Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

Recherche

8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 13:17

Cet article vise à mettre à jour les précédents évoquant les techniques BRF et agroforesterie, ses liens internet.

 

Une excellente émission sur ce sujet a été diffusée par France Inter le Samedi 21 Avril, CO2 mon amour, interview de Bruno Parmentier, ex directeur de l'école supérieure d'agriculture d'Angers. On peut réécouter cette émission en différé sur le site de France inter.

 

L'agriculture biologique intensive vise à intensifier le ver de terre au lieu du tracteur et du pétrole. Le ver de terre, travaille la terre mieux et plus finement le sol que le tracteur et la charrue. Ceci permet de faire du semis direct. Elle vise à intensifier la production de champignons (lignine par le BRF) et de bactéries apportant à la terre et à la plante les nutriments nécessaires et les substances permettant de lutter contre les maladies. On mélange les plantes avec les arbres et les haies (on remet des haies et on intensifie l'agroforesterie), on fait de la polyculture et de la rotation des cultures. Ainsi, le sol s'enrichit considérablement et donne des rendements quasi équivalents à l'agriculture hors sol à prix de revient moindre pour l'agriculteur. Or l'érosion des sols est le problème majeur à une époque où il faut augmenter la production mondiale de 70% pour nourrir la planète. Au lieu de construire des usines pour produire des substances chimiques compensant les dégâts de l'agriculture intensive ou même raisonnée actuelle (il faut 2 tonnes de pétrole pour produite 1 tonne d'engrais), consommant énormément de pétrole ou d'énergies fossiles, utilisons les services gratuits de la nature et tout ira bien.

 

L'agriculture biologique intensive est la seule solution possible, à un prix raisonnable, pour nourrir la planète sans dégrader la ressource première, les sols. 

 

Pour le BRF, voir les sites

 http://www.cta-stree.be/ 

http://fermedupouzat.free.fr/

 

Pour l'agroforesterie, voir le site:

 

http://www.agroforesterie.fr/

 

http://vimeo.com/13029169


Né en 1948, Bruno Parmentier est ingénieur civil, diplômé de l’Ecole des Mines de Paris. Il a une maitrise d’économie obtenue à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. 
Il a débuté sa carrière professionnelle par une mission d’un an au ministère de l’environnement suivie d’une expérience de deux ans comme Directeur adjoint de Prodecor, un programme public de développement agraire au Mexique. De 1976 à 1977, il a créé et dirigé Procon, une ONG privée de développement urbain à Mexico. De 1978 à 1981, il a été Directeur département mécanique et Directeur commercial chez Lip à Besançon puis de 1981 à 1985, Directeur commercial et financier aux Editions La Découverte. L’essentiel de sa carrière s’est ensuite déroulée dans la presse et l’édition, notamment comme Directeur général des Editions La Découverte et Syros de 1996 à 1999 et des Editions du Cerf de 1999 à 2001. En 2002, il devient Directeur général du Groupe ESA, l’école supérieure d’agriculture d’Angers. Un poste qu’il conservera jusqu’en 2011. Il est l’auteur de Nourrir l’humanité, les grands problèmes de l’agriculture mondiale au XXIème siècle (Editions La Découverte, 2007) et Manger tous et bien (Editions du Seuil, 2011).

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 22:47

Notre président a une fois de plus usé de son formidable talent oratoire pour dresser les méchants écologistes intégristes contre les agriculteurs bretons dont les rejets posent un problème considérable de qualité de l'eau et de fabrication d'algues vertes due aux rejets de nitrates.

 

Notre président n'a décidément rien compris à ce qu'est le développement durable, le mariage de la compétitivité économique avec le rejet minimum de déchets et la consommation minimum de ressources.

 

Notre président n'a jamais mis les pieds dans un service qualité d'entreprise pour dire ce qu'il  a dit. Il veut résoudre le problème des algues en massifiant la méthanisation des algues pour produire de l'énergie et fournir aux agriculteurs un revenu complémentaire. On est donc dans la réparation des dégâts sans s'orienter avec fermeté dans une minimisation des rejets et dans la prévention. La méthanisation est utile à massifier, mais pas comme cela.

 

Dans une entreprise, la politique qualité consiste à minimiser les rebuts, les retravaillages, dès la conception des produits pour diminuer les coûts de revient. C'est la seule politique qui permet de ne rien gaspiller et d'être compétitif. Toyota l'applique depuis longtemps, suivi aujourd'hui par toutes les entreprises qui produisent. Pourquoi les agriculteurs n'apprendraient-ils pas, par la formation, l'intelligence dans l'agronomie, la haute technologie agronomique reposant sur un minimum d'intrans les bonnes méthodes de production comme l'agriculture BRF. Ce ne sont pas des efforts à faire pour eux, c'est simplement s'améliorer constamment et faire son travail de tous les jours comme il faut en tenant compte de son impact sur son environnement.Il s'agit de jouer gagnant gagnant.

 

La politique environnementale d'un pays doit s'inspirer de la politique qualité dans les entreprises. Elle doit être rassembleuse, jouer gagnant gagnant. C'est ce que tous les écologistes ont fait depuis longtemps, hors de tout intégrisme, contrairement à ce que dit notre président, mais en subissant sans arrêt la pression des lobbies. On se demande où sont les vrais intégristes. Nous sommes en face d'un intégrisme du productivisme d'un autre âge. La parole présidentielle qui divise, caricature, se disqualifie. Décidément, notre président et son gouvernement n'a plus sa place dans ce pays qui attend un élan d'enthousiasme pour se tourner vers un nouveau siècle où tout est à faire et à refaire à la fois sur le plan économique, social, fiscal et environnemental. Nous assistons tristement à la fin d'un  monde où poursurvivre, un gouvernement donne dans l'excès le plus caricatural.

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 13:10
Voici un article du parisien qui montre une fois de plus la pertinence de changer de mode agricole.


