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Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:31

Voici un article prélevé sur le blog de l'association de cyclistes urbains velomaxou de Mulhouse. Cet article très intelligent démontre comment, par une rédaction inapropriée, on fabrique l'idée que le vélo est un mode de transport dangereux alors que c'est axactement l'inverse.

 

Voici l'article de velomaxou

 

"Les chiffres provisoires 2009 de la Sécurité Routière commencent à être publiés.

Ils meublent les sujets de société de nos gazettes.

Vélomaxou n'est pas en reste.

Ainsi en Alsace, les accidents de la circulation ont occasionné 93 morts.

93 morts de trop!

Mais avec des chiffres, les commentateurs peuvent se permettre d'habiles montages pour masquer la réalité des choses.

C'est le cas du journal "l'Alsace" qui dans son édition du 12 janvier ne craint pas ce subtil amalgame:

"...les usagers de la route les plus vulnérables, (piétons, cyclistes et motards) représentent avec 45 victimes désormais 48,5 % des tués (43,5 % en 2008)."

Avec une telle affirmation, on serait tentés de dire qu'il suffit de supprimer piétons, cyclistes et motards pour diviser les chiffres de la mortalité routière par deux.

Quelle est la réalité des chiffres des tués en Alsace?

année

2009

2008

VL

48

54

PIETONS

8

16

2 ROUES MOTO

34

23

CYCLES

3

3

 

93

96

(journal l'Alsace 12 janvier 2010)

Vélomaxou en fait une toute autre lecture.

1/ les véhicules motorisés sont à l'origine de près de 90% des tués sur nos routes d'Alsace et les deux roues motorisés comptent pour beaucoup. A telle enseigne que les pouvoirs publics ne savent comment endiguer l'hécatombe des motards qui se tuent chaque été dans le massif vosgien.

Alors on camoufle ce triste constat en associant piétons et cyclistes aux deux roues motorisés. C'est moins pire!

2/ les piétons ont fait beaucoup de progrès puisqu'ils sont moitié moins à "s'être" tués en 2009. Non, en vérité, ces piétons tués l'ont été tout simplement parce qu'ils ont été renversés par des véhicules.

3/ les cyclistes sont les plus vertueux puisqu'ils ne sont "que" trois à s'être tués au guidon de leur vélo. Et encore! on ne sait pas s'ils se sont tués seuls en descendant le Grand-Ballon ou accrochés par un automobiliste ou un camion...

Conclusion: faites du vélo! C'est le moyen de transport individuel le moins dangereux. Et plus nous serons nombreux, moins il y aura de morts sur nos routes."

 

 

J'ajouterai en sus qu'il est plus dangereux de ne pas faire du vélo. La sédentarité est le vrai cancer de notre société. Ne pas faire de vélo pour se déplacer est un problème de santé publique: cancer, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, asthme etc... Une thèse du docteur Jean-Luc Saladin le démontre, c'est ici:

http://www.lehavresante.com/types/THESEEMO.pdf  avec un résumé ici:

http://www.grenelle-estuaire.fr/userfiles/JLSaladin_2_1.pdf

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Published by visiontransport - dans transports de personnes
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commentaires

Jouan Lionel 18/04/2010 16:01



En sus, il est faux de dire qu'un cycliste sur une route de campagne déserte est moins en danger. Attention si la route est déserte, ça
veut dire qu'il est tout seul, donc qu'il ne risque de rencontrer aucun autre usager !!!! Avouez que dans ce cas sa sécurité est meilleure, sauf à tomber tout seul, mais là .... Maintenant il est
évident que plus la circulation est multiple et dense plus sa situation devient précaire. Bien sûr que plus le delta des vitesses est grand plus le risque est grand. Ce que je stigmatisais c'est
le fait de tirer des ratios en ne s'appuyant que sur un seul élément, car je maintiens que le nombre de cyclistes réguliers n'est pas connu. Nous avons eu un dramatiqe accident à Nantes avec la
mort d'une jeune femme, j'ai fait l'analyse de cet accident, que j'ai communiquée à mes amis politiques locaux, qui sont aussi vos amis politiques, et à l'associaition de cyclistes considérée
comme représentative sur Nantes, si ça vous intéresse je peux vous la communiquer. Ce cas typique montre clairement que c'est l'incohérence des aménagements qui est un facteur d'accident, la
vitesse n'était absolument pas en cause. Croyez-vous que le nécessaire a été complètement fait ? Non il est beaucoup plus facile d'incriminer les usagers motorisés. Même si je ne fais plus
actuellemnt de vélo, j'ai conduit toute sorte d'engins, du vélo à la moto de grosse cylindrée, de la 2 cv à la grosse berline, de la petite fourgonnette au 40 tonnes, et je suis médaillé de la
Prévention Routière, donc je pense pouvoir parler sainement. La première condition pour une circulation sécurisée réside dans la séparation effective des flots à delta de vitesse important,
réduire drastiquement la vitesse la plus grande ne peut être qu'un palliatif ponctuel, en restant bien sûr dans des vitesses raisonnables. Celà implique des aménagements routiers et urbains qui
soient cohérents, or ce n'est jamais le cas, malheureusement, et il faut louer la vigilance de tous car on passe souvent à côté de drames. Nantes est un exemple flagrant d'incohérences, et le
plan présenté par la ville n'est qu'une accumuilation de poncifs éculés, loin du plan présenté par vos amis politiques locaux, oui très loin !!!


