environnement et économie

Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 21:17

Notre président de la république vient d'annoncer le transfert de 13 milliards de cotisations patronales vers la TVA et la CSG pour améliorer la compétitivité des entreprises, et particulièrement de l'industrie.

C'est la direction qu'il faut prendre. Malheureusement, notre président, comme il l'a fait depuis le début de son quinquennat, agit trop peu et trop tard. Le total des cotisations salariales et patronales est de l'ordre de 400 milliards d'euros. Autant dire que ce transfert n'aura qu'un effet très faible sur la relance de notre commerce extérieur. Cette annonce s'apparente à un réglage plus qu'à un changement de politique. Du côté de Messieurs Hollande et Bayrou, rien n'est prévu en matière de compétitivité coût. Il aurait fallu transférer au moins la moitié. L'un fait une compétitivité coût trop faible, de même que du soutien à l'innovation trop faible, l'autre, ne parle que de ce dernier point, sans grande ambition budgétaire. 

 

Les chefs d'entreprise et leurs salariés seront bien déçus dans ces programmes de gouvernement.

 

Quel est l'avantage de faire supporter par l'ensemble des flux monétaires la protection sociale?

 

Les plus innovants ont été les danois dans les années 80-90. Les charges salariales et patronales ne dépassent pas 4% sur un bulletin de salaire. Le résultat est un chômage structurel quasi nul, tirant ainsi mécaniquement les salaires vers le haut. Le pouvoir d'achat est donc élevé. Celui qui est en bas de l'échelle a ainsi plus facilement accès à des logements de qualité, à la consommation haut de gamme sur des biens durables etc...Certes la TVA et les impôts directs sont plus élevés que chez nous, mais la balance est très favorable aux ménages. Globalement, leur économie marche mieux.

 

Cela fait longtemps que les crises de 2008 et 2011 étaient prévisibles. Regarder les chiffres avec un bon sens macroéconomique suffisait à les lire.

On demande à un gouvernement de prévoir et anticiper, et non de réagir après les évènements.

Le président a oublié de parler de la réduction des dépenses de santé. Il est illusoire d'avoir une santé entièrement gratuite. Si on transfère les cotisations chômage et retraite, le chômage diminuant, les dépenses sociales vont diminuer. Il est tout à fait possible de réduire les dépenses de santé en agissant sur le volet santé et environnement, sur l'éducation à la santé dès le plus jeune âge, sur la réduction de la sédentarité, sur le temps de travail en prenant le temps de transport en compte. A ce titre, il serait utile de faire passer une loi sur l'obligation de mettre en oeuvre les plans de déplacement entreprises, en injectant du pouvoir d'achat en diminuant les dépenses contraintes en énergie et transport, en diminuant le poids du logement sur le salaire.

Le président a parlé du logement, mais une fois encore, cela fait 30 ans que le poids du logement dans le budget des ménages est trop fort en île-de-France, 10 ans en province. Pour que les ménages s'enrichissent sur la durée, il ne faudrait pas que le logement dépasse 10% du budget des ménages. On en est loin.

 

Ensuite, vos réformes passeraient mieux si le train de vie global de l'état et des collectivités territoriales était beaucoup plus sobre. On en est très très loin.

Monsieur le président, votre réaction d'aujourd'hui est respectable, va plutôt dans la bonne direction, mais c'est trop tard, il nous faut une autre manière de gouverner pour la suite.

 

 

  

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 19:34

Laurent Fabius n'ayant pas réussi à créer une communauté urbaine sur Rouen, bridé par certains maires hostiles à cette idée d'intercommunalité élargie, a lancé en Janvier 2010 la CREA, avec les élus locaux volontaires. Ceci aurait été une bonne initiative s'il n'y avait eu la nomination de 45 vice-présidents, déjà élus locaux, avec les indemnités correspondantes de 1796 euros bruts et un minimum de personnel qui s'ajoutent aux autres indemnités. A une époque où on manque de financements pour des projets de recherche permettant de garder  ou d'obtenir des positions de leader sur des marchés en croissance potentielle ou pour faire démarrer des petites entreprises innovantes, on mesure là le fonctionnement inacceptable d'institutions publiques qui ont perdu le Nord face aux défis qui sont les nôtres. Dieu que de dépenses inactives pour des notables qui se servent plutôt que servir. Nous sommes vraiment en période prérévolutionnaire où l'opulence des uns se cognent avec la précarité des autres et le désespoir d'entrepreneurs innovants mais toujours mobilisés malgré l'adversité.