Pour la première fois, les mécanismes de la toxicité de quatre différentes formulations de Roundup® ont été mis en évidence (1) sur des cellules humaines dans une nouvelle étude ( de l’équipe du Professeur Gilles Eric Seralini publiée dans la revue scientifique américaine de renom « Chemical Research in Toxicology ». L’étude montre que ces formulations (2) de Round Up® agissent à des doses infinitésimales (dilués jusqu'à 100.000 fois ou plus) et elles programment la mort cellulaires en quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l'ADN, et empêchent la respiration cellulaire. Différents types de cellules humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement utilisées pour mesurer la toxicité des polluants. L’étude montre également que le mélange de différents constituants adjuvants (3) des Roundup® amplifie l'action du principe actif de l'herbicide, le glyphosate; et qu’un de ses produits de transformation (l’AMPA) peut être encore plus toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des Limites Maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente.


Le MDRGF salue cette nouvelle étude. L’association demande aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de réévaluer les diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants. De plus « le MDRGF s’associe au CRIIGEN (4)pour demander que les analyses de sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale soient immédiatement rendues publiques, car elles pourraient masquer des effets indésirables. » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF qui s’inquiète également de la présence de ces résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à l’alimentation animale.

notes :

1 : “Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells.” Nora Benachour and Gilles-Eric Seralini . Chem. Res. Toxicol. 2008
En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
2 : Les formulations de Round Up® sont des herbicides répandus sur la majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja au Roundup, le principal OGM importé en Europe.
3 : Un des principaux adjuvants est le polyethoxylated tallowamine ou POEA . Ces adjuvants sont considérés comme inertes.
4 : http://www.criigen.org/

Lisez l'article du Parisien de ce 26 12 08 sur le même sujet ci-dessous :

Environnement
Nouvelle polémique sur le Roundup
Frédéric Mouchon Le Parisien
26 12 08

Le roundup est l’un des herbicides les plus vendus au monde. Et la marque phare de la firme américaine Monsanto, qui s’est depuis spécialisée dans la commercialisation de semences OGM résistantes… à son propre produit. Dans une enquête publiée cette semaine par la revue scientifique américaine « Chemical Research in Toxicology », Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l’université de Caen, affirme avoir « élucidé les mécanismes de la toxicité du produit sur des cellules humaines ».


« Notre étude montre que l’utilisation, sur des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, de différentes formulations du Roundup, diluées à des doses infinitésimales (jusqu’à 100 000 fois), provoque en quelques heures la mort des cellules », détaille le chercheur.
La toxicité de la molécule active de l’herbicide, le glyphosate, est déjà connue, ainsi que les effets nocifs pour la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses. Mais les travaux du professeur Séralini montrent que le mélange d’autres substances dans les différentes formulations du composé « amplifie l’action du principe actif ».

« C’est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose »

« Un de ces produits de transformation peut être encore plus toxique que le glyphosate lui-même, et ceci est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle », déplore le chercheur. Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) s’inquiète aussi « de la présence de résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe et servant à l’alimentation animale ». Il demande donc aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de « réévaluer les différentes formulations du Roundup en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants ». « Le Roundup est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose, rétorque une porte-parole de Monsanto. Pourquoi vouloir détourner son usage normal pour dénigrer systématiquement le produit ? »
La multinationale a d’ailleurs édité un guide des bonnes pratiques du désherbage à l’intention de ses usagers, par exemple de ne jamais le pulvériser « quand il y a du vent, pour éviter toute projection sur vous-même et sur les plantes voisines que vous souhaitez préserver ». « Concernant les OGM tolérants au Roundup, reprend sa porte-parole, les exigences fixées aux industriels en matière de résidus de pesticides autorisés sont de haut niveau ». La Commission européenne vient d’ailleurs d’autoriser l’importation dans l’Union européenne d’un nouveau soja OGM de Monsanto (le MON 89788). Conçu à des fins alimentaires par la firme américaine, cette espèce de soja est aussi appelée Roundup Ready 2. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire estime qu’il ne présente « aucun risque pour la santé humaine ou animale ».
Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 20:02
Je viens de terminer la lecture du livre de Marie-Monique Robin, le monde selon Monsanto. Ce livre montre bien toute l'étendue de la difficulté pour concilier développement et préservation des ressources pour un développement futur.

Les OGM en soi ne sont pas une malédiction. C'est l'usage qui en est fait aujourd'hui qui pose problème, et les dégats sont considérables:

-plus de 2000 suicides d'agriculteurs en Inde en 6 ans avec une accélération.
-une dépendance accrue des agriculteurs à l'industrie agroalimentaire.
-un endettement catastrophique lorsque les résultats des récoltes ne sont pas au rendez-vous.
-une vitesse d'érosion vertigineuse des sols.
-une réduction importante des variétés de céréales ou de coton constituant des autoroutes à maladie. Le Mexique est en train de perdre la plus grande variété de Maïs au monde, donc son patrimoine de semences, donc son revenu à court terme.
-des déforestations massives en Amérique du Sud (Paraguay ou Mexique) avec un véritable extermination de population, armes et corruption à l'appui, de même que le dénigrement de chercheurs indépendants mettant en évidence des problèmes sanitaires ou environnementaux.

Aujourd'hui, il n'existe dans les champs que des OGM résistants aux herbicides, ce qui permet à Monsanto d'écouler ses herbicides, où des OGM produisant le pesticide à l'intérieur de la plante. On est loin de l'amélioration des semences telle qu'elle se pratiquait depuis des centaines d'années.

En fait, on est là devant toute la problématique posée par une entreprise privée incontrôlable de fait et incontrôlée souhaitant grandir à l'infini alors qu'elle est déjà leader mondial en production de semences OGM.  L'objectif d'une entreprise mature est de croitre. Or si  sa production  induit  des  impacts  très négatifs sur la santé  et/ou  l'environnement, alors, plus  elle produit,  plus elle pollue.

C'est bien la nature et ce que l'on met comme définition sur le mot développement qui est la bonne question.

En matière d'agriculture, nous avons tous les outils pour nourrir 9 milliards d'individus  en faisant accéder à la richesse  les populations faibles.  Il s'agit d'amplifier les échanges de savoir-faire énormes qui existe depuis des millénaires en milieu rural, en les associant à une recherche bien financée sur la vie organique du sol. Il faut livrer du savoir plus que des dollars.   
 
Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 22:02
La terre se meurt à toute vitesse.  On savait que l'air, l'eau, le climat étaient profondément dégradés par les modes de vie ocnstruit depuis le 19 ème siècle. Ce que l'on savait moins, tout au moins dans le grand public, c'est que l'érosion des sols, ce qu'il se passe 30cm sous nos pieds. C'est le constat que dresse Daniel Nahon dans son récent ouvrage L’épuisement de la terre: L’enjeu du XXI e siècle (Odile Jacob).

Ce constat met d'autant plus en relief l'agriculture BRF associée à l'agroforesterie comme solution à l'aggradation des sols et non à la dégradation des sols que nous promettent la chimie minérale et les OGM. Il est urgentissime d'orienter les crédits de la recherche sur la vie des sols. Cela devrait être le socle de la politique agricole du Modem. Il y a un aussi énorme effort de formation des agriculteurs à faire.

Vous pouvez aller sur ce blog, dans la rubrique agriculture, consulter les articles concernant cette technique du futur, dont des expériences réussies ont eu lieu en France et en Belgique, au Canada.

Voici l'article diffusé par cap21 Grand-Ouest:

La terre: pelure de vie :

 

Péril en nos jardins

Les sols des champs, des forêts, des jardins sont de plus en plus maltraités. Or, la vie sur Terre dépend des ces 30 cm sous nos pieds !

De mon jardin, à Québec, le centre de la Terre est aussi loin que Lima ou Varsovie. La croûte terrestre, partie solide sur laquelle reposent les continents, est épaisse de 35 km; c’est la distance de chez moi à la banlieue. La couche modifiée par l’eau infiltrée, qu’on appelle le sous-sol, fait moins de 300 m; à peine le trajet jusqu’au bout de la rue. Mais la vie sur Terre dépend des premiers centimètres qui se trouvent directement sous mes pieds. Si, partout dans le monde, on détruisait le sol sur une profondeur équivalente à la longueur de mon avant-bras, la Terre deviendrait aussi désolée que la planète Mars.

Et au rythme où vont les choses, on risque d’en arriver là plus vite qu’on ne le pense. « Les sols de nos champs, de nos pâturages, de nos forêts et de nos jardins sont de plus en plus sollicités, maltraités, amendés en dépit du bon sens, retournés, grattés, érodés, négligés. Ils s’épuisent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Le sol, soubassement fécond qui a permis l’aventure de l’humanité et la conquête de notre planète, se tarit et ne pourra plus, au rythme de son érosion, nourrir les 9 ou 10 milliards d’humains que nos sociétés porteront vers le milieu du 21 e siècle. » Cette affirmation de Daniel Nahon, tirée de son récent ouvrage L’épuisement de la terre: L’enjeu du XXI e siècle (Odile Jacob), fait froid dans le dos, alors que le monde est en pleine crise alimentaire. Professeur de géosciences à l’Université d’Aix-en-Provence, le chercheur a longtemps travaillé en Afrique, au Brésil et aux États-Unis. Il lance un appel à la mobilisation: le sol se dérobe sous nos pieds, les terres arables, les seules à pouvoir nourrir l’humanité, sont comptées. Il est temps d’agir.

-L’an dernier, 150 spécialistes réunis en Islande avaient communiqué le même message, qualifiant la dégradation des sols de « crise silencieuse », qui aurait déjà une incidence sur le tiers de l’humanité. Et selon le rapport GEO4 (Global Environment Outlook) sur l’état de la planète, publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en novembre, l’état des sols est aussi préoccupant que les changements climatiques, dont il est indissociable, à la fois comme cause et comme conséquence. Mais il est loin de faire l’objet d’autant d’efforts.

L’ensemble des sols qui recouvrent les continents comme une peau constituent la pédosphère (du grec pedon, qui signifie « sol »). Comme l’atmosphère et la biosphère, auxquelles elle est étroitement liée, la pédosphère est nécessaire à la vie. Elle est née il y a 500 millions d’années, permettant à la vie de quitter l’eau pour s’établir sur la terre ferme. Il existe des milliers de types de sols, façonnés par les conditions et l’époque de leur construction. Ceux du Québec datent de la dernière glaciation, il y a 12 500 ans. Les plus profonds n’ont pas atteint un mètre d’épaisseur. Ceux des tropiques, plus anciens, font quatre ou cinq mètres tout au plus.

Le sol est le grand incompris de notre planète », dit Martin Chantigny, biochimiste au Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures du ministère de l’Agriculture du Canada et président de l’Association québécoise des spécialistes en sciences du sol. On le considère comme banal et immuable, alors qu’il est fragile et non renouvelable à l’échelle d’une vie humaine. « On sait qu’on a besoin d’air pur et d’eau claire pour vivre, explique François Courchesne, spécialiste en géochimie des sols et directeur du Département de géographie de l’Université de Montréal. Mais les gens, y compris bien des scientifiques, voient le sol comme une espèce de cochonnerie dont on ne saisit pas le rôle essentiel. »

La pédosphère est, à l’interfaceentre la terre, l’eau et l’air, un mince biofiltre qui piège, stocke, trie et redistribue les éléments nécessaires à la vie: carbone, oxygène, hydrogène, azote, métaux… C’est le garde-manger de la planète. Une simple poignée de terre abrite un monde fascinant, mélange subtil de solides, de liquides et de gaz, de matières organiques et minérales, où évoluent une multitude d’êtres vivants, pour la plupart microscopiques et inconnus. Le sol retient 60 % de l’eau douce du monde, sans compter les nappes phréatiques, situées dans le sous-sol.

-C’est dans les premiers centimètres que l’activité est la plus intense: il existe plus d’espèces de bactéries, de virus ou de champignons vivant dans le sol qu’au-dessus. Au Québec, un gramme de sol forestier cache trois milliards de bactéries. Un mètre carré de prairie héberge près d’un demi-kilo de vers de terre, qui, en 10 ans, auront digéré presque tout le contenudes 10 premiers centimètres de sol. La biodiversité souterraine est loin d’avoir livré tous ses secrets. En avril, des chercheurs britanniques ont eu la surprise de trouver un véritable tapis de cyanobactéries — les fameuses algues bleu-vert — à la surface des dunes du désert du Kalahari, en Afrique australe. Elles forment là un sol ultramince qui retient le sable et permet la vie dans le désert. Le sol, comme l’air ou l’eau, peut aussi transmettre des maladies: celle de la vache folle, par exemple, passe par le sol des prés. Et le prion, agent de l’encéphalopathie spongiforme, n’est jamais aussi virulent que lorsqu’il est liéà de l’argile, a-t-on découvert ce printemps.

