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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:04

Malgré le consensus assez largement partagé de l'influence de l'homme sur le climat de la terre par le croisement de deux facteurs, les modes de vie basés sur l'énergie fossile induisant une augmentation des concentrations de carbone dans l'atmosphère et l'explosion démographique, il existe encore chez de nombreuses personnes un doute sur cette influence. C'est la cas de Claude Allègre, qui continue à se répandre dans les médias pour dire que l'homme n'y est pour rien. C'est le cas aussi d'un auditeur d'Europe 1 s'exprimant sur les modèles climatiques et représentant un courant de pensée populaire. C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire sur ce blog quelques articles sur ce sujet, que j'espère accessible au plus grand nombre. Il complètera le site de Jean-Marc Jancovici. Ces articles seront une synthèse de la revue "les dossiers de la recherche" N°17 de fin 2004 et du livre sorti en Octobre 2006 "le méthane et de destin de la terre; les hydrates de méthanes: rêve ou cauchemar" aux éditions EDP sciences auteurs: Gérard Lambert, Jérôme Chappelaz, Jean-Paul Foucher, Gilles Ramstein préfacé par Edouard Bard. Ce livre fait état des recherches les plus récentes sur le sujet. Ces articles pourront aider les gens de cap21 à répondre aux questions qui leur seront posées au "café du commerce".

Une idée assez répandu chez les gens n'ayant pas développé de culture sur le changement climatique est: "comment pouvez-vous prévoir le climat à l'échelle du siècle, du millénaire, alors que la météorologie ne peut faire des prévisions à l'échelle de quelques jours". Les modèles climatiques sont régulièrement mises en cause sur ce point. Il convient donc de réexpliquer la différence entre un modèle climatique et la météorologie.

Les variations du climat sur des centaines, milliers, millions, milliards d'années ne sont pas construites autour d'une statistique du passé servant à prédire l'avenir. L'intérêt des modèles climatiques est que c'est la mise en équation du système terre-océans-atmosphère en utilisant deux grands champs de la physique:

1.les relations de la thermodynamique, c'est à dire ce qui régit la pression, le volume, la température des fluides, les échanges énergétiques à l'intérieur du système.

2.les relations de la dynamique des fluides.

Ces équations sont appliquées au système globe-atmosphère en le décomposant en éléments finis de petite taille (qu'on appelera petites boîtes). Elles décrivent les phénomènes à l'intérieur des boîtes et les interactions entre les boîtes. C'est l'explosion de la puissance de calcul des ordinateurs qui a permis au GIEC de tirer des conclusions sur le changement climatique.

Il est donc important de comprendre que le modèle est physique et non statistique. Par contre, il possède une incertitude (au sens de la physique et non du diagnostic) car  la description n'est ni parfaite ni exhaustive. Les résultats du modèle sont donc affectés d'une probabilité de se vérifier.

Toutefois, il est possible de vérifier la validité du modèle. Il suffit de mesurer les variables intervenant dans les équations en remontant dans le passé (concentration des gaz à effet de serre, température de l'atmosphère, de la surface des océans, pression, circulation océanique, niveau de glace, des océans, l'intensité du rayonnement solaire etc...) , puis de les rentrer dans le modèle, et enfin de voir si les résultats obtenus sont conformes à ce qu'ont donné ces mesures. Or les résultats sont conformes aux attentes. On reconstitue la description du climat du passé grâce aux modèles auxquels on a donné à manger les mesures des variations d'insolation et de concentration CO2 par exemple (travaux de l'université de Louvain, André Berger et Marie-France Loutre). On peut donc se servir du modèle en prenant les valeurs actuelles des paramètres (CO2 et insolation), leurs évolutions futures dans différents scenarii, pour prédire le climat et construire un futur de l'image de la terre (par exemple la configuration des océans, des glaces etc...). 

