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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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5 janvier 2005 3 05 /01 /janvier /2005 00:00

Je livre à CAP21 et aux lecteurs de ce texte les chiffres clés de la mobilité sous forme d'ordre de grandeur permettant à chacun de s'en servir pour faire acte pédagogique envers la population française dans vos débats. En effet, le changement de comportement dans les déplacements ne pourra se faire qu'en étant convenablement informé.

Les débats sur la résolution des impacts négatifs de l'usage de l'automobile tournent beaucoup trop autour des moteurs propres et la science technologique dure.

Cette désinformation par omission de tout un pan du panel de solutions (en particulier la réorganisation logistique de nos déplacements) est constante et entraîne les pouvoirs publics dans un leurre. La seule solution possible est la réduction drastique du trafic sans sacrifier les besoins des gens en terme de mobilité. Les moteurs propres ne sont là que pour rendre cette réorganisation plus efficiente en terme d'impacts sur l'environnement. Nous devons viser la mobilité la plus neutre possible.

nombre d'automobiles en France: 30 millions pour 15000km parcourus annuellement.

nombre d'automobiles dans le monde: 540 millions.

taux moyen d'occupation par véhicule: 1.4

Une voiture roule en moyenne 1h à 1h30 par jour en 3.3 fois pour 40km.

1km voiture consomme 1kWh d'énergie, 1 tonne équivalent pétrole par an, émet en gros 100 à 300 g de CO2 par km, 2 tonnes par an. (note 1).

 la distance moyenne domicile travail a augmenté de 5 à 15km en 30 ans avec tout de même 6 millions d'actifs dans les 10km.

Le déplacement domicile travail représente 25% des déplacements, les déplacements professionnels 12%, les vacances 10%, les loisirs de week-end 15%, les autres motifs 38%.  

Un plan de déplacements entreprise tel que celui de STMICROELECTRONICS à Grenoble a permis d'économiser, après un an de mise en application, 60 tonnes équivalents pétrole et 150 tonnes d'émissions CO2, soit 3 millionième des  consommations et émissions totales de tout le trafic automobile. L'objectif de STMICRO était de diviser par 2 l'usage de l'automobile sur le déplacement domicile-travail avant fin 2005.  

les 25% de ménages gagnant moins de 12 000 Euros par an parcourent 7500km/an, les 25% de personnes gagnant plus de 30 000 Euros par an parcourent 24000km/an

Pour un périurbain, le budget logement représente 25% du total, le budget transports représente 25% également.

Le vitesse moyenne des voitures en milieu urbain est de 22km/h (14 pour un vélo).

temps hors roulage d'une voiture: 9mn.

Un automobiliste est 3 fois plus exposé qu'un cycliste à la pollution de l'air qui l'entoure, même en comptant la consommation d'oxygène due à l'effort à 14km/h du cycliste, il est 2 fois plus exposé qu'un passager de bus.

Conclusion incontestable: l'autosolisme n'est pas un mode de déplacement durable, donc exportable dans un scenario laisser faire, quelque soit notre bienveillance face à ce mode de déplacement.  

nota sur les conversions d'unités et formules de base:

énergie en kWh=puissance (exprimée en kW) x temps (exprimé en h).

puissance mécanique = force x vitesse

puissance électrique = tension (220V) x courant 

11600kWh correspond à 1 tonne équivalent pétrole, ce qui permet de convertir votre facture EDF GDF et votre consommation automobile en kWh pour un bilan énergie par ménage (à rapprocher des 1kWh consommé par km, aux 540 millions de voitures dans le monde, aux 143 milliards de tonnes de réserves de pétrole prouvées dans le monde dont un budget d'1/3 pour le transport dans son ensemble). 

 

 

 

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Published by Dominique Bied - dans transports de personnes
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commentaires

Marc 25/11/2010 18:26



Bonjour serait-il possible de connaitre vos sources pour tous ces chiffres


D'avance merci



rabier 22/02/2005 17:09

Vos chiffres sont très intéressant, quelles sont vos sources ?

merci de me répondre à arnaud.rabier@laposte.net

Jacquiot 08/01/2005 12:26

Une des grandes calamités de l'aménagement du territoire, c'est le syndrome du "Grand Architecte de l'Univers".
Les urbanistes se prennent pour des architectes, et les architectes pour des urbanistes. Résultats:
1) les uns et les autres ignorent le fondement de l'urbanisation: la mobilité, qui est à l'origine de toutes les cités (le marché, la communication, le transit).
2) pire encore, les politiques ont pensé que c'était un instrument de pouvoir, et que la ville, ramenée à un ensemble de solides alignés par des règles voyères pouvait avoir un rôle rédempteur, ou au contraire devait être effacée pour mieux asservir.
3) l'idée que la ville a une une forme est vivace, mais si l'on cherche à en trouver les contours, la vision formaliste ne donne pas de réponse satisfaisante.
En fait, les limites de la ville (au sens large d'urbanisation) sont au bout des chemins, routes, voies navigables ou aériennes. Il s'agit d'un tissu de flux de communications en tout genre.
C'est pourquoi le thème du transport est la clef d'entrée incontournable dans la réflexion sur l'aménagement. Il y a superposition entre urbanisation et mondialisation rampante: les frontières économiques n'existent plus. Les distorsions entre les niveaux de vie dans le monde ne peuvent que peser de plus en plus sur notre propre quotidien. Et ceci échappe aux programmations parce que les aménageurs oublient que l'homme n'est pas un concept "paramétrable", une matière adaptable aux théories (les ravages de l'Utopie sont immenses en la matière), mais que les usagers de la Terre sont des agents biologiques, et qu'ils se comportent "naturellement" en suivant le principe de la meilleure survie selon le couple adaptation/évolution des êtres vivant (DARWIN réfute Thomas MORE). Ce qui est encore une dynamique! Et notre problème, c'est de le mettre en évidence pour que l'on admette enfin l'effet boomerang des errements de la mauvaise gestion du territoire.
Les chiffres donnés par Dominique Bied montre l'immense gâchis généré par une approche erronée du problème urbain, que l'on tente de camoufler par des solutions "ludiques" sans effets réels et équitables sur notre quotidien.