Dans les dernières décennies, la pédosphère a été mise à rude épreuve par les activités humaines. L’étendue des dégâts est difficile à mesurer. La seule étude exhaustive menée à ce jour date de 1991. L’Évaluation mondiale de la dégradation des sols (GLASOD) estimait alors que 10 millions de km 2 de sols étaient gravement dégradés, sur les 115 millions qui couvrent les continents. Depuis, les surfaces touchées auraient encore grandi: selon le PNUE, de 1981 à 2003 seulement, près de 14 millions de km 2 de sols — une fois et demie le Canada — auraient perdu une partie importante de leur capacité de produire de la biomasse, indicateur clé de leur état de santé.

-(origine Rogers-médias-partners-)
Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 21:52

Le développement des OGM en plein champ à des fins alimentaires animales ou humaines est-il vraiment de nature à contribuer au développement des pays en crise de hausse des prix des aliments?  Est-il  de nature  à rendre autonome  une agriculture vivrière efficace avec des bons rendements.

 Les expériences menées dans un passé récent en Argentine ont des résultats pour le moins contestables. De plus, l'aspect monoculturale des applications OGM en plein champ constituent des autoroutes à maladies à propagation rapide à grande échelle.

Or, sur le milliard d'agriculteurs dans le monde, très peu sont mécanisés, encore moins sont motorisés. D'autre part, il y a des méthodes de fertilisation très efficaces comme le BRF associé à l'agroforesterie évitant la consommation d'eau et d'intrans, (engrais, pesticides, herbicides). Des progrès dans ces deux directions peuvent être rapidement faits et cela suffirait largement à nourrir la planète sans OGM.

La majorité des politiques se désintéressent de solutions peu couteuses et efficaces et font preuve de beaucoup d'amateurisme dans les dossiers sur l'environnement.  Il est dommage d'opposer l'équilibre économique de l'agriculture à la culture biologique et la culture BRF. Certes, les agriculteurs qui utiliseront les OGM verront leurs rendements augmentés à court terme. Mais à long terme, leurs sols vont s'épuiser plus vite et tout le monde agricole sera perdant.

Ce reportage sur le soja OGM en Argentine illustre cette question de l'érosion des sols http://www.dailymotion.com/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant. Dommage, car des alternatives tels que le BRF associé à l'agroforesterie nécessiteraient d'amplifier les efforts de recherche pour déployer ces agricultures beaucoup plus performantes globalement que toutes les autres selon les trois paramètres économique, social et environnemental. Les expériences pilotes ont déjà marchées (à Livernon, à Strée près de Liège, au burkina fasso, au Sénégal). Les recherches concernent donc l'optimisation des méthodes et l'adaptation aux différents sols pour le déploiement à grande échelle.

 Je vous donne toutes les références pour vous former sur ces techniques très innovantes, vous approprier le sujet. La nouvelle loi OGM porte un grave préjudice et supprime la chance à de vraies solutions long terme d'émerger.

On voit que les OGM seront loin d'être la solution miracle pour résoudre la faim dans le monde.

 Alors, on n'a pas besoin d'OGM en plein champ hormis pour satisfaire la compétition agricole, pour avoir le plaisir de celle-ci et d'être dans les premiers producteurs du monde. On a le droit de penser cela, mais on n'a pas le droit d'utiliser des arguments fallacieux pour justifier les OGM (nourrir la terre, diminuer les pesticides, meilleur respect de l'environnement). 

 

L'agriculture en bois raméal fragmenté va au delà de l'agriculture biologique en terme de performance.  Si vous avez le temps et aussi la patience de lire un peu ces documents, vous serez passionnée par ce sujet.  Cette filière ne demande qu'à se développer avec le réseau de recherche de l'université de Savoie. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour chercher dans les OGM et aboutir à terme à un appauvrissement des sols, il vaudrait mieux financer plus largement des recherches générant de la vie dans le sol, perfectionner les BRF, comprendre la vie du sol, optimiser les essences en fonction du sol. En France et dans le monde, on fait de l'agriculture sans connaître à fond la vie du sol. C'était le constat du colloque BRF de Lyon en Février 2007.

 

La technique agricole en bois raméal fragmenté consiste à récupérer des rameaux de bois fraichement tombés, donc vivants, contenants toutes les substances nécessaires à la régénération des sols y compris l'eau.  Depuis toujours, pour faire de l'agriculture, on enlève la forêt, on nettoie le sol. On détruit ainsi sa fertilité qu'il faut ensuite reconstituer par de la chimie minérale ou du lisier. Cette chimie épuise et appauvrit le sol à long terme. Le BRF consiste à reproduire l'humus de la forêt dans le champ en broyant des rameaux de bois vivants fraichement tombés des haies ou des arbres. On mélange ainsi 3cm de BRF avec le sol (ce n'est pas un paillage mais un mélange). Ce mélange génère l'eau nécessaire pendant plusieurs années, les antibiotiques pour lutter contre les maladies, les substances énergétiques pour se développer. Un véritable écosystème autonome se construit permettant de minimiser les apports artificiels. Il n'y a pas d'érosion des sols.  Au colloque BRF de Lyon de Février 2007, il est apparu que l'on pouvait marier le BRF avec l'agroforesterie (alignement d'arbres dans les champs à des distances calibrées pour laisser les machines et à des hauteurs calibrées pour laisser passer la lumière). On peut ajouter des haies autour du champ. Ainsi, on crée de la ressource BRF et on augmente la capacité de la planète à absorber le carbone (puits carbone).  Cette technique appliquée à grande échelle est un puissant facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre car elle crée des puits carbone et consomme peu de ressources fossiles.  Nul doute que son bilan CO2  est exceptionnel.  Elle est utilisable pour la culture maraîchère comme pour la grande culture, les jardins publics et privés.   Je vous engage fortement, si vous ne l'avez pas déjà fait, à rendre visite à Jacky Dupety à Livernon dans les Causses du Quercy, pas très loin de Figeac. Vous serez édifié.