remarques en toute amitié.


lionel.jouan.2@numericable.fr



visiontransport 18/04/2010 16:20



Je suis d'accord avec vous sur l'incohérence des aménagements. Mais la perfection n'existe pas. Faut-il attendre alors que tout soit parfait pour prendre son vélo. La réponse est non. Le risque
zéro n'existe pas, mais avec une bonne formation, le vélo est le moins dangereux de tous les modes de transports mécanisés. Cela fait 20 ans que je milite pour les aménagements vélos, après
l'échec cuisant de l'ensemble des actions menées en terme de volume d'usages, je suis arrivé à la conclusion qu'il faut arriver à un comportement apaisé pour les motorisés. C'est pourquoi nous
avons maintenant décidé de nous battre pour la ville 30 (30 par défaut et autre par exception). Il y aura toujours des incohérences, mais si on respecte des principes de base, alors on limite
fortement le risque d'accidents. Ces principes sont les suivants quelque soit les véhicules: vitesse apaisée, très apaisée lorsque la visibilité de la voirie est insuffisante (carrefours etc...),
respect sans faille des distances de sécurité, ne jamais frôlé un autre véhicule ou un piéton etc...


Ce n'est pas en disant que le vélo est dangereux que l'on fera repartir l'usage, les statistiques montrent incontestablement que l'on risque plus dans un engin qui va vite.


Envoyez-moi votre dossier d'accident, je vous le commenterai sans concession.


 


 



jouan 17/04/2010 18:48



Eh oui mon cher monsieur tout le monde manipule les chiffres!!! Mais vous le premier, car comment établir un ratio à partir du nombre de tués de chaque catégorie d'usagers sans le ramener au
nombre d'usagers pratiquants ? Et le nombre d'usagers prfatiquants personne ne le connait !!! Oui faire du vélo tout seul donc sur une route déserte présente peu de dangers, mais déjà avec 2
cyclistes on introduit un risque potentiel, et plus il y aura de cyclistes plus le risque sera grand, même à interdire de circulation toutes les autres catégories d'usagers !!!



visiontransport 18/04/2010 13:14



Si, on connait parfaitement le nombre de pratiquants réguliers du déplacement vélo. Il y a des comptages réguliers de faits, moins en France, mais beaucoup en Europe du Nord, en Allemagne, en
Belgique, en Italie. Des études ont été publiées, en particulier les travaux du CNRS, qui démontrent que plus il y a de cyclistes, moins il y a d'accidents et de victimes. La raison est que cela
ralentit considérablement les véhicules motorisés. Et la vitesse est toujours un facteur d'accident et d'augmentation du nombre de victimes et de la gravité des conséquences d'accidents. Une
ville italienne comme orvieto a diminué considérablement l'espace de voirie affecté aux motorisés avec un grand succès. En sus, il est faux de dire qu'un cycliste sur une route de campagne
déserte est moins en danger. Les vitesses pratiquées sur le réseau secondaire sont telles que le nombre de cyclistes accidentés est égal à celui en milieu dense.


Redévelopper la pratique du vélo dans nos déplacements est une obligation de santé publique et de sécurité routière d'une part. D'autre part, le vélo est légitime sur toutes les voiries dans des
conditions de sécurité correctes, soit par des aménagements spécifiques, soit par une réduction drastique des vitesses.


Allez en Suède ou au Danemark ou en Allemagne, vous verrez ce qu'est réellement une conduite apaisée, et un pays à vélo.


 



sixtine 23/02/2010 07:08


Merci de votre visite et de votre commentaire auquel j'adhère par ailleurs.
De gros efforts se doivent d'être entrepris pour faciliter et adapter la circulation de tout un chacun, quel que soit le mode de déplacement ...
Il faut sécuriser davantage et les villes ont un grand retard en ce sens ...
Bonne journée.