Ce constat met d'autant plus en relief l'agriculture BRF associée à l'agroforesterie comme solution à l'aggradation des sols et non à la dégradation des sols que nous promettent la chimie minérale et les OGM. Il est urgentissime d'orienter les crédits de la recherche sur la vie des sols. Cela devrait être le socle de la politique agricole du Modem. Il y a un aussi énorme effort de formation des agriculteurs à faire.
Vous pouvez aller sur ce blog, dans la rubrique agriculture, consulter les articles concernant cette technique du futur, dont des expériences réussies ont eu lieu en France et en Belgique, au Canada.
Voici l'article diffusé par cap21 Grand-Ouest:
La terre: pelure de vie :
Péril en nos jardins
Les sols des champs, des forêts, des jardins sont de plus en plus maltraités. Or, la vie sur Terre dépend des ces 30 cm sous nos pieds !
De mon jardin, à Québec, le centre de la Terre est aussi loin que Lima ou Varsovie. La croûte terrestre, partie solide sur laquelle reposent les continents, est épaisse de 35 km; c’est la distance de chez moi à la banlieue. La couche modifiée par l’eau infiltrée, qu’on appelle le sous-sol, fait moins de 300 m; à peine le trajet jusqu’au bout de la rue. Mais la vie sur Terre dépend des premiers centimètres qui se trouvent directement sous mes pieds. Si, partout dans le monde, on détruisait le sol sur une profondeur équivalente à la longueur de mon avant-bras, la Terre deviendrait aussi désolée que la planète Mars.
Et au rythme où vont les choses, on risque d’en arriver là plus vite qu’on ne le pense. « Les sols de nos champs, de nos pâturages, de nos forêts et de nos jardins sont de plus en plus sollicités, maltraités, amendés en dépit du bon sens, retournés, grattés, érodés, négligés. Ils s’épuisent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Le sol, soubassement fécond qui a permis l’aventure de l’humanité et la conquête de notre planète, se tarit et ne pourra plus, au rythme de son érosion, nourrir les 9 ou 10 milliards d’humains que nos sociétés porteront vers le milieu du 21 e siècle. » Cette affirmation de Daniel Nahon, tirée de son récent ouvrage L’épuisement de la terre: L’enjeu du XXI e siècle (Odile Jacob), fait froid dans le dos, alors que le monde est en pleine crise alimentaire. Professeur de géosciences à l’Université d’Aix-en-Provence, le chercheur a longtemps travaillé en Afrique, au Brésil et aux États-Unis. Il lance un appel à la mobilisation: le sol se dérobe sous nos pieds, les terres arables, les seules à pouvoir nourrir l’humanité, sont comptées. Il est temps d’agir.
-L’an dernier, 150 spécialistes réunis en Islande avaient communiqué le même message, qualifiant la dégradation des sols de « crise silencieuse », qui aurait déjà une incidence sur le tiers de l’humanité. Et selon le rapport GEO4 (Global Environment Outlook) sur l’état de la planète, publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en novembre, l’état des sols est aussi préoccupant que les changements climatiques, dont il est indissociable, à la fois comme cause et comme conséquence. Mais il est loin de faire l’objet d’autant d’efforts.
L’ensemble des sols qui recouvrent les continents comme une peau constituent la pédosphère (du grec pedon, qui signifie « sol »). Comme l’atmosphère et la biosphère, auxquelles elle est étroitement liée, la pédosphère est nécessaire à la vie. Elle est née il y a 500 millions d’années, permettant à la vie de quitter l’eau pour s’établir sur la terre ferme. Il existe des milliers de types de sols, façonnés par les conditions et l’époque de leur construction. Ceux du Québec datent de la dernière glaciation, il y a 12 500 ans. Les plus profonds n’ont pas atteint un mètre d’épaisseur. Ceux des tropiques, plus anciens, font quatre ou cinq mètres tout au plus.