 

Notons qu'il y a un vice-président affecté au plan climat. Cela frise le ridicule. Un simple exemple. Une bonne politique cyclable permettant de faire passer l'usage du vélo en centre-ville à 20% et à 10% dans l'ensemble d'une agglomération coûte 10 euros par an et par habitant. 3/4 des déplacements automobile font moins de 5km avec 1.4 personne de moyenne dedans. Il est impossible de tenir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sans une politique vélo qui amène l'usage à au moins 10% des déplacements sur tout le territoire. En agissant pour le développement du vélo par l'ambition dans la construction d'infrastructures et la mise en place des cyclobus dans les collèges, des plans de déplacement d'entreprises, on a les moyens de faire beaucoup plus que n'importe quel vice-président affecté au plan climat. L'idée d'une politique nationale vélo est sérieuse. Cela se fait au Danemark avec des moyens très supérieurs aux nôtres.

 

Le problème dans tout cela, c'est la perte de confiance dans la capacité du politique a être efficace à mettre de l'argent dans l'investissement d'avenir plutôt que dans le coût de fonctionnement. 

 

Il est urgent de retrouver les valeurs de simplicité, de modestie, de patience, retrouver le cycle normal épargne sur la durée investissement permettant un développement soutenable et durable dans la justice sociale nécessaire au bon fonctionnement de l'économie.

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 12:14

Lester Brown décrit, dans cette chronique, l'impasse dans la quelle est l'économie mondiale, la solution pour en sortir. Il réclame une mobilisation mondiale et plus spécifiquement américaine pour faire basculer l'économie vers la fourniture des besoins des populations actuelles et futures à impact minimum sur notre planète. C'est possible en peu de temps nous dit-il, en prenant exemple sur la mobilisation incroyable de l'économie américaine en 3 ans pendant la deuxième guerre mondiale.

 

Terra Eco relaie cette chronique et je la relaie ici.

 

"L’économie du jetable, basée sur les combustibles fossiles et centrée sur l’automobile qui s’est développée dans les sociétés industrielles occidentales, n’est plus un modèle viable, ni pour les pays qui l’ont façonnée, ni pour ceux qui les imitent. En bref, nous devons construire une nouvelle économie, alimentée avec des sources d’énergie sans carbone (éolienne, solaire, géothermique) disposant d’un système de transport diversifié, et qui réutilise et recycle tout. Nous pouvons changer de direction et nous placer sur la voie d’un progrès soutenable, mais il faudra une énorme mobilisation, à une vitesse de temps de guerre.

Chaque fois que je commence à me sentir dépassé par l’ampleur et l’urgence des changements que nous devons accomplir, je relis l’histoire économique de l’implication américaine dans la Seconde Guerre mondiale car elle reste une référence qui inspire en terme de mobilisation rapide. Initialement, les États-Unis ne voulaient pas s’impliquer dans la guerre et n’ont réagi qu’après avoir été directement attaqués à Pearl Harbor. Mais quelle réaction ! Après un engagement ferme, l’implication des États-Unis a contribué à transformer le cours de la guerre, conduisant les forces alliées à la victoire en trois ans et demi.

Dans son discours annuel au congrès, le 6 janvier 1942, un mois après le bombardement de Pearl Harbor, le Président Roosevelt a annoncé les objectifs de production d’armement du pays. Les Etats-Unis, disait-il, prévoyaient de produire 45 000 chars, 60 000 avions, et plusieurs milliers de navires. Il a ajouté, “que nul ne dise que cela ne peut pas être réalisé.” Personne n’avait jamais vu des chiffres aussi énormes de production d’armes. Beaucoup de gens étaient sceptiques. Mais Roosevelt et ses collègues se sont rendus compte que la plus grande concentration mondiale de puissance industrielle était à ce moment-là l’industrie automobile des États-Unis. Même pendant la crise industrielle et financière suivant 1929, les Etats-Unis produisaient au moins 3 millions voitures par an.

