Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 23:49

Un grand nombre de députés UMP ont déposé une proposition de loi visant à l'obligation du port du casque pour les cyclistes. Ceci est récurrent chez nos parlementaires. Les associations cyclables françaises et internationales ont démontré depuis longtemps qu'une telle mesure, loin de régler le problème, ne fait que diminuer le nombre de cyclistes et augmenter l'insécurité routière. La solution n'est pas là mais dans la baisse des vitesses de pointe sur toutes nos routes pour tous les véhicules motorisés.

 

Voici la réponse que j'ai envoyé à tous ces députés.

 

"J'attire votre attention que cette proposition trouvera sur votre chemin et vent debout toutes les associations de cyclistes français et européens, et ceci avec une détermination sans faille.

En voici les raisons:

Les traumatismes crâniens sont 5 à 10 fois plus nombreux chez les piétons et les automobilistes et leurs passagers. D'un strict point de vue santé et sécurité publique, si vous imposez cela, alors, il faut l'imposer aux automobilistes, à leurs passagers et à tous les piétons au titre de l'égalité de traitement juridique. Est-ce cela ce que vous appelez le vivre ensemble? Une carapace pour tous?

D'autre part, il est démontré par des études sérieuses que les pays qui ont voulu l'imposer ont perdu leurs usagers du vélo, ce qui a eu pour effet d'augmenter leur insécurité par baisse de l'usage, et le fait que les fabricants améliorent le design des casques ne change rien à cela.

Soyons sérieux, la seule manière d'améliorer la sécurité routière des piétons et cyclistes est de baisser la vitesse de pointe sur toutes les voiries afin de créer une culture globale de conduite apaisée.
En sus, dans nos villes et villages, les associations cyclistes françaises au travers de la fubicy et européennes au travers de l'ECF, appuyés par Monsieur vélo de l'état Hubert Peigné, ont mis en priorité numéro 1  la généralisation de la ville 30 au lieu de 50, le 50 devenant l'exception et non la règle. Ceci aura pour effet de faire baisser aussi l'usage des deux roues motorisés, 5 à 10 fois plus dangereux pour la sécurité sur nos voiries et nos routes. Nous appuierions cette mesure si vous la mettiez en proposition à la place de la vôtre.  Vous dites que le nombre de victimes cyclistes augmente, c'est une contre vérité sur une longue période. Si vous enlevez le problème des angle morts, ce nombre diminue encore.

Souhaitant faire progresser une pensée transversale sur ce sujet. Pour information, les associations cyclistes conseillent le port du casque mais veulent qu'on en reste là. Les pays nordiques en sont un exemple.

J'en appelle à votre bon sens."

Par Dominique Bied - Publié dans : transports de personnes
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Commentaires

La majorité des accidents en vélo entrainant un traumatisme cranien ne sont en aucun cas le fait d'un choc avec une automobile, mais bien de chute en peloton d'entrainements (voir la seine et marne le dimanche) ; d'autres part le nombre de traumatisme cranien en VTT en pleine nature font que comme une majorité de cycliste nous sommes pour le port du casque. Je pense qu'il ne faut pas tout confondre et faire des amalgames rapides sur la vitesse sur voieries. D'ailleurs nous n'avons pas eu besoin de lois pour nous protéger la tête, cela se fait automatiquement au vu des accidents des copains. En général, une percussion avec une automobile le casque ne sert pas à grand chose surtout si il s'agit de grande vitesse.

Alors oui au casque, et surtout pour tous les bobos qui promènent leurs bébés à l'arrière du vélo à Paris, sans tenir compte de la fragilité de leurs propres enfants. L'inconscience de certains cycliste à plus de conséquences graves que la vitesse même des automobilistes.

Jean François cycliste depuis 35 ans

Commentaire n°1 posté par enoch le 15/06/2010 à 00h05

Vous ne précisez pas si vous êtes pour l'obligation par la loi. La position officielle des associations est d'être pour le port du casque mais contre l'obligation par la loi pour les raisons citées dans l'article.

