Transports durables et urbanisme
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changer nos pratiques de déplacements pour une mobilité plus performante, moins coûteuse, et finalement plus libre, un urbanisme plus convivial et plus sûr, plus durable.

Dominique Bied: responsable   de la thématique transports urbains de personnes
 
Jeudi 4 octobre 2007

La séquence environnement de ce soir sur France 2 dans le journal de David Pujadas est un bel exemple de présentation partielle discréditant une énergie renouvelable, l'énergie éolienne. La ficelle est énorme et pourtant peu de monde sont capables de décoder la manipulation. Ce type de reportage est plutôt un remplissage médiocre de rubrique régulière du journal.

David Pujadas, pour présenter sa séquence pose la question "l'énergie éolienne est-elle si écologique que cela."?

Le caractère écologique de cette énergie renouvelable n'est regardée qu'au travers de son apport à la lutte contre l'effet de serre, ce qui est une stupidité en France.

David Pujadas a donc orienté le débat entre les "pour" qui affirment que l'éolien réduit de 10% les émissions de gaz à effet de serre et les "contre" qui affirment que l'éolien n'est pas efficace car il réduit les émissions de 0,3%.

Ce débat n'a pas de sens pour plusieurs raisons.

L'effet de serre est du essentiellement à la consommation d'énergie dans les transports, le chauffage dans l'habitat, à l'élevage avec les dégazages de méthane, et l'industrie.

La consommation d'électricité représente quelques % de la consommation totale et émet peu de gaz à effet de serre en France car nous sommes très nucléarisés avec un procédé d'enrichissement d'uranium peu émetteur de gaz à effet de serre.

C'est moins vrai dans les autres pays où l'électricité est à dominante charbon.

Analyser l'éolien au regard de l'effet de serre est absolument insignifiant en France et ne peut constituer un argument contre  ce type d'énergie.

Par contre on peut avoir un débat pertinent sur la part d'éolien et le nucléaire ou la place de l'éolien dans le bouquet énergétique électrique qui permettrait de réduire les déchets radioactifs. Rien de tout cela n'est présenté dans ce journal.

Evidemment, dans la ligne du reportage, la critique de cette énergie se construit autour de l'aspect intermittent de la production obligeant à coupler cette source à une centrale thermique, ce qui émet du gaz à effet de serre.

Mais personne ne parle du couplage à des centrales cogénération au biogaz, aussi peu émetteur qu'une centrale nucléaire française.

Bref, voir un dossier par le petit bout de la lorgnette peut conduire à une désinformation de la population, ce qui n'est pas assurément la mission d'un service public de télévision.  

par Dominique Bied publié dans : énergie
Lundi 7 mai 2007

Voici des calculs de coin de table édifiants montrant l'enjeu énergétique d'une politique vélo efficace dans notre pays. Les résultats sont loin d'être négligeables.

Une voiture se déplace 3.3 fois par jour sur 40km, soit une moyenne de 12km par déplacement. 

3/4 de ces déplacements font moins de 5km, la moitié moins de 3km.
 
Sur une année, nos trente millions de voitures parcourent 450 milliards de kilomètres sur 40 milliards de déplacements. Nous avons donc 30 milliards de déplacements de moins de 5km, prenons une moyenne de 2.5km.
 
On a donc 70 milliards de km utilisables à vélo, c'est un enjeu énergétique de 70 milliards de kWh ou encore 70 000 GWh.
 
Une centrale nucléaire fait 1.5 GW de puissance fonctionnant 365jours soit 8760 heures avec un rendement de 30% . En unité énergétique, cela fait une énergie disponible par centrale de
 
13140x0.3=3942GWh.
 
Conclusion: si nous utilisons notre vélo pour nos petits déplacements, alors, nous économiserons l'équivalent énergétique de 17 centrales nucléaires. Voilà un bel argument.
 
C'est aussi 7 million de tonnes d'émissions CO2 économisées annuellement.
par Dominique Bied publié dans : énergie
Jeudi 3 mai 2007
Les deux candidats ont été en dessous de tout sur le débat énergétique. Je trouve incroyable que Nicolas Sarkozy ait signé le décret EPR avec une aussi faible compétence dans ce domaine.
 