Le sol est le grand incompris de notre planète », dit Martin Chantigny, biochimiste au Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures du ministère de l’Agriculture du Canada et président de l’Association québécoise des spécialistes en sciences du sol. On le considère comme banal et immuable, alors qu’il est fragile et non renouvelable à l’échelle d’une vie humaine. « On sait qu’on a besoin d’air pur et d’eau claire pour vivre, explique François Courchesne, spécialiste en géochimie des sols et directeur du Département de géographie de l’Université de Montréal. Mais les gens, y compris bien des scientifiques, voient le sol comme une espèce de cochonnerie dont on ne saisit pas le rôle essentiel. »
La pédosphère est, à l’interfaceentre la terre, l’eau et l’air, un mince biofiltre qui piège, stocke, trie et redistribue les éléments nécessaires à la vie: carbone, oxygène, hydrogène, azote, métaux… C’est le garde-manger de la planète. Une simple poignée de terre abrite un monde fascinant, mélange subtil de solides, de liquides et de gaz, de matières organiques et minérales, où évoluent une multitude d’êtres vivants, pour la plupart microscopiques et inconnus. Le sol retient 60 % de l’eau douce du monde, sans compter les nappes phréatiques, situées dans le sous-sol.
-C’est dans les premiers centimètres que l’activité est la plus intense: il existe plus d’espèces de bactéries, de virus ou de champignons vivant dans le sol qu’au-dessus. Au Québec, un gramme de sol forestier cache trois milliards de bactéries. Un mètre carré de prairie héberge près d’un demi-kilo de vers de terre, qui, en 10 ans, auront digéré presque tout le contenudes 10 premiers centimètres de sol. La biodiversité souterraine est loin d’avoir livré tous ses secrets. En avril, des chercheurs britanniques ont eu la surprise de trouver un véritable tapis de cyanobactéries — les fameuses algues bleu-vert — à la surface des dunes du désert du Kalahari, en Afrique australe. Elles forment là un sol ultramince qui retient le sable et permet la vie dans le désert. Le sol, comme l’air ou l’eau, peut aussi transmettre des maladies: celle de la vache folle, par exemple, passe par le sol des prés. Et le prion, agent de l’encéphalopathie spongiforme, n’est jamais aussi virulent que lorsqu’il est liéà de l’argile, a-t-on découvert ce printemps.
Dans les dernières décennies, la pédosphère a été mise à rude épreuve par les activités humaines. L’étendue des dégâts est difficile à mesurer. La seule étude exhaustive menée à ce jour date de 1991. L’Évaluation mondiale de la dégradation des sols (GLASOD) estimait alors que 10 millions de km 2 de sols étaient gravement dégradés, sur les 115 millions qui couvrent les continents. Depuis, les surfaces touchées auraient encore grandi: selon le PNUE, de 1981 à 2003 seulement, près de 14 millions de km 2 de sols — une fois et demie le Canada — auraient perdu une partie importante de leur capacité de produire de la biomasse, indicateur clé de leur état de santé.
Le développement des OGM en plein champ à des fins alimentaires animales ou humaines est-il vraiment de nature à contribuer au développement des pays en crise de hausse des prix des aliments? Est-il de nature à rendre autonome une agriculture vivrière efficace avec des bons rendements.
Les expériences menées dans un passé récent en Argentine ont des résultats pour le moins contestables. De plus, l'aspect monoculturale des applications OGM en plein champ constituent des autoroutes à maladies à propagation rapide à grande échelle.
Or, sur le milliard d'agriculteurs dans le monde, très peu sont mécanisés, encore moins sont motorisés. D'autre part, il y a des méthodes de fertilisation très efficaces comme le BRF associé à l'agroforesterie évitant la consommation d'eau et d'intrans, (engrais, pesticides, herbicides). Des progrès dans ces deux directions peuvent être rapidement faits et cela suffirait largement à nourrir la planète sans OGM.
La majorité des politiques se désintéressent de solutions peu couteuses et efficaces et font preuve de beaucoup d'amateurisme dans les dossiers sur l'environnement. Il est dommage d'opposer l'équilibre économique de l'agriculture à la culture biologique et la culture BRF. Certes, les agriculteurs qui utiliseront les OGM verront leurs rendements augmentés à court terme. Mais à long terme, leurs sols vont s'épuiser plus vite et tout le monde agricole sera perdant.