Ensuite, sur la vitesse, vous semblez penser qu'il est inutile de réduire les vitesses de pointe. Or, il est évident qu'un apaisement général des vitesses de pointe améliore la sécurité de tous, spécialement des plus faibles. La Suède est un modèle de circulation apaisée à ce titre. J'ai parcouru des centaines de kilomètres à vélo dans les villes suédoises et c'est un régal à comparer à Paris. En sus, les vitesses de pointe pratiquées aujourd'hui en ville sont inutiles et déraisonnables car la vitesse moyenne est de 20km/h. Donc, oui il faut réduire les vitesses, c'est un enjeu prioritaire et majeur. De plus, si on veut augmenter l'usage d'un mode d etransport doux, il faut réduire les contraintes sur celui-ci et augmenter les contraintes sur les véhicules motorisés. C'est la vieille théorie des systèmes qui dit cela sur la régulation des choses.

Réponse de Dominique Bied le 15/06/2010 à 19h13

Je ne suis pas pour la loi, car je pense que chacun est libre de sa propre sécurité. D'autre part, je suis pour la baisse des vitesses mais contres les amalgames qui voudrait que cette vitesse soit la cause des trauma-craniens des cyclistes, ce qui est dans l'absolu faux.

Commentaire n°2 posté par enoch le 15/06/2010 à 19h32

Hello,

- pouvez vous citer les sources que vous évoquez.

- il est important de ne pas faire d'amalgame entre vélo urbain/moyen de transport et vélo loisir/sport/competition, ou là un casque semble (stats ?) indispensable.

- ne faut t'il pas differencier enfant et adulte pour les risques de blessure à la tête ?

 

à plus, Hervé.

Commentaire n°3 posté par hervé le 16/06/2010 à 13h47
enoch, effectivement, vous mettez le doigt sur un détail important: la pratique, et donc les risques du vélo sportif ne sont pas les même que pour le vélo utilitaire. Et effectivement, si l'obligation du casque a peut-être un sens pour une activité sportive, elle n'en a plus lorsqu'on parle du vélo comme un moyen de transport. Un peu comme l'automobile en somme: les sportifs mettent un casque, les gens qui se déplacent non.
Commentaire n°4 posté par arno le 17/06/2010 à 09h22
Lorsque l'on parle d'insécurité routière (mon propos ne concerne pas l'usage en ville), j'aimerais bien que l'on insiste AUSSI sur la nécessité pour les cyclistes d'adopter des comportements responsables lorsqu'ils circulent en groupe sur nos routes. Il devient en effet de plus en plus courant (majoritaire devrais-je dire) de croiser des groupes cyclistes qui roulent de front pour faire la conversation, et ce même dans des virages sans visibilité, se mettant ainsi en danger. D'autres part, de tels comportements sont individualistes et irrespectueux vis à vis des automobilistes et gênent considérablement la circulation.
Commentaire n°5 posté par Stéphane Vercez le 22/06/2010 à 08h42

Non monsieur, à force de se focaliser sur des faits largement minoritaires dans l'ensemble des problèmes de sécurité routière, on ne s'occupe pas assez des vrais problèmes qui sont, la vitesse des motorisés deux roues et quatre roues, le respect des distances de sécurité, la courtoisie et la patience. Quant aux faits minoritaires que vous citez (minoritaires dans l'ensemble des problèmes de sécurité routière je rappelle), c'est à dire les pelotons de loisir sportif, il faut comprendre que c'est très difficile de rouler en file indienne sur 100km ou plus. Le vélo est un mode de transport où la convivialité est de rigueur et je comprends, en tant qu'automobiliste qu'ils le fassent. La seule manière de régler ce problème est la courtoisie et la patience. On patiente le temps qu'il faut pour trouver un espace pour doubler calmement et en sécurité pour eux. Il n'y a pas ce genre de problème en Belgique. Rappelons aussi que les accidents vélos graves sont infimes (moins de 200 tués par an contre plus de 4000 pour les motorisés. Alors, occupons nous des vitesses d'abord.