Comment, me direz-vous, mesure-t-on les évènements du passé? Il existe plusieurs méthodes: les carottages glaciaires, sédimentaires (paléoclimatologie), le relevé des isotopes (différents types de noyaux d'un même élément à nombre de neutrons différent pour un même nombre de protons et d'électrons), le relevé de la mémoire magnétique dans les sédiments et les roches volcaniques (paléomagnétisme).

Enfin, ce qui renforce la validité des modèles climatiques, c'est qu'ils donnent tous quasiment le même résultat alors qu'ils sont construits par des laboratoires différents. Il y a corrélation entre la concentration de carbone dans la haute atmosphère et le réchauffement de la température moyenne de la planète. L'homme est reponsable pour une bonne part de ce réchauffement, on le verra par la suite.

Maintenant, quelque soit les doutes que l'on puisse avoir sur cette influence, il est important de considérer que changer nos modes de vie nous apportera plus de confort, moins de nuisances, plus de ressources financières. Ce que nous épargnerons à la planète va forcément nous revenir en monnaie sonnante et trébuchante. Nous avons aussi une chance de limiter les dégâts associés à la mise en jeu d'énergies thermodynamiques considérables dans un temps court pour l'échelle géologique. Notre vitesse de réaction va être prépondérante.

 

 

 

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 12:00

Le 1er février 2007, dans toute la France :
Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique !
 
L’Alliance pour la Planète (groupement national d’associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.
 
Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.
 
Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l’élection présidentielle!
 
Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.
 
Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre : 01 48 51 18 95.

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 22:11

Ce film est de grande qualité. Il n'est pas caricatural. Il est de bonne facture scientifique. Il fait prendre conscience de l'urgence. Allez le voir, vous apprendrez l'essentiel sur cette question. Pour approfondir, il faut aller voir sur le site de l'IPCC les originaux des rapports scientifiques.

Devant un tel constat, on trouve deux sortes de réaction chez les gens sortant des salles:

Le fatalisme: "cela ne donne pas le moral, il n'y a plus rien à faire".

La volonté d'agir vite: "retroussons nos manches".

Personnellement, j'ai décidé de retrousser les manches, et ce film me donne encore plus l'énergie d'agir. Nous n'avons pas de joker et il est indispensable d'éviter le cycle d'emballement: réchauffement, dégazage de méthane, affaiblissement du puits naturel de carbone, réchauffement, etc....On ne peut plus se contenter de mesurettes. 

J'étais le 11 Octobre, au mondial de l'automobile, aux états généraux des citoyens de la route organisés par Bernard Darniche. J'intervenais dans la 5ème table ronde "tous les modes de transports existent, reste à les organiser".  J'y ai décrit le projet de gestion temps réel d'un système de transport à la demande que j'ai lancé avec 5 laboratoires de recherche Haut-Normands et 3 sociétés. Ce projet est destiné à diviser les émissions de gaz à effet de serre par un minimum de 8, en gardant la même qualité de mobilité que la voiture individuelle. Le priincipe est de multiplier par 4 le taux d'occupation des voitures et d'utiliser une motorisation hybride. C'est l'informatique, l'automatique et les télécommunications qui nous permettront d'obtenir ces performances.

 Il est une vraie stratégie faisant intervenir tous les modes en synergie, et donc tous les acteurs correspondants. Je compte regrouper autour de ce projet, et en dehors de la recherche, des constructeurs automobiles et d'autres opérateurs de transports publics. Ce projet est connu de la commission européenne, plateforme eurotrans 2007-2013. Nous avons commencé à dégager les algorithmes de recherche opérationnel susceptibles de répondre au mieux à ce besoin.

Il est temps de changer de paradigme: au lieu de construire des infrastructures et du matériel roulant, on conçoit des logiciels et de l'organisation des mobilités individuelles. C'est plus efficace, et cela coûte 100 fois moins cher en argent public. En sus, la mobilité individuelle est alors infiniment moins cher que "l'autosolisme".