Ce reportage sur le soja OGM en Argentine illustre cette question de l'érosion des sols http://www.dailymotion.com/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant. Dommage, car des alternatives tels que le BRF associé à l'agroforesterie nécessiteraient d'amplifier les efforts de recherche pour déployer ces agricultures beaucoup plus performantes globalement que toutes les autres selon les trois paramètres économique, social et environnemental. Les expériences pilotes ont déjà marchées (à Livernon, à Strée près de Liège, au burkina fasso, au Sénégal). Les recherches concernent donc l'optimisation des méthodes et l'adaptation aux différents sols pour le déploiement à grande échelle.
Je vous donne toutes les références pour vous former sur ces techniques très innovantes, vous approprier le sujet. La nouvelle loi OGM porte un grave préjudice et supprime la chance à de vraies solutions long terme d'émerger.
On voit que les OGM seront loin d'être la solution miracle pour résoudre la faim dans le monde.
Alors, on n'a pas besoin d'OGM en plein champ hormis pour satisfaire la compétition agricole, pour avoir le plaisir de celle-ci et d'être dans les premiers producteurs du monde. On a le droit de penser cela, mais on n'a pas le droit d'utiliser des arguments fallacieux pour justifier les OGM (nourrir la terre, diminuer les pesticides, meilleur respect de l'environnement).
L'agriculture en bois raméal fragmenté va au delà de l'agriculture biologique en terme de performance. Si vous avez le temps et aussi la patience de lire un peu ces documents, vous serez passionnée par ce sujet. Cette filière ne demande qu'à se développer avec le réseau de recherche de l'université de Savoie. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour chercher dans les OGM et aboutir à terme à un appauvrissement des sols, il vaudrait mieux financer plus largement des recherches générant de la vie dans le sol, perfectionner les BRF, comprendre la vie du sol, optimiser les essences en fonction du sol. En France et dans le monde, on fait de l'agriculture sans connaître à fond la vie du sol. C'était le constat du colloque BRF de Lyon en Février 2007.
La technique agricole en bois raméal fragmenté consiste à récupérer des rameaux de bois fraichement tombés, donc vivants, contenants toutes les substances nécessaires à la régénération des sols y compris l'eau. Depuis toujours, pour faire de l'agriculture, on enlève la forêt, on nettoie le sol. On détruit ainsi sa fertilité qu'il faut ensuite reconstituer par de la chimie minérale ou du lisier. Cette chimie épuise et appauvrit le sol à long terme. Le BRF consiste à reproduire l'humus de la forêt dans le champ en broyant des rameaux de bois vivants fraichement tombés des haies ou des arbres. On mélange ainsi 3cm de BRF avec le sol (ce n'est pas un paillage mais un mélange). Ce mélange génère l'eau nécessaire pendant plusieurs années, les antibiotiques pour lutter contre les maladies, les substances énergétiques pour se développer. Un véritable écosystème autonome se construit permettant de minimiser les apports artificiels. Il n'y a pas d'érosion des sols. Au colloque BRF de Lyon de Février 2007, il est apparu que l'on pouvait marier le BRF avec l'agroforesterie (alignement d'arbres dans les champs à des distances calibrées pour laisser les machines et à des hauteurs calibrées pour laisser passer la lumière). On peut ajouter des haies autour du champ. Ainsi, on crée de la ressource BRF et on augmente la capacité de la planète à absorber le carbone (puits carbone). Cette technique appliquée à grande échelle est un puissant facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre car elle crée des puits carbone et consomme peu de ressources fossiles. Nul doute que son bilan CO2 est exceptionnel. Elle est utilisable pour la culture maraîchère comme pour la grande culture, les jardins publics et privés. Je vous engage fortement, si vous ne l'avez pas déjà fait, à rendre visite à Jacky Dupety à Livernon dans les Causses du Quercy, pas très loin de Figeac. Vous serez édifié.