Je rappelle les chiffres:
 
L'énergie nucléaire constitue 75% de la consommation électrique finale en France, mais seulement 17% de la consommation énergétique totale (électricité, chauffage, transport). Ségolène Royale s'est donc gourée de dénominateur, tandis que Nicolas Sarkozy a donné un chiffre qui sort de nulle part.
 
Les deux candidats n'ont jamais du regarder leur facture énergétique personnelle, cela leur aurait permis de ne pas faire d'erreur d'ordre de grandeur.
Je vous donne mes propres consommations ce qui vous illustrera les choses:
 
Nous sommes un couple, deux enfants vivant dans une maison jumelée d'un côté de 100 mètres carré chauffée au gaz naturel, bien isolée sous le toit, sur les vitres, avec deux voitures:
 
consommation d'électricité: 2500kWh.
consommation de gaz: 30 000kwh (vous avez votre consommation en kWh sur votre facture GDF).
consommation voiture en kWh (il faut compter 1kWh par km parcourue en moyenne): 35000kWh
 
par usage, nous avons donc électricité 4% du total, chauffage 44% du total, transport 52% du total 
 
On voit donc que le nucléaire représente une faible part du total. Il est donc faux de dire qu'il assure notre indépendance énergétique, il est faux de dire que cela est une solution aux émissions de gaz à effet de serre.
Si on voulait résoudre ces deux problèmes par le nucléaire, il faudrait remplacer une grosse part de la consommation d'énergies fossiles par de l'électricité, ce qui amènerait une quantité énorme de centrales nouvelles à fabriquer, ce qui est impossible à effectuer dans les 20 ans qui viennent. Il ne faut donc pas que le remplacement des centrales usagers mobilisent l'argent nécessaire pour développer les renouvelables sous peine de perdre beaucoup d'emplois non délocalisables. Les allemands, les USA, les japonais ont déjà beaucoup d'avance sur nous et ont des PME solides sur le sujet. Nous sommes en quelque sorte pris en otage avec notre nucléaire, nous sommes dans un piège industriel à deux branches: retard dans les renouvelables à combler doublé du vieillissement de nos centrales nous obligeant à prendre une position industrielle à ce sujet. Ces deux éléments arrivant de manière synchrone nous met en difficulté. Nous payons très cher le quasi monopole du nucléaire dans notre production d'énergie électrique.Le choix stratégique effectué est capital. Il est consternant que nous ayons abandonné la filière cogénération biogaz, très créatrice d'emplois et peu émettrice de gaz à effet de serre. Si nous choisissons de pousser plus loin le nucléaire, alors cela nous coûtera encore plus cher dans une fuite en avant préjudiciable.     
 
Mais raisonner sur l'énergie à la seule échelle française est hors du temps. Si on parle des émissions de gaz à effet de serre, l'énergie nucléaire mondiale ne représente que 3% de la consommation finale. Si on veut diminuer les émissions GES, l'exemple cité montre qu'il est impossible de construire les milliers de centrales nécessaires dans les délais imposés (20 ans) avec en sus tous les risques que cela comporte sur les déchets.
 
Ceci dit, on ne peut juger de la compétence des candidats sur ce seul sujet, ils ne gouverneront pas seul. Par contre, ce qui est regrettable, c'est la désinformation du public. Cela montre l'absence de débat public sérieux et éclairant sur le sujet de l'énergie. Par exemple il eut été utile de montrer à l'antenne une vraie facture EDF GDF et d'expliquer. Ce n'est pas très difficile. 
 
Lundi 8 mai 2006

Dans un temps où le débat énergétique se centre autour du pétrole, il est intéressant de regarder dans la science fondamentale la relation entre la stabilité des systèmes et les énergies mises en jeu.

On trouve alors que les systèmes à haut niveau d'énergie sont toujours instables.