Il est temps de construire une société de réseau pour régler ces problèmes à la hauteur des enjeux. Cette journée y a contribué.

Il faut lui donner un prolongement. Si nous arrivons à réunir tous les partenaires, nous pouvons nous offrir le meilleur système de mobillité automobile du monde.  

Vous pouvez visualiser en différé video cette table ronde sur le site:

www.citoyensdelaroute.com le lien avec les états généraux est en bas de la page d'accueil. 

 

 

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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 22:30

La planète continue de brûler, et nous continuons à nous préoccuper de notre petit nombril. De choc des civilisations en violences urbaines, en répression, en guerres préventives et autres, nous nous comportons comme des enfants, gardant jalousement notre petit bout de terrain ou de privilège.

 

 L’agence spatiale européenne vient de tirer une fois de plus la sonnette d’alarme, plus près de Big Ben que de la petite clochette que l’on met autour du cou des vaches. Le réchauffement climatique s’accélère plus que prévu. Le signe en est une longue cassure de la glace arctique vu par un satellite de l’ESA.

 

Il y a voilà presque deux ans, voici ce que m’écrivait le 17 Mars 2005 Vladimir Romanovski, à l’époque président de l’association uspermafrost, suite à la question que je lui posais sur le possible dégazage des 350 à 450 milliards de tonnes de méthane situés sous les terres arctiques.

 

"Dear Dominique,

The permafrost thaw is a real threat to the Earth climatic system if we
assume that the global warming is a negative process. However, the changes
in permafrost at present time are very slow and there is no need to report
on these changes on a monthly time scale. So far, these changes are
noticeable on interannual to decadal time scales. Though the situation can
change any time if some thresholds in permafrost evolution will be crossed
and permafrost will start to degrade within widespread areas. At some
regions ( Alaska for example) this could happened during the next 15 to 25
years. That is why it is very important to monitor permafrost temperatures
in the polar regions.

Best regards,

Vladimir

 

 

Ceci veut dire: “Cher Dominique, le dégel du permafrost est une réelle préoccupation en ce qui concerne le système climatique de la terre, si on considère que le réchauffement climatique est un processus négatif. Cependant, pour le moment, les modifications dans le permafrost sont très lentes et ne nécessitent pas un suivi mensuel. Toutefois, ces changements sont significatifs à l’échelle de l’année ou de la dizaine d’années. La situation peut aussi évoluer à tout moment si des seuils dans l’évolution du permafrost sont franchis. Il commencera alors à se dégrader sur de larges espaces. Dans certaines régions (Alaska par exemple), ceci pourrait arriver dans les 15 à 25 prochaines années. C’est pourquoi il est très important de suivre l’évolution des températures dans la région des pôles.

 

Le dégazage du méthane sous le permafrost n’est pas encore intégré dans les modèles calculant les perspectives de réchauffement climatique de 1 à 5 degrés. S’il se produit, il y aura effet d’emballement (dégazage de méthane induisant un réchauffement induisant du dégazage supplémentaire etc…). Les signes d’accélération observés par l’ESA sont-ils le début de cet emballement ? C’est une question pertinente à poser aux scientifiques œuvrant dans le grand Nord . En tout cas, le prochain rapport du GIEC en 2007 devrait être riche d’enseignement. Il y a fort à parier qu’il envoie un ultimatum aux gouvernements pour changer de braquet.

 

Le gouvernement français n’a pas encore pris la mesure des décisions à prendre, au moins au niveau de l’ambition. Nous avons tous les outils pour réussir en moins de 20 ans, mais si nous restons scotchés dans les starting-blocks, alors nous serons balayés, y compris sur le plan économique, par des pays plus conscients et dynamiques que nous.

 

En tout cas, à part Corinne Lepage, pas un seul candidat à la présidentielle de 2007 n’est crédible pour mettre en œuvre les décisions qui s’imposent pour l’avenir de nos enfants.