Le site de Jacky Dupety, initiateur de la technique en France à Livernon dans les Causses du Quercy.
Le Pouzat46320 Livernon
dupety.family@wanadoo.fr
05 65 40 46 98
08 75 83 61 00
http://fermedupouzat.free.fr/pages/brf/formation.htm
L'association chemin faisant fait de la formation et des interventions dans toute la France.
http://cheminfaisant2005.net/Tournee2006/Intervention.php
Gilles Lemieux GCBR, département des sciences du bois et de la forêt, université de Laval GIK 7P4 Québec, Canada
Il y a aussi des formations à côté de liège à Strées, au centre destechniques agricoles (CTA) Benoît Noël, très brillant agronome BRF pour la grande culture.
Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
Téléphone : 085.274960Fax : 085.512706Messagerie : cta.stree@tiscali.be
noel.benoit@skynet.be
Rue de la Charmille, 16
4577 Strée
Belgique
bibliographie:
- Les rémanents en foresterie et agriculture, les branches: matériau d'avenir Benoit Dodelin, Richard Eynard-Machet, Pierre Athanaze et Jean André
Editions TEC & DOC
références universitaires et labos de recherche:
réseau écologique REFORA Rhônes-Alpes
Université de Savoie
Laboratoire d'écologie alpine (LECA), Maison rhodanienne de l'environnement.
- Pour une agriculture du vivant, Le BRF, vous connaissez? Editions de terrain
Production : L'Eau à la Bouche Réalisation : Frédéric GANA - Tifenn HERVOUËT - Antoine TRACOU
Pour toute commande : Frédéric GANA - 05 55 27 37 42 (France) cheminfaisant@loalabouche.org
Plus d'infos sur www.cheminfaisant2005.net -
Sur le site de la ferme du pouzat, vous avez aussi tous les rapports de recherche de Gilles Lemieux, pionnier de la technique au Canada depuis 30 ans, voici le lien.
http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/Frame.html
Voici l'introduction de ces rapports.
Au milieu des années 70, monsieur Edgar Guay, alors sous ministre attaché au ministère des forêts du Québec, cherche un moyen d'aider les forestiers de son pays à sortir de la misère. Il a l'idée d'utiliser en agriculture un déchet forestier produit en masse par la société Hydro Québec, lors de l'entretien des lignes à haute tension. Il propose à M. Carrier, un fermier qui désir augmenter le taux de matière organique de sa terre, d'utiliser les copeaux qui porteront plus tard le nom de B.R.F. , combinés avec du lisier et incorporés superficiellement au sol. Les résultats ne se font pas attendre, les indicateurs de fertilité grimpent en flèche ; la parcelle traité résiste à la sécheresse qui sévit cette année là, par contre la parcelle témoin est ravagée ; l'année suivante la récolte de céréale sur la parcelle traitée atteint plus de 170% de la récolte de la parcelle non traitée [Guay et al., 1981 et 1982].
Après plusieurs recherches et projets scientifiques menés au canada, le BRF s'est orienté vers la coopération. Des projets sont nés en Ukraine, au Sénégal, en République Dominicaine,...
Une ONG, le Comité Jean Pain de Madagascar (CJPM) a initié une démarche globale, basée sur le BRF, dans un des pays les plus pauvres du monde, ce avec des résultats très probants (Construction locale de broyeurs, plantation de banques de biomasse, utilisation du BRF selon plusieurs itinéraires techniques).
De mon côté, après avoir réalisé une thèse sur le BRF et le compost, j'ai été accueilli par le professeur Lemieux afin de réaliser un stage sur la technique d'épandage directe des copeaux. J'ai ensuite entrepris de rédiger quelques articles et ce site internet.
Un projet de recherche wallon sur le BRF a ensuite vu le jour en février 2004, c'est sur ce projet que je travaille actuellement.
C'est dans cette foulée que nous avons eu l'idée de créer une association de promotion du BRF : Aggra.
« Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté, » avertit M. Beddington, qui occupe depuis peu la fonction de conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique.
