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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 19:16

Les Pays-Bas sont très loin d'être le seul pays où le vélo tient une place considérable dans les déplacements quotidiens. La Suède n'est pas en reste. Il conviendrait de faire connaître la qualité cyclable de villes comme Stockholm et Göteborg.

 

Je reviens de vacances où j'ai visité à vélo de nombreuses villes du Nord del'Europe. J'y ai parcouru environ 500km. Ceci présente maintenant une énorme expérience. Je vous en donne la liste et cite quelques points remarquables.

 

Allemagne: Cologne, Brême et Neumünster.

Norvège: OsloSuède: Orebro, Stockholm, Vadstena, Göteborg, Malmö

Danemark: Copenhague.

 

Il y a donc des petites villes, des moyennes, des grandes.

 

Durant les 10 dernières années, c'est une centaine de villes parcourues dans tous les pays auNord de la France et en Italie du Nord, Lombardie et Toscane, soit environ 5000km à vélo dans ces villes.

 

La constante de toutes ces villes est que le vélo a une place considérable dansl es déplacements. A l'oeil nu, on peut dire 5 à 10 fois.

 

Tout d'abord, j'ai été très surpris de voir que les 3 plus grandes villes suédoises, Stockholm, Göteborg et Malmö, qui concentrent 1/3 de la populationsuédoise, sont plus cyclables que de nombreuses villes néerlandaises.

 

Quelles en sont les caractéristiques?

 

Tout d'abord et avant tout une vitesse modérée, voire faible en ville, des voitures. Ceci résulte d'une action forte des pouvoirs publics sur la vitesse. Ceci rend la ville plus cyclable structurellement sans même considérer leparamètre aménagement. Ceci valide le combat pour la ville 30.

 

Une autre conséquence de cet aspect, ajouté à la masse de vélos en circulation, est la très faible présence des 2 roues à moteur. Chez nous, l'espace pris à lavoiture pour les piétons et les vélos a bridé la circulation automobile, mais l'insuffisance d'actions sur la vitesse a permis l'explosion du deux roues motorisé, ce qui augmente fortement le risque routier par les vitesses pratiquées par ces mêmes deux roues. Ceci est surtout criant sur la région parisienne, Lyon, Lille, les plus grandes métropoles de façon générale. Le changement des comportements des motorisés doit se faire plus rapidement si les pouvoirs publics communiquent fortement là dessus et font  le nécessaire en instituant la ville 30.

 

Ensuite, la surprise est venue de Stockholm et Göteborg, où toutes les 4 voies de gabarit périphériques sont bordées de pistes cyclables bidirectionnelles avec de nombreuses possibilités de passer d'un côté à l'autre par pont ou tunnel. Il n'y a donc, dans ces deux villes, aucun des effets de coupure dont parle Frederic Heran, chercheur sur les mobilités douces, dans son livre transports urbains, les effets externes négligés. Il y a même, à Göteborg, en sus, une piste cyclable bidirectionnelle verte le long dufleuve. Nous avons donc 6 voies vélos pour 4 voies voitures sur un même linéaire. Dès lors, il ne faut pas être surpris de voir autant de vélos avec une telle qualité de l'offre. Et c'est celle-ci qui a attiré l'usage du vélo. Ce n'est pas une culture préexistante ex nihilo, mais le résultat d'une action publique forte.

 

Malgré des efforts louables, mais trop dispersés, nous sommes loin de cela. Une autre caractéristique essentielle  est que les forces de police laissent les vélos en paix au niveau verbalisation, pourvu qu'ils aient un comportement apaisés. Pas de verbalisation pour les petites entorses au règlement. D'ailleurs, elles sont plus que discrètes. C'est encore plus frappant à Oslo où la voirie est dans un état déplorable, avec du dénivelé dans toutes les rues, des rails de tram en grand nombre. On trouve alors de nombreux vélos sur les trottoirs sans qu'un seul piéton ou un seul policier ne vous fasse une remarque. Tout ceci veut dire qu'une ville cyclable est une ville apaisée, une ville perméable, une ville équipée sur les axes à fort trafic motorisé et où lavitesse différentielle est élevée. Bref, chez nous, il y a encore du boulot. Il faudrait passer une vitesse pourrattraper les 20 ans de retard que nous avons. Dans ces pays, le vélo est prisen compte systématiquement et par postulat dans les constructionsd'infrastructures, l'usage suit massivement, les comportements des motorisés  aussi.

 

 

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