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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 12:30

 Il faut en finir avec la stigmatisation des riches. Cette façon de penser nous empêche d'envisager correctement une répartition équitable des richesses produites, une espérance, une vision long terme.

Cette stigmatisation vient en réalité du fait qu'une immense majorité de la population française et au delà européenne et mondiale est exclue de tout processus d'enrichissement pour eux et leur descendance.

Le philosophe John Rawls nous apporte la solution intellectuelle à ce problème.

Selon lui, les inégalités de revenus et de patrimoine sont tout à fait admissible dans une société si chacun a ce qu'il faut pour vivre dignement et s'enrichir sur la durée par son travail et par l'épargne dans l'environnement où il est (en tenant compte du coût pour se loger, pour se déplacer pour son travail, pour accomplir les actes basiques de la vie quotidienne).

Or, en ordre de grandeur nous avons en France 15 millions de gens qui ne sont pas dans cette situation parce que le rapport entre le revenu net disponible et les charges incompressibles ne leur permet pas de s'enrichir. En sus, si on regarde la dynamique dans le temps de ces revenus et de ces charges, la situation se dégrade très vite car les salaires n'augmentent pas et le coût du logement et de l'énergie augmentent fortement. De plus, les revenus sont tellement bas pour ces gens qu'ils ne peuvent investir pour diminuer leurs charges, ce qu'essaie pourtant de faire toute entreprise bien gérée. On investit pour conquérir de nouveaux marchés ou pour diminuer son coût de fonctionnement ou pour faire des gains de productivité. Pour un ménage, c'est la même chose.

Plutôt que redistribuer en masse, mieux vaut que chacun gagne ce qu'il faut. Cela passe aussi par donner une valeur monétaire à la nature, vecteur considérable de réduction des inégalités au niveau mondial, mais cela est une autre histoire et fera l'objet d'un autre article.

 

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Published by Dominique Bied - dans environnement et économie
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commentaires

ingrand christophe 29/09/2010 15:27



les inégalités de revenus et de patrimoine sont tout à fait admissible dans une société . Oui, à condition qu'elles ne soient pas comme actuellement trop criantes ! Cela laissant
entendre que la richesse produite n'est pas équitablement répartie... D'autre part quid de ceux qui n'ont fait de leur vie qu'hériter des fortunes prestigieuses de leurs aieux ? Je veux bien
qu'on en finisse avec l'opposition riches pauvres mais avant, on fait une remise à niveau des compteurs...
J'apprécie beaucoup vos articles sur la mobilité et je m'en fais le porte-parole autour de moi, mais sur le sujet présent, je reste dubitatif, surtout en ces
temps troubles.     



Dominique Bied 29/09/2010 19:01



Je développe car vous avez tronqué l'essentiel dans la première phrase: "pourvu que chacun ait les moyens de vivre dignement dans l'environnement où il est et d'enrichir le patrimoine de sa
famille sur la durée". Cela veut bien dire que la situation actuelle n'est pas acceptable. A contrario, la situation patrimoniale dans les pays scandinaves tend vers cette idée.


Quand à l'héritage, ce n'est pas une maladie si la succession travaille pour ne pas la dilapider et la développe dans l'intérêt général.


Mais je suis d'accord avec vous pour rétablir l'équilibre actuellement rompu par une augmentation significative des salaires, mais ceci ne peut se faire que par une baisse du coût du travail pour
diminuer le chômage et le reste suivra. C'est exactement ce que font les danois. Allez voir le rapport du sénat http://www.senat.fr/rap/r04-052/r04-05240.html


Ce que je voulais dire dans mon article, c'est que le débat médiatique, en situation d'inégalités inacceptables, se cristallise autour de l'idée de prendre aux riches pour distribuer aux pauvres,
avec une droite qui arbitre sans cesse entre une dialectique construite autour de la baisse d'impôts. Cette dialectique se cogne sans cesse à la réduction des deficits. Le gouvernement bascule
nettement entre ces deux idées sans que les choses changent pour la plupart d'entre nous. Dans ce contexte mediatico politique, on nage dans un bain de manipulations, de communications, de
démagogies sans aucune possibilité d'innovation fiscale. 


La seule troisième vie possible aujourd'hui est de marier démocratie avec écologie pour baisser nos charges et notre impact sur les matières premières et l'environnement afin de créer de la
valeur dans du lien et dans la réduction des inégalités.


Ce que je voulais dire aussi dans l'article, c'est que nous avons tous un intérêt économique à une meilleure répartition des richesses, il faut aller vers des stratégies fiscales gagnant gagnant
et non perdant perdant comme on le fait aujourd'hui. Les danois y sont arrivés.