Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Corinne Lepage,

ministre de

l'environnement

 de 1995 à 1997

et présidente de cap21

Recherche

3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 23:13
Les deux candidats ont été en dessous de tout sur le débat énergétique. Je trouve incroyable que Nicolas Sarkozy ait signé le décret EPR avec une aussi faible compétence dans ce domaine.
 
Je rappelle les chiffres:
 
L'énergie nucléaire constitue 75% de la consommation électrique finale en France, mais seulement 17% de la consommation énergétique totale (électricité, chauffage, transport). Ségolène Royale s'est donc gourée de dénominateur, tandis que Nicolas Sarkozy a donné un chiffre qui sort de nulle part.
 
Les deux candidats n'ont jamais du regarder leur facture énergétique personnelle, cela leur aurait permis de ne pas faire d'erreur d'ordre de grandeur.
Je vous donne mes propres consommations ce qui vous illustrera les choses:
 
Nous sommes un couple, deux enfants vivant dans une maison jumelée d'un côté de 100 mètres carré chauffée au gaz naturel, bien isolée sous le toit, sur les vitres, avec deux voitures:
 
consommation d'électricité: 2500kWh.
consommation de gaz: 30 000kwh (vous avez votre consommation en kWh sur votre facture GDF).
consommation voiture en kWh (il faut compter 1kWh par km parcourue en moyenne): 35000kWh
 
par usage, nous avons donc électricité 4% du total, chauffage 44% du total, transport 52% du total 
 
On voit donc que le nucléaire représente une faible part du total. Il est donc faux de dire qu'il assure notre indépendance énergétique, il est faux de dire que cela est une solution aux émissions de gaz à effet de serre.
Si on voulait résoudre ces deux problèmes par le nucléaire, il faudrait remplacer une grosse part de la consommation d'énergies fossiles par de l'électricité, ce qui amènerait une quantité énorme de centrales nouvelles à fabriquer, ce qui est impossible à effectuer dans les 20 ans qui viennent. Il ne faut donc pas que le remplacement des centrales usagers mobilisent l'argent nécessaire pour développer les renouvelables sous peine de perdre beaucoup d'emplois non délocalisables. Les allemands, les USA, les japonais ont déjà beaucoup d'avance sur nous et ont des PME solides sur le sujet. Nous sommes en quelque sorte pris en otage avec notre nucléaire, nous sommes dans un piège industriel à deux branches: retard dans les renouvelables à combler doublé du vieillissement de nos centrales nous obligeant à prendre une position industrielle à ce sujet. Ces deux éléments arrivant de manière synchrone nous met en difficulté. Nous payons très cher le quasi monopole du nucléaire dans notre production d'énergie électrique.Le choix stratégique effectué est capital. Il est consternant que nous ayons abandonné la filière cogénération biogaz, très créatrice d'emplois et peu émettrice de gaz à effet de serre. Si nous choisissons de pousser plus loin le nucléaire, alors cela nous coûtera encore plus cher dans une fuite en avant préjudiciable.     
 
Mais raisonner sur l'énergie à la seule échelle française est hors du temps. Si on parle des émissions de gaz à effet de serre, l'énergie nucléaire mondiale ne représente que 3% de la consommation finale. Si on veut diminuer les émissions GES, l'exemple cité montre qu'il est impossible de construire les milliers de centrales nécessaires dans les délais imposés (20 ans) avec en sus tous les risques que cela comporte sur les déchets.
 
Ceci dit, on ne peut juger de la compétence des candidats sur ce seul sujet, ils ne gouverneront pas seul. Par contre, ce qui est regrettable, c'est la désinformation du public. Cela montre l'absence de débat public sérieux et éclairant sur le sujet de l'énergie. Par exemple il eut été utile de montrer à l'antenne une vraie facture EDF GDF et d'expliquer. Ce n'est pas très difficile. 
 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Questionneur 13/05/2007 10:06

1 oui  celà c'est la diminution RELATIVE ( par rapport à AVANT )  j 'essaie de faire pareil2 mais en ABSOLU QUANTITATIF     si mon empreinte écologique est ( par exemple ) de 1000    pour un seuil " tolérable " ( par exemple ; mais il n 'a y a pas de seuil en energie fossile ; tout ce qui est bouffé est piqué à un autre , vivant ou futur )    seuil de 100   même si je réduis de 1 .000 à 500 !  je reste ( par exemple ) à 100 x 5 fois plus !   si je travaille à 55 km ( exemple ) pour un seuil  supportable de 5  si je passe à 27.5 km   !   ce n 'est toujours pas 5 km !  gros problème   RELATIF  et ABSOLU      MERCI

Questionneur 09/05/2007 13:20

 
et environnementalement parlant
 
comment conciliez vous les
2 VOITURES ?

Dominique Bied 09/05/2007 20:46

Pas de problème, 80% de mes déplacements inférieurs à 15km se font à vélo. Ma famille de 4 personnes parcourt depuis 1995, date à laqelle j'ai décidé de ne plus être à 100% automobiliste,            10 000km à vélo par an. J'en assure pour moi-même 40% soit 4000km par an.En sus, je diminue la cylindrée de mes voitures progressivement et j'envisage l'achat d'un hybride sur 2008 ou 2009. Si mon épouse travaillait moins loin (55km), nous n'aurions qu'une voiture. Nous pourrions d'ailleurs le faire dès aujourd'hui, mais nous sommes 3 à conduire les 2 voitures occasionnellement, ma fille devant faire des enquêtes pour son mémoire dans des coins perdus en campagne.Nous utilisons beaucoup plus le bus ou le tram depuis 10 ans.Pour les parcours interurbains, c'est le train le plus possible, même si c'est plus cher en famille et plus long. Par exemple, à Noël, nous avons fait en 3 joursRouen Paris Limoges Saint Leonard Limoges Paris Romilly sur Seine Paris Rouen. En voiture, c'est du suicide.Sur 20 ans d'activité , les économies réalisées et placées font un patrimoine supplémentaire de 200 000 euros. Comme quoi on peut faire de l'argent en faisant de l'environnement. Il en va de même d'ailleurs en macroéconomie. La France a tout intérêt de favoriser les entreprises sobres en énergie car elles seront les gagnantes de demain.L'important est de diminuer progressivement et au fil du temps son impact écologique et de rentrer dans une politique de progrès permanents significatifs. C'est la méthode Kaisen utilisée par les japonais dans le management de la qualité dans les entreprises.L'important dans tout cela est de grater tout ce que l'on peut, et il y en a.