Réponse de Dominique Bied le 22/06/2010 à 21h48

Voila un projet de loi qui doit ravir une certaine enseigne de magasins de sport dont le nom commence par "D". Nos députés n'ont donc rien a faire de plus important en ce moment ? Quelle tartufferie! Personnellement je proposerai bien la greffe définitive de l'affreux casque cycliste à la naissance et par principe de précaution... on greffera aussi des genouillères... une armures complète... enfin quelque chose de sûr... Et le béret obligatoire pour allez chercher sa baguette de pain... ils y ont pensé nos députés ????

Commentaire n°6 posté par Marc Broussard le 22/06/2010 à 18h27
@M.Bied Sans doute ne roulez-vous pas comme moi régulièrement sur des routes de montagnes faites de virages continuels et où les possibilités de doubler sont rares. D'autre part, même enroulant à 70 Km/h il est impossible d'éviter de rentrer dans le tas lorsqu'ils sont en troupeaux juste derrière un virage. Plaît au ciel que ce ne soit jamais arrivé, mais ce n'est pas passé loin plus d'une fois ! Ce qui m'agace prodigieusement dans ce genre de réponse classique, c'est que l'on considère toujours l'automobiliste comme responsable, impatient, discourtois, que sais-je... Les torts sont des 2 côtés, et je répète mon propos : il faut AUSSI que les cyclistes respectent les règles de sécurité et partagent la route avec les automobilistes.
Commentaire n°7 posté par Stéphane Vercez le 22/06/2010 à 22h00

Je crois surtout que vous n'êtes pas très conscients du danger que vous représentez pour les autres en roulant à 70km/h sur des routes de montagne avec des virages continuels. Je suis intervenant départemental sécurité routière, et je combat férocement et avec la plus vigoureuse détermination les vitesses inadaptées à la configuration des lieux, à l'environnement météorologique. J'ai beaucoup conduit en voiture et à vélo en montagne. Voici des démonstrations scientifiques simples à la portée de tous permettant de prendre conscience du danger. Il ne faut pas résonner en km/h mais en mètre par seconde, chose que je fais dans toutes mes interventions auprès des jeunes en particulier.

36km/h représente 10m/s 72km/h représente 20 mètres par seconde. Cela veut dire que si vous voulez réagir à un impondérable devant vous (cas du peloton de cycliste que vous découvrez à la sortie d'un virage), vous devez (c'est une obligation du code de la route) avoir une visibilité de 40mètres devant vous (2 secondes comme l'indique le code de la route). Dans un virage de route de montagne, vous n'avez pas cela, vous avez tout au plus 20m si le virage est serré, ce qui vous autorise à 36km/h, ce que j'appelle une vitesse apaisée. Je conçois que cela gêne les gens toujours pressés, mais c'est bien là le challenge de la sécurité routière, aller vers la conduite apaisée sur toutes les voiries. Raisonner en mètres par seconde change totalement votre vision des choses. Vous conduisez non plus pour respecter un règlement et ne pas vous faire prendre, vous respectez et partagez les autres usagers de la route, ce qui change tout.

A côté de chez moi, il y a deux côtes de 3km avec des virages pas trop serrés. Le flux des voitures est parfois à 70km/h ce qui est de la folie. Personnellement, je ne m'autorise que 50km/h en pointe et plutôt 30 dans les virages serrés. Vous pouvez aller voir sur google maps la vision satellite de la côte des authieux et celle de Belbeuf pour vous rendre compte.

Je vous rappelle que le non respect des distances de sécurité est passible de 3 points enlevés sur le permis de conduire. Ce non respect est un des comportements les plus dangereux qui soient pour la sécurité routière. On est beaucoup plus habitué à garder ses distances en conduisant apaisé plutôt qu'à faire la course contre la montre ou avec les autres. 