Après son discours annuel au congrès, Roosevelt rencontra les dirigeants de l’industrie automobile et leur indiqua que le pays dépendrait fortement d’eux pour atteindre ces objectifs de production d’armement. Ils s’attendaient au départ à continuer à fabriquer des voitures et à développer à côté la production des armements. Mais ils ne savaient pas encore que la vente de nouvelles voitures serait bientôt interdite. Entre début 1942 et fin 1944, pendant presque trois ans, aucune voiture ne fut produite aux Etats-Unis.

Parallèlement à cette interdiction de la vente de voitures neuves, la construction de maisons et d’autoroutes fut arrêtée, et la conduite de loisir interdite. Les gens se mirent tout à coup à recycler et a cultiver les “jardins de la victoire”. Les marchandises stratégiques (dont les pneus, l’essence, les carburants, et le sucre) furent rationnées à partir de 1942. Cette année là vit pourtant la plus grande croissance de la production industrielle de l’histoire du pays, entièrement destinée à des fins militaires. Les besoins en avions de guerre étaient énormes. Cela ne comprenait pas seulement les chasseurs, les bombardiers et les avions de reconnaissance, mais aussi des avions de transport de troupes et de matériel permettant de combattre sur des fronts éloignés.

Entre 1942 et 1944, les Etats-Unis ont dépassé de loin l’objectif initial de production de 60 000 avions, en fabriquant le chiffre stupéfiant de 229 600 aéronefs, une flotte si grande qu’il est difficile, même aujourd’hui, de se l’imaginer. De façon toute aussi impressionnante, à la fin de la guerre, plus de 5 000 navires marchands avaient été construits, en comparaison des quelques 1 000 bâtiments qui composaient la flotte marchande américaine en 1939.

Dans son livre No Ordinary Time (Une époque peu ordinaire, ndlt), Doris Kearns Goodwin décrit comment diverses entreprises se sont converties. Une fabrique de bougies automobiles fut l’une des premières à transformer sa production pour construire des mitrailleuses. Un fabricant de cuisinières se mit à produire des canots de sauvetage ; Un fabriquant de manèges s’est reconverti dans des supports pour mitrailleuses ; une fabrique de jouets a produit des boussoles ; une fabrique de corsets, des ceintures de grenades ; une usine de flippers, des balles perforantes.

Rétrospectivement, la vitesse de cette conversion d’une économie de temps de paix en économie de temps de guerre est frappante. Cette prise de contrôle de la puissance industrielle des Etats-Unis a fait pencher la balance en faveur des Alliés, renversant le cours de la guerre. Winston Churchill citait souvent son secrétaire aux affaires étrangères, Sir Edward Grey ; “Les Etats-Unis sont comme une chaudière géante. Une fois le feu allumé, il n’y a pas de limite à la puissance qu’ils peuvent mobiliser.”

Le fait est qu’il n’a pas fallu des décennies pour restructurer l’économie industrielle américaine, ni même des années. Cela sa été fait en quelques mois. Si nous avons pu restructurer l’économie industrielle américaine en quelques mois, alors nous pouvons restructurer l’économie mondiale de l’énergie durant la présente décennie.

De nombreuses chaînes de montage automobile étant actuellement à l’arrêt aux États-Unis, il serait relativement simple de ré équiper certaines d’entre elles pour produire des éoliennes, comme la Ford Motor Company l’a fait durant la Seconde Guerre mondiale avec les bombardiers B-24, afin d’aider le monde à rapidement exploiter valeur ses immenses ressources éoliennes. Cela permettrait de montrer au monde que l’économie peut être restructurée rapidement, de façon rentable, et suivant un axe qui améliore la sécurité mondiale.

Le monde dispose aujourd’hui des technologies et des ressources financières permettant de stabiliser le climat, d’éradiquer la pauvreté, de stabiliser la population, de restaurer les écosystèmes sur lesquels l’économie repose, et surtout, de redonner l’espoir. Les États-Unis, la plus riche société qui ait jamais existé, ont les ressources et le leadership pour mener cet effort.