Le site de Jacky Dupety, initiateur de la technique en France à Livernon dans les Causses du Quercy. 

Le Pouzat46320 Livernon

dupety.family@wanadoo.fr

05 65 40 46 98

08 75 83 61 00

http://fermedupouzat.free.fr/pages/brf/formation.htm  

L'association chemin faisant fait de la formation et des interventions dans toute la France.

 http://cheminfaisant2005.net/Tournee2006/Intervention.php

Gilles Lemieux GCBR, département des sciences du bois et de la forêt, université de Laval GIK 7P4 Québec, Canada

gilles.lemieux@sbf.ulaval.ca

Il y a aussi des formations à côté de liège à Strées, au centre destechniques agricoles (CTA) Benoît Noël, très brillant agronome BRF pour la grande culture.

Centre des Technologies Agronomiques

Directeur: Christian MARCHE

Téléphone : 085.274960Fax           : 085.512706Messagerie : cta.stree@tiscali.be

noel.benoit@skynet.be

Rue de la Charmille, 16

4577 Strée  

Belgique 

bibliographie:

  • Les rémanents en foresterie et agriculture, les branches: matériau d'avenir Benoit Dodelin, Richard Eynard-Machet, Pierre Athanaze et Jean André

Editions TEC & DOC

références universitaires et labos de recherche:

réseau écologique REFORA Rhônes-Alpes

Université de Savoie

Laboratoire d'écologie alpine (LECA), Maison rhodanienne de l'environnement.

  • Pour une agriculture du vivant, Le BRF, vous connaissez? Editions de terrain

Production : L'Eau à la Bouche Réalisation : Frédéric GANA - Tifenn HERVOUËT - Antoine TRACOU

Pour toute commande : Frédéric GANA - 05 55 27 37 42 (France) cheminfaisant@loalabouche.org
Plus d'infos sur www.cheminfaisant2005.net - 

Sur le site de la ferme du pouzat, vous avez aussi tous les rapports de recherche de Gilles Lemieux, pionnier de la technique au Canada depuis 30 ans, voici le lien.

 http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/Frame.html 

Voici l'introduction de ces rapports.

 Au milieu des années 70, monsieur Edgar Guay, alors sous ministre attaché au ministère des forêts du Québec, cherche un moyen d'aider les forestiers de son pays à sortir de la misère. Il a l'idée d'utiliser en agriculture un déchet forestier produit en masse par la société Hydro Québec, lors de l'entretien des lignes à haute tension. Il propose à M. Carrier, un fermier qui désir augmenter le taux de matière organique  de sa terre, d'utiliser les copeaux qui porteront plus tard le nom de B.R.F.  , combinés avec du lisier  et incorporés superficiellement au sol. Les résultats ne se font pas attendre, les indicateurs de fertilité grimpent en flèche ; la parcelle traité résiste à la sécheresse qui sévit cette année là, par contre la parcelle témoin est ravagée ; l'année suivante la récolte de céréale sur la parcelle traitée atteint plus de 170% de la récolte de la parcelle non traitée [Guay et al., 1981 et 1982].

Après plusieurs recherches et projets scientifiques menés au canada, le BRF s'est orienté vers la coopération. Des projets sont nés en Ukraine, au Sénégal, en République Dominicaine,...

Une ONG, le Comité Jean Pain de Madagascar (CJPM) a initié une démarche globale, basée sur le BRF, dans un des pays les plus pauvres du monde, ce avec des résultats très probants (Construction locale de broyeurs, plantation de banques de biomasse, utilisation du BRF selon plusieurs itinéraires techniques).

De mon côté, après avoir réalisé une thèse sur le BRF et le compost, j'ai été accueilli par le professeur Lemieux afin de réaliser un stage sur la technique d'épandage directe des copeaux. J'ai ensuite entrepris de rédiger quelques articles et ce site internet.

Un projet de recherche wallon sur le BRF a ensuite vu le jour en février 2004, c'est sur ce projet que je travaille actuellement.

C'est dans cette foulée que nous avons eu l'idée de créer une association de promotion du BRF : Aggra.

 


 

 

Repost 0
10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 23:38

John Beddington : La crise alimentaire précèdera la crise climatique
 
8 mars 2008

« Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté, » avertit M. Beddington, qui occupe depuis peu la fonction de conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique.

Par James Randerson, The Guardian, 7 mars 2008

La sécurité alimentaire et la hausse rapide des prix de l’alimentation constituent le sujet majeur auquel les hommes politiques doivent faire face rapidement, met en garde le nouveau conseiller scientifique en chef auprès du gouvernement britannique.

Lors de son premier discours important depuis sa prise de fonction, le professeur John Beddington a averti que la ruée mondiale pour la production de biocarburants aggravait le problème, ajoutant qu’il était « profondément stupide » d’abattre la forêt tropicale pour cultiver des plantes à cette fin.

Intervenant dans le cadre de la « Govnet Sustainable Development UK Conference » qui s’est tenue à Westminster, il a déclaré qu’« il y a des progrès en ce qui concerne le changement climatique. Mais il existe un autre problème majeur. Il est très difficile d’imaginer comment nous pourrions avoir un monde ayant suffisamment de récoltes pour produire de l’énergie renouvelable, et en même temps répondre à l’énorme augmentation de la demande de produits alimentaires qui va accompagner la réduction de la pauvreté. »

Il prévoit que les hausses de prix dans des aliments de base comme le riz, le maïs et le blé se poursuivront en raison de l’augmentation de la demande provoquée par la croissance démographique et l’augmentation de la richesse dans les pays en développement. Il a également averti que le changement climatique pourrait entraîner une pression sur l’approvisionnement alimentaire du fait de la diminution des précipitations dans de nombreuses régions et du fait de récoltes déficitaires dues au climat. « L’agriculture doit doubler sa production alimentaire, en utilisant pour cela moins d’eau qu’aujourd’hui. » La crise alimentaire se fera ressentir plus vite que les changements climatiques, a-t-il ajouté.