En sus de la vitesse, le code vous oblige à mettre une marge d'1m50 hors agglomération et 1m en agglomération pour doubler des vélos. Quand on fait le calcul du profil en travers, cela ne vous permet pas de doubler un vélo dans la majorité des cas si la voie d'en face n'est pas libre. En effet, en vélo on laisse un mètre environ par rapport au bas-côté de la route pour laisser une marge pour se rabattre au cas où un véhicule frôle, la largeur du vélo fait 80cm, vous devez ajouter 1m50 plus la largeur de votre véhicule, ce qui fait au total 4m80 pour largeur de demi-route de 3m à 3m50.

En montagne, un vélo de loisir grimpe à environ 15km/h. Si, dans le sens montée vous avez un peloton, celui-ci doit progressivement se mettre en file indienne et se fractionner pour vous permettre de faire des sauts de puce à vitesse raisonnable pour doubler. Mais ceci doit se faire après que vous ayez ralenti et annoncer votre présence. Tout ceci se fait à vitesse modérée. Vous ne pouvez pas doubler sur l'élan comme le font beaucoup trop de gens. Vous voyez donc que le fait d'avoir devant soi un vélo solitaire ou un peloton qui tient sa demi-route ne change rien à la manière dont vous devez conduire sur les routes de montagne. Il faut remarquer d'ailleurs que les habitués de ces routes (les riverains) ont tendance à augmenter leur vitesse et conduire aux limites sous prétexte qu'ils connaissent les virages par coeur, et c'est là que réside le grand danger. Il faut avoir une conduite plus scientifique et plus responsable. 1 tonne lancé à 20 mètres par seconde représente une énergie cinétique énorme de 200 000 joules soit encore l'équivalent d'une énergie potentielle de pesanteur de la chute d'une hauteur de 20m d'un objet de 1000kg (en gros le poids d'une voiture). Cela donne une idée de la dangerosité des véhicules motorisés dans le cas où le conducteur est surpris par un impondérable. L'enjeu de la baisse des vitesses est justement de permettre l'anticipation et la non surprise.    

Dans le sens de la descente, le vélo va à la même vitesse que vous, et pour des raisons de sécurité, il doit prendre sa demi-largeur. Il faut donc le laisser tranquille à distance  (une chute devant vous ou un déséquilibre ou une maladresse est toujours possible) et rester derrière.

En un mot, il faut partager la route. C'est le nouveau message de la politique de sécurité routière. C'est aussi un des critères de sélection au nouvel examen du permis de conduire avec la courtoisie. Et la courtoisie nous dit que le faible a priorité sur le fort. Il an va de même pour le cycliste envers le piéton.

Je vous rappelle un chiffre qui doit vous faire réfléchir. En Haute-Normandie, dernièrement, nous avons eu 30 victimes par semaine en deux-roues motorisés, engin qui fait émerger encore plus ce problème de vitesse.

 

 

Réponse de Dominique Bied le 26/06/2010 à 19h31
Je suis un des rares conducteurs à respecter les vitesses autorisées, en particulier en agglomération, mais aussi sur routes (je me fais tout le temps doubler). Je cède avec courtoisie le passage aux piétons, même non engagés, ce que peu de gens font. J'ai la gentillesse de prévenir d'un léger coup de klaxonne les cyclistes avant de les doubler, afin de les prévenir, etc. Mais quand je fais un trajet de 8 heures du Jura à l'Aveyron, par routes, et en respectant les réglementations qui me semblent adaptées, si j'écoutais vos recommandation, il me faudrait 15 heures ! vous êtes vraiment excessif. Ceci sera ma dernière intervention. Je n'accepte pas de me faire traiter de dangereux conducteur !
Commentaire n°8 posté par Stéphane Vercez le 26/06/2010 à 20h13