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 19:51

En matière de solutions au réchauffement climatique, il y a deux écoles. En Europe, on est bien conscient que la porte de sortie se situe dans l'inflexion de nos pratiques quotidiennes (transport, chauffage, alimentation), en Amérique du Nord, on pense que le progrès technique résoudra le problème. Dans ce deuxième cas, augmenter l'efficacité des puits carbone constitue-t-il un outil possible?

Il convient d'abord de préciser certaines choses sur l'effet de serre pour comprendre pourquoi les puits carbone constituent un enjeu.

Les modèles climatiques ont permis de découvrir que l'augmentation de la température moyenne à la surface de la terre était fortement corrélée à la concentration du carbone dans la haute atmosphère, celle-ci induisant ce que l'on appelle l'effet de serre.

Quant on parle d'absorption du carbone, il faut se représenter la dynamique du cycle du carbone, c'est à dire les échanges entre la terre et l'atmosphère. Autrement dit, à quelle vitesse  envoyons-nous le carbone dans l'atmosphère, combien de temps reste-t-il dans celle-ci, à quelle vitesse le carbone est-il absorbé à la surface de la terre?

Il est insuffisant de regarder les courbes moyennes de concentration carbone dans l'atmosphère intégrées sur des échelles de temps longues, il faut aussi regarder l'ensemble du cycle du carbone, et en tirer une représentation temporelle pour en connaître la dynamique émission-absorption-durée de vie. Cette dynamique est une équation d'équilibre qu'il faut connaître. 

Dans ce contexte, les forêts sont-elles un puits carbone suffisant pour ralentir le réchauffement climatique? La végétation peut-elle compenser l'élévation du taux de dioxyde de carbone atmosphérique en poussant plus rapidement? C'est l'enjeu de la recherche de Stephan Hättenschwiler au centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier.

En fait, comme on pouvait s'y attendre, plus les sols sont riches en azote, plus certaines plantes poussent vite, ce qui augmente leur potentiel d'absorption du carbone. C'est ce qu'ont démontré des américains qui ont suivi sur 6 ans la croissance d'espèces de prairies poussant sur des terrains enrichis ou non en azote, dans une atmosphère moins riche en CO2. (source P.Reich et al., nature, 440,922,2006). L'intérêt de cette étude est que pour la première fois, on a regardé les effets croisés du CO2 et de l'azote.

Va-t-on alors pouvoir construire un système végétal accélérant l'absorption de CO2 grâce à l'apport d'azote, constituant ainsi un système de compensation à nos émissions de gaz à effet de serre? Rien n'est moins sûr. Stephan déclare que des expériences de terrain, menées sur les forêts tempérées, montrent que les arbres adultes ne grandissent pas plus vite lorsque le CO2 atmosphérique augmente. D'autre part, la décomposition de la biomasse ou les incendies renverront du carbone dans l'atmosphère (source C.Kröner et al.,Science, 309, 1360, 2005).

Nous aurions tort de penser qu'en trafiquant la nature, cela nous permettrait  de continuer sur les mêmes modes de vie avec la même insouciance. C'est un risque que nous ne pouvons prendre. Les puits carbone ne constituent pas une solution durable au problème du réchauffement climatique.

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 21:51

Les causes de l'augmentation de la concentration de carbone dans l'atmosphère ne sont pas les mêmes suivant les échelles de temps que l'on observe. On peut remonter dans le temps jusqu'à 300 millions d'années en utilisant différents outils scientifiques. La biodiversité est un de ces outils.

Certes la biodiversité nous est indispensable pour vivre.

Mais on oublie une autre fonction essentielle. Elle constitue un stock d'indicateurs incomparable pour identifier l'état de santé de la planète, pour prévoir le climat futur en améliorant la connaissance des facteurs déterminants du climat passé, permettant ainsi d'améliorer la mise en équations des modèles climatiques et la connaissance sur les variables d'entrée de ces modèles, sur la sensibilité du climat à ces variables.