L’une des questions que l’on me pose le plus souvent est la suivante : que puis-je faire ? Les gens s’attendent souvent à ce que je parle de changement de style de vie, du recyclage des journaux, ou du remplacement des ampoules d’éclairage. C’est indispensable, mais c’est loin d’être suffisant. La restructuration de l’économie globale demande de devenir politiquement actif, d’œuvrer pour les changements nécessaires, comme le fait la campagne populaire contre les centrales à charbon (aux Etats-Unis, ndlt). La sauvegarde de la civilisation n’est pas un sport de spectateur.

Informez-vous. Lisez sur ces sujets. Partagez les publications de l’Earth Policy Institute avec vos amis. Choisissez un sujet qui ait du sens pour vous, comme la restructuration fiscale pour rendre les marchés honnêtes, l’arrêt des centrales thermiques au charbon, ou le développement d’un système de recyclage de pointe dans votre commune. Ou rejoignez un groupe qui s’emploie à fournir des services de planning familial aux 215 millions de femmes qui veulent pouvoir contrôler leur natalité, mais n’ont pas les moyens de le faire. Vous pourriez aussi monter un groupe de personnes partageant les mêmes idées pour travailler sur un sujet d’intérêt commun. Commencez en parlant avec d’autres pour choisir une problématique sur laquelle travailler.

Une fois que votre groupe s’est informé et s’est fixé un but clair, demandez à rencontrer les élus de votre conseil municipal ou le député de votre circonscription. Écrivez ou envoyez un courriel à vos élus au sujet de la nécessité d’un transfert de fiscalité et de l’élimination des subventions aux combustibles fossiles. Rappelez-leur que de ne pas incorporer les coûts environnementaux dans la comptabilité publique ou privée peut donner l’illusion de la prospérité à court terme mais que cela mène à long terme à l’effondrement.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la conscription a demandé à des millions de jeunes hommes de prendre le risque de sacrifier leur vie. Il nous suffit aujourd’hui d’être politiquement actifs et de modifier notre style de vie. Lors de la deuxième guerre mondiale, le Président Roosevelt a souvent demandé aux américains d’adapter leurs styles de vie, ce qu’ils ont fait, en travaillant ensemble pour un but commun. Quelle peut être aujourd’hui notre contribution, sous forme de temps, d’argent, ou de réduction de consommation, pour aider à sauvegarder la civilisation ?

Le choix vous appartient — nous appartient. Nous pouvons nous en tenir au business as usual et continuer sur la voie d’une économie qui détruit les écosystèmes sur lesquels elle repose, jusqu’à sa propre destruction ; ou nous pouvons être la première génération à changer de cap, plaçant le monde sur un chemin de progrès durable. Ce choix est celui de notre génération, mais il va affecter la vie sur Terre pour toutes les générations à venir."

- L’article original

- Lester R. Brown, traduit par Marc Zischka et Frédéric Jouffroy, à retrouver sur Ecologik Business

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 23:19

Le reportage d'ARTE présenté par Carole Gaessler sur les mines de cuivre en Zambie révèlent la responsabilité du FMI et de la banque européenne d'investissement dans la dégringolade d'un pays pourtant sans corruption ni dictature.

Deux ans d'enquête auprès de tous les acteurs ont abouti à ce constant dont l'occident n'a pas à être fier. Nous sommes là à la limite du crime contre l'humanité car on fait mourir des populations entières à petit feu. C'est moins spectaculaire que des génocides guerriers, moins vendeurs d'images chocs, mais tout aussi désastreux.

 

Ce pays était un des plus riches d'Afrique. Les revenus apportés au pays par les mines de cuivre ont servi à monter une ribanbelle d'écoles et d'hôpitaux. L'argent a donc bien été utilisé par le gouvernement Zambien.

 

Le premier choc pétrolier a fait éffondrer les prix du cuivre. Le FMI conseille alors à la Zambie d'emprunter l'argent dont elle a besoin. La  crise des taux d'intérêt aux Etats-Unis et en Europe en 1987 fait exploser les frais financiers de la Zambie. Bien évidemment, le FMI oblige la Zambie à vendre et à privatiser à tout va. Tout devient payant et la misère se développe à grande vitesse. Voilà comment la responsabilité des instances financières de l'occident met à genou toute une population. C'est Glencore, un groupe suisse qui s'empare de tout cela. Ce groupe est dirigé par Marc Rich, personnage sulfureux, condamné lourdement pour malversation financière, réhabilité par Mr Clinton (pas très net dans l'affaire) peu avant la fin de son mandat.

