. L'inefficacité des politiques de développement des transports alternatifs tient surtout au fait que parallèlement on a gardé la dynamique de développement de l'offre routière (routes et parkings). On consacre 1.6 fois plus de surface à la route qu'au bâti. (voir l'article sur la pression foncière démesurée de l'automobile).
Dans une économie de marché, si on veut que les comportements changent, il faut que le politique intègre que c'est la comparaison des performances des différents systèmes qui détermine le choix modal. L'automobile ayant la performance relative la meilleure, il ne faut pas s'étonner des chiffres donnés par cap21 Alsace.
Comment, alors, faire passer en première division les transports alternatifs. Il est urgent de comprendre qu'il faut rendre le système automobile plus chère et  moins facile à utiliser, de manière à réduire progressivement la dépendance à l'automobile. Cela passe par la stagnation de l'offre routière, et en particulier la diminution du stationnement de surface pour rendre de l'espace aux modes individuels et collectifs plus efficace.
La nécessité de préparer très en amont la transition énergétique et la diminution des émissions de gaz à effet de serre impose d'anticiper par les taxes la hausse  du coût de fonctionnement de l'automobile, en particulier le coût du carburant. L'ajustement des prix par le marché ne permet pas de changer les comportements dans les délais. Malgré la hausse actuelle, le prix de l'énergie reste peu élevé. Cette façon de voir, certes peu populaire, aurait en fait une influence très bénéfique en matière d'urbanisme. En effet, on irait progressivement vers la ville compacte tant désirée et une certaine relocalisation de l'économie. Là, le politique doit prendre toute sa place dans les orientations de long terme.
 
 Et la liberté alors?
Traiter un problème en agissant sur les prix par la fiscalité, en agissant sur la redistribution d'espace, ne supprime pas la liberté de se déplacer en 4X4 et d'entrer dans les espaces contraints si on le souhaite.  Il devient simplement beaucoup plus cher d'utiliser des modes de transport et des manières de se déplacer ayant un impact très négatif sur l'environnement, et prélevant sur la planète plus de ressources. Ceci est finalement conforme à la logique des marchés qui veut que ce qui est rare est cher (l'espace, l'énergie). La Norvège, pays démocratique, pratique cette politique de déplacements à Oslo.
Le concept de liberté ne se juge pas de manière manichéenne. Il se juge en relatif. Le politique, en démocratie, ne punit pas, ne contraint pas, il oriente, sur le long terme, en créant les conditions pour qu'un certain comportement existe. 
Le rôle du politique est aussi d'agir au niveau de l'école pour que chaque enfant ait la possibilité d'aller à l'école autrement qu'en voiture afin d'initier une culture multimodal. A ce titre, les plans de déplacements école sont une démarche pédagogique efficace et beaucoup trop marginale en France.
Il en va de même, pour les adultes, avec les plans de déplacements entreprise.

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Published by Dominique Bied - dans transports de personnes
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commentaires

Eric 04/06/2006 21:11

Bonsoir,Précision : Ce que nous appelons le "Rhin Supérieur" est une région au sens fluvial comprenant les abords du Rhin sans sa partie débouchant des Alpes : Suisse du Nord, puis de part et d\\\'autre le land de Bde-Wurtemberg et l\\\'Alsace, et enfin la Rhénanie-Westphalie au Nord de cet ensemble tri-national.Pour info les länder et la Région Alsace ont créé des entités tri-nationales de développement et de coopération.On pourrait aussi préciser que le chiffre français est d\\\'autant plus lamentable que la Région Alsace est très active dans la promotion du chemin de fer comme moyen de transport alternatif. Cependant sans intermodalité efficace, c\\\'est à dire sans une connexion performante avec les réseaux d\\\'autocars dépendants des départements d\\\'une part, et avec les réseaux de tranport en commun locaux dépendant pour leur part des communautés de communes ou communautés urbaines, le train à lui seul ne peut pas grand chose, mis à part de dédouaner les gouvernants d\\\'une Région Alsace, jugement un peu sévère certes mais il est temps de passer à la vitesse supérieure.Pour exemple, à Strasbourg, le "noeud" central du tram, le noeud central du réseau de bus du dpéartement et la gare SNCF ne  se trouvent pas au même endroit ! Cependant Dominique abord un point qui est purement politique, en parlant de "liberté" de circuler, en l\\\'occurrence. En effet, nous sommes habitués à circuler librement à un certain coût. Cependant il s\\\'agit d\\\'une habitude. Nous comprenons aisément qu\\\'un kilo de caviar est cher, parce qu\\\'il est rare. Eh bien nous n\\\'avons pas encore compris que les composants d\\\'une circulation automobile sont chers, et bien plus chers d\\\'ailleurs que nous ne les payons. Cependant la réalité nous rattrappe peu à peu et nous finirons bien pas devoir accepter cette nouvelle chèreté. Soit dit en passant nous ne remarquons à peine quand un article baisse significativement de valeur...Les prmeiers à s\\\'adapter seront les premiers à mieux se porter dans très peu de temps, on parle maintenant d\\\'années et non plus de décenies. Automobile, mais bien plus l\\\'habitat et l\\\'énergie de manière générale vont prendre une toute autre valeur, avec des références chamboulées comme par exemple les maisons "traditionnelles" en béton qui ne vaudront plus grand chose dans 15 ans.Eric LANGERMANN