Toute activité humaine diminuant la biodiversité constitue non seulement un danger pour la survie de notre espèce, mais on prive également les générations futures des moyens de mesurer la dynamique de l'environnement dans lequel elles vivront.

Oui, la sauvegarde de la biodiversité est plus que jamais indispensable.     

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 23:08

L'enjeu énergétique et climatique est majeur et nos gouvernants actuels sont très loin de prendre les mesures qui s'imposent pour rendre notre pays efficace. La récente émissions "mots croisés" a posé les vraies questions, pas celles qui alimentent le sujet politique dans les grands médias actuels.

Le principal danger qui menace n'est pas macroéconomique, pour le moment seulement, comme l'a dit avec justesse Elie Cohen dans l'émission, mais social. En effet, les pays producteurs de pétrole recyclent leur argent dans l'achat de biens et de services dans les pays consommateurs, et dans l'achat d'actifs financiers, ce qui permet de maintenir des taux d'intérêts bas. Seul, aux Etats-Unis, ces investissements ne compensent pas la hausse de la facture pétrolière car les taxes sur les carburants sont faibles, mais ce phénomène ne pèse pas encore assez sur la croissance américaine.L'économie, tant que celle-ci ne souffre pas trop, continue de tourner à un bon rythme.

Par contre, le risque majeur est social, c'est donc la démocratie même qui est en danger. En effet, Les 15 millions d'actifs gagnant  moins de 1250 Euros nets en France vont souffrir de plus en plus au niveau du pouvoir d'achat. 

 

Qu'en est-il de l'hydrogène comme carburant?

 

Pour avoir un raisonnement correct sur cette question, il ne faut jamais oublié que la dimension temps est essentiel. C'est à dire combien de temps avons-nous pour éviter que les émissions de gaz à effet de serre ne s'emballent, dans combien de temps pourrons nous monter en volume la production de nouveaux systèmes, sachant que le temps de pénétration dans l'ensemble du parc automobile est de 20 ans environ?

On voit que l'hydrogène ne réprésente pas l'alternative espérée pour réduire les émissions de carbone.

D'autant que la production d'hydrogène peut ne pas être neutre au niveau des émissions de gaz à effet de serre, le CO2 en particulier.

Soit on produit  à partir d'hydrocarbures, par exemple le méthane, auquel cas on produit du gaz carbonique, donc de l'effet de serre. Le tableau suivant vous donne les émissions de gaz à effet de serre en grammes par km du puits jusqu'à la roue de la voiture (source IFP).

 

  

 

 

 

 

On voit que l'hydrogène comprimé produite à partir du gaz naturel (méthane), émet tout de même 108g de CO2 par km. Etant donné que nous allons allègrement sur 1 milliard de véhicules dans le monde, on voit que l'hydrogène n'est pas la panacée.

 

La deuxième façon de produire de l'hydrogène est de casser la molécule d'eau. Pour cela, il faut beaucoup d'électricité. Là, il faut avoir un chiffre en tête. Chaque fois que vous parcourez 1 seul kilomètre avec votre voiture, vous consommez 1kWh d'énergie. Il faut donc produire au moins cela pour faire tourner nos automobiles.

 

Une voiture parcourt, dans notre mode de vie moyen occidental, 15000km par an. Si toutes les voitures du monde font cela, cela nous mène à 15000 milliards de kWh, et il faudrait plusieurs milliers de centrales nucléaires pour produire cette électricité.

 

C'est là que la dimension temps intervient. Selon les chercheurs qui travaillent sur la question du permafrost dans les latitudes du Grand Nord, la fonte de celui-ci pourrait provoquer le relarguage dans l'atmosphère d'une partie des 450 milliards de tonnes de carbone (méthane plus gaz carbonique) dans l'atmosphère d'ici 2020.