 

La gestion environnementale et sociale de Glencore est encore plus contestable. Une énorme fonderie est adjointe à la mine. Celle-ci déverse des tonnes de dioxide de soufre dans l'atmosphère. Les pluies sont acides et la nappe phréatique est polluée par ces mêmes acides, quoique puissent en dire les responsables opérationnels de ce site.

 

Ce reportage est à voir absolument à la veille de mettre un bulletin de vote pour un président de la république dont un des rôles internationaux sera de dénoncer ces pratiques et de mettre la communauté européenne devant ses responsabilités. 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 12:30

 Il faut en finir avec la stigmatisation des riches. Cette façon de penser nous empêche d'envisager correctement une répartition équitable des richesses produites, une espérance, une vision long terme.

Cette stigmatisation vient en réalité du fait qu'une immense majorité de la population française et au delà européenne et mondiale est exclue de tout processus d'enrichissement pour eux et leur descendance.

Le philosophe John Rawls nous apporte la solution intellectuelle à ce problème.

Selon lui, les inégalités de revenus et de patrimoine sont tout à fait admissible dans une société si chacun a ce qu'il faut pour vivre dignement et s'enrichir sur la durée par son travail et par l'épargne dans l'environnement où il est (en tenant compte du coût pour se loger, pour se déplacer pour son travail, pour accomplir les actes basiques de la vie quotidienne).

Or, en ordre de grandeur nous avons en France 15 millions de gens qui ne sont pas dans cette situation parce que le rapport entre le revenu net disponible et les charges incompressibles ne leur permet pas de s'enrichir. En sus, si on regarde la dynamique dans le temps de ces revenus et de ces charges, la situation se dégrade très vite car les salaires n'augmentent pas et le coût du logement et de l'énergie augmentent fortement. De plus, les revenus sont tellement bas pour ces gens qu'ils ne peuvent investir pour diminuer leurs charges, ce qu'essaie pourtant de faire toute entreprise bien gérée. On investit pour conquérir de nouveaux marchés ou pour diminuer son coût de fonctionnement ou pour faire des gains de productivité. Pour un ménage, c'est la même chose.

Plutôt que redistribuer en masse, mieux vaut que chacun gagne ce qu'il faut. Cela passe aussi par donner une valeur monétaire à la nature, vecteur considérable de réduction des inégalités au niveau mondial, mais cela est une autre histoire et fera l'objet d'un autre article.

 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 19:45

Aujourd'hui, un jeune qui a fait des études à bac plus 5 démarre péniblement à 1500 euros nets par mois, que ce soit à Paris ou en province, alors que dire des autres. Aux conditions imposés par les propriétaires pour la location (loyer au tiers du salaire plus caution plus CDI plus plus plus !!!!!) ou les banques (mensualité d'emprunt au tiers du salaire plus plus plus !!!!!), seuls une poignée de jeunes peuvent se loger dignement dans Paris. Il y a des mesures d'urgence à prendre car les propriétaires profitent un maximum du marasme économique pour durcir leurs conditions. Or 3/4 des contrats de travail sont précaires avec des salaires de départ faibles et en quasi stagnation ensuite sauf pour quelques uns. Il y a un problème spécifique pour les jeunes vivant seuls.

Il y aurait une mesure simple à prendre. Une personne seule qui souhaite se loger et fait le choix de ne pas avoir de voitures devrait pouvoir emprunter Pour 500 euros de plus par mois à Paris et en île de France comme ailleurs.

Il est important d'assouplir les conditions de location et d'emprunt, en sus de maîtriser la spéculation immobilière, de revoir les critères de définition des risques, sous certaines conditions bien sûr pour ne pas tomber dans des crises type subprime.

 

Il faut une mobilisation rapide sur cette histoire de logement des jeunes.   Les lois actuelles ne suffisent pas. Elles ne correspondent plus du tout à la mobilité professionnelle des jeunes et à leurs revenus.

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /Sep /2008 23:55
Dominique Perben et Laurence Parisot sont la caricature de la culture du 20ème siècle avec l'expression de leurs opinions sur la fiscalité écologique.

