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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 22:44

La campagne électorale pour les présidentielles démarre bien mal sur le plan économique. Pendant qu'on amuse la galerie avec des affaires en dessous de la ceinture, nous voyons poindre à droite et à gauche les caricatures réciproques habituelles.

 

Par exemple, sur la chaîne parlementaire, en fin d'après-midi aujourd'hui, Michel Sapin, principal rédacteur du programme économique du PS, met en avant la priorité des priorités: retrouver l'équilibre des finances publiques pour diminuer la dette.Sa manière d'y arriver est de travailler sur les recettes de l'état en sus de l'action sur les dépenses incopressibles.

 

Alain Madelin, lui, sur le plan des recettes, argumentait sur les vieilles lunes de la droite: "bien évidemment, la gauche prend aux riches pour donner aux pauvres", et c'est reparti comme dans les autres campagnes. Aucune innovation n'est possible dans ces conditions. Pourtant, jamais un partage équitable des richesses ne s'est imposé avec autant d'évidence. Le problème de ce pays est qu'une bonne moitié de la population n'a pas un euro à mettre de côté à la fin de chaque mois. L'augmentation très supérieure à l'inflation des postes incompressibles associée à une augmentation des revenus à peine au niveau de l'inflation officielle a miné sa capacité d'épargne, donc sa capacité d'enrichissement sur la durée. Les inégalités de patrimoine, indicateurs de la politique économique de la France depuis 30 ans, sont les voyant d'alarme de ce système à bout de souffle.

 

Le gouvernement, depuis 2007, a aggravé cette situation en faisant des cadeaux fiscaux à ceux qui en avaient le moins besoin, dans toutes les couches de la société, depuis les ouvriers et employés bien intégrés d'entreprises en très bonne santé et plutôt grandes, avec l'exonération fiscale sur les heures supplémentaires, jusqu'au plus aisés avec le bouclier fiscal. Le gouvernement espérait que cette politique allait doper l'activité (plus les riches sont riches, plus l'activité est grande). En fait, en concentrant les richesses sur moins de gens, cette politique ne marche pas, et ceci depuis longtemps. Le chômage massif trentenaire tire les produits manufacturés et les salaires vers le bas, avec la qualité médiocre qui va avec. Elle empêche donc de plus en plus de gens de consommer des produits haut de gamme susceptibles d'ailleurs de faire repartir l'industrie.

 

D'ailleurs, en France, quand les choses vont bien, le chômage décroit de 10 à 20 milles personnes par mois, et inversement quand les choses vont plus mal. Ces petites variations ne permettent pas de penser que si les choses vont bien pendant plusieurs années, le chômage va baisser structurellement de manière importante.

 

Il faudrait être beaucoup plus innovant en basculant les 350 milliards de charges salariales et patronales sur le travail vers les autres postes fiscaux afin de faire baisser massivement le chômage, donc augmenter les salaires dans un deuxième temps.

 

On pourrait alors quitter ce débat stupide entre riches et pauvres, mais aller vers un enrichissement de tous sur la durée (phiosophie de John Rawls). Il est souhaitable que l'assiette fiscale (ensemble des prélèvements) augmente. Ce pays n'a jamais réussi, ni essayer vraiment de le faire. Pourtant, ce sont les entreprises qui créent les richesses puisqu'elles produisent ce que la demande intérieure et extérieure veut, et elles produisent ce que la collectivité mondiale a besoin demain (avoir le confort de vie en diminuant les prélèvements sur la planète).

 

Non, vraiment, la politique économique suivi depuis 30 ans n'est pas bonne, ni pour le secteur privé car on a écrasé de charges les entreprises donc les ménages, ni au niveau du secteur public car on a appliqué à l'aveugle des coupes de personnel sans discernement à la fois dans des endroits où elles étaient nécessaires et dans des endroits où au contraire, il aurait fallu augmenter les ressources humaines.

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Published by Dominique Bied - dans politique
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