Par James Randerson, The Guardian, 7 mars 2008
La sécurité alimentaire et la hausse rapide des prix de l’alimentation constituent le sujet majeur auquel les hommes politiques doivent faire face rapidement, met en garde le nouveau conseiller scientifique en chef auprès du gouvernement britannique.
Lors de son premier discours important depuis sa prise de fonction, le professeur John Beddington a averti que la ruée mondiale pour la production de biocarburants aggravait le problème, ajoutant qu’il était « profondément stupide » d’abattre la forêt tropicale pour cultiver des plantes à cette fin.
Intervenant dans le cadre de la « Govnet Sustainable Development UK Conference » qui s’est tenue à Westminster, il a déclaré qu’« il y a des progrès en ce qui concerne le changement climatique. Mais il existe un autre problème majeur. Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté. »
Il prévoit que les hausses de prix dans des aliments de base comme le riz, le maïs et le blé se poursuivront en raison de l’augmentation de la demande provoquée par la croissance démographique et l’augmentation de la richesse dans les pays en développement. Il a également averti que le changement climatique pourrait entraîner une pression sur l’approvisionnement alimentaire du fait de la diminution des précipitations dans de nombreuses régions et du fait de récoltes déficitaires dues au climat. « L’agriculture doit doubler sa production alimentaire, en utilisant pour cela moins d’eau qu’aujourd’hui. » La crise alimentaire se fera ressentir plus vite que les changements climatiques, a-t-il ajouté.
Il a réservé quelques uns de ses commentaires les plus acerbes à l’industrie des biocarburants qui, selon lui, a provoqué un « choc majeur » sur le prix de la nourriture. « En ce qui concerne de biocarburants, il y a eu des réactions défavorables, à juste titre, » juge-t-il. « Il y a là de vrais problèmes de non soutenabilité. »
La production de biocarburants devrait augmenter considérablement durant les 15 prochaines années. Les USA prévoient de produire 130 milliards de litres de biocarburants en 2022 - ce qui signifie qu’il faut tripler la production de maïs. L’UE a pour objectif que 5,75% de la consommation de carburant dans les transports soit assurée par des biocarburants d’ici à 2010.
Mais M. Beddington estime qu’il est essentiel que les biocarburants soient cultivés selon des techniques soutenables. « Certaines de ces filières de biocarburants sont des impasses. L’idée d’abattre la forêt tropicale pour parvenir à augmenter la production de biocarburants semble profondément stupide. »
Avant d’occuper cette fonction de directeur scientifique, en remplacement de Sir David King, M. Beddington a enseigné la biologie appliquée à l’Imperial College de Londres. Il est également expert dans le domaine de l’utilisation durable des ressources renouvelables.
Hilary Benn, le secrétaire à l’environnement, a déclaré à cette conférence que la population mondiale devrait augmenter de 6,2 milliards aujourd’hui à 9.5 milliards en moins de 50 ans. « Comment allons-nous nourrir tout le monde ? » s’inquiète-t-il.
M. Beddington avertit qu’à court terme, le développement et l’accroissement de la richesse ne feraient qu’ajouter à la crise alimentaire. « Lorsque l’on passe [d’un revenu de] de 1 euro par jour à 5 euros par jour, on obtient une augmentation de la demande de viande et de produits laitiers... qui génère une demande supplémentaire de céréales. » Au-dessus de 5 euros par jour, les gens commencent à vouloir des aliments transformés et emballés, ce qui implique une plus grande utilisation d’énergie. De l’ordre de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 1,3 euro par jour.