Voici leurs réflexions:

Dominique Perben déclare que «l'État n'a pas à fixer les prix», Laurence Parisot, encore plus intégriste, n'hésite pas à qualifier l'esprit de la réforme de «quasi-soviétique». Pour la présidente du Medef, « un bonus seul serait légitime, mais l'accompagner d'un malus pour déterminer le prix des produits, c'est ni plus ni moins que le retour à l'économie administrée. »

Laurence Parisot a une vision manichéenne de la fixation des prix de produits et de services. Pour elle, où ils sont administrés, ou ils ne le sont pas. C'est tout de même mal connaître les mécanismes de fixation des prix dans nos économies modernes. En fait, une partie non négligeable du prix d'un bien ou un service est., de fait, administrée.  Faisons un petit inventaire de la partie administrée par l'état par l'intermédiaire de la fiscalité.

Vous avez d'abord des achats, qui comportent eux-mêmes de la main d'oeuvre fiscalisé par les charges sociales. Cette dernière partie est bien une part administrée du prix. En achetant, vous avez aussi achetés des produits fabriqués avec des investissements, chargés par la taxe professionnelle, donc également administrée. En achetant, vous avez aussi acheté la marge nette de votre fournisseur. Celle-ci est fiscalisée et rentre donc dans votre prix de revient usine.

Ensuite, vous avez vous-même ajouté de la main d'oeuvre et des investissements, eux-mêmes chargés. Tout cela forme un prix de revient auquel vous ajoutez votre marge, elle-même fiscalisée, donc administrée.

On voit qu'une grande partie des prix dans une économie moderne est administrée. Une grande partie des prix de certaines prestations est aussi normalisée (les médecins par exemple). Laurence Parisot a donc tout faux quand elle dit qu'avec la fiscalité écologique nous allons vers la "soviétisation". En fait, la différence entre une économie de type soviétique et nos économies, c'est le degré d'importance de la partie administrée dans la fixation des prix. La fiscalité écologique est donc compatible avec une économie libérale et n'a absolument rien à voir avec une économie de type soviétique.

Le malentendu vient du fait que les services gratuits fournis par la planète ne sont pas comptabilisés dans les comptes publics ou privés. La réparation des services gratuits fournis par la nature n'est pas non plus valorisée.

En conséquence, dans l'état actuel des choses, il est tout à fait normal que l'état fixe une contribution par produit pour donner une valeur à notre patrimoine terre. Il n'y a pas d'autres solutions pour le moment.   

Votre résidence principale fait partie de votre patrimoine qui est valorisé en euros. Notre planète, elle, est un patrimoine. Hélàs, il n'est pas valorisé. Les activités humaines qui réduisent ce capital, détruisent une partie de sa valeur, ne viennent pas en déduction pour la comptabilité de la croissance et du PIB. La fiscalité écologique permet de le faire. D'autre part, si on veut que les modes de production et de consommation se transforment, il faut bien effectivement réaliser un transfert monétaire entre deux types d'économie. Nous avons, pour cela, à la fois besoin des mécanismes de marché et d'une impulsion de l'état.
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 23:19

La loi issue du grenelle de l’environnement est-elle à même de tenir les engagements de réduction de la consommation d’énegie fossile pour le domaine du transport?

 

Pour répondre à cette question il suffit d’analyser les chiffres et les objectifs du Grenelle.

 

Si veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, diviser par quatre d’ici à 2050, la partie va se jouer sur le report modal de l’usage individuel de l’automobile sur l’usage collectif de celle-ci, les transports publics, le vélo, la marche à pied.

 

En effet le déplacement des personnes constitue le premier poste d’émissions CO2 avec une part à 28%.

 

Les transports routiers internationaux longue distance (>500km), le transport aérien représentent une faible part, le transport de marchandises courte distance (<200km) étant prépondérant pour les poids lourds dans un rapport 40 60 avec les voitures particulières.

 

Il faut remarquer que le développement important des transports publics lourds depuis 30 ans n’a pratiquement pas atténué le trafic automobile. Celui-ci reste à 80% des déplacements motorisés. Les investissements énormes consentis ont servi à maintenir à peine les parts de marché du transport public. Le transfert modal a été faible.

