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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 22:30

La planète continue de brûler, et nous continuons à nous préoccuper de notre petit nombril. De choc des civilisations en violences urbaines, en répression, en guerres préventives et autres, nous nous comportons comme des enfants, gardant jalousement notre petit bout de terrain ou de privilège.

 

 L’agence spatiale européenne vient de tirer une fois de plus la sonnette d’alarme, plus près de Big Ben que de la petite clochette que l’on met autour du cou des vaches. Le réchauffement climatique s’accélère plus que prévu. Le signe en est une longue cassure de la glace arctique vu par un satellite de l’ESA.

 

Il y a voilà presque deux ans, voici ce que m’écrivait le 17 Mars 2005 Vladimir Romanovski, à l’époque président de l’association uspermafrost, suite à la question que je lui posais sur le possible dégazage des 350 à 450 milliards de tonnes de méthane situés sous les terres arctiques.

 

"Dear Dominique,

The permafrost thaw is a real threat to the Earth climatic system if we
assume that the global warming is a negative process. However, the changes
in permafrost at present time are very slow and there is no need to report
on these changes on a monthly time scale. So far, these changes are
noticeable on interannual to decadal time scales. Though the situation can
change any time if some thresholds in permafrost evolution will be crossed
and permafrost will start to degrade within widespread areas. At some
regions ( Alaska for example) this could happened during the next 15 to 25
years. That is why it is very important to monitor permafrost temperatures
in the polar regions.

Best regards,

Vladimir

 

 

Ceci veut dire: “Cher Dominique, le dégel du permafrost est une réelle préoccupation en ce qui concerne le système climatique de la terre, si on considère que le réchauffement climatique est un processus négatif. Cependant, pour le moment, les modifications dans le permafrost sont très lentes et ne nécessitent pas un suivi mensuel. Toutefois, ces changements sont significatifs à l’échelle de l’année ou de la dizaine d’années. La situation peut aussi évoluer à tout moment si des seuils dans l’évolution du permafrost sont franchis. Il commencera alors à se dégrader sur de larges espaces. Dans certaines régions (Alaska par exemple), ceci pourrait arriver dans les 15 à 25 prochaines années. C’est pourquoi il est très important de suivre l’évolution des températures dans la région des pôles.

 

Le dégazage du méthane sous le permafrost n’est pas encore intégré dans les modèles calculant les perspectives de réchauffement climatique de 1 à 5 degrés. S’il se produit, il y aura effet d’emballement (dégazage de méthane induisant un réchauffement induisant du dégazage supplémentaire etc…). Les signes d’accélération observés par l’ESA sont-ils le début de cet emballement ? C’est une question pertinente à poser aux scientifiques œuvrant dans le grand Nord . En tout cas, le prochain rapport du GIEC en 2007 devrait être riche d’enseignement. Il y a fort à parier qu’il envoie un ultimatum aux gouvernements pour changer de braquet.

 

Le gouvernement français n’a pas encore pris la mesure des décisions à prendre, au moins au niveau de l’ambition. Nous avons tous les outils pour réussir en moins de 20 ans, mais si nous restons scotchés dans les starting-blocks, alors nous serons balayés, y compris sur le plan économique, par des pays plus conscients et dynamiques que nous.

 

En tout cas, à part Corinne Lepage, pas un seul candidat à la présidentielle de 2007 n’est crédible pour mettre en œuvre les décisions qui s’imposent pour l’avenir de nos enfants.

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Published by Dominique Bied - dans changement climatique
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