Il a réservé quelques uns de ses commentaires les plus acerbes à l’industrie des biocarburants qui, selon lui, a provoqué un « choc majeur » sur le prix de la nourriture. « En ce qui concerne de biocarburants, il y a eu des réactions défavorables, à juste titre, » juge-t-il. « Il y a là de vrais problèmes de non soutenabilité. »

La production de biocarburants devrait augmenter considérablement durant les 15 prochaines années. Les USA prévoient de produire 130 milliards de litres de biocarburants en 2022 - ce qui signifie qu’il faut tripler la production de maïs. L’UE a pour objectif que 5,75% de la consommation de carburant dans les transports soit assurée par des biocarburants d’ici à 2010.

Mais M. Beddington estime qu’il est essentiel que les biocarburants soient cultivés selon des techniques soutenables. « Certaines de ces filières de biocarburants sont des impasses. L’idée d’abattre la forêt tropicale pour parvenir à augmenter la production de biocarburants semble profondément stupide. »

Avant d’occuper cette fonction de directeur scientifique, en remplacement de Sir David King, M. Beddington a enseigné la biologie appliquée à l’Imperial College de Londres. Il est également expert dans le domaine de l’utilisation durable des ressources renouvelables.

Hilary Benn, le secrétaire à l’environnement, a déclaré à cette conférence que la population mondiale devrait augmenter de 6,2 milliards aujourd’hui à 9.5 milliards en moins de 50 ans. « Comment allons-nous nourrir tout le monde ? » s’inquiète-t-il.

M. Beddington avertit qu’à court terme, le développement et l’accroissement de la richesse ne feraient qu’ajouter à la crise alimentaire. « Lorsque l’on passe [d’un revenu de] de 1 euro par jour à 5 euros par jour, on obtient une augmentation de la demande de viande et de produits laitiers... qui génère une demande supplémentaire de céréales. » Au-dessus de 5 euros par jour, les gens commencent à vouloir des aliments transformés et emballés, ce qui implique une plus grande utilisation d’énergie. De l’ordre de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 1,3 euro par jour.

Il devrait également y avoir une augmentation de la demande à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, estime-t-il. A l’heure actuelle, il existe sur terre 350 millions de foyers disposant d’au moins 10 000 euros par an. Ce nombre devrait passer à 2,1 milliards en 2030. « C’est une formidable bonne nouvelle. Il s’agit là d’une prévision de la Banque mondiale indiquant que la lutte contre la pauvreté produit des résultats réels. »

Mais il avertit également que l’augmentation du pouvoir d’achat devrait aboutir à une plus grande pression sur l’approvisionnement alimentaire. Les stocks mondiaux sont actuellement au plus bas niveau historique, avec seulement 40 jours de réserves. « Je n’ai pris ma fonction que depuis neuf semaines, et n’ai donc pas encore toutes les réponses, mais il est clair que le la science et la recherche ont un rôle fondamental afin d’accroître le rendement de la production agricole. »


Publication originale The Guardian, traduction Contre Info

Repost 0
Published by James Randerson - dans agriculture
commenter cet article
27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 20:45

Deux articles sur ce blog parlent déjà de cette technique agricole sans arrosage, sans engrais, sans pesticides, sans herbicides. Cette technique exeptionnelle, partie des recherches du professeur Gilles Lemieux au Canada, est en exploitation et déploiement en France, aussi bien pour l'agriculture maraîchère, que pour les jardins publics et privés, et la grande culture avec Benoît Noël  à Strée près de liège, Belgique. 
Cette technique bousculent les habitudes agricoles datant de millénaires car elle réconcilie le champ et la forêt. Elle recrée l'humus de la forêt dans le champ, fertilise à une grande profondeur. C'est la seule technique qui permettra de faire de l'agriculture durable en créant de l'énergie sans consommer de l'énergie.

Voici la description des débuts de Jacky Dupety, agriculteur dans les Causses du Quercy,  pionnier en France, sous la forme d'un reportage photographique que l'on trouve sur son site. Enfin, j'y ajoute les coordonnées du centre de techniques agricoles à Strée près de Liège en Belgique.

Chantier solidaire pour démarrer.

P1.jpg

 Février 2004 , après avoir passé une bonne partie de l'hiver, à lire les publications du Professeur Gilles Lemieux: disponibles sur le site: http://users.skynet.be/BRFinfo/ la décision d'utiliser la technique des BRF est prise. Le bois va donc être nettoyé, en équipe entre amis: 15 personnes pendant 2 jours, avec les repas roboratifs qui vont avec ces efforts.
Chênes, érables de Montpellier, cornouillers, seront selectionnés, taillés ou abattus, et les branches broyées. c'est cette solution que j'avais choisie, puis pour aller plus vite, un ami élagueur, me propose le broyat de ces tailles, ce qui me permettra d'atteindre l'objectif.
C'est donc une solution: l'annuaire téléphonique la rubrique entretiens parcs & jardins et on trouve quelqu'un qui sera content de ne pas payer pour se débarrasser de ses déchets, et qui sera sans doute intéressé par la méthode
 
Le résultat

P2.jpg







Voilà ce que donne un broyeur de type agricole (c'est à dire 3 points, sur la prise de force d'un tracteur)

On peut aussi trouver ce type de matériel dans les sociétés de location; -électrique pour les petites quantités

- autonomes, avec moteur, gazole ou essence pour les grosses quantités.







Un bon tas


P3.jpg




Sur le territoire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy la forêt et les bois couvrent plus de 60% de la surface.
Il ne s'agit pas de couper les arbres, mais d'entretenir les haies et aussi de permettre à la forêt de se régénérer. La ressource est très importante : 1 km de haie génère de 16 à 30m3 par kilomètre. Aucun chantier de coupe pour le bois de chauffage ne gère les branchages.
Le problème est donc de mettre en relation tous les utilisateurs de la forêt et de transformer ces déchets en or.









Au rateau.

