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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 21:17

Notre président de la république vient d'annoncer le transfert de 13 milliards de cotisations patronales vers la TVA et la CSG pour améliorer la compétitivité des entreprises, et particulièrement de l'industrie.

C'est la direction qu'il faut prendre. Malheureusement, notre président, comme il l'a fait depuis le début de son quinquennat, agit trop peu et trop tard. Le total des cotisations salariales et patronales est de l'ordre de 400 milliards d'euros. Autant dire que ce transfert n'aura qu'un effet très faible sur la relance de notre commerce extérieur. Cette annonce s'apparente à un réglage plus qu'à un changement de politique. Du côté de Messieurs Hollande et Bayrou, rien n'est prévu en matière de compétitivité coût. Il aurait fallu transférer au moins la moitié. L'un fait une compétitivité coût trop faible, de même que du soutien à l'innovation trop faible, l'autre, ne parle que de ce dernier point, sans grande ambition budgétaire. 

 

Les chefs d'entreprise et leurs salariés seront bien déçus dans ces programmes de gouvernement.

 

Quel est l'avantage de faire supporter par l'ensemble des flux monétaires la protection sociale?

 

Les plus innovants ont été les danois dans les années 80-90. Les charges salariales et patronales ne dépassent pas 4% sur un bulletin de salaire. Le résultat est un chômage structurel quasi nul, tirant ainsi mécaniquement les salaires vers le haut. Le pouvoir d'achat est donc élevé. Celui qui est en bas de l'échelle a ainsi plus facilement accès à des logements de qualité, à la consommation haut de gamme sur des biens durables etc...Certes la TVA et les impôts directs sont plus élevés que chez nous, mais la balance est très favorable aux ménages. Globalement, leur économie marche mieux.

 

Cela fait longtemps que les crises de 2008 et 2011 étaient prévisibles. Regarder les chiffres avec un bon sens macroéconomique suffisait à les lire.

On demande à un gouvernement de prévoir et anticiper, et non de réagir après les évènements.

Le président a oublié de parler de la réduction des dépenses de santé. Il est illusoire d'avoir une santé entièrement gratuite. Si on transfère les cotisations chômage et retraite, le chômage diminuant, les dépenses sociales vont diminuer. Il est tout à fait possible de réduire les dépenses de santé en agissant sur le volet santé et environnement, sur l'éducation à la santé dès le plus jeune âge, sur la réduction de la sédentarité, sur le temps de travail en prenant le temps de transport en compte. A ce titre, il serait utile de faire passer une loi sur l'obligation de mettre en oeuvre les plans de déplacement entreprises, en injectant du pouvoir d'achat en diminuant les dépenses contraintes en énergie et transport, en diminuant le poids du logement sur le salaire.

Le président a parlé du logement, mais une fois encore, cela fait 30 ans que le poids du logement dans le budget des ménages est trop fort en île-de-France, 10 ans en province. Pour que les ménages s'enrichissent sur la durée, il ne faudrait pas que le logement dépasse 10% du budget des ménages. On en est loin.

 

Ensuite, vos réformes passeraient mieux si le train de vie global de l'état et des collectivités territoriales était beaucoup plus sobre. On en est très très loin.

Monsieur le président, votre réaction d'aujourd'hui est respectable, va plutôt dans la bonne direction, mais c'est trop tard, il nous faut une autre manière de gouverner pour la suite.

 

 

  

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Published by Dominique Bied - dans environnement et économie
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