Il devrait également y avoir une augmentation de la demande à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, estime-t-il. A l’heure actuelle, il existe sur terre 350 millions de foyers disposant d’au moins 10 000 euros par an. Ce nombre devrait passer à 2,1 milliards en 2030. « C’est une formidable bonne nouvelle. Il s’agit là d’une prévision de la Banque mondiale indiquant que la lutte contre la pauvreté produit des résultats réels. »
Mais il avertit également que l’augmentation du pouvoir d’achat devrait aboutir à une plus grande pression sur l’approvisionnement alimentaire. Les stocks mondiaux sont actuellement au plus bas niveau historique, avec seulement 40 jours de réserves. « Je n’ai pris ma fonction que depuis neuf semaines, et n’ai donc pas encore toutes les réponses, mais il est clair que le la science et la recherche ont un rôle fondamental afin d’accroître le rendement de la production agricole. »
Publication originale The Guardian, traduction Contre Info
Deux articles sur ce blog parlent déjà de cette technique agricole sans arrosage, sans engrais, sans pesticides, sans herbicides. Cette technique
exeptionnelle, partie des recherches du professeur Gilles Lemieux au Canada, est en exploitation et déploiement en France, aussi bien pour l'agriculture maraîchère, que pour les jardins publics
et privés, et la grande culture avec Benoît Noël à Strée près de liège, Belgique.
Cette technique bousculent les habitudes agricoles datant de millénaires car elle réconcilie le champ et la forêt. Elle recrée l'humus de la forêt dans le champ, fertilise à une grande
profondeur. C'est la seule technique qui permettra de faire de l'agriculture durable en créant de l'énergie sans consommer de l'énergie.
Voici la description des débuts de Jacky Dupety, agriculteur dans les Causses du Quercy, pionnier en France, sous la forme d'un reportage photographique que l'on trouve sur son site. Enfin,
j'y ajoute les coordonnées du centre de techniques agricoles à Strée près de Liège en Belgique.
Chantier solidaire pour démarrer.
Voilà ce que donne un broyeur de type agricole (c'est à dire 3 points, sur la prise de force d'un tracteur)
- autonomes, avec moteur, gazole ou essence pour les grosses quantités.
Un bon tas

Sur le territoire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy la forêt et les bois couvrent plus de 60% de la surface.
Au rateau.
Y-a-t-il un meilleur machinisme agricole ? Là il s'agit d'étaler 25 m3 de broyat frais de peupliers : 5cm d'épaisseur sur 500m². C'était en Février 2005.
- les couper
- les broyer
- épandre sur le sol

Début Mai, le mélange du broyat avec les 5 premiers centimètres du sol.
Premiere étape.
Aprés la fragmentation et l'incorporation au sol, le bois est rapidement envahi par des mycéliums (basidiomycétes, ascomycètes et champignons imparfaits).

Au moment où commence la dépolymérisation de la lignine, l'azote est un réel facteur limitant. Cette opération est réalisée par des enzymes extra cellulaires, aucun organisme ne pouvant utiliser la lignine telle quelle comme source de carbone. La dégradation de la lignine produit des dimères et des monomères qui peuvent être assimilés par les micro-organismes.
Chaine trophique et lombrics.

L'ensemble des organismes animaux du sol (pédofaune) accélère le processus par son action de fragmentation mécanique et enzymatique. Elle participe aussi au cyclage des éléments en produisant fèces et cadavres, en broutant les mycéliums sénescents; entre autres les micro-arthropodes mycophages (acariens et collemboles) et les vers de terre, capables de digérer les complexes polyphénols-protéines.
Champignons.

Bien visibles, après seulement 4 mois de présence sur le sol, les champignons sont là!
Quand on observe leur présence, on peut se dire que c'est parti. Les chaines trophiques se mettent en place, et des milliers d'êtres vivants vont faire du sol un organisme vivant.Sur les terres des Causses du Quercy, en général du type limono-argileux, la structure du sol est compacte, interdisant le travail de la bêche et même de la "grelinette", le sol s'apparente plus au béton!! Epaisseur de sol structuré : environ 5 à 6 cm; après quatre mois le sol est meuble et structuré sur environ 15 cm, sans intervention humaine.

En semis direct les 13 Mai et 2 Juin 2005, sur un broyat épandu en Février 2005, ces courges et citrouilles n'ont jamais été arrosées.

Sélectionné dans ma récolte de blé "rouge de Bordeaux" en 2004, voici du blé barbu appelé "barbeau" dans le pays quercynois.