Ceci aurait pour conséquence de provoquer un effet d'emballement du réchauffement. Il faut savoir que l'humanité entière émet aujourd'hui 7 miliards de tonnes de carbone dans l'atmosphère par an. De plus, nous devons (c'est un objectif gouvernemental) réduire nos émissions de gaz à effet de serre d'un facteur 4 d'ici 2050, et il est fort probable que nous devrions aller plus vite si les hydrates de gaz relarguent massivement du carbone dans l'atmosphère comme je le disais plus haut. 

 

Or, il faut à peu près une vingtaine d'années pour qu'une nouvelle technologie arrivée à maturité technique pénètre totalement le parc automobile. On voit donc que le travail sur le carburant et les moteurs est très insuffisant au regard des enjeux. Ce n'est donc pas là que se trouve la solution.

 

Un seul intervenant dans l'émission a parlé de la vraie solution, c'est de mieux organiser nos mobilités (voir mon article dans le blog transports de cap21 sur "fordisme et mobilité" et l'article "changer l'usage de l'automobile"). Bref, il faut d'abord mettre de l'intelligence dans notre mobilité et arrêter les gaspillages et en parallèle agir sur les carburants et les moteurs, mais ceux-ci ne feront gagner que 30% sur les émissions ges, pas un facteur 4. Donc pas de faux espoirs sur la pile à combustible. Travaillons sur l'organisation de nos modes de vie, comme une entreprise travaille sur son organisation du travail avant d'investir dans une inflation de machines.

 

 

 

 

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11 décembre 2005 7 11 /12 /décembre /2005 17:40

Le transport contribuant grosso modo pour un quart dans le problème du réchauffement climatique, il est indispensable de maîtriser les mécanismes de dégazage de carbones dans l'atmosphère pour pouvoir les expliquer au grand public, c'est pourquoi je donne dans cet article des sources passionnantes sur le sujet.

Je complète mon article du 9 Mars: "effet de serre, ça se gatte". En effet, l'évolution des études sur le pergélisol (permafrost est le terme anglo-saxon) montre que l'équilibre source/puits carbone dans les régions froides du Nord vont influencer considérablement la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, et pas forcément dans le bons sens. Suivant que la boucle de rétrocation sera positive ou négative (amplification et emballement ou régulation), nous ne subirons pas les mêmes impacts. C'est pourquoi j'ai rajouté sous cette introduction un extrait de textes de la commission géologique du Canada et une brève du site infoscience avec des liens pour ceux qui veulent approfondir. J'essaie d'établir le contact avec le responsable canadien afin d'être tenu au courant des nouvelles études et des résultats. 

Recherches sur le
P E R G É L I S O L
à la Commission géologique du Canada

Ce document présente un examen des études en cours et proposées du pergélisol et des changements climatiques menées par la Commission géologique du Canada (CGC). Ces études sont représentatives des principaux domaines de recherche à la CGC dans le contexte du pergélisol et des changements climatiques et sont résumées suivant quatre grands thèmes de recherche: Processus physiques, Régimes thermiques, Sources et puits de carbone et Nouvelles initiatives. Un grand nombre des études sur le terrain sont menées dans la vallée et le delta du fleuve Mackenzie. Cette région est historiquement celle qui a connu les élévations les plus importantes de la température de l'air au Canada au cours du dernier siècle.

1.Le problème .

Les modèles courants de la circulation générale prévoient un réchauffement substantiel aux latitudes élevées en Amérique du Nord en raison de l'accroissement des concentrations de gaz à effet de serre d'origine anthropique dans l'atmosphère. Les tendances historiques de la température révèlent un réchauffement de près de 2°C pendant le dernier siècle dans l'Arctique canadien occidental. De plus, des conditions extrêmes comme l'El Niño de 1998 ont engendré des températures moyennes annuelles de 5°C plus élevées que les conditions moyennes. Ces données indiquent que le réchauffement futur dans l'Arctique canadien occidental pourrait être plus important que dans d'autres parties du Canada. On s'attend à ce que ce réchauffement ait une incidence importante sur la stabilité du pergélisol. Il est par conséquent essentiel d'acquérir une bonne compréhension de l'incidence des changements climatiques dans les régions pergélisolées et de mettre ces connaissances à la disposition des décideurs envisageant l'adaptation au changement climatique dans le Nord.


