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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 14:30

L'état a enfin compris qu'il faut favoriser l'usage de la bicyclette en ville pour les courts déplacements. En effet, depuis ce mois de Juillet 2010, les communes sont obligées de mettre en place l'autorisation pour les cyclistes de se déplacer dans les deux sens de circulation dans tous les sens uniques situés dans les zones 30.

 

Seulement voilà, de nombreuses communes prises de cours (pourtant la loi date d'il y a un an) prennent des arrêtés interdisant cela sur tout leur territoire. Les associations sont donc condamnées à mener des combats juridiques pour faire annuler ces arrêtés.

 

A contrario, d'autres communes, plus modernes dans leur pensée, vont au delà de la loi en généralisant des doubles-sens cyclables, copiant ainsi les nombreuses villes européennes appliquant cela depuis des dizaines d'années.

 

Quel est l'intérêt de ce concept?

 

Tout d'abord, il n'y a pas de raison que la bicyclette ne soit pas légitime dans toutes les voiries (hors 2X2 voies) dans les deux sens de circulation. Si deux voitures ne peuvent se croiser parfois dans un sens unique, une voiture et un vélo le peuvent, même dans une rue étroite.  Une ville 30 combinée au double sens cyclable est un aménagement extrêmement sûr et efficace à tout point de vue. Il permet aussi une continuité d'itinéraires très pratique pour les cyclistes. En effet induit, il réduit la vitesse des motorisés. Vous en avez un exemple flagrant à Paris entre la gare Saint-Lazare et République. Le double sens cyclable vous permet d'aller en trajet direct de l'un à l'autre en une vingtaine de minutes. A vélo, de la gare Saint-Lazare à la gare de Lyon, vous mettez ainsi une demi-heure en porte à porte à 15km/h en toute sécurité et sans mettre en danger les piétons, ce qui est très bon.

 

L'avenir du déplacement en ville est le partage de voirie apaiser tel qu'expliqué.

 

Il faut asocier ses mesures à une forte communication car j'entends encore sur des radios comme RMC des chauffeurs de taxis osant dire que dans les rues étroites les cyclistes roulaient trop vites et qu'ils ne pourraient s'arrêter à temps !!!!!!!!!!!!! On croit rêver. Lequel des deux roule le plus vite. Je crois que ces gens-là doivent retourner à l'école de conduite pour apprendre les distances de sécurité, le calcul des vitesses en mètre par seconde, le champ de vision, et l'adaptation de la conduite à tout cela.  Il s'agit bien d'inverser la culture du tout automobile et de la loi du plus fort.

 

A propos des rues étroites, le CERTU a démontré qu'il n'y avait pas de problème de sécurité entre vélos et voitures si la vitesse était faible. Une ville 30 suffit donc à résoudre le problème.

 

J'ajoute qu'en Belgique, en sus de cela, l'agglomération de Bruxelles vient de voter la construction d'un réseau express régional vélo, que la ville de Genève va interdire 200 voiries sur les 800 que comportent sa commune à toute circulation automobile de transit d'ici à 2014, pour enclencher une véritable dynamique de modification des pratiques de déplacements.  

 

Les communes exemplaires sont Fontenay-aux Roses, Montreuil, Sceaux, Clamart, Fontainebleau, Aix-les-Bains, Chambéry, Annecy, Grenoble, Strasbourg, Bruges, Brême, Stockholm, Goteborg, Malmoe, Arnhem etc....

 

Les communes en retrait sont Lyon, Petit-Quevilly, et plein d'autres dont je ne connais pas le nom. Certaines communes de l'agglomération de Rouen se distinguent encore par leur incompétence en matière de déplacements.

 

J'invite chaque lecteur de ce blog de saisir son association locale et les élus pour progresser sur le couple ville 30 double sens cyclable.

 

J'invite aussi chaque lecteur de ce blog à donner une liste de communes exemplaires et une liste de mauvais élèves que l'on pourrait diffuser dans la presse. C'est parfois plus efficace qu'un combat juridique au tribunal administratif. Les élus sont soucieux de l'image de leur commune. C'est utile aussi pour les associations présents dans les comités consultatifs.

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Published by Dominique Bied - dans transports de personnes
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commentaires

Hubert 15/09/2010 00:03



"Les associations sont donc condamnées à mener des combats juridiques pour faire annuler ces arrêtés."


 


Et sur quelles bases juriduiques, diable !, mènent-elles donc leur combat ?



Dominique Bied 15/09/2010 22:47



Montesquieu a dit: il y a la loi et l'esprit des lois. Cela laisse une place à l'interprétation de la loi pour se défendre. L'esprit de la loi est de permettre aux cyclistes d'accéder à toutes
les voiries dans les deux sens de circulation. La loi, c'est cela, et l'exception ne doit rester qu'exceptionnelle. Un arrêté inversant la règle est contraire à l'esprit de la loi. Juridiquement,
c'est défendable.


Maintenant, la tendance de fond en France est la généralisation des double-sens cyclables comme cela se pratique depuis plusieurs années en Europe. Nous avons beaucoup de retard.



Ludovic Frère 24/07/2010 15:22



Les plans de déplacement ne devraient-ils pas être du ressort de la communauté d'agglomération (comme les transports en commun à Rouen) ? Tant que chaque commune pourra faire ce qu'elle veut dans
son coin, nous ne pourrons pas avancer dans ce domaine (sauf dans les grandes villes, évidemment), qui demande une logique géographique étendue : imaginons que l'aménagement du territoire soit
confié aux communes !! C'est tout simplement absurde !



visiontransport 24/07/2010 20:41



Ce serait bien si les PDE étaient obligatoires. En l'absence de loi, il vaut mieux laisser faire ceux en route, c'est mieux que rien. Ceci dit, un PDE marche bien lorsque le chef est impliqué à
fond dans l'affaire, c'était le cas de stmicroelectronics à Grenoble.