P4.jpg








Y-a-t-il un meilleur machinisme agricole ? Là il s'agit d'étaler 25 m3 de broyat frais de peupliers : 5cm d'épaisseur sur 500m². C'était en Février 2005.
Il est très important de traiter rapidement les branches:
  • les couper
  • les broyer
  • épandre sur le sol
Surtout ne pas laisser en tas, il ne faut pas que ça chauffe, et même en hiver ça va vite!




Griffage.

P5.jpg









Début Mai, le mélange du broyat avec les 5 premiers centimètres du sol.
On peut voir que le broyeur a laissé passer des morceaux de branches conséquents. La digestion sera plus longue, mais tout sera transformé.






Premiere étape.                                                                                                                                                                                    

P6.jpg
 







Aprés la fragmentation et l'incorporation au sol, le bois est rapidement envahi par des mycéliums (basidiomycétes, ascomycètes et champignons imparfaits).
Tous ces champignons utilisent les composants non structuraux du bois pour leur croissance primaire. Durant cette phase, la synthèse des protéines du champignon nécessite beaucoup d'azote qui sera prélevé dans le sol.
Il est possible de compenser cette faim d'azote par un apport adéquat.
En 2004 j'ai tout simplement attendu que les chaines trophiques se mettent en place; trois à quatre semaines ont été nécessaires pour que les plantes retrouvent l'azote produit par les êtres vivants qui mangent, digèrent, se reproduisent et meurent.
 


Deuxieme étape.

P7.jpg






Au moment où commence la dépolymérisation de la lignine, l'azote est un réel facteur limitant. Cette opération est réalisée par des enzymes extra cellulaires, aucun organisme ne pouvant utiliser la lignine telle quelle comme source de carbone. La dégradation de la lignine produit des dimères et des monomères qui peuvent être assimilés par les micro-organismes.
La dégradation de la lignine expose les celluloses et les hémicelluloses ce qui permet la dégradation de tous les composés du bois.
 




Chaine trophique et lombrics.


P8.jpg





L'ensemble des organismes animaux du sol (pédofaune) accélère le processus par son action de fragmentation mécanique et enzymatique. Elle participe aussi au cyclage des éléments en produisant fèces et cadavres, en broutant les mycéliums sénescents; entre autres les micro-arthropodes mycophages (acariens et collemboles) et les vers de terre, capables de digérer les complexes polyphénols-protéines.










Champignons.

P9.jpg




Bien visibles, après seulement 4 mois de présence sur le sol, les champignons sont là! 
Quand on observe leur présence, on peut se dire que c'est parti. Les chaines trophiques se mettent en place, et des milliers d'êtres vivants vont faire du sol un organisme vivant.Sur les terres des Causses du Quercy, en général du type limono-argileux, la structure du sol est compacte, interdisant le travail de la bêche et même de la "grelinette", le sol s'apparente plus au béton!! Epaisseur de sol structuré : environ 5 à 6 cm; après quatre mois le sol est meuble et structuré sur environ 15 cm, sans intervention humaine.







Cucurbitacées.


P10.jpg





En semis direct les 13 Mai et 2 Juin 2005, sur un broyat épandu en Février 2005, ces courges et citrouilles n'ont jamais été arrosées.

Je n'ai jamais constaté de stress hydrique.
Pour compenser le faim d'azote de la première année, j'ai épandu la même épaisseur (5cm) de litière provenant de la bergerie.
Cette année 2005, nous a offert, comme 2004 et 2003 des températures excessives; plusieurs jours de suite avec près de 39°C à l'ombre, tout cela précédé d'un hiver sec et des précipitations printannières parcimonieuses.
Aussi en semis direct, des melons.






Blée barbu.


P11.jpg










Sélectionné dans ma récolte de blé "rouge de Bordeaux" en 2004, voici du blé barbu appelé "barbeau" dans le pays quercynois.
Variété ancienne, adaptée au sol et au climat du causse, j'en ai semé deux rangs de vingt métres au mois d'octobre, avec en projet d'en semer une parcelle.
Hauteur de paille (environ 1.50m), taille des grains, épiaison et maturation sans rupture hydrique, me confortent dans l'envie de faire des céréales sur BRF, en 2006 ou 2007 ?








Benoît Noël applique l'agriculture BRF sur la grande culture à Strée.
 
Le Centre des Technologies Agronomiques (CTA) est situé près de Liège et de Huy.
En tant que centre autonome de la
Communauté Française, il développe des projets de recherche appliquée à vocation pédagogique. 

Centre des Technologies Agronomiques
Directeur: Christian MARCHE
Téléphone : 085.274960
Fax           :
085.512706
Messagerie :
cta.stree@tiscali.be
Rue de la Charmille, 16
4577 Strée  
Belgique     
Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 21:51

Voici un résumé court sur cette technique. N'hésitez pas à consulter les documents détaillés sur les liens du blog et le site www.agroforesterie.fr

 

Publié le mercredi, 20 octobre 2004
Auteur(s): B. Estevez, agr.

BRF: Bois raméal fragmenté, un amendement pour les sols agricoles

Le professeur Gilles Lemieux, ancien professeur de la faculté de Foresterie de l’Université Laval, travaille depuis 20 ans sur cette ressource naturelle qui peut contribuer à la régénération des sols qui manquent de matière organique.

Les " BRF " comme on les appelle, soit les bois raméaux fragmentés, sont les branches des arbres dont le diamètre est inférieur à sept centimètres. Au-dessus de ce diamètre, les branches commencent à être valorisées pour le bois de chauffage et la fragmentation exigerait une machinerie plus lourde.

Le BRF est la partie la plus riche de l’arbre. On y retrouve 75% des minéraux, des acides aminés, des protéines et des catalyseurs. Il est donc plus riche que le bois du tronc et des grosses branches et son rapport C/N est donc plus petit: de 25:1 à 175:1, selon l’espèce et la période de récolte, alors que celui du bois varie normalement de 400 à 600:1. En général, on trouve moins de lignine et plus d’hydrates de carbone dans les feuillus que dans les résineux.