2.Notre objectif .

Notre objectif consiste à fournir des connaissances géoscientifiques sur le pergélisol au Canada en rapport avec les incidences du changement climatique. De manière plus spécifique, nous cherchons à comprendre le rôle de la cryosphère dans le système climatique mondial et, réciproquement, les effets du changement climatique sur les processus touchant les étendues pergélisolées afin 1) de détecter le signal du changement climatique dans la cryosphère, 2) d'améliorer la formulation et l'évaluation des incidences du changement climatique et 3) de faciliter l'élaboration de mesures d'adaptation appropriées.

3.SOURCES ET PUITS DE CARBONE

Les changements de l'efficacité des sources et des puits naturels de carbone constituent une importante source d'incertitude lors de la détermination des tendances futures des concentrations de CO2 atmosphérique et, ultimement, des tendances du changement climatique. Le problème est particulièrement complexe en raison des mécanismes de rétroaction entre les concentrations de CO2 atmosphérique, les changements climatiques et les sources ainsi que les puits naturels de carbone. Le réchauffement du pergélisol pourrait avoir deux conséquences importantes; il pourrait modifier les sources et les puits de carbone en terrain inorganique et entraîner le dégagement de carbone additionnel actuellement stocké sous forme de méthane dans les hydrates de gaz. Une connaissance plus poussée de ces problèmes est essentielle pour la compréhension des tendances et des incidences futures des changements climatiques.

4.Terrain organique
S. Robinson, I. Kettles 

La biosphère terrestre représente un important puits naturel de carbone pour le CO2 atmosphérique. Cependant, les changements climatiques peuvent modifier le comportement de ces puits naturels pour en accroître ou en réduire l'efficacité et ainsi influencer davantage le devenir des gaz à effet de serre émis par des sources anthropiques. La fonte du pergélisol associée au réchauffement du climat pourrait changer de manière radicale les sources et les puits de carbone en terrain organique. Des résultats récents signalés dans la région de Fort Simpson ont suggéré que le stockage du carbone pourrait doubler suite au dégel du pergélisol. À l'inverse cependant, une fréquence accrue des incendies forestiers et de toundra pourrait engendrer d'importants flux de carbone et de matière particulaire qui pourraient accroître les quantités de gaz à effet de serre. Les recherches sur le terrain dans la vallée du Mackenxie englobent des études du stockage et des flux du carbone dans les tourbières en rapport avec le dégel du pergélisol et une évaluation du rôle des incendies dans la dynamique des tourbières.

5.Hydrates de gaz
S.R. Dallimore, J.F. Wright, F.M. Nixon

Les hydrates de gaz présents sous les plates-formes continentales du globe et associés au pergélisol profond constituent la plus importante source individuelle connue de carbone mobile. L'hydrate de méthane, qui serait le plus commun des hydrates de gaz, n'est stable que dans des conditions très spécifiques de faibles températures et de pressions modérées. Lorsque ces conditions sont modifiées par des processus comme le réchauffement climatique ou des fluctuation du niveau de la mer, il y a un risque important d'un accroissement du flux de méthane dans l'atmosphère. Les recherches dans le delta du Mackenzie, la mer de Beaufort et l'archipel Arctique sont axées sur l'évaluation de la répartition de l'hydrate de méthane et sa sensibilité au réchauffement climatique. 