Le problème, c'est qu'il faut être apaisé, même pour aller du Jura à l'Aveyron, et s'il faut quinze heures, et bien ce n'est pas un problème. On le fait en deux fois, où alors on prend le train plus la voiture en intermodalité. Jura Aveyron ou pas, 70 à l'heure dans le col de la faucille est dangereux, quoique vous fassiez en d'autres circonstances. Il suffit d'une fois pour tuer, et on n'a pas besoin d'être un chauffard régulier pour tuer. Il faut ajouter que les panneaux ne sont qu'une indication. Parfois, il faut rouler moins vite que les panneaux pour ces questions de visibilité.  Le temps que l'on met ne doit pas justifier que l'on mette en danger d'autres usagers de la route. C'est justement le bouleversement culturel que nous avons à opérer en France.  Ensuite, il ne faut pas confondre vitesse de pointe et vitesse moyenne. Ce n'est pas parce que vous roulerez plus doucement en cas de visibilité réduite que vous perdrez beaucoup de temps sur l'ensemble d'un parcours où vous avez des routes de montagne, des nationales et des autoroutes. En Allemagne du Nord, les routes nationales grand gabarit deux fois une voie sont limités à 70km/h, et c'est large et le plus souvent tout droit, en Suède c'est la même chose. Les autoroutes du Nord de l'Allemagne  sont limitées sur de nombreux tronçons à 110km/h.

En France, nous sommes encore très en retard sur la sécurité routière. D'ailleurs, l'état vient de passer commande pour de nombreux radars à mesure de vitesse moyenne car la lutte contre les vitesses continue.

 

Réponse de Dominique Bied le 27/06/2010 à 01h23
Pour sortir d'un débat d'idées, j'ai décidé ce matin de faire des tests pour vérifier vos théories sur les distances de freinages, et la vitesse dans les virages. Ces théories sont certes issues de savants calculs de doctes personnes, mais semblent ne pas justifier vos propos. J'ai pris, de retour de mes courses (et oui, nous autres ruraux, avons besoin de notre véhicule motorisé pour tous les actes de la vie et, pour ce qui me concerne, je limite le déplacement à une fois par semaine pour les courses) j'ai pris donc une route bien tortueuse et où la visibilité dans les virages est très limitée du fait du surplomb des prairies. J'ai pris soin de vérifier auparavant que personne ne me suivait, sur la longue ligne droite qui précède les virages, avant de procéder à mes essais. En roulant à 65 km/h, j'ai pris un repère au plus loin où je pouvais voir et freiné brutalement. Par 3 fois, ce test m'a confirmé que je pouvais m'arrêter avant le repère. Donc, lorsque vous affirmer qu'il faut rouler en moyenne à 50 dans les virages, et que vous roulez même à 30 dans les virages sans visibilité, je ne puis que vous répondre, vu mes tests et ma pratique de conduite depuis plus de 30 ans, que c'est vous qui avez des comportements inadaptés au regard des normes autorisées actuellement sur nos routes, et risquez de provoquer des accidents, obtenant ainsi le résultat inverse de celui que vous recherchez. Il en va de la sécurité comme de l'écologie ou de la religion : prôner des limites excessives et adopter des comportements radicaux, ne vous permettra pas d'obtenir l'adhésion de la population, et provoquera même l'esprit de contre-pied chez beaucoup de nos concitoyens. Cependant, je suis d'accord avec vous sur le fond : oui, il y a trop de vitesses excessives sur nos routes et en agglomération (pratiquement personne ne respecte le 50). Je vous concède 10 km/h de moins pour les routes, plutôt pour l'économie d'énergie que pour la sécurité d'ailleurs. Pour les agglomérations, les limites actuelles sont inadaptée, mais pas pour les raisons que vous invoquez: 50 et 30 sont des vitesses qui sont en déphasage complet avec les rapports des boîtes de vitesses des voitures, les mettant soit en sous régime, soit en sur-régime, obtenant ainsi encore un effet pervers sur la consommation, l'usure, et les échappements de gaz. En seconde, une voiture est à l'aise à 40 km/h et en 3ème à 55 Km/h. Sinon oui, j'applaudis l'arrivée des radars à vitesse moyenne (qui je ne redouterai nullement pour ma part), et personnellement, je serais pour une plus grande sévérité pour les contrevenants, et proposant un système d'amendes proportionnel aux revenus et non forfaitaire. Les conducteurs qui adoptent en permanence des vitesses élevées partent du principe que les probabilités d'être pris sont tellement minimes, qu'ils sont prêts à prendre le risque. Que représente une amande de 90 euros pour certains? Une paille. Si, par contre, l'amende était proportionnelle aux revenus, et que de 90 euros elle deviendrait 500 euros, 700 euros, ce serait plus dissuasif. Que dire enfin de ce principe absolument incroyable qui consiste à permettre de regagner plus rapidement ses points perdus en payant un stage, où tout le monde va en faisant profil bas et méa-coulpa dans la plus grande hypocrisie ? Cela me rappelle le système des indulgences que les catholiques pouvaient s'acheter par le passé. C'est là où il faut agir. Déjà obtenir de toute la population le respect des règles actuelles plutôt que de les radicaliser. Mais comment voulez-vous y arriver avec un gouvernement qui prend des décisions ayant pour effet de diminuer le nombre des fonctionnaires qui veillent sur notre sécurité ? Dans mon département du Jura, cela fait plusieurs mois que je n'ai pratiquement jamais rencontré un gendarme ou un motard sur les routes !
Commentaire n°9 posté par Stéphane Vercez le 28/06/2010 à 13h10