Dans le début des années 1980, le professeur Lemieux en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ont mis au point une technique de valorisation des BRF en association avec le lisier de porc: la méthode SYLVAGRAIRE. D’un point de vue forestier, les ingénieurs étaient préoccupés par la sous-utilisation des résidus forestiers. En effet, seulement 30% de la biomasse forestière était alors exportée. Le reste restait au sol mais sans être fragmenté.

La méthode SYLVAGRAIRE utilise du lisier de porc ou du fumier de poulet (riche en azote) pour abaisser le ratio C/N autour de 30:1 afin d’améliorer la décomposition des BRF et ainsi éviter une immobilisation de l’azote du sol. Mais aussi, les BRF sont un bon complément au lisier de porc qui contient peu de cellulose et peut subir des pertes d’azote par volatilisation, lessivage et ruissellement selon les conditions d’épandage.

La méthode SYLVAGRAIRE comprend cinq opérations: Le labour, l’épandage des BRF, l’épandage d’un lisier ou sinon, un fumier non pailleux et riche en azote, le hersage afin de mélanger toute cette matière organique dans les cinq premiers centimètres du sol puis le semis ou la transplantation selon les cultures.

Des essais utilisant 105 mètres cubes par hectare (m3/ha) de BRF – environ 26 tonnes – et 28 m3/ha de lisier de porc ont donné de bons résultats. Notons que lorsqu’on utilise des BRF frais (15 juillet au 15 septembre), il serait possible de diminuer la dose de lisier entre 20% et 30% dans le cas de fumier de poulet.

La plupart de ces essais agricoles ont été réalisés dans des sols sableux et dans les productions de pommes de terre, céréales, fraises et tournesol. Les rendements ont été doublés dans les fraises. Dans la pomme de terre, la matière sèche a augmenté de 25% et la conservation des tubercules était meilleure. Dans les fraises, la méthode a permis un meilleur développement des racines. Les chercheurs ont aussi constaté une diminution des insectes ravageurs comme le doryphore dans les pommes de terre et le puceron dans les fraises.

Une étude québécoise plus récente (Otrysko et Pagé, 2001) a permis de confirmer les bienfaits des BRF. En effet, l’apport de 25 t/ha (250 m3/ha) à l’automne avec ou sans compost (fumier et tourbe) épandu au printemps dans la production de pommes de terre en rotation avec le seigle comme engrais vert a permis un plus grand rendement, une augmentation significative de la quantité de matière sèche du tubercule ainsi qu’une incidence moindre de la gale.

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article
3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 23:20

Les 1 et 2 Février, j'étais au premier congrès international européen sur l'agriculture BRF (bois raméal fragmenté) à Lyon. Ce congrès fut d'une haute tenue scientifique et technique et montre la voie de l'agriculture du 21ème siècle que tout adhérent de cap21 se doit de connaître. C'est la base de la future politique agricole commune à construire. C'est à cap21 qu'il revient de promouvoir ces pratiques. Vous avez des détails techniques complets dans les fichiers en lien sur ce site, en haut à gauche. Cet article résume les grands principes.

Le fait majeur de cette agriculture est qu'elle enlève la nécessité d'utiliser pratiquement la totalité des produits phytosanitaires basés sur la chimie minérale, ainsi que l'irrigation et l'arrosage. Les travaux de Gilles Lemieux au Canada, de Benoît Noël en Belgique, de Jacky Dupety dans les Causses sont édifiants. Ces techniques s'appliquent à la fois sur les cultures maraîchères et la grande culture. C'est la seule voie possible pour une agriculture durable.

Quelle est donc cette agriruclture qui rend absolumant obsolète toute l'agronomie actuelle ainsi que les cultures OGM autres que celles à destination médicale?

Depuis des millénaires, l'agriculture et la forêt s'opposent. Pour cultiver, on détruit de la forêt. Or, le sol de la forêt contient de l'humus riche, fertile. En défrichant, on appauvrit le sol, ce qui oblige ensuite à le retravailler, l'amender par de la chimie minérale, enlever les  mauvaises herbes par les herbicides, les insectes par les pesticides. Cette pratique fait que les sols agricoles sont aujourd'hui usés. C'est l'érosion des sols. En sus, ce type d'agriculture est faiblement performante en terme de santé public. C'est une agriculture qui émet beaucoup de gaz à effet de serre.

L'agriculture BRF consiste à utiliser la richesse des bois tombant des arbres pour reconstituer la richesse du sol de forêt sur le sol agricole. Les échanges d'énergie entre le BRF et le sol, l'abondance des microorganismes, les échanges de substances vivantes font une autogénération d'eau, de nutriments, de protéines, et de substances  permettant à la plante de se défendre seule contre les prédateurs et les maladies. Les BRF sont broyés et répandus dans le champ à hauteur de 2 à 8CM. 

 Se pose tout de même la question de la ressource en BRF. Cette question peut être résolue en réimplantant des haies, voire des alignements d'arbres et de haies en plein champ. C'est à dire en mariant l'agroforesterie et le BRF. 

Cela suppose aussi que l'on réserve l'usage de la ressource à l'agriculture et non aux biocarburants et à l'énergie, deux postes qu'il faut traiter par la voie des économies drastiques et les autres types d'énergie. Cela montre bien que le développement durable est une question transversale en interaction avec toutes les fonctions de la vie humaine. Une agriculture durable ne peut se concevoir sans associer à la réfléxion les transports, l'habitat, la santé. C'est un système à concevoir. L'objectif de l'écologie politique est de concevoir ce système social nouveau.

Finalement, l'agronomie du 20ème siècle connaît mal les sols, les interactions entre le soleil, la végétation, la couche superficielle su sol, la sous-couche, les interactions. Elle raisonne en stock (concentration NPK) et non en flux. Elle fonctionne donc sur des données incomplètes. Elle est dans une logique de réparation du sol au lieu de dynamiser ses flux.

L'agriculture BRF et l'agroforesterie part d'une bien meilleure connaissance du sol. Il y a encore beaucoup à faire.  

Il faut donc que les budgets de recherche soient focalisés sur ce type d'agriculture plutôt que sur les OGM ou sur la fuite en avant dans les phytosanitaires.

Repost 0
Published by Dominique Bied - dans agriculture
commenter cet article