 

Le grenelle nous propose d’investir 18 milliards d’euros supplémentaires pour réduire de 18 milliards de km le trafic automobile. Or le kilométrage effectué par les automobilistes français est de 450 milliards de km environ dont à peu près la moitié s’effectue pour aller au travail. En effet 80% des 30 millions de personnes en âge de travailler vont seuls sur leur lieu d’activité en voiture à une distance moyenne de 20km. Cela fait en moyenne 40km par jour, soit 8000km par an, soit à peu près la moitié des 15000km annuels effectués.

 

On peut considérer que ce type de déplacement représente encore 40% du total des 450 milliards de km.

 

L’objectif de report modal du grenelle est donc de 4% pour tous les types de déplacements. Sans dire que cet investissement est inutile, le rapport coût efficacité de cette mesure est plus que discutable.

 

Mais alors que faire?

 

Il manque l’essentiel, la volonté de travailler sur la logistique du transport des personnes et des marchandises.

 

Pour les personnes, il existe un outil extrêmement efficace, il s’agit des plans de déplacements.

 

Individuellement, il n’y a aucune solution alternative à la diversité des besoins en mobilité des personnes pour aller au travail. Par contre, après des études fines, il y a moyen de faire émerger des dénominateurs communs à ces besoins et construire des offres de transports alternatifs sur mesure. Tout mode autre que la voiture utilisée seule est exploré.

 

De quoi s’agit-il ? Dans une entreprise, une administration, une école, une zone d’activités, un bassin d’emploi, le consultant mène avec un comité de pilotage de l’entité et ses dirigeants une étude permettant d’identifier les besoins en déplacements domicile travail de chacun. On cartographie ensuite cette enquête pour définir des offres de transport efficaces. Ensuite, il y a une phase de négociation et de construction avec les entreprises et les collectivités locales.

 

Le coût de ce travail est d’environ 50 euros par salarié, ce qui représenterait 1.5 milliard d’euros dont 75% pour l’état au travers des aides de l’ADEME, le reste étant à la charge des entreprises.

 

Quel serait l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?

 

Nous avons le plus bel exemple chez STMICROELECTRONICS à Grenoble, où le plan a été construit en 2000, et où le kilométrage automobile a diminué de 50% en 5 ans.

 

Les chiffres ci-dessus montrent que l’usage individuel de l’automobile représente 28% des émissions, le déplacement domicile-travail 14%.

 

Ainsi, avec 10 fois moins d’argent, on gagne à peu près 7% des émissions en année pleine, soit le double, et uniquement sur le motif domicile travail.

 

Cette démonstration montre que nous avons tout intérêt à travailler plus sur l’organisation, la logistique que sur les moteurs ou l’extension à l’aveugle des transports publics. Il faut connaître plus finement la mobilité des personnes au travers de plans de déplacements à l’échelle la plus fine possible.

 

J’ajouterai que si on passe une vitesse sur ce sujet, on améliorera considérablement la fluidité du trafic de marchandises. Rappelons qu’un tracteur semi-remorque consomme environ 35 litres au 100km, mais 10 fois plus, soit 350 litres au 100km lorsqu’il est pris dans un embouteillage sévère, comme c'est souvent le cas en ïle-de-France.

 

En conclusion, en appliquant les mesures du grenelle au secteur des transports, nous n’avons aucune chance de tenir les objectifs assignés, tout comme nous n’avons pas tenu les objectifs du protocole de Kyoto. Certes, la volonté de baisser les émissions moyennes du parc est présente, mais c’est oublier le temps de renouvellement du parc automobile. A contrario, il n’y a rien sur l’organisation de nos mobilités, alors que cela permettrait de gagner plus en dépensant moins, avec moins de taxes et donc avec une meilleure acceptabilité sociale.

 

Le volet transport du Grenelle est à revoir.

 

        

 

 

Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 13:34
La spéculation fait partie de notre environnement financier, que l'on soit d'accord ou pas. Il est alors intéressant de la regarder sous l'angle de son utilité par rapport au développement durable.

Dans ce mot on retrouve le verbe latin speculo, qui veut dire voir loin, autrement dit anticiper. Dans le milieu financier, un spéculateur anticipe l'avenir pour gagner de l'argent en jouant sur les raretés de l'économie dues à un déséquilibre offre/demande en fonction de ses liquidités disponibles.