"on n'apprends pas chez moi à se sortir de situations difficiles, mais à éviter de s'y retrouver. Conduire juste, c'est mieux se comporter, se donner toutes les chances de ne pas avoir d'accident".

Cette citation est de Jean-Pierre Beltoise, créateur de l'école conduire juste à Trappes.

Autrement dit, il faut adapter la vitesse, la distance de sécurité et le champ de vision, de façon à ce que vous ne soyez jamais en situation difficile ou en situation de freinage d'urgence. Pour illustrer, je vais prendre un exemple emprunté au tennis. Dans les années soixante-dix, Bjorn Borg a inventé ce que l'on appelait le tennis pourcentage. Cette technique consistait à ne pas faire de faute en liftant la balle de façon à être sûr à 99% de passer la balle au dessus du filet et à rester à 10cm en deça des lignes. C'était le début de la qualité totale, zéro défaut. Non ce n'est pas toyota qui a inventé cela mais Bjorn Borg, mais sans la nommer. Il en va de même dans une conduite zéro risque et zéro accident. 

Votre test est difficilement recevable. Tout d'abord, vous ne spécifiez pas de distance. Rappelons que le code spécifie que vous devez être maître de votre véhicule en toute circonstance. Or vous avez fait ce test en sachant ce que vous alliez faire, ce qui diminue votre temps de réaction  par rapport à une situation réelle. Il faut compter une seconde de temps de réaction à peu près si vous voulez respecter les règles de comportement conduire juste. Or à 65km/h, en une seconde, vous avez fait 18m sans avoir pu esquisser le moindre geste. Les meilleurs conducteurs réagissent en une demi seconde mais c'est une performance exceptionnelle qui ne nous autorise pas à accepter ce chiffre pour une voirie partagée entre plusieurs usagers dont les réflexes et les véhicules sont très divers. Le code a bien été pensé pour protéger les usagers faibles avec l'injonction de maîtriser son véhicule en toute circonstance. Ensuite, il vous reste la distance d'arrêt et vous en rajouter au moins autant. Ensuite, vous vous êtes mis en situation d'urgence alors que conduire juste veut dire qu'en levant le pied, le frein moteur et un léger coup de frein suffit généralement à éviter le problème.

Que peut-il se produire dans un virage à forte courbure si vous roulez trop vite? Les véhicules lents (inférieurs à 30km/h) présents à l'intérieur du virage peuvent être: des vélos roulant à 1m du bord intérieur, des vélos avec remorque transportant des enfants (j'ai moi-même fait plusieurs centaines de kilomètres avec mes enfants dans des remorques sur les routes de montagne de vacances, y compris dans votre Jura), des voitures sans permis, des tracteurs, des voitures roulant en conduire juste, mais aussi des animaux. Il y a une astuce pour savoir si on est à la bonne vitesse. Il s'agit de conserver l'assiette de la voiture parallèle au sol (voiture sans correcteur  d'assiette bien sûr). On s'aperçoit alors que dans les fortes courbures, cela oblige à des vitesses en 30 et 50 suivant les courbures. D'ailleurs, quasiment toutes les nouvelles bretelles d'entrée autoroutières à courbure importante sont limitées entre 30 et 50 aujourd'hui alors même que vous n'avez pas de voiture arrivant en face.