Benoît Noël applique l'agriculture BRF sur la grande culture à Strée.
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Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
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Rue de la Charmille, 16
4577 Strée
Belgique
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Voici un résumé court sur cette technique. N'hésitez pas à consulter les documents détaillés sur les liens du blog et le site www.agroforesterie.fr
| Publié le mercredi, 20 octobre 2004 Auteur(s): B. Estevez, agr. |
BRF: Bois raméal fragmenté, un amendement pour les sols agricoles
| Le professeur Gilles Lemieux, ancien professeur de la faculté de Foresterie de l’Université Laval, travaille depuis 20 ans sur cette ressource naturelle qui peut contribuer à la régénération des sols qui manquent de matière organique. Les " BRF " comme on les appelle, soit les bois raméaux fragmentés, sont les branches des arbres dont le diamètre est inférieur à sept centimètres. Au-dessus de ce diamètre, les branches commencent à être valorisées pour le bois de chauffage et la fragmentation exigerait une machinerie plus lourde. Le BRF est la partie la plus riche de l’arbre. On y retrouve 75% des minéraux, des acides aminés, des protéines et des catalyseurs. Il est donc plus riche que le bois du tronc et des grosses branches et son rapport C/N est donc plus petit: de 25:1 à 175:1, selon l’espèce et la période de récolte, alors que celui du bois varie normalement de 400 à 600:1. En général, on trouve moins de lignine et plus d’hydrates de carbone dans les feuillus que dans les résineux. Dans le début des années 1980, le professeur Lemieux en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ont mis au point une technique de valorisation des BRF en association avec le lisier de porc: la méthode SYLVAGRAIRE. D’un point de vue forestier, les ingénieurs étaient préoccupés par la sous-utilisation des résidus forestiers. En effet, seulement 30% de la biomasse forestière était alors exportée. Le reste restait au sol mais sans être fragmenté. La méthode SYLVAGRAIRE utilise du lisier de porc ou du fumier de poulet (riche en azote) pour abaisser le ratio C/N autour de 30:1 afin d’améliorer la décomposition des BRF et ainsi éviter une immobilisation de l’azote du sol. Mais aussi, les BRF sont un bon complément au lisier de porc qui contient peu de cellulose et peut subir des pertes d’azote par volatilisation, lessivage et ruissellement selon les conditions d’épandage. La méthode SYLVAGRAIRE comprend cinq opérations: Le labour, l’épandage des BRF, l’épandage d’un lisier ou sinon, un fumier non pailleux et riche en azote, le hersage afin de mélanger toute cette matière organique dans les cinq premiers centimètres du sol puis le semis ou la transplantation selon les cultures. Des essais utilisant 105 mètres cubes par hectare (m3/ha) de BRF – environ 26 tonnes – et 28 m3/ha de lisier de porc ont donné de bons résultats. Notons que lorsqu’on utilise des BRF frais (15 juillet au 15 septembre), il serait possible de diminuer la dose de lisier entre 20% et 30% dans le cas de fumier de poulet. La plupart de ces essais agricoles ont été réalisés dans des sols sableux et dans les productions de pommes de terre, céréales, fraises et tournesol. Les rendements ont été doublés dans les fraises. Dans la pomme de terre, la matière sèche a augmenté de 25% et la conservation des tubercules était meilleure. Dans les fraises, la méthode a permis un meilleur développement des racines. Les chercheurs ont aussi constaté une diminution des insectes ravageurs comme le doryphore dans les pommes de terre et le puceron dans les fraises. Une étude québécoise plus récente (Otrysko et Pagé, 2001) a permis de confirmer les bienfaits des BRF. En effet, l’apport de 25 t/ha (250 m3/ha) à l’automne avec ou sans compost (fumier et tourbe) épandu au printemps dans la production de pommes de terre en rotation avec le seigle comme engrais vert a permis un plus grand rendement, une augmentation significative de la quantité de matière sèche du tubercule ainsi qu’une incidence moindre de la gale. |