 Article de Infosciences

Surplus de carbone organique dans la région arctique

7 déc. Une étude réalisée en 1992 avait évalué à 1 milliard de tonnes le carbone organique contenu dans le sol de la zone arctique semi-désertique (recouverte d'herbe sur 20% à 80%). Mais une nouvelle campagne de recherche de 3 ans, menée près de la base aérienne de Thulé au Groenland par Jennifer Howath, de l'Université de Washington (Etats-Unis), et ses collègues bouleverse les précédents chiffres. Dans la région semi-désertique, la quantité de carbone serait en fait de 8,7 milliards de tonnes et de 2,1 milliards de tonnes dans la région désertique polaire, ce qui représente une révision à la hausse d'un facteur 9 et 125 respectivement. Cette différence est en grande partie due à la profondeur des analyses, présentées lors du congrès de l'American Geophysical Union (AGU). Dans le premier cas, les chercheurs avaient creusé jusqu'à 0,25 m sous la surface ; dans le second, ils ont poussé jusqu'à 1 m de profondeur. Les implications de ce changement de données dans le scénario d'un réchauffement des latitudes élevées restent incertaines. Certains scientifiques pensent que la hausse des températures pourrait favoriser le développement des plantes qui absorberaient alors plus de carbone. D'autres en revanche prévoient une diminution de cette absorption en raison d'un recul du permafrost (avec émissions de CO2 et de CH4). De nouvelles modélisations informatiques tenant compte des nouveaux paramètres devront sans doute être réalisées afin de mieux comprendre l'évolution de l'environnent nordique. (UW / S&T Presse)

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9 mars 2005 3 09 /03 /mars /2005 00:00

Le permafrost du grand Nord fond à vitesse impressionnante et risque de libérer une partie des gaz à effet de serre emprisonnés dessous. Nous risquons l'emballement thermique de la planète. Il y a urgence.


J'ai découvert ce phénomène en Décembre 2004 dans un rapport de recherche relaté dans la revue les dossiers de la recherche,
numéro trimestriel de Novembre 2004-Janvier 2005 page 58 à 61.

Ce phénomène m'a été confirmé aujourd'hui même par Corinne Lepage qui a assisté à un colloque sur le sujet. Dans cet article, vous avez tous les éléments pour vous documenter avec précision. J'ai sollicité le président de l'association uspermafrost, Vladimir Romanovsky, pour avoir un suivi d'actualité sur le sujet et une correspondance permanente.


Dans cet article, il est effectivement expliqué que le permafrost (sol gelé sous lequel il y a de la végétation en décomposition
générant du méthane (puissant gaz à effet de serre et beaucoup plus puissant que le CO2) et stockant 400 milliards de tonnes de
GES ne demandant qu'à être émis)) fond à une vitesse étonnant tous les observateurs au nord canadien, en Suède, en Sibérie,
etc...C'est la vitesse du phénomène qui étonne. Le dégel du permafrost est 3 fois plus rapide qu'il y a quarante ans. La vitesse
du dégel continue d'augmenter (il y a donc accélération du phénomène).
Le permafrost (tout sol gelé pendant plus de deux ans en est), constitue le quart des terres émergées de l'hémisphère Nord.
On constate des affaissements de bâtiments, des oléoducs cassés et d'autres infrastructures endommagées en Alaska et en Sibérie.
On est dans des effets d'emballement et de cercle vicieux dans le mauvais sens.
Si cela s'accentue, on ne sait plus du tout où on va en terme de bilan radiatif de la terre et donc de la température.

Je vais prendre contact avec ces chercheurs pour suivre. Il y a déjà un site internet www.uspermafrost.org.

Les noms des chercheurs sont:

Phil Camill, chercheur spécialiste en écologie végétale au Carleton College de Northfield, Minnesota et observateur du Nord
Manitoba au Canada.
Vladimir Romanovsky, géologue à l'université d'Alaska.
Lawson Brigham de la US Arctic Research Commission à Fairbanks.
Torben Christensen de l'université de Lund en Suède

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Published by Dominique Bied - dans changement climatique
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