Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

Recherche

10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 21:51

Voici un résumé court sur cette technique. N'hésitez pas à consulter les documents détaillés sur les liens du blog et le site www.agroforesterie.fr

 

Publié le mercredi, 20 octobre 2004
Auteur(s): B. Estevez, agr.

BRF: Bois raméal fragmenté, un amendement pour les sols agricoles

Le professeur Gilles Lemieux, ancien professeur de la faculté de Foresterie de l’Université Laval, travaille depuis 20 ans sur cette ressource naturelle qui peut contribuer à la régénération des sols qui manquent de matière organique.

Les " BRF " comme on les appelle, soit les bois raméaux fragmentés, sont les branches des arbres dont le diamètre est inférieur à sept centimètres. Au-dessus de ce diamètre, les branches commencent à être valorisées pour le bois de chauffage et la fragmentation exigerait une machinerie plus lourde.

Le BRF est la partie la plus riche de l’arbre. On y retrouve 75% des minéraux, des acides aminés, des protéines et des catalyseurs. Il est donc plus riche que le bois du tronc et des grosses branches et son rapport C/N est donc plus petit: de 25:1 à 175:1, selon l’espèce et la période de récolte, alors que celui du bois varie normalement de 400 à 600:1. En général, on trouve moins de lignine et plus d’hydrates de carbone dans les feuillus que dans les résineux.

Dans le début des années 1980, le professeur Lemieux en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ont mis au point une technique de valorisation des BRF en association avec le lisier de porc: la méthode SYLVAGRAIRE. D’un point de vue forestier, les ingénieurs étaient préoccupés par la sous-utilisation des résidus forestiers. En effet, seulement 30% de la biomasse forestière était alors exportée. Le reste restait au sol mais sans être fragmenté.

La méthode SYLVAGRAIRE utilise du lisier de porc ou du fumier de poulet (riche en azote) pour abaisser le ratio C/N autour de 30:1 afin d’améliorer la décomposition des BRF et ainsi éviter une immobilisation de l’azote du sol. Mais aussi, les BRF sont un bon complément au lisier de porc qui contient peu de cellulose et peut subir des pertes d’azote par volatilisation, lessivage et ruissellement selon les conditions d’épandage.

La méthode SYLVAGRAIRE comprend cinq opérations: Le labour, l’épandage des BRF, l’épandage d’un lisier ou sinon, un fumier non pailleux et riche en azote, le hersage afin de mélanger toute cette matière organique dans les cinq premiers centimètres du sol puis le semis ou la transplantation selon les cultures.

Des essais utilisant 105 mètres cubes par hectare (m3/ha) de BRF – environ 26 tonnes – et 28 m3/ha de lisier de porc ont donné de bons résultats. Notons que lorsqu’on utilise des BRF frais (15 juillet au 15 septembre), il serait possible de diminuer la dose de lisier entre 20% et 30% dans le cas de fumier de poulet.

La plupart de ces essais agricoles ont été réalisés dans des sols sableux et dans les productions de pommes de terre, céréales, fraises et tournesol. Les rendements ont été doublés dans les fraises. Dans la pomme de terre, la matière sèche a augmenté de 25% et la conservation des tubercules était meilleure. Dans les fraises, la méthode a permis un meilleur développement des racines. Les chercheurs ont aussi constaté une diminution des insectes ravageurs comme le doryphore dans les pommes de terre et le puceron dans les fraises.

Une étude québécoise plus récente (Otrysko et Pagé, 2001) a permis de confirmer les bienfaits des BRF. En effet, l’apport de 25 t/ha (250 m3/ha) à l’automne avec ou sans compost (fumier et tourbe) épandu au printemps dans la production de pommes de terre en rotation avec le seigle comme engrais vert a permis un plus grand rendement, une augmentation significative de la quantité de matière sèche du tubercule ainsi qu’une incidence moindre de la gale.

Partager cet article

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article

commentaires