Quelques exemples: dans la structure de l'atome, les électrons sont réparties en couches autour du noyau. Celles-ci sont caractérisées par leur niveau d'énergie. Un électron qui passe d'une couche proche du noyau à une couche plus externe suite à un apport énergétique (bombardement d'électrons, d'ions, ou de photons) ne demande qu'à revenir à son état initial en émettant un photon dont la fréquence caractérise le niveau d'énergie. Plus l'électron saute de niveaux d'énergie, plus son état est instable.

On peut prendre des exemples dans d'autres domaines comme la thermodynamique ou la mécanique. Lorsque vous augmentez les vitesses de pointe sur les routes, vous augmentez l'instabilité du système. 

Un développement ne peut être durable que si nous trouvons un mode de consommation sobre en absorption de ressources énergétiques.

La science fondamentale nous trace donc le chemin.

par Dominique Bied publié dans : énergie
Vendredi 24 février 2006

J'ai assisté à la quasi totalité des débats sur le contournement Est de Rouen, ainsi qu'à la réunion de clôture du débat sur l'EPR. Il est donc intéressant de comparer le fonctionnement de ces deux débats, de dégager des dénominateurs communs.

Manifestement, une des préoccupations majeures exprimées par les participants opposés à ces projets est le coût de ces ouvrages. Dans les deux débats est apparue la question de la disponibilité de l'argent public pour les politiques alternatives. Ce point est relevé par le compte-rendu de la commission du contournement, et a été relevé lors de la réunion de clôture EPR.

En effet, on ne peut clamer sur tous les toits qu'il faut mieux utiliser l'argent public et parallèlement engloutir 600 millions d'Euros minimum dans un contournement dont on sait qu'il ne règle pas les problèmes de déplacements sur le long terme et 3 milliards d'Euros dans un ouvrage qui ne permet pas de résoudre les problèmes énergétiques de la France, alors que nous avons besoin de financement pour développer les économies d'énergie et les sources alternatives et renouvelables.

Ensuite, dans les deux débats, le maître d'ouvrage ne s'attendait pas à une telle demande de transparence et de clarification sur la gestion de projet ni à la qualité de l'argumentation. Aussi bien EDF que la DDE ont du faire amende honorable et déclarer qu'ils étaient prêts à compléter leurs études.

Le développement durable ne pourra se construire que si on rétablit la vraie économie, c'est à dire maximiser les profits et minimiser les coûts. Minimiser les coûts veut dire en particulier casser avec les idées suivantes:

la demande d'électricité augmente donc il faut augmenter l'offre énergétique, le trafic automobile augmente donc il faut construire des autoroutes. Ce discours est développé par les deux maîtres d'ouvrages dans les deux cas. 

Nous avons fait la même chose dans les années 60 avec l'inflation. Les prix augmentent donc j'augmente les salaires etc....Nous avons du rompre avec cette logique. Aujourd'hui, les particuliers ont des salaires qui stagnent pour maîtriser l'inflation et faire face à la concurrence alors que l'état encourage l'inflation énergétique alors même que la loi sur l'énergie indique que la première arme à mettre en avant est l'efficacité énergétique.

Lors du débat sur l'énergie qui a eu lieu sur France 3 dans l'émission de Christine Ockrent en fin d'année dernière avec Michel Edouard Leclerc, celui-ci déclarait, à propos de l'augmentation du prix des carburants, que l'état devait baisser la TIPP pour relancer le pouvoir d'achat des gens. On voit bien là la vision courte vue  amenant à des propositions conjoncturelles alors qu'il faut que l'urbanisme soit structurellement construit pour diminuer la dépendance à l'automobile. Même sur l'aspect conjoncturel, Mr Leclerc, tout comme Mr Desmarets qui était là également, ont oublié de passer une vitesse sur l'offre GNV qui est disponible aujourd'hui à peu de frais si les synergies se mettent en place. 

De la même manière que nous avons maîtrisé l'inflation, nous devons maîtriser l'offre énergétique pour que la population puisse bénéficier d'une offre permettant d'exercer les fonctions de base de la vie à moindre coût.  

par Dominique Bied publié dans : énergie
 

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