Il est convenu chez les victimes de la hausse du prix du pétrole de diaboliser la spéculation et de se tourner vers l'état pour réclamer des aides ou des ristournes, ce qui revient au même.

De leur côté, les pays producteurs se reposent sur cette spéculation, sans pour autant la quantifier, pour limiter leur production afin de maintenir une rente.

En même temps, d'un strict point de vue du développement durable, les prix élevés du pétrole poussent l'ensemble de la société à réagir, à changer les modes de production et de consommation.

La spéculation trouve alors pleinement son utilité. Elle agit en prélevant sur une économie dépassée et obsolete. Tout se passe comme si une taxe supplémentaire était appliquée aux consommateurs.

On peut le regretter pour les plus démunis d'entre nous, mais il existe des solutions du côté de l'intelligence des mobilités, de l'intelligence des modes de vie. C'est aux élites et à la classe moyenne d'inventer et de porter cette troisième voie.

La spéculation est un signal qu'il faut savoir exploiter, comme tous les autres signaux de l'économie. 
Par Dominique Bied - Publié dans : environnement et économie
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 19:48
Nous y sommes. Toutes les prévisions annoncées par les écologistes responsables depuis de nombreuses années se réalisent une à une. Le baril à 100 dollars était annoncé en Décembre 2006. Nous y sommes un an plus tard. L’incurie des gouvernements en matière de gestion des ressources de la planète, le manque d’anticipation, pire, toute la construction du progrès dans sa forme actuelle nous a emmené dans ce piège infernal de la hausse des prix du pétrole et plus généralement des matières premières, sacrifiant de nombreuses populations. Le soi-disant développement se transforme en régression, voir la mort pour des millions de gens dans le monde alors qu’un petit nombre vit dans le confort pour les uns, l’opulence pour les autres.
 
La croyance aveugle dans le seul progrès technique a rendu borgne nos élites, celles qui ont été au pouvoir dans les 25 dernières années. L’urbanisme a été spécifiquement conçu pour encourager l’usage de la voiture individuelle. Ainsi, avec l’aide des promoteurs immobiliers, une classe moyenne insouciante et aveuglée par la publicité a émigré vers un habitat en maison individuelle dans tissu urbain diffus et peu dense, inaccessible aux transports publics dans des conditions économiques acceptables. La distance domicile travail est ainsi passée en moyenne de 5km dans les années 70 à 36km aujourd’hui selon le dernier recensement de l’INSEE.

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L’augmentation des échanges commerciaux et donc de la concurrence mondiale empêchant une augmentation des salaires, la classe moyenne se retrouve enfermée dans ce piège dont les deux branches se ferment toujours un peu plus. Une grande partie de cette population va passer d’une vie confortable à une vie difficile.
 
De plus toutes les professions dépendantes des énergies fossiles sont à bout de souffle. Par exemple, au lieu d’avoir mis le paquet dans une recherche amont efficace permettant de trouver d’autres carburants que le fioul pour les chalutiers, on a laissé faire dans l’inconscience la plus totale. On aurait pu, par exemple, développer depuis longtemps la filière biogaz, rendant autonome et invulnérable à la hausse des prix des carburants ces professions.
 
Or l’aveuglement continue. La folie des contournements autoroutiers urbains se poursuit, à Grenoble ou à Rouen par exemple. Cette logique infernale incite des populations insouciantes de l’avenir à continuer de se loger dans le périurbain les contraignant à se déplacer en voiture, alors même que le prix du carburant ne peut que monter, et ceci quelque soit les vertus écologiques du carburant en question. On organise ainsi un véritable pillage de nombreuses familles pour alimenter les grands gagnants de ce deal que ce sont les pays producteurs de pétrole et les raffineurs. Cet argent nous manque cruellement pour être dépensé ou réinvesti chez nous dans la préparation de l’après pétrole. Les décisions des élus locaux contribuent ainsi à refermer un peu plus les deux branches du ciseau.
 
Sans proposition structurelle solide au niveau des modes de vie et de déplacements, nous allons tout droit vers de graves difficultés sociales. A ce titre, le grenelle de l’environnement n’a émis aucune proposition innovante, et surtout, s'il n'y a pas de cohérence territoriale, il y a peu d'espoir de se voir concrétiser les bonnes intentions affichées. 
Publié dans : environnement et économie
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