Pour doubler des vélos seuls ou en groupe, ou d'autres véhicules lents, vous ne pouvez, sur vos routes escarpées, doubler sans vous assurer que la voie d'en face est libre. C'est une réalité incontournable vous obligeant à aborder vos virages à vitesse très limitée.

L'avantage que cela procure est que si par malheur vous êtes surpris, ce qui est rare à ces vitesses, vous évitez le suraccident grave avec celui qui est derrière vous.     

Le début de votre réponse exprime bien tout le problème culturel que nous avons à régler rapidement en France, et ceci quelque soit l'acceptabilité sociale des mesures relativement coercitive qui devront être prises envers les véhicules à énergie cinétique élevée .Il est question là de la liberté de se déplacer en autonome pour tout le monde, y compris les usagers faibles, de partager la voirie dans des conditions de sécurité acceptables par tous. Je rappelle en tant qu'IDSR que les limitations de vitesse ne sont pas des normes mais des vitesses maximums à ne pas dépasser. ce qui n'est pas la même chose. Il n'est donc pas question de cautionner le discours concernant à dire que ceux qui roulent à vitesse faible sont dangereux. Ce ne sont pas eux qui provoquent les accidents, bien au contraire.

Les normes routières dont vous parlez sont faites pour se donner des marges de manoeuvre supplémentaires en matière de sécurité et non à s'autoriser à aller plus vite. C'est vrai aussi pour les normes véhicules.  

 

Réponse de Dominique Bied le 11/07/2010 à 17h30

Bonjour,

Encore une proposition visant à renforcer le caractère sécuritaire. Les technocrates vont encore pouvoir user de leurs calculettes pour nous prouver que le casque devrait être obligatoire depuis longtemps.

Je sais que le population urbaine française a dépassé il y a quelques temps la population campagnarde. Mais nous les gars de la campagne, on en a ras le bol de se voir imposer des lois qui ne sont pas faites pour nous. On veut continuer de faire du vélo librement. Car ce qu'il faut défendre au travers de ce combat contre le casque, c'est la liberté des citoyens. Le vélo c'est justement la liberté.

Alors tout le monde sur un beau vélo tout neuf, avec les sacoches pour le portable, l'emplacement pour le mobile et le gps fixé au guidon ? Plus un gros cadenas pour moto, histoire d'alourdir encore un peu l'ensemble.

Tout ce que va permettre cette nouvelle loi c'est de creuser l'écart entre les français, les urbains, les campagnards... ceux qui ont les moyens de rouler aux normes et les autres.

Je vais finir par aller vivre aux Pays Bas.

Commentaire n°10 posté par Dreux Boris le 05/07/2010 à 13h53

142 décès en 2007 ! sur 65 millions de Français... et - combien dans la campagne, chez les promeneurs cyclotouristes et randonneurs ; et combien en ville à cause du mauvais état des chaussées; à cause aussi de pistes cyclables CRIMINELLES coincées entre un couloir de bus et deux files de voitures (Toulouse boulevard Carnot), entre deux files de voitures à un feu tricolore (Toulouse encore allées Jean jaurès; ou "tout simplement posées" SUR LES TROTTOIRS (Gaillac 81) ??? et combien de décès dans les compétions sportives sur route ou en VTT ??? Si on détaillait tout cela, on constaterait que plus de 90% des accidents de vélo sont dus à des causes étrangères à la pratique courante du vélo qui, elle, concerne plus de 90% des cyclistes. Donc, Messieurs les Politiques, remédiez d'abord à vos propres carences avant d'en accuser les autres et... LAISSEZ NOUS TRANQUILLES !!!!  A moins que cela cache encore quelque marché bien juteux comme on en a vu il y a encore peu dans la santé !!!

Commentaire n°11 posté par BELISON le 15/07